Y a-t-il eu préméditation dans cette gravissime affaire d’arrosage de jardinière ?
Question d'origine :
Bonjour,
Hugo Z Le 10 juin 2025 un procureur a requis à Paris 18 mois de prison dont 12 avec sursis et 10000 euros d’amende contre une personne qui avait arrosé les policiers en remplissant sa jardinière. L’avocat de l’accusé est maître Olivia Ronen. Le jugement devait être rendu le 10 juillet 2025. Ces éléments ont été publiés dans le canard enchainé avec un titre Y a-t-il eu préméditation dans cette gravissime affaire d’arrosage de jardinière de 25 mai 2025.
Est-ce que les éléments décrits par l’article sont vrais ? Quelle est la peine qui a été prononcée ? Est-ce qu’il y a eu appel ?
Je suis surpris que ce soit un procureur qui réclame une peine.
Si vous n’avez pas la réponse avez-vous l’adresse mail de l’avocate du prévenu ? ou une adresse probable
D’avance merci.
Bonne journée.
Réponse du Guichet
L'homme qui est jugé pour avoir arrosé par vengeance des policiers depuis la jardinière de son balcon a été entendu par le tribunal judiciaire de la ville de Paris ce jeudi 10 juin. Le procureur requiert 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, et 10 000 euros d’amende contre le prévenu, accusé d'avoir délibéremment projeté de l'eau mélangée au vinaigre alcoolisé, au savon noir, et peut-être même à des engrais, sur des représentants de l'état stationnés sous sa fenêtre. Ces informations, reprises par le Parisien sont difficilement vérifiables en raison du secret des sources, mais la réputation du Canard et les extraits de l'audience cités par le journal semblent faire valoir une certaine proximité avec le dossier. Le délibéré étant attendu ce 10 juillet, il vous faudra patienter pour connaître le fin mot de cette histoire.
Bonjour,
Les informations du Canard Enchainé sont la seule source disponible sur ce dossier, et nous n'avons pas les moyens d'en apprendre davantage. Connaissant la réputation du célèbre palmipède, il est probable que le journal ait assisté à l'audience du 10 juin au tribunal judiciaire de Paris, que l'avocate du prévenu ou des témoins ait été interrogés, en bref qu'un recoupement des sources ait été réalisé.
Des extraits des paroles prononcées à l'audience sont bien cités dans l'article, Poulets mouillés, Y a-t-il eu préméditation dans cette gravissime affaire d’arrosage de jardinière, à Paris, le 25 mai 2025 ?, qu'il s'agisse des juges, du prévenu ou des accusations des victimes. L'article en question est paru dans le numéro 5510 du journal satirique, ce 17 juin 2026, et nous avons pu le consulter.
Tous les éléments rapportés par le Canard ont aussi été réagencés dans cet article du journal Le Parisien : « Aberrant » : un homme poursuivi à Paris pour outrage après avoir arrosé sa jardinière au-dessus des forces de l’ordre ? (18 juin 2026) qui résume très bien les faits en accès libre.
Si de terribles gouttes ont bien jailli de la jardinière d'un appartement parisien le 25 mai 2025 et blessé les policiers en contrebas (mobilisés pour sécuriser une intervention d'Emmanuel Macron à la Sorbonne), le procès de cette affaire hors norme ne s'est déroulé que le 10 juin dernier. Le délibéré est attendu pour ce 10 juillet 2026. D'ici là impossible de prendre parti, nous laissons la justice arbitrer ce litige.
Le prévenu a t-il cherché à se venger après s'être vu refuser l'accès à sa rue par le protocole de sécurité après être revenu de la balade de son chien ? Y'avait-il du vinaigre d'alcool ou du savon noir dans les gouttes qui ont porté atteinte à l'intégrité physique des policiers ?
Il vous faudra encore vous armer d'un peu de patience pour connaître le verdict. Pour l'heure, seul le réquisitoire du procureur de la République nous est connu : le procureur a requis 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, et 10 000 euros d’amende, estimant que le prévenu a cherché à se venger (Le Parisien). Nous vous laissons juger de la sévérité de cette peine.
On vous laisse avec ce dernier paragraphe du Canard qui résume bien l'affaire, et les commentaires de l'avocate Olivia Ronen, sur les moyens de la justice en France.
L'un des juges interroge Hugo Z. sévérement. "Vous trouvez ça normal de balançer de l'eau sur tout le monde en mettant une jardinière sur votre rambarde ? C'est interdit dans certaines propriétés ! Est-ce que vous mettez de l'engrais dans vos jardinières ?". Pour le proc, le crime est signé. "Il ne s'agit pas d'éclaboussures monsieur, mais d'une flaque d'eau ! (...). L'arrosage est un prétexte pour constituer un alibi ! Vous avez voulu vous venger !". Il requiert, sans rire, dix-huit mois de prison, dont un avec sursis, et une amende de 10 000 euros. Jugement le 10 juillet. Pour l'avocate de l'arroseur, Olivia Ronen, "l'autposie de la flaque d'eau m'effraie un peu, je vous avoue (...). Et commenter les subitilités du savon noir me désole. La juste manque de moyens il parait...". Il parait.
Source : Poulets mouillés, Y a-t-il eu préméditation dans cette gravissime affaire d’arrosage de jardinière, à Paris, le 25 mai 2025 ?. Marine Babonneau, dans le numéro 5510 du Canard Enchainé, le 17 juin 2026.
Pour info, vous trouvez les coordonnées de cette spécialiste en droit pénal et en droit des affaires sur son site internet : Ronen.
Bonne journée.
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