Question d'origine :
Bonjour,
Je vous remercie pour vos très rapides réponses à mes trois précédentes questions ainsi que pour les informations apportées qui recoupent en grande partie mon étude.
Il est vrai qu’afin de vous faciliter le travail de recherche, j’aurais dû vous préciser que mes questions portaient sur la recherche des familles concernées dont les blasons en question figurent sur un écartelé peint dans chœur de l’église de Mornac sur Seudre (17). Des cinq blasons, j’ai pu en identifier deux : celui de la famille Courbon-Blénac (Quartier I, « D'azur, à trois fermaux d'or, l'ardillon en pal, rangés 2 et 1 ») et celui de César Léon Boscal de Réals (sur-le-tout, « D’azur, à un arbre d’or, accosté, en pointe, de deux croissants d’argent »).
Une piste pour comprendre les différents quartiers : Selon geneanet.org, : Les armoiries peintes dans le chœur de l’église de Mornac sur Seudre seraient (?) celles de Jean-Louis BOSCAL de RÉALS de MORNAC (1641 – 1691), baron de Mornac. Si cela était le cas, il se pourrait que son fils, César Léon Boscal de Réals, soit le commanditaire de la litre funéraire et de cet éclaté … à moins que ce ne soit pour lui que la litre ait été peinte.
Avec ces précisions, si vous en avez la possibilité, pourriez-vous me donner des pistes pour retrouver quelles familles se cachent derrière les quartiers II, III et IV ? A cette fin, en pièce jointe, vous trouverez cet éclaté très dégradé ainsi qu’une timide reconstitution.
Remerciements.
Réponse du Guichet
Nos recherches sont malheureusement restées infructueuses et vous nous en voyez désolées ! Nous n'avons malheureusement pas trouvé à quelles familles appartiennent les armoiries qui se cachent derrière les quartiers II, III et IV.
Bonjour,
Effectivement, avec plus de précisions, nous aurions pu davantage cibler nos recherches sur la province de Saintonge. Malgré tout, notre nouvelle enquête n'a pas été très fructueuse.
Tout d'abord, revenons sur la définition d'un écartelé qui nous est proposée par le site Le Héraut d'armes de Flavien Loubières :
Ces quartiers, de même taille ou de taille différente selon l'agencement des divisions, permettent de représenter plusieurs blasons dans un même écu et de consacrer visuellement les alliances d’une famille, ses différentes possessions ou ses dignités. La partition la plus courante réservée à cet usage est l’écartelé, chacun de ses quartiers pouvant être écartelé (on parle alors d’écartelé contre-écartelé) ou bien être reparti, recoupé, retranché ou retaillé. De la même façon, chacune des pièces d’un parti, d’un coupé, d’un tranché et d’un taillé peut être repartie, recoupée, retranchée, retaillée ou écartelée une ou plusieurs fois, offrant pour l’ensemble une grande variété de combinaisons. La lecture de ces armoiries constituées de plusieurs quartiers armoriés se fait de gauche à droite et du haut vert le bas.
Quelques éléments biographiques sur la Famille Boscal de Réals :
Marie [de Voyer], baptisée le 25 mars 1653, mariée par contrat reçu au logis noble de Chaillonais par Robin, notaire royal, le 24 mai 1670,
à Jean-Louis de Boscal de Réals, chevalier, seigneur baron de Mornac, fils de Léon et de Marguerite de Courbon ;
elle mourut, le 16 janvier 1671, à Saintes et fut portée à Mornac.
Jean-Louis de Boscal, veuf, épousa par contrat du 19 juillet 1672, Anne Thibault de la Carte, morte à Saintes le 14 juillet 1687, enterrée à Mornac, dont le petit-fils, Michel-César, fut époux de Marie-Françoise le Berthon, et grand-père de Charles-François de Réals, maire de Saintes.
source : Études, documents et extraits relatifs à la ville de Saintes / publiés par M. le baron Eschassériaux - 1876
Voir aussi :
Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Tome premier, A - Brisset. Tome 1 / par M. H. Beauchet-Filleau et feu Ch. de Chergé - 1891
Annuaire héraldique : contenant la nomenclature de toutes les familles françaises et étrangères - 1901
La Noblesse de Saintonge et d'Aunis convoquée pour les États-Généraux de 1789 / L. de Baron La Morinerie · 1861
Les armoiries de Marie de Voyer, première épouse de Jean-Louis BOSCAL de RÉALS, ne correspondent pas : "D’azur, à deux lions léopardés d’or, passants l’un sur l’autre, couronnés du même, armés & lampassés de gueule."
Les armoiries de Anne Thibault de la Carte, seconde épouse de Jean-Louis BOSCAL de RÉALS, ne correspondent pas non plus : "D'azur à la tour d'argent, crénelée de trois pièces, maçonnée de sable. "
Les armoiries de Marie-Perrine de Saligné de la Chaize, épouse de César Léon BOSCAL de RÉALS en sont également très éloignées : "De gueules à trois pals alésés au pied fiché d'or ; à la bordure dentelée du même."
Idem pour Marie du Faure, épouse de César : "D'argent à la bande d'azur enfilée de trois couronnes ducales d'or".
Marguerite de Courbon, épouse de Léon, porte bien le blason que vous décrivez : "D'azur, à trois fermaux d'or, l'ardillon posé en pal, rangés 2 et 1".
Une recherche dans Les ex-libris d'Aunis et de Saintonge publiés par Raymond Bourriau n'a pas abouti.
Nous avons cherché sans succès dans l'histoire de la baronnie de Mornac :
Mornac en 1749 / A. Bourricaud - 1886 - Les armoiries des terres mentionnées dans cet article ne correspondent pas non plus.
Catalogue des gentilshommes de Périgord, Aunis, Saintonge et Augoumois, qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse pour l'élection des députés aux Etats-généraux de 1789 / publié, d'après les procès-verbaux officiels par MM. Louis de La Roque et Edouard de Barthélemy - 1864
Un seul marigot pour deux crocodiles : la Seudre, le baron de Mornac et le prieur de Sainte-Gemme / Jacques Daniel - Société d'histoire et d'archéologie en Saintonge maritime - 1996
Bulletin de la Société d'archéologie et d'histoire de la région du Gua - 1985
Archives de la justice de la baronnie de Mornac 1775-1790 / Roger Chotard – Entre Arnoult & Gironde : pays de la Seudre : bulletin de la Société d'archéologie et d'histoire de la région du Gua - 1er janvier 1990
Nous n'avons pas trouvé de correspondances dans ces notices wikipedia : rien dans l'Armorial des familles de Saintonge et d'Aunis, ni dans l'Armorial des familles du Poitou, ni dans l'Armorial des familles de l'Angoumois, ni parmi les alliances et possessions de la famille Boscal de Réals.
Voici quelques pistes qui ne semblent toutefois pas très concluantes :
- De sable au lion d'or : "De Chateauneuf, seigneurs du Chalard, La Villate, Belabre, etc. élection de Bourganeuf (Noblesse du Limousin)" in Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Tome deuxième / par M. H. Beauchet-Filleau... - 1895
- D'argent à trois losanges de gueules : "Thomas de Verteuil ou Jacques Alexis de Verteuil, Seigneurs de Saint-Léger, la Gobinière, etc". in Armorial de la noblesse du Poitou convoquée pour les États généraux en 1789 / par Armand de La Porte - 1874
Nos recherches du côté de l'église Saint Pierre ne nous ont pas apportées plus d'informations :
L’église Saint-Pierre, située à Mornac-sur-Seudre en Charente-Maritime, est un édifice roman dont la fondation pourrait remonter au Xe ou XIe siècle. Elle succède à une église mérovingienne, dont les vestiges (dont un cimetière du VIe siècle) furent découverts en 1951. Longtemps dépendante de l’abbaye de Saint-Ruf de Valence en Dauphiné, elle fut modernisée au XIIe siècle, période où elle prit son apparence actuelle. Son clocher massif, détruit pendant la guerre de Cent Ans, fut reconstruit au XVe siècle, tout comme la façade austère, marquée par un portail gothique et une niche trilobée.
La nef, initialement divisée en cinq travées réduites à quatre, conserve des traces de croisées d’ogives détruites en 1837 pour des raisons de sécurité. Le carré du transept abrite une coupole barlongue sur trompes, plan rare en Saintonge, tandis que les croisillons présentent des voûtes en berceau brisé. L’abside, ornée de chapiteaux végétaux et géométriques, abrite des fresques du XIIe siècle (Christ en majesté, cavalier nimbé) et une litre funéraire du XVIIe siècle, vestige d’un seigneur local. Des sarcophages mérovingiens, mis au jour près de l’église, sont exposés près du chevet.
Le clocher, endommagé par un incendie en 1943 dû à un orage, fut reconstruit après-guerre avec une interprétation défensive (baies carrées), sans sa flèche en ardoise originale. Depuis 2009, son accès est interdit en raison de risques d’effondrement, selon un arrêté municipal. L’extérieur révèle un portail roman du XIe siècle sur le mur nord et un chevet typique du roman saintongeais, orné de modillons figurant animaux et visages démoniaques. Le chœur et le transept sont classés monuments historiques depuis 1948, la nef étant inscrite depuis 1952.
L’église s’inscrit dans un tissu urbain médiéval, témoignant de l’histoire religieuse et funéraire de Mornac-sur-Seudre, depuis l’époque mérovingienne jusqu’aux reconstructions modernes. Les fouilles archéologiques et les éléments architecturaux (arcades, colonnettes, corniche) illustrent son évolution, entre héritage roman, adaptations gothiques et interventions contemporaines. La présence de sarcophages et de fresques souligne son rôle central dans la communauté, à la fois lieu de culte et mémoire des défunts.
source : Musée du patrimoine
Quelques livres consultés en vain :
L'art roman en Saintonge / René Crozet (A. et J. Picard, 1971)
Saintonge romane / François Eygun (Zodiaque, 1970)
Dictionnaire des églises de France. 03 C [Livre] : Poitou, Saintonge, Angoumois / sous la dir. de Jacques Brosse (Robert Laffont, 1967)
Aunis et Saintonge / Louis Papy, (Arthaud, 1961)
Aunis Saintonge (C. Bonneton, 1987)
Visages de Aunis, Saintonge, Angoumois / Henri Enjalbert, Louis Papy, F. de Vaux de Foletier, Marie-Louise Saravas... [etc.] (Horizons de France, 1967)
Nous trouvons cette mention dans un dictionnaire mais les écus de ces familles ne semblent pas correspondre aux vôtres :
"Cette seigneurie de Mornac, qui passa bientôt, comme nous l’allons voir, dans la famille Navarre par suite du mariage d’un Navarre avec une Demoiselle de Chergé, héritière, relevait noblement de l’évêque d’Angoulême « au debvoir d’un gantelet d’oiseaux » et de quelques rentes en récoltes et argent. D’après un acte que nous avons eu sous les yeux, l’église de la paroisse dans laquelle brillait avant la révolution l’écu écartelé des deux familles de Chergé et Navarre dépendait de la Seigneurie de Mornac"
source : Dictionnaire historique et généalogique des familles de l'ancien Poitou / Henri Beauchet-Filleau · 1846
Nous avons également lancé quelques recheches avec d'autres lectures possibles de cet écartelé, sans succès :
- au 3e quartier « de sable au griffon d’or ». Mais les propriétaires potentiels recensés par le Dictionnaire des figures héraldiques du comte Théodore de Renesse sont 6 Allemands et un Italien, ce qui ne nous rapproche pas du contexte de nos armoiries, sauf alliances (assez improbables).
- au 4e quartier, « d’azur à la clé d’or en pal, une fasce du même brochant sur le tout » mais sans trouver de famille portant ce blason. Renesse est resté muet sur ces armes.
Nous vous conseillons de vous adresser aux bibliothécaires de La Rochelle, Poitiers ou Limoges ainsi qu'aux archivistes du département de la Charente-Maritime qui pourront probablement vous orienter vers des pistes plus probantes.
N'hésitez pas à nous tenir informées de l'avancée de vos recherches !
En attendant, nous plaçons votre question dans notre rubrique SOS le Guichet sèche afin que d'autres internautes puissent apporter des réponses en commentaire.
Bonne journée.
Algérie, sections armes spéciales