Depuis quand existent les règles de catalogage en France ?
Question d'origine :
Bonjour,
En ce qui concerne le catalogage des œuvres d'Antoine Dole, publiées sous le pseudonyme "Mr Tan", je vois que les bibliothèques de Lyon ont fait le choix de rejeter "Mr" https://urls.fr/twRWSl
... mais ce n'est pourtant pas une particule répertoriée par la fiche du site de l’École des chartes (de et d' sont rejetés)
Du côté des bibliothèques de Paris, c'est plus Rock'n Roll ont trouve aussi bien des côtes en MRT que TAN
https://urls.fr/piU2ru
La BNF, confirme que TAN est une forme rejetée de Antoine Dole (logique).
Mais alors... "Mr" disparaît, encore.
https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb166020502
Melvil Dewey s'est occupé en 1876 des documentaires.
Je me demande depuis quand existe les règles de catalogage pour les bibliothèques françaises et notamment qui est à l'origine de la gestion des patronymes ?
Lou
Réponse du Guichet
Les libraires comme les bibliothécaires français ont produit des catalogues depuis le XVe siècle bien avant l'informatique et Internet. La revendication de la science bibliographique (dont le catalogage et l'indexation) se cristallise aux XVIIe et XVIIIe siècles, grâce aux libraires Prosper Marchand et Gabriel Martin et au bibliothécaire Gabriel Naudé. Vers 1750, les gens du livre disposent de la classification dite des « libraires de Paris », et les rédacteurs de l’Encyclopédie ouvrent la piste d'une bibliographie universelle, le Système figuré.
Les premières normes internationales arrivent en France dans les années 1960-1970 avec l'ISBD décliné par l'AFNOR, dont la paternité appartient à l'IFLA, facilitant les échanges des notices et leur conversion informatique. C'est aussi dans ces années que la classification décimale de Dewey s'impose progressivement.
En octobre 1961 a lieu à Paris une Conférence internationale sur le choix et la forme des entrées des patronymes, internationalisant ainsi la notion moderne d'autorité auteur, dont la filiation remonte au XIXe siècle avec en France Léopold Delisle qui va dans le même sens que l'anglais Antonio Panizzi. Aujourd'hui, en pleine période de Transition bibliographique, les politiques de description et d'accès bibliographiques de la BnF s’appuient sur le code RDA-FR et les normes françaises de catalogage et d'indexation publiées par l’Afnor. L'ensemble des bibliothèques n'avancent pas toutes au même rythme dans la mise à jour de leurs bases de données.
Bonjour,
Vous souhaitez savoir depuis quand existent les règles de catalogage pour les bibliothèques françaises et qui est à l'origine de la gestion des patronymes. Nous allons voir que les normes de catalogage et d'indexation sont les héritières en France d'une filiation historique dense, tant française qu'internationale, qui ne peut ici être exhaustive.
En préambule de notre réponse, il faut distinguer les normes de catalogage (qui fixent les règles de la description bibliographique et des points d'accès bibliographiques permettant un lien entre notices bibliographiques et notices d'autorité) de l'indexation sujet (qui permet de retrouver dans un catalogue tous les documents qui traitent d’un sujet donné, en s'appuyant sur des référentiels comme le thésaurus RAMEAU ou la classification Dewey) et de la cotation (qui constitue "l'adresse" d'un document et permet de le retrouver en rayon). À ce sujet, vous pouvez lire la réponse de l'ENSSIB : Catalogage et équipement du document (7 nov 2025).
Denis Pallier, dans Histoire et évolution du métier de bibliothécaire (in Bulletin d'informations de l'Association des bibliothécaires français, n°164, 3ème trimestre 1994), situe la naissance d'une science des bibliothèques en France au XVIIe siècle, après le saut quantitatif de l'imprimerie, au moment où se constituent en France de vastes bibliothèques. Les traités de bibliothéconomie du temps font alors apparaître des bases professionnelles déjà homogènes : collecte appuyée sur des recensions ou bibliographies, classifications (qui constituent un savoir professionnel commun aux bibliothécaires et aux libraires), catalogues établis à la main sur de grands registres, notions de conservation.
Nous vous invitons à lire l'article de Claire Lesage « Les libraires catalogueurs renseigner et décrire, attirer et vanter ». Le Livre entre le commerce et l’histoire des idées, édité par Annie Charon et al., Publications de l’École nationale des chartes, 2011, qui s'intéresse à la production catalographique des libraires et bibliothécaires depuis le XVe siècle :
Les libraires comme les bibliothécaires sont des catalogueurs, et les deux métiers ont produit des catalogues (de vente, de librairie ou de bibliothèque) depuis le XVe siècle. Une histoire comparée de leur production catalographique, que ce soit du point de vue du classement des notices, de leur présentation matérielle ou de leur rédaction, permet de comprendre les apports des uns et des autres, à travers collaborations ou rivalités. Et c’est ainsi qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles se mettent en place des habitudes dont les catalogues et normes actuels sont les héritiers.
Selon l'encyclopédie Britannica, le médecin et bibliothécaire français Gabriel Naudé (1600-1653), est considéré comme le premier théoricien important de l'organisation moderne des bibliothèques. Son traité Advis pour dresser une bibliothèque (1627), fut la première étude importante en bibliothéconomie.
L'étude de Valérie Neveu, Classer les livres selon le Système figuré des connaissances humaines : émergence et déclin des systèmes bibliographiques d’inspiration baconienne (1752-1812). 1ère partie. Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 2013, met en avant les apports des libraires Prosper Marchand (1678-1756) et Gabriel Martin (1679?-1761) pour la discipline bibliographique :
Au XVIIIe siècle, les hommes de lettres connaissent ou pratiquent, de manière plus ou moins experte, une discipline nommée bibliographie, considérée comme un auxiliaire indispensable au développement des sciences. Le mot recouvre d’ailleurs des acceptions variées : au sens primitif de « répertoire d’ouvrages sur un sujet »1 s’est ajouté le sens élargi de « connaissance des livres ». Dans cette deuxième acception, la bibliographie couvre plusieurs spécialités aujourd’hui différenciées : connaissance des meilleurs ouvrages et des meilleures éditions ; puis certains aspects de la bibliothéconomie (catalogage, et classification, sujet qui nous occupera plus particulièrement) ; et enfin, l’histoire de l’imprimerie, du livre et des bibliothèques, domaines pouvant relever aussi de l’histoire littéraire, branche de l’histoire à laquelle la bibliographie est habituellement associée ou subordonnée. [...]
Cet élargissement du sens est dû, en France, au travail de réflexion sur le lexique professionnel mené par le libraire Prosper Marchand vers 1700 [...]. Mais c’est au célèbre libraire Gabriel Martin (1679-1761) que l’on peut attribuer la popularisation du mot bibliographia pris en ce sens (à partir du catalogue Bulteau en 1711), ainsi que celle de systema bibliographicum8 , empruntée au jésuite Jean Garnier et à Marchand. [...]
La première attestation que j’aie rencontrée de l’expression « science bibliographique » ne remonte pas plus haut que 1751 : elle se trouve dans un article du Journal de Trévoux qui évoque les « progrès de la science bibliographique » 12. Cette date tardive nous laisse dans l’incertitude sur la manière dont l’expression s’est diffusée dans le monde savant en quelques dizaines d’années, depuis les travaux de Marchand et Martin. La première moitié du XVIIIe s. témoigne en tout cas d’une évolution amorcée dès la fin du XVIIe s., qui place l’information bibliographique au cœur de l’activité érudite au sein de la République des Lettres, par le biais des chroniques littéraires des journaux savants, des correspondances et de la consultation des bibliographies spécialisées et catalogues de bibliothèques13. L’étape suivante de la promotion de la bibliographie consiste à faire de cette discipline elle-même une science. C’est dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle que cette revendication se cristallise14 chez les professionnels du livre, mais aussi chez des gens de lettres intéressés par la problématique de l’accès au savoir, sans pour autant que ce nouveau statut de la bibliographie fasse l’unanimité.
Vers 1750, les gens du livre disposent de la classification dite des « libraires de Paris ». Mais ce système bibliographique suscite chez certains intellectuels des critiques sur son caractère arbitraire. Les rédacteurs de l’Encyclopédie ouvrent la piste d'une bibliographie universelle, le Système figuré (dans l’article CATALOGUE -Enc., II, 759- rédigé par le libraire David l’aîné) dont le succès est relatif et ne perdure pas au delà de la fin de l'Empire :
Vers 1750, les gens du livre disposent d’un système bibliographique efficace et très bien rôdé, la classification dite des « libraires de Paris », fixée par Gabriel Martin dans les premières années du XVIIIe s. sur la base des pratiques de classement communes aux libraires parisiens. Elle se caractérise par une organisation arborescente en 5 grandes divisions (Théologie, Jurisprudence, Sciences et arts, Belles-lettres, Histoire), chaque division se ramifiant en subdivisions (par exemple en Jurisprudence : Droit canonique / Droit civil), elles-mêmes susceptibles d’être subdivisées selon le degré de précision que l’on souhaite atteindre.
Cette classification est très proche de celle employée par la Bibliothèque royale, mise au point par Nicolas Clément au tournant du XVIIe et du XVIIIe siècle : la différence tient surtout à l’ordre des divisions (l’Histoire est au rang 3 chez Clément) et à la présentation. Clément a choisi d’assigner une rubrique à chaque lettre de l’alphabet (ex. A pour les Bibles, B pour les Interprètes…), la classe de regroupement (ex. Théologie pour A à E) n’existe qu’implicitement. [...]
[...] dans le contexte du développement de la philosophie des sciences, le constat de l’arbitraire de la classification commune conduit certains intellectuels à porter un regard non pas indifférent ou relativiste, mais inquiet, sur le problème de l’ordonnancement des livres. [...] Comment justifier tel ordre des divisions, tel enchaînement des subdivisions, si l’on ne dispose pas d’un cadre théorique pour en définir l’agencement ? [...]
Pour beaucoup d’admirateurs de l’Encyclopédie, le Système figuré fut une révélation : la tripartition des sciences élaborée par Diderot et d’Alembert sur les bases de la philosophie 6 baconienne sembla la représentation parfaite du « tableau des sciences » que les philosophes du XVIIIe s. cherchaient à construire. [...]
Dès lors, l’idée pouvait germer de substituer la division des sciences selon l’Encyclopédie au découpage par sciences et arts consacré par la classification des libraires. [...] L’idée se répandit, en effet, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, mais avec un succès qui resta longtemps très relatif, en France tout au moins23, comme nous le montre la rareté des sources attestant d’un tel projet. L’examen approfondi des sources imprimées (traités bibliothéconomiques, catalogues, journaux savants) et manuscrites (dans la mesure où les notices des catalogues nous permettent d’en connaître le contenu24) ne ramène que peu de témoins de ces essais de classifications baconiennes. Même si les quelques « convertis » purent se montrer enthousiastes et confiants dans la faisabilité de leur projet, ils furent impuissants à convaincre de nouveaux adeptes, sans doute faute de réseaux pour relayer leur action, de soutien dans les milieux professionnels, et surtout de réalisations tangibles qui auraient pu servir de modèle.
Source : Valérie Neveu, Classer les livres selon le Système figuré des connaissances humaines : émergence et déclin des systèmes bibliographiques d’inspiration baconienne (1752-1812). 1ère partie. Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 2013.
Denis Pallier, dans Histoire et évolution du métier de bibliothécaire (in Bulletin d'informations de l'Association des bibliothécaires français, n°164, 3ème trimestre 1994), date l'unité des doctrines de la période du XXe siècle, où au niveau international, les congrès des bibliothécaires et la constitution en 1927-1929 d'une fédération internationale de leurs associations font participer activement des Français à l'évolution de la bibliothéconomie. De plus, les progrès techniques sont enregistrés et codifiés par les manuels (Bach et Oddon, 1931 ; Manuel pratique du bibliothécaire de Léo Crozet, ABF 1932). Il s'agit des catalogues sur fiches, du libre accès, de la classification Dewey, des systèmes de prêt modernes, du prêt inter, etc.
La France a longtemps résisté à la classification Dewey lui préférant la classification des libraires de Paris ou des systèmes maison. C'est dans les années 1970 que la classification décimale de Dewey (CDD) s'impose progressivement dans les bibliothèques publiques françaises, alors qu'elle avait été créée dès 1876 aux États-Unis par Melvil Dewey. Vous pouvez lire à ce sujet les articles du BBF :
Dewey Decimal Classification a Practical Guide par Annie Béthery ;
Les bibliothèques publiques et la Classification décimale Dewey par Monique Pelletier.
Les premières normes internationales de catalogage arrivent en France dans les années 1960-1970, avec l'ISBD (de leur nom anglais : International Standard Bibliographie Description) dont la première adaptation française date de 1975 et dont la paternité appartient à la Fédération internationale des associations de bibliothécaires (FIAB ou IFLA) et à ses groupes de travail :
Elaboré et maintenu par l’IFLA, l’ISBD garantit une description bibliographique rigoureuse et fiable, facilement intégrable dans des catalogues multimédia et échangeable entre établissements au niveau international, national ou local. [...]
La Conférence internationale des experts en catalogage réunie en 1969 par l’IFLA à Copenhague adopta une résolution demandant la création de normes pour harmoniser la forme et le contenu des descriptions bibliographiques établies dans les différents pays afin de faciliter le partage et l’échange international de l’information bibliographique.
De cette résolution naquit le concept de la description bibliographique internationale normalisée. L’ISBD(G), publié en 1977, définit le schéma général de la description bibliographique internationale normalisée auquel tous les ISBD ont fait référence.
De 1971 à 2007, ce concept fut traduit en règles déclinées par type de ressource ou mode de publication, publiées en sept ISBD spécialisés largement adoptés dans le monde et qui ont servi de référence pour les règles nationales ou supranationales de catalogage : monographies [texte imprimé]: ISBD(M) ; publications en série : ISBD(S) puis (CR) pour Ressources continues ; documents cartographiques : ISBD(CM) ; musique imprimée : ISBD(PM) ; documents non-livres : ISBD(NBM) ; livres anciens : ISBD(A) et ressources électroniques : ISBD(CF) puis (ER).
Source : Bibliothèque nationale de France (BnF)
Chaque pays décline ce schéma général ISBD au niveau national. En France, c'est l'AFNOR (Association française de normalisation) qui est chargée de cette normalisation : il existe ainsi toute une série de normes AFNOR Z44-xxx, chacune déclinant l'ISBD pour un type de document particulier ainsi que des normes complémentaires propres au contexte français (comme le choix et les formes des vedettes ou accès bibliographiques).
Pour en savoir plus sur l’origine et le développement des normes internationales de catalogage nous vous invitons à lire aussi l'article de Pierre Germain Les normes internationales de catalogage. Documentation et bibliothèques, 23(4), 203–209. Voici quelques extraits saillants :
La faveur rencontrée par les normes internationales de catalogage s’explique par le fait qu’elles atteignaient leur but et correspondaient à un besoin réel. Dès l’origine en effet, les promoteurs de ces normes se sont assigné un triple but correspondant à un triple besoin : faciliter l’échange de notices rédigées dans des pays différents ; faciliter l’interprétation de notices rédigées dans des langues différentes ; faciliter la conversion de toutes ces notices sous une forme lisible en machine. [...]
La première caractéristique des normes ISBD est qu’elles sont des normes de description et non d'entrée. Les normes d’entrée au catalogue ont été déterminées par la Conférence de Paris de 1961 et publiées sous le titre Statement of Principles. Les normes ISBD sont issues de la Conférence de Copenhague de 1969 et sont en quelque sorte le complément du Statement of Principles en ce qui concerne la partie descriptive de la notice bibliographique. Ce serait commettre une singulière méprise que de considérer la description ISBD comme une notice complète et d’en conclure que les normes ISBD ont substitué le titre à l’auteur comme entrée principale pour l’ensemble des notices bibliographiques !
En octobre 1961 eut lieu effectivement à Paris une Conférence internationale sur les principes de catalogage, dont l’objet portait sur le choix et la forme des entrées catalographiques. Seymour Lubetzky a contribué de manière déterminante à la rédaction de ces Principes de Paris, qui restent la référence conceptuelle des autorités auteur telles qu'on les connaît aujourd'hui.
Cette conférence internationalise la notion moderne d'autorité, dont la filiation remonte au XIXe siècle : Antonio Panizzi, conservateur au British Museum, rédige en 1841 les fameuses "91 Rules" dans lequel il exhorte à préférer les noms patronymiques uniques aux titres de noblesse variables, pour éviter la dispersion des œuvres d'un même auteur sous différents noms. Léopold Delisle, à travers l'introduction du Catalogue imprimé des livres de la Bibliothèque nationale, prend nettement position dans le même sens que Panizzi concernant l'entrée par nom patronymique.
Le document de Pierre Gavin, bibliothécaire suisse, offre une vue synthétique et sourcée de cette généalogie, du XVIIIe siècle jusqu'aux Principes de Paris : Histoire et principes du catalogage.
Nous vous proposons également la lecture de Conférence internationale sur les principes de catalogage. Analyses des documents de travail et réponses de la Commission française de catalogage (Bulletin des bibliothèques de France, 1961, n°9).
L'article d'Anne-Marie Picard La pertinence de l'entrée principale dans les catalogues informatisés : une brève revue de la littérature (in Cursus, périodique électronique étudiant de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal), revient sur la genèse de gestion des patronymes en bibliothèques :
Avant même la parution des premiers ouvrages visant à uniformiser les règles de catalogage, les bibliothécaires qui désiraient établir une liste des ouvrages que leur institution possédait durent choisir un système d'entrée afin de construire la liste de leurs documents. Le but d'une telle liste était de pouvoir retracer et localiser facilement les ouvrages. Cette liste se présentait sous la forme d'un livre, manuscrit ou imprimé (book catalog). Il était nécessaire de choisir un système d'entrée normalisé avec un seul accès puisqu'il était difficile par manque de temps, d'espace et d'argent, d'établir plusieurs listes avec des points d'accès différents. L'auteur des documents recensés fut choisi comme l'accès unique aux documents (si celui-ci était inconnu, l'accès se faisait au titre) dès l'époque médiévale (en Occident, à tout le moins). Cette pratique se perpétua tout au long de l'époque moderne et les premiers codes de catalogage anglo-américains, inspirés des travaux d'Antonio Panizzi et de Charles Jewett, parus au milieu du XIXe siècle, gardèrent l'auteur comme entrée unique des catalogues (Shoham et Lazinger 1991, 54).
L'importance de bien choisir l'entrée était essentielle dans la mesure où celle-ci constituait le seul accès pouvant mener à l'identification et à la localisation d'un document. Cette préoccupation garda tout son intérêt avec l'apparition des fiches bibliographiques à la fin du XIXe siècle. [...]
Au même moment, Charles Cutter proposa un premier modèle concernant tant les catalogues imprimés qu'à fiches. Il établit trois fonctions principales que les catalogues devaient remplir. [...] Les règles de Cutter furent largement adoptées et la plupart des bibliothèques dont le catalogue était constitué de fiches mobiles se dotèrent d'un système à trois points d'accès : par auteur, par titre et par sujet. [...].
En 1961, les Principes de Paris, tirés des réflexions de Seymour Lubetsky, reprirent en grande partie les objectifs que Cutter assigna aux catalogues. [...]
Aujourd'hui, dans le cadre du programme national de "Transition bibliographique" copiloté par l'Abes et la BnF, les normes de catalogage s'adaptent au nouveau code RDA-FR (transposition française de RDA), s'appuyant sur le modèle conceptuel IFLA-LRM (Library Reference Model, adopté en 2016). Ainsi, en pleine période de Transition bibliographique, les politiques de description bibliographique de la BnF s’adaptent. Pour en savoir plus : Kitcat, portail d’aide au catalogage de la BnF : page sur les nouvelles règles de catalogage.
Quant aux données d’autorité auteur, leur gestion par la BnF s’aligne aussi sur le code RDA-FR. Ces données d’autorité ont pour ambition de représenter et décrire de manière univoque et pérenne les entités qui contrôlent la description des ressources et permettent d’y avoir accès. Pour les entités Agent, il s'agit des données d’autorité Personnes (qui incluent les Familles) et des données d’autorité Collectivités.
L'ensemble des bibliothèques publiques françaises sont engagées dans le programme national de la Transition bibliographique mais toutes n'avancent pas au même rythme dans la mise à jour de leurs bases de données. Certaines notices d'autorité contiennent des formes rejetées héritées de règles obsolètes comme l'obligation passée d'inverser systématiquement certaines particules, tandis que les notices plus récentes créées sous RDA-FR privilégient l'usage du pays d'origine. Le site transition-bibliographique.fr propose des guides expliquant précisément pourquoi les choix de "points d'accès" ont été modifiés lors du passage au code RDA-FR pour simplifier la vie des usagers.
Revenons enfin sur l'exemple que vous nous donnez, soit le document : Adèle / Mr Tan, Miss Prickly, DL 2012 : ["Tan, alias Antoine Dole"]. - L'enfer, c'est les autres / Tan, Miss Prickly, DL 2012. (Source : Bnf).
il faut ici distinguer la notion d'autorité auteur ou personne qui apparaît pour la Bnf, la BmL, et les bibliothèques de Paris sous l'entrée commune : Mr Tan (1981-....), de la cotation d'un document, pour laquelle il n'existe aucune norme nationale unique et obligatoire et qui est souvent propre à la stratégie locale de rangement de chaque bibliothèque. Vous pouvez lire à ce sujet "La cotation. Savoir-CDI, Sylvie Moussaoui, janvier 1999" qui rappelle que la cotation n'est ni une indexation, ni un accès bibliographique comme la notice auteur.
Pour aller plus loin avec les collections de la BmL :
Histoire des bibliothèques [Livre] : d'Alexandrie aux bibliothèques virtuelles / Frédéric Barbier, 2012 ;
Histoire des bibliothèques françaises. 01 [Livre]. Les bibliothèques médiévales du VIe siècle à 1530 / sous la direction d'André Vernet, 2008 ;
Histoire des bibliothèques françaises. 02 [Livre]. Les bibliothèques sous l'Ancien Régime, 1530-1789 / sous la direction de Claude Jolly, 1988 ;
Histoire des bibliothèques françaises. 03 [Livre]. Les bibliothèques de la Révolution et du XIXe siècle, 1789-1914 / sous la direction de Dominique Varry, 2009.
Bien à vous
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