Qui décide du changement de date des fêtes du calendrier ?
Question d'origine :
Bonsoir
Il fut un temps où le prénom Frédéric était célébré le 27 Avril * et puis, un jour, cette fête, comme d'autres certainement, a connu un '' déménagement calendaire ". Ce n'est sans doute pas dû à quelque sapeur, mais qui et quand a été à l'origine de ce changement ?
Merci d'avance pour votre réponse.
* et, quelques années plus tôt, un officier d'Etat-Civil avait refusé à un père de donner Freddy comme prénom à son fils....
Réponse du Guichet
C'est en 1969, avec l'institution d'un nouveau calendrier général de l'Eglise romaine qu'il a été décidé la migration de la saint Frédéric en juillet, avec effet à partir de l'année 1972.
Bonjour,
En 1971, la Saint Frédéric se fêtait bien le 27 avril mais dès l'année 1972, il leur faudra patienter jusqu'au 18 juillet pour recevoir les salutations de leurs proches.
Pour quelles raisons ?
Le Calendrier général romain a subit plusieurs modifications au cours du XXe siècle :
1951 : restauration dans le calendrier de la Vigile pascale par Pie XII [36] ;
1955 : restauration dans le calendrier de la totalité de la semaine sainte par Pie XII [36] ;
1960 : institution d'un nouveau calendrier général (Calendrier romain général (1960)) ;
1969 : institution d'un nouveau calendrier général, qui avec de successives modifications mineures est le Calendrier liturgique romain actuel.
Ce changement de date est dû à la réforme du calendrier général romain publiée par le Vatican en 1969, dans la lignée du Concile de Vatican II.
Son objectif était de simplifier le calendrier des saints, de ne conserver dans le calendrier universel que les saints les plus représentatifs et, autant que possible, de replacer leur mémoire au jour historique de leur mort (dies natalis).
Voici un extrait d'un article du journal Le Monde daté de janvier 1971 :
La France aura en effet un nouveau calendrier des saints à partir de 1972.
Cette petite révolution est la conséquence d'une autre, survenue au Vatican il y a deux ans : la publication d'un nouveau calendrier romain universel. Outre une réduction considérable des fêtes obligatoires, ses promoteurs avaient visé quatre objectifs :
1) Eliminer les saints historiquement douteux, comme Boniface de Tharse, Catherine d'Alexandrie ou même le célèbre Christophe, patron des automobilistes ;
2) Faire coïncider autant que possible la fête du saint avec le jour de sa mort : sainte Brigitte est donc passée du 8 octobre au 23 juillet ;
3) Rendre le calendrier représentatif de la sainteté chrétienne à travers le temps et l'espace : huit Africains et quatorze Asiatiques y ont fait ainsi leur entrée ;
4) Ne conserver dans le calendrier général que les saints de notoriété internationale, laissant les autres au culte local ou national.
C'est la raison pour laquelle le calendrier romain se présente avec de nombreuses cases vides : le mois de janvier, par exemple, en compte seize. Il revenait à chaque pays de compléter la liste en fonction de ses usages nationaux, mais en s'inspirant des mêmes principes qui avaient guidé la révision du calendrier romain. Ecarté de celui-ci, saint Remi s'est vu ainsi " récupéré " par le calendrier français : il y occupera la case vide du 15 janvier (sa date de naissance) et non plus celle du 1er octobre, dont le choix était tout à fait arbitraire.
Amélie a disparu
Pour établir le nouveau calendrier français, les spécialistes du Centre national de pastorale liturgique (1) n'ont pas voulu faire cavalier seul. Ils ont formé une commission de travail, à laquelle participaient des représentant du syndicat des fabricants de calendriers et agendas, un délégué de la fédération des fleuristes et un membre du Bureau des longitudes, chargé depuis 1795 de publier chaque année un annuaire " propre à régler tous ceux de la République ". Ces travaux ont donné naissance à deux documents :
• Une liste des fêtes à souhaiter, qui comprend quelque huit cents prénoms actuellement en usage en France. Elle sera rendue publique dans les prochains mois ;
• Le calendrier proprement dit, qui ne comprend qu'un seul saint par jour. Il figurera dans tous les agendas de l'année 1972.
Ce calendrier a subi de nombreuses modifications. À elle seule, la première quinzaine de janvier comporte douze changements. [...]
Pour les fabricants d'agendas et calendriers, la période des incertitudes est terminée. Les yeux fermés, ils ont donné à composer leur production des années à venir. Pour le Centre de pastorale liturgique, en revanche, il reste à établir les différents calendriers locaux avec des délégués des diocèses. Sainte Geneviève, par exemple, a été écartée du calendrier universel. En France, sa fête sera célébrée de manière facultative le 3 janvier. Mais à Paris, dont elle est la patronne, ce sera très certainement une solennité.
source : Priorité aux prénoms modernes dans le nouveau calendrier / Le Monde - 08 janvier 1971
Lire aussi : L'Eglise romaine élimine de son nouveau calendrier certains saints légendaires / H. F. - Le Monde - 10 mai 1969
On attribue traditionnellement la date du 18 juillet au décès de Frédéric d'Utrecht (voir Wikipedia et Le jour du seigneur), raison pour laquelle sa fête a probablement changé de date. La commission dirigée par le Centre national de pastorale liturgique aura sans doute souhaité rapprocher la saint Frédéric du jour associé à sa mort.
Voir ces précédentes réponses pour en savoir plus :
Bonne journée
Machine 12 256