A qui appartiennent ces sceaux situés au dos d'un tableau ?
Question d'origine :
Bonjour,
Pouvez-Vous m'aider à identifier ces sceaux situés au dos d'un tableau. Merci
Réponse du Guichet
Ce sceau en cire rouge pourrait avoir été apposé pour un contrôle douanier. L’aigle aux ailes déployées, possiblement bicéphale et tenant un sceptre, renvoie à une iconographie impériale d’Europe centrale ou orientale (Autriche ou Russie au 19ème siècle), sans certitude en raison de son état passablement dégradé. Nous ne resterons donc que dans l'hypothèse et une expertise en sigillographie sera nécessaire pour une identification plus précise.
Bonjour,
Vous souhaitez que nous trouvions l'appartenance et la signification de ce sceau situé à l'arrière d'un tableau. N'étant pas experts en sigillographie, sans plus de contexte et comme votre sceau est passablement abimé, nous ne pourrons qu'émettre des hypothèses sur ce que nous y voyons. Nous vous recommanderons de vous reporter vers certains experts et institutions mieux à même de vous répondre.
Ce type de sceau en cire rouge apposé sur chassis nous évoque les sceaux qu'employaient les douanes pour autoriser la circulation d'une marchandises ou d'une oeuvre d'art, en l'occurence ici un tableau, aux frontières du pays. Ces sceaux en plomb renseignaient sur l'autorité administrative qui a croisé la marchandise, et pouvaient également être le signe de l'acquittement d'une taxe ou que le tableau avait reçu l'autorisation officielle d'entrer ou sortir du territoire.
Cette silhouette avec ses ailes déployées évoque très fortement un aigle. Nous ne pouvons affirmer que l'oiseau possède deux têtes, mais le sceptre qu'il semble tenir dans ses serres et l'envergure des ailes nous rappelent les aigles bicéphales caractéristiques des armoiries impériales russes, austro-hongroises ou germaniques. Un aigle monocéphale pourrait rappler les insignes du Premier ou Second Empire français, mais les aigles impériaux napoléoniens ne répondent pas exactement à la même iconographie.
La page Wikipédia Aigle à deux têtes à sa sous-section "ailleurs" offre une belle représentation de la diversité de ses représentations de l'Allemagne à la Russie.
La présence d'un sceptre nous fait donc opter, avec prudence, pour la première option. On s'approche de l'iconographie des sceaux de la Russie impériale ou de l'empire d'Autriche, voire du Monténégro, probablement au 19ème siècle.
Sur Etsy, un tampon à cacheter en cire inspiré des armoiries impériales russes est en vente. Avec un peu d'imagination, on parvient à reconstituer les éléments qui apparaissent dégradés sur le vôtre. L'histoire derrière le symbole de l'aigle à deux tête dans la monarchie russe n'est pas tout à fait certaine. Voici telle qu'elle est expliquée sur Historia :
La source à laquelle est empruntée l'aigle à deux têtes n'est pas définitivement établie : ce peut être aussi bien l'aigle du Saint Empire romain germanique que celui de l'Empire romain d'Orient : le grand-prince Ivan III (1440-1505) avait épousé Sophie Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin, dont la famille avait, justement, l'aigle à deux têtes pour emblème.
Avec le temps, l'aigle se charge d'attributs exprimant l'extension de l'empire et son statut de grande puissance. À partir du XVIIe siècle, elle est coiffée des trois couronnes qui représentent les trois royaumes de Kazan, d'Astrakhan et de Sibérie, conquêtes moscovites du siècle précédent1 le sceptre et le globe que l'aigle tient dans ses serres symbolisent la souveraineté du tsar autocrate. Sous Pierre le Grand, l'écu de saint Georges est entouré du collier de l'ordre de Saint-André, institué par le tsar réformateur, et identifié comme armoiries de la Moscovie.
Source : Aigle à deux têtes et trois royaumes - Historia (2022)
Alors, que voyons nous au centre du corps de l'oiseau ? On peut lire des caractères (comme un nombre ou des initiales), peut-être le chiffre 15 ou 16 ? Ou Saint-Georges, saint-patron de Moscou, très largement effacé comme le veut la tradition moscovite ? C'est là que l'hypothèse russe décline.
Saint-Georges manque quand même à l'appel et un peu d'honnêteté nous force à dire qu'il s'agit de chiffres représentés sur le torse de l'oiseau. Par ailleurs, la présence de lettres, vraisemblablement en alphabet latin et non en cyrillique, semblent définitivement écarter la piste russe.
Pourtant, on se rapproche pas mal de ce type de sceau du 19ème siècle, ou encore de cette emprunte-ci.
Alors pourquoi pas l'empire autrichien ? Nous ne saurions être affirmatifs. Pour en avoir le coeur net, nous vous recommandons de privilégier l'expertise de personnes mieux avisées que nous, simples bibliothécaires.
Vous pourriez peut-être contacter la Société Française d’Héraldique et de Sigillographie en écrivant à cette adresse : Société Française d’Héraldique et de Sigillographie : 60, rue des Francs-Bourgeois 75141 – Paris cedex 03
Nous plaçons également votre question dans notre rubrique le Guichet Sèche, au cas où un internaute saurait mieux vous renseigner.
Bonne journée.
Le Maroc. Faux protectorat, vraie colonie