Question d'origine :
Bonjour,
pouvez-vous svp identifier ce blason trouvé sur un briquet zippo.
Réponse du Guichet
Le blason représente un insigne de casquette ou de calot d'officier de l'US Navy de la Seconde Guerre mondiale, composé d'un aigle en argent et de deux ancres dorées. Cet insigne était généralement réalisé en deux parties : l’aigle et l’écu étaient en argent sterling, tandis que les ancres croisées étaient en alliage de cuivre doré, souvent en métal laminé d’or. Cet emblème n'a jamais été officiellement lié au Grand Sceau des États-Unis dans le lequel figure un pygargue à tête blanche (et non pas un aigle) que Benjamin Franklin déprécia en faveur d'un dindon sauvage. Les briquets Zippo militaires étaient souvent gravés pour des raisons d'identité, d'esprit de corps, de commémoration ou d'expression personnelle.
Bonjour,
Notre recherche sur Google images a été très fructueuse et grâce à celle-ci nous avons pu identifier ce blason.
Celui-ci représente un insigne de calot porté sur le côté gauche de la coiffe ou un insigne de casquette d'officier de l'US Navy datant de la Seconde Guerre mondiale.

Lou Sander - CC-PD-Mark
Wikimédia Commons
L'insigne était composé d’un aigle et d’un écu en argent sterling, associés à deux ancres croisées en métal doré, généralement en alliage de cuivre recouvert d’une couche d’or. Vous pouvez en voir un sur Badge, Cap, Officer, United States Navy, Air and Space National Museum, où sont précisés les matériaux utilisés.
De surcroît, A tip of the hat: The evolution of headwear badges of the U.S., Military Trader Vehicule, précise que les insignes de casquette des officiers de la marine américaine se composent de deux ancres dorées entrelacées et d'un aigle argenté poli, les ailes déployées tournées vers la droite et ajoute que :
Ils peuvent être brodés ou en métal, avec de subtiles différences selon les fabricants. Comme pour les insignes de la marine de la plupart des pays, l'ancre est un élément central. On la retrouve également sur les insignes des officiers mariniers de la marine américaine, ainsi que sur ceux des maîtres principaux de différents grades. L'ancre et l'aigle figurent aussi sur les insignes de casquette des garde-côtes américains. La principale différence entre les insignes des garde-côtes et ceux de la marine réside dans le fait que l'insigne des garde-côtes utilise une seule ancre, horizontale, tenue dans les serres de l'aigle. L'insigne des officiers de la marine marchande américaine présente également une ancre dorée verticale sur un écu argenté, surmonté d'un aigle tourné vers la droite. Une couronne dorée entoure la base de l'écu. Comme pour les insignes mentionnés précédemment, les collectionneurs trouveront des variantes de ces deux insignes, mais conservant les mêmes éléments de design.
Voici d'autres précisions données par U.S. Navy commissioned officer, Ian Watts :
La Marine, en particulier, était (et reste) une organisation exigeant une discipline et un ordre stricts dans ses rangs. Sa réticence à imiter les traditions européennes a poussé la Marine américaine à créer ses propres symboles de grade et de hiérarchie, inspirés de la culture amérindienne et adaptés au contexte social. Elle s’est néanmoins alignée sur la tradition dominante des feuilles et de la dentelle. L’un des phénomènes les plus curieux illustrant cela réside dans les évolutions qu’a connues l’insigne de casquette des officiers de la Marine américaine au fil du temps ; celles-ci offrent également un aperçu des préoccupations de l’époque au sein de l’establishment de la Marine américaine et permettent de dater des objets à une période spécifique. À ses débuts, l’insigne de casquette indiquait le grade ou la fonction par la couleur et la disposition d’images tissées représentant des feuilles de chêne vert, des glands, des branches d’olivier et d’autres motifs tels que des lettres en vieil anglais. Celles-ci montrent que, dans la période précédant immédiatement la guerre de Sécession, les préoccupations tournaient autour des fonctions des officiers à bord des navires : les règlements relatifs aux uniformes de la Marine définissaient les différences entre les branches ou les spécialités des officiers, par exemple les ingénieurs, les chirurgiens, les aumôniers ou les officiers de pont. À la fin de la guerre de Sécession, le fédéralisme était la règle dans la gouvernance des États-Unis, et la force de l’Union était représentée encore davantage qu’auparavant sur les insignes navals. Les différences sophistiquées que l’on trouvait autrefois sur les coiffes des officiers de carrière ont cédé la place à un moyen d’identification élégant et uniforme : un insigne représentant un aigle et une ancre, porté sur la casquette d’uniforme et centré au-dessus de la visière. Cet insigne constituait un symbole visuel puissant rappelant que les officiers étaient au service du gouvernement, et non pas simplement membres d’un navire – ces distinctions se trouvaient quant à elles sur la manche et les épaulettes. Les planches du règlement de 1869 illustraient un aigle républicain au profil élancé, tourné vers la gauche de celui qui le portait et surmontant un grand écusson des États-Unis en argent, avec des ancres brodées en or en dessous. Une description définitive de la conception de cet insigne fut publiée en 1889 ; par la suite, il subit de légères modifications de conception de la part des fabricants jusqu’à la publication du Règlement sur l’uniforme du 31 mai 1941. Auparavant, comme indiqué plus haut, l’aigle était tourné vers la gauche, tandis que le nouveau règlement stipulait qu’il devait être tourné vers la droite. Une note du directeur de l’Histoire navale adressée au commandant en chef des Forces navales américaines en Europe, datée du 13 décembre 1963, précise que :
Le fait que l’aigle soit désormais tourné vers la droite plutôt que vers la gauche est logique du point de vue de la tradition héraldique, puisque le côté droit (dexter) est le côté d’honneur du blason et que le côté gauche (sinister) symbolise le déshonneur ou l’illégitimité.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Pour notre gouverne, l'aigle a aussi été adopté par le Congrès des Etats-Unis le 20 juin 1782 pour figurer sur le Grand Sceau du pays au terme de plusieurs années de conception :
Before it adjourned on July 4, 1776, the Continental Congress of the newly independent United States passed a resolution : Resolved, that Dr. Franklin, Mr. J. Adams and Mr. Jefferson, be a committee, to bring in a device for a seal for the United States of America.
Thus, three of the five men who had drafted the Declaration of Independence were brought together in further service to their country. The revolutionaries needed an emblem and national coat of arms to give visible evidence of a sovereign nation and a free people with high aspirations and grand hopes
for the future. The task proved far more difficult than anticipated; it took 6 years, two more committees, and the combined efforts of 14 men before
the Great Seal of the United States became a reality on June 20, 1782.
Traduction
Avant sa clôture le 4 juillet 1776, le Congrès continental des États-Unis nouvellement indépendants adopta la résolution suivante :
Il est résolu que le Dr Franklin, M. J. Adams et M. Jefferson forment un comité chargé de proposer un emblème pour le sceau des États-Unis d'Amérique.
Ainsi, trois des cinq hommes ayant rédigé la Déclaration d'indépendance furent réunis pour servir à nouveau leur pays. Les révolutionnaires avaient besoin d'un emblème et d'armoiries nationales pour témoigner visiblement de l'existence d'une nation souveraine et d'un peuple libre, animé de grandes aspirations et de vastes espoirs pour l'avenir. La tâche s'avéra bien plus ardue que prévu ; il fallut six ans, deux commissions supplémentaires et les efforts conjugués de quatorze hommes pour que le Grand Sceau des États-Unis devienne une réalité, le 20 juin 1782.
Source : The Great Seal of the United States, U.S. Department of State Bureau of Public Affairs Washington, DC, July 2003
Just a few hours after the Declaration of Independence was adopted by the Continental Congress on July 4, 1776, the first committee to design a seal for the United States was appointed, and its design began. After undergoing numerous changes, on June 20, 1782, the seal was officially adopted by the Continental Congress.
Traduction
Quelques heures seulement après l'adoption de la Déclaration d'indépendance par le Congrès continental le 4 juillet 1776, le premier comité chargé de concevoir un sceau pour les États-Unis fut nommé et son élaboration commença. Après de nombreuses modifications, le sceau fut officiellement adopté par le Congrès continental le 20 juin 1782.
Source : Original Design of the Great Seal of the United States (1782), Nationa Archives
Benjamin Franklin critiqua le choix de l'aigle comme symbole des États-Unis et déclara, dans une lettre privée de 1784, que le dindon sauvage était un oiseau plus respectable et plus authentiquement américain. En revanche, il ne proposa pas officiellement, comme souvent rapporté, le dindon comme emblème du Grand Sceau (source : Benjamin Franklin to Sarah Bache, 26 January 1784, National Archives).
Autre nuance à apporter, cet aigle américain n'en ai pas vraiment un. C'est un pygargue à tête blanche Celui-ci se distingue de l'aigle par son régime alimentaire, essentiellement composé de poissons, mais aussi par son bec massif et par le fait que ses pattes ne sont pas recouvertes de plumes jusqu'aux serres (source : pygargue à tête blanche, Wikipédia).
Pour en revenir à notre insigne, selon Hats/Caps sur le site Naval History and Heritage Command, centre de l'United States Navy responsable de la préservation et de l'analyse de l'histoire et de l'héritage naval américain, aucune archive n'indique que l'emblème soit lié au Grand Sceau des États-Unis :
The uniform regulations of 1866 prescribed, for the first time, an eagle-anchor device to be worn on a visored cap, with the eagle facing left. But the enclosed illustration from Tily captioned "Cap Ornament," [not included] which was introduced in 1869, shows the eagle facing right. In general, though, the eagles in decorative use from the 1860's through 1940 faced to the left. You will find enclosed [not included] a copy of a memorandum from the Director of Naval History to Commander-in-Chief, U.S. Naval Forces, Europe of 13 December 1963. It contains an explanation of the change in uniform regulations that occurred in 1941, which prescribed the right-facing eagle that has been used since that year. The shift of the eagle's aspect to right-facing from left-facing is logical from the perspective of heraldic tradition, since the right side (dexter) is the honor side of the shield and the left side (sinester) indicates dishonor or illegitimacy.
We find no indication in the historical record that the officer cap device was ever in any way related to the Great Seal of the United States either in periods of war or peace. Early variations may have been mere accidents of design-makers or the personal whim of the officers when ordering uniforms.
Source: "Evolution of Cap Device." Washington, D.C.: Historical Research Branch, Naval Historical Center, 1978.
Traduction
Le règlement relatif aux uniformes de 1866 prescrivait, pour la première fois, un insigne d'aigle et d'ancre à porter sur la casquette à visière, l'aigle étant orienté vers la gauche. Cependant, l'illustration ci-jointe de Tily, intitulée « Ornement de casquette » [non incluse], introduite en 1869, montre l'aigle orienté vers la droite. En général, toutefois, les aigles utilisés à des fins décoratives entre 1860 et 1940 étaient orientés vers la gauche. Vous trouverez ci-joint [non inclus] une copie d'une note de service du directeur de l'histoire navale au commandant en chef des forces navales américaines en Europe, datée du 13 décembre 1963. Ce document explique la modification du règlement relatif aux uniformes intervenue en 1941, qui a prescrit l'aigle orienté vers la droite, en vigueur depuis cette date. Le changement d'orientation de l'aigle, de gauche à droite, est logique du point de vue de la tradition héraldique, puisque le côté droit (dextre) est le côté honorable de l'écu et le côté gauche (sinester) indique le déshonneur ou l'illégitimité.
Nous n'avons trouvé dans les archives historiques aucune indication que l'emblème des casquettes d'officier ait jamais été lié de quelque manière que ce soit au Grand Sceau des États-Unis, que ce soit en temps de guerre ou de paix. Les premières variations pourraient être de simples erreurs de conception ou le fruit du caprice des officiers lors de la commande des uniformes.
Source : « Évolution de l'insigne de casquette ». Washington, DC : Service de recherche historique, Centre historique naval, 1978.
Dont acte.
A propos des zippos, ils étaient gravés ou décorés pour différentes raisons :
Personnalisation et identité
Dès les années 1930, la marque proposait des initiales et des insignes pour offrir un sentiment d'unicité. En 1936, Zippo proposa d'ajouter des initiales ou des petits écussons métalliques pour se démarquer et offrir un objet unique
Esprit de corps militaire
Durant la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam, les soldats faisaient graver l'insigne de leur division, le nom de leur base ou les dates de leur engagement pour marquer leur appartenance au groupe. Les soldats se sont approprié ces briquets en y gravant des insignes d'unité, des dessins satiriques ou des messages personnels, transformant le métal en véritable journal intime de survie.
Exutoire psychologique et humour noir
Au front, les gravures (slogans, dessins de Snoopy ou phrases désabusées) servaient à évacuer la peur, la tension et l'angoisse de la mort.
Objet publicitaire et commémoratif
Les entreprises ont rapidement vu le Zippo comme un support promotionnel durable, y apposant logos et marques, de tournois ou de souvenirs touristiques.
Cet insigne est vendu en grand nombre par des commerces en ligne tout comme les zippos. Mais attention, des contrefaçons de zippos militaires pullulent aujourd'hui sur le marché des collectionneurs.
Bonne journée
Tekoha.