Quel pourcentage de la surface de la Terre est habitable raisonnablement ?
Question d'origine :
Il y a toute sorte de paysages sur notre terre. Quel pourcentage de la surface est habitable raisonnablement ?
Réponse du Guichet
L’habitabilité varie selon les organismes considérés, les conditions environnementales, l’échelle spatiale et temporelle et les transformations humaines. L’habitabilité biologique de la Terre est tridimensionnelle et dépasse très largement les espaces favorables à la vie humaine. L’habitabilité humaine est beaucoup plus restrictive. Une étude estime à 106,4 millions de km² la superficie terrestre potentiellement favorable à l’implantation d’établissements humains, selon des critères topographiques et géographiques précis. Rapportée à la surface totale de la Terre, cette superficie représente environ 21 %, mais ce chiffre ne doit pas être interprété comme la proportion de la planète où les humains peuvent effectivement vivre : il correspond à une définition particulière de la surface terrestre propice aux établissements humains. L’habitabilité climatique est plus restrictive encore. Des recherches montrent que les populations humaines se sont historiquement concentrées dans une gamme étroite de températures moyennes annuelles, autour de 11 à 15 °C. L’habitabilité humaine dépend donc non seulement des caractéristiques physiques des territoires, mais aussi du climat, des ressources, de l’agriculture, des infrastructures et des capacités techniques des sociétés. Plus brièvement, l'habitabilité humaine est relativement restreinte et dépend fortement des conditions climatiques et géographiques, tandis que l'habitabilité biologique de la Terre s'étend à une très grande partie de la planète, sans qu'un pourcentage global puisse être scientifiquement établi.
Bonjour,
Oui, vous avez raison, il y a toutes sortes de paysages sur notre Terre. Des paysages marins, des mers de glace, des banquises, des steppes, des déserts, des paysages agricoles, forestiers, montagneux, urbains... Ce qui vous pousse à vous demander quel pourcentage de la surface de la Terre est habitable. Question simple à première vue, mais la diversité de ces paysages nous amène à penser qu'il existe plusieurs manières d'habiter le monde et, par voie de conséquence, votre interrogation en appelle d'autres. Par exemple, qu'est-ce qui rend la terre habitable ? Habitable par qui ? Les poissons ? Les scorpions ? Les humain·es ? Les végétaux ? Les bactéries ?... Et, en premier lieu, qu'est-ce que l'habitabilité ? C'est ce que nous allons tenter de cerner.
Voyon d'abord ce que recouvre le terme habitabilité selon Cockell CS, Bush T, Bryce C, et al. dans Habitability: A Review. Astrobiology. 2016;16(1):89-117. Pour ces scientifiques l'habitabilité c'est la capacité d'un environnement à permettre l'activité d'au moins un organisme connu, sans impliquer nécessairement la présence effective de vie. On peut distinguer l’habitabilité instantanée, qui désigne les conditions permettant la vie à un moment donné ; l’habitabilité planétaire continue, qui correspond au maintien de conditions habitables sur certaines régions d’un corps planétaire pendant des périodes géologiques ; les mondes à eau liquide de surface, comme la Terre, susceptibles de soutenir la photosynthèse oxygénique et, à terme, une vie complexe ; les mondes à eau liquide interne, comme certaines lunes glacées, où l’eau liquide est confinée sous la surface et qui offrent moins de possibilités d’évolution vers une vie complexe. Ainsi, habitabilité et présence de vie doivent être distinguées : un environnement peut être habitable sans être effectivement habité :
L'habitabilité est un terme fréquemment employé en géosciences, en planétologie et en astrobiologie, mais que signifie-t-il exactement ? Dans cette synthèse, nous la définissons comme la capacité d'un environnement à permettre l'activité d'au moins un organisme connu. Nous adoptons une définition binaire de l'« habitabilité » et de l'« environnement habitable ». Un environnement peut ou non permettre la survie d'un organisme donné. Cependant, des environnements tels que des planètes entières peuvent abriter une diversité d'espèces ou une biomasse plus ou moins importante que celle de la Terre. Pour mieux comprendre l'habitabilité, on peut définir l'habitabilité instantanée comme les conditions requises, à un instant donné et dans un environnement donné, pour permettre l'activité d'au moins un organisme connu, et l'habitabilité planétaire continue comme la capacité d'un corps planétaire à maintenir des conditions habitables sur certaines zones de sa surface ou en son sein, sur des échelles de temps géologiques. Nous faisons également la distinction entre les mondes à eau liquide de surface (comme la Terre), qui peuvent maintenir de l'eau liquide à leur surface, et les mondes à eau liquide interne , tels que les lunes glacées et les planètes rocheuses de type tellurique, qui ne contiennent de l'eau liquide qu'à l'intérieur de leur corps. Cette distinction est importante car, tandis que les premiers peuvent potentiellement maintenir des conditions habitables pour la photosynthèse oxygénique, entraînant une augmentation de l'oxygène atmosphérique et potentiellement une multicellularité complexe et une forme d'intelligence sur des échelles de temps géologiques, les seconds sont peu susceptibles de le faire. Les environnements habitables n'ont pas nécessairement besoin d'abriter la vie. Bien que le découplage entre habitabilité et présence de vie soit rare sur Terre, il pourrait être important pour comprendre l'habitabilité d'autres corps planétaires.
De manière moins complexe, l'AFA (Association Française d'Astronomie) répond à la question Qu'est-ce qu'une "terre habitable" ?. Ce qui définit les zones habitables de l’Univers, c’est un composé bien connu de notre Terre, l’eau :
Pour qu’une terre soit habitable, il faut que ses conditions de température et de pression soient optimales en surface pour posséder de l’eau à l’état liquide. L’eau a ce formidable avantage de faciliter les réactions chimiques. Or la vie, telle qu’on la connaît sur Terre, est basée sur une chimie organique très complexe (la biochimie). Si l’eau est inexistante, ou même si elle n’est présente que sous forme de vapeur ou de glace, la chimie ne peut pas s’opérer. Une température comprise entre zéro et cent degrés, ainsi qu’une atmosphère pour produire une pression suffisante en surface sont donc indispensables pour obtenir cette précieuse eau liquide, et imaginer les possibles réactions chimiques menant au développement d’une forme de vie.
Le Rapport Planète Vivante 2018, WWF et ZSL (Let's Work for WildeLife), nous rappelle également que les sols regorgent quantité d'organismes souterrains (micro, macro, méga, méso) invisibles à l'oeil nu, indispensables à la vie sur Terre désignant ainsi une habitabilité non humaine :
QU’Y A-T-IL DE SI SPÉCIAL DANS LE SOL ?
Un quart de la vie sur Terre se trouve sous nos pieds. La biodiversité des sols comprend les microorganismes (ceux qui ne sont visibles qu’au microscope, comme les champignons, les bactéries), la microfaune (dont le corps ne dépasse pas 0,1 mm, comme les nématodes et les tardigrades), la mésofaune (invertébrés dont la largeur varie de 0,1 à 2 mm, y compris les acariens et les collemboles), la macrofaune (dont le corps varie de 2 à 20 mm de largeur, y compris les fourmis, les termites et les vers de terre) et la mégafaune (dont la largeur est supérieure à 20 mm, y compris les mammifères vivant dans le sol, comme les taupes). Ces organismes souterrains influencent la structure physique et la composition chimique des sols. Ils sont essentiels au fonctionnement et à la régulation de processus écosystémiques vitaux, tels que la séquestration du carbone, les émissions de gaz à effet de serre et l’absorption de nutriments par les plantes. Ce sont des réservoirs pour des applications médicales potentielles ou de nouvelles mesures de lutte biologique contre les agents pathogènes et les nuisibles.
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La vidéo Qu'est-ce qu'une "terre habitable" ?, Cité anthropocène, 21 février 2022, introduit aussi quelques nuances à propos de l’habitabilité humaine et de l'habitabilité du vivant.
Axel Grégoire, architecte et cartographe, y précise que l’exploration des différentes strates du sol conduit à élargir la conception de celle-ci. L’habitabilité humaine ne se déploie pas uniquement à la surface de la Terre mais s’étend également dans ses profondeurs car le sol constitue à la fois un lieu de mémoire et un espace où se sédimentent les traces des activités humaines et des transformations du milieu. L'habitabilité humaine s’étend et se développe non seulement horizontalement, à la surface des territoires mais aussi en profondeur, dans sa dimension verticale et souterraine.
Cette table ronde organisée par l'Ecole Urbaine de Lyon, réunissant également une géologue minéralogiste et une archéologue, invite à ne pas confondre Terre habitable et Terre habitable pour l’être humain. Les échanges proposent de penser l’habitabilité de la Terre comme une notion évolutive et relative, plutôt que comme une propriété fixe de la planète.
À l’échelle géologique, la Terre est devenue progressivement habitable pour le vivant, notamment avec l’apparition d’eau liquide stable à sa surface. Son histoire est cependant marquée par de profondes variations climatiques et des crises qui ont parfois rendu les conditions extrêmement hostiles. La vie a néanmoins persisté, s’est adaptée et s’est diversifiée.
Avec l’apparition du Néolithique, une autre conception de l’habitabilité apparaît : les humains commencent à transformer massivement leur environnement pour le rendre plus favorable à leurs besoins. Le réchauffement de la fin de la dernière glaciation crée de nouvelles conditions permettant notamment l’agriculture et l’installation durable des populations. L’habitabilité devient alors en partie une construction humaine, fondée sur la disponibilité de ressources, d’énergie, de nourriture et sur la transformation des milieux.
Cette évolution introduit toutefois une tension fondamentale : rendre la Terre plus habitable pour les humains peut la rendre moins habitable pour d’autres formes de vie. Les sociétés humaines cherchent historiquement à maximiser les ressources et les conditions favorables à leurs communautés, alors que le vivant, de manière plus générale, tend plutôt à s’adapter aux conditions énergétiques et environnementales qui lui sont offertes. La question contemporaine de l’habitabilité doit donc distinguer l’habitabilité de la Terre pour la vie de l’habitabilité de la Terre pour les sociétés humaines. La planète elle-même n’a pas pour fonction de maintenir les conditions favorables à l’humanité : si celle-ci disparaissait, la Terre pourrait rester habitable pour d’autres formes de vie.
En résumé, l'habitabilité est un équilibre dynamique entre les conditions biophysiques de la planète, les capacités d’adaptation du vivant et, depuis le Néolithique, la capacité des sociétés humaines à transformer leur environnement. Cette dernière capacité, en permettant à l’humanité d’accroître son habitabilité locale, peut simultanément fragiliser les conditions générales de l’habitabilité du vivant.
Voyons maintenant quelle surface terrestre serait habitable pour les humains même si là aussi tout dépend de différentes possibilités de l’habitabilité à savoir : vivre sans infrastructure particulière - installer une habitation, conditions climatiques favorables - possibilité de produire de la nourriture...
L'étude publiée dans Scientific Reports en 2021, Strano, E., Simini, F., De Nadai, M. et al. The agglomeration and dispersion dichotomy of human settlements on Earth. Sci Rep 11, 23289 (2021), a cherché à cartographier la surface terrestre pouvant accueillir des établissements humains. Les auteurs en excluent les régions à topographie trop accidentée et les eaux intérieures. Ils écrivent :
We estimate that the total number of HSs is approximately 32 million and the corresponding area amounts to 1,302,187 km² (i.e., about 1,04% of the global land surface area estimated in 131,331,424 km² excluding the Arctic and Antarctic regions). However, not all dry-land surfaces can be settled. Thus, from satellite imagery, we exclude areas with complex topography that are not suitable for hosting HSs (e.g. areas with extremely elevated steepness) and internal freshwater surfaces through a relief mask and a freshwater mask, respectively (see the Methods and Supporting Information (SI) sections for details). The area of habitable land amounts to 106,445,525 km² ; out of this, we estimate that HSs cover 1,22% of the entire world.
Nous estimons que le nombre total de zones humides s'élève à environ 32 millions et que leur superficie totale atteint 1 302 187 km² (soit environ 1,04% de la superficie terrestre mondiale estimée à 131 331 424 km², hors régions arctiques et antarctiques). Cependant, toutes les surfaces terrestres ne sont pas propices à la colonisation. Ainsi, à partir d’images satellites, nous excluons les zones à la topographie complexe qui ne se prêtent pas à l’implantation de zones habitables (par exemple, les zones présentant une pente extrêmement raide) ainsi que les plans d’eau douce intérieurs, respectivement à l’aide d’un masque de relief et d’un masque d’eau douce (voir les sections « Méthodes » et « Informations complémentaires » (SI) pour plus de détails). La superficie des terres habitables s’élève à 106 445 525 km² ; sur ce total, nous estimons que les zones habitées couvrent 1,22% de la superficie totale du globe.
Traduction DeepL
Les terres considérées comme habitables représentent donc 106,4 millions km². Si l'on rapporte ces 106,4 millions de km² à toute la surface de la Terre, environ 510 millions de km², on obtient, 106,4 / 510 ≈ 20,9 %. C'est donc environ 21 % de la surface totale de la Terre qui peut être qualifiée d'habitable si l'on entend par surface habitable, surface terrestre physiquement propice aux établissements humains.
Dans une autre étude publiée dans PNAS en 2020, Xu C, Kohler TA, Lenton TM, Svenning JC, Scheffer M. Future of the human climate niche. Proc Natl Acad Sci U S A. 2020 May 26;117(21):11350-11355, les auteurs ne cherchent pas à déterminer quelle surface pourrait physiquement accueillir une maison, mais étudient l'habitabilité climatique, c'est-à-dire l'espace climatique dans lequel les populations humaines se sont historiquement concentrées. Ils constatent :
We show that for thousands of years, humans have concentrated in a surprisingly narrow subset of Earth’s available climates, characterized by mean annual temperatures around ∼13 °C. This distribution likely reflects a human temperature niche related to fundamental constraints. We demonstrate that depending on scenarios of population growth and warming, over the coming 50 y, 1 to 3 billion people are projected to be left outside the climate conditions that have served humanity well over the past 6,000 y. Absent climate mitigation or migration, a substantial part of humanity will be exposed to mean annual temperatures warmer than nearly anywhere today.
Nous montrons que, depuis des milliers d’années, les êtres humains se sont concentrés dans un sous-ensemble étonnamment restreint des climats disponibles sur Terre, caractérisé par des températures annuelles moyennes avoisinant les ∼13 °C. Cette répartition reflète probablement une niche thermique humaine liée à des contraintes fondamentales. Nous démontrons que, selon les scénarios de croissance démographique et de réchauffement, au cours des 50 prochaines années, entre 1 et 3 milliards de personnes devraient se retrouver en dehors des conditions climatiques qui ont si bien servi l’humanité au cours des 6 000 dernières années. En l’absence de mesures d’atténuation du changement climatique ou de migrations, une partie importante de l’humanité sera exposée à des températures annuelles moyennes plus élevées que presque partout aujourd’hui.
Traduction DeepL
Plus précisément :
All species have an environmental niche, and despite technological advances, humans are unlikely to be an exception. Here, we demonstrate that for millennia, human populations have resided in the same narrow part of the climatic envelope available on the globe, characterized by a major mode around ∼11 °C to 15 °C mean annual temperature (MAT). Supporting the fundamental nature of this temperature niche, current production of crops and livestock is largely limited to the same conditions, and the same optimum has been found for agricultural and nonagricultural economic output of countries through analyses of year-to-year variation. We show that in a business-as-usual climate change scenario, the geographical position of this temperature niche is projected to shift more over the coming 50 y than it has moved since 6000 BP. Populations will not simply track the shifting climate, as adaptation in situ may address some of the challenges, and many other factors affect decisions to migrate. Nevertheless, in the absence of migration, one third of the global population is projected to experience a MAT >29 °C currently found in only 0.8% of the Earth’s land surface, mostly concentrated in the Sahara. As the potentially most affected regions are among the poorest in the world, where adaptive capacity is low, enhancing human development in those areas should be a priority alongside climate mitigation.
Toutes les espèces ont une niche écologique, et malgré les progrès technologiques, il est peu probable que les humains fassent exception. Nous démontrons ici que, depuis des millénaires, les populations humaines se sont installées dans la même partie restreinte de l’enveloppe climatique disponible sur la planète, caractérisée par un régime dominant avec une température moyenne annuelle (TMA) comprise entre environ 11 °C et 15 °C. Confirmant le caractère fondamental de cette niche thermique, la production actuelle de cultures et d’élevage se limite en grande partie à ces mêmes conditions, et le même optimum a été mis en évidence pour la production économique agricole et non agricole des pays grâce à des analyses des variations d’une année à l’autre. Nous montrons que, dans un scénario de changement climatique « business as usual », la position géographique de cette niche thermique devrait se déplacer davantage au cours des 50 prochaines années qu’elle ne l’a fait depuis 6 000 ans avant le présent (BP). Les populations ne se contenteront pas de suivre le climat en mutation, car l’adaptation sur place pourrait répondre à certains défis, et de nombreux autres facteurs influencent les décisions de migration. Néanmoins, en l’absence de migration, un tiers de la population mondiale devrait connaître une température moyenne annuelle (MAT) supérieure à 29 °C, condition qui ne se rencontre actuellement que sur 0,8 % de la surface terrestre, principalement concentrée dans le Sahara. Les régions potentiellement les plus touchées figurant parmi les plus pauvres du monde, où la capacité d’adaptation est faible, le renforcement du développement humain dans ces zones devrait constituer une priorité au même titre que l’atténuation du changement climatique.
Traduction DeepL
L'étude donne ce chiffre particulièrement intéressant : les régions dont la température moyenne annuelle est actuellement ≥ 29 °C ne représentent que 0,8 % des terres émergées, alors qu'elles pourraient représenter 19 % des terres en 2070 dans le scénario climatique RCP8.5 étudié aujourd'hui abandonné. L'habitabilité climatique humaine est donc beaucoup plus restrictive que la simple possibilité géographique d'installer des établissements.
Le chiffre de 21 % est donc défendable si on parle de surface terrestre potentiellement habitable pour l'installation humaine, mais il serait scientifiquement abusif de présenter ces 21 % comme "les 21 % de la Terre où les humains peuvent vivre".
En conclusion, il n'existe pas de pourcentage unique de la surface terrestre habitable pour les humains
Au sujet de l'habitabilité des non humains, contrairement à l'habitabilité humaine, l'habitabilité biologique de la Terre s'étend à une très grande diversité de milieux. Des microorganismes sont capables de vivre dans les déserts, les glaces, les environnements hypersalins ou fortement acides, les grands fonds océaniques ainsi que dans le sous-sol profond. Il n'est donc pas possible d'attribuer un pourcentage précis de la surface terrestre à l'habitabilité non humaine. Les observations disponibles indiquent néanmoins que celle-ci concerne une fraction très importante de la surface de la planète et qu'elle s'étend également en profondeur, bien au-delà de sa seule surface.
Vous pouvez lire à ce propos :
- How did life on Earth come to occupy so many different environments?, Science NASA, National Aeronautics and Space Administration.
Cet article montre que la vie n'est pas confinée aux zones tempérées ou aux régions favorables aux humains.
- Ruff SE, de Angelis IH, Mullis M, Payet JP, Magnabosco C, Lloyd KG, Sheik CS, Steen AD, Shipunova A, Morozov A, Reese BK, Bradley JA, Lemonnier C, Schrenk MO, Joye SB, Huber JA, Probst AJ, Morrison HG, Sogin ML, Ladau J, Colwell F. A global comparison of surface and subsurface microbiomes reveals large-scale biodiversity gradients, and a marine-terrestrial divide. Sci Adv. 2024 Dec 20;10(51):eadq0645.
Ici vous pourrez lire que des environnements considérés comme inhabitables pour l'être humain peuvent parfaitement être habitables pour certains microorganismes.
La biosphère s'étend profondément sous les continents et sous les océans. Lire à ce sujet :
- Amundson, K.K., Borton, M.A. & Wilkins, M.J. Anthropogenic impacts on the terrestrial subsurface biosphere. Nat Rev Microbiol 23, 147–161 (2025).
Cette synthèse indique que le sous-sol terrestre constitue le plus grand réservoir de vie microbienne sur Terre.
- A. Soares, A. L. Edwards, A. Bagnoud, J. Bradley, Elliott P. Barnhart, M. Bomberger Brown, K. Budwill, S. M. Caffrey, M. Fields, J. Gralnick., V. Kadnikov, L. Momper, M. Osburn, A. Mu, J.W. Moreau, D. Moser, L. Purkamo, S. M. Rassner, C. S. Sheik, B. Sherwood Lollar, B. M. Toner, G. Voordouw, K. Wouters, A. C. Mitchell. A global perspective on bacterial diversity in the terrestrial deep subsurface. USGS Publications Warehouse, USGS Organization WY-MT Water Science Center, 2023.
Cette étude estime que 12 à 20 % de la biomasse terrestre se trouve dans le sous-sol profond terrestre, contre environ 1,8 % dans le sous-sol marin profond.
- Flemming, HC., Wuertz, S. Bacteria and archaea on Earth and their abundance in biofilms. Nat Rev Microbiol 17, 247–260 (2019).
Ici il est quesion des populations bactériennes et archéennes mondiales estimées à environ 1,2 × 10³⁰ cellules, réparties notamment dans cinq grands habitats : sous-sol océanique profond, sédiments océaniques, sous-sol continental, sols et océans.
- Miki Huynh. Thermal Variation and Habitability of the Earth's Seafloor, NASA Astrobiology, Jan. 30, 2017.
L'article explique que même les sédiments du fond des océans sont largement habitables. Les océans couvrent environ 70 % de la surface terrestre. Or leur fond constitue lui-même un vaste habitat microbien.
Une grande partie d'un environnement qui serait totalement inhabitable pour l'être humain reste donc potentiellement habitable pour des microorganismes. Cela signifie que l'habitabilité biologique de la Terre est tridimensionnelle. Elle ne correspond pas seulement à une mince couche de surface.
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Franck, S., Block, A., Bloh, W. et al. Planetary habitability: is Earth commonplace in the Milky Way?. Naturwissenschaften 88 , 416–426 (2001)
Life's Engines : How Microbes Made Earth Habitable / Falkowski, Paul G. - New Jersey : Princeton University Press, 2023 - 224 p. - Princeton Science Library. Ouvrage publié en 2015 puis en 2023. Présentation des chapitres sur Jstor.
Lammer, H., Bredehöft, J.H., Coustenis, A. et al. What makes a planet habitable?. Astron Astrophys Rev 17, 181–249 (2009)
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