Dans quelle tenue les anges de la chapelle Sixtine ont été restaurés ?
Question d'origine :
Bonjour, je viens de lire cet article (lien ci-dessous).
Ca m'a rappelé la polémique qu'il y a eu au début des années 90 sur la rénovation de la chapelle Sixtine du Vatican qui me semble n'avoir pas été faite depuis extrêmement longtemps. C'était très polémique parce que s'est posée la question de savoir s'il fallait remettre les anges représentés comme à l'origine, c'est à dire totalement nus ou comme il avait été demandé à Michel Ange de les modifier, c'est à dire ceint d'un drap ? Pourriez-vous me rappeler l'histoire complète de cette polémique ? Comment ça s'est terminé ? Qu'en est il aujourd'hui ?
Cordialement
RA
Réponse du Guichet
Les anges du Jugement dernier furent conçus par Michel-Ange comme des figures majoritairement nues, certaines étant toutefois accompagnées de draperies qui appartiennent à la composition originale. Après la mort de Michel-Ange et le concile de Trente, certaines figures nues jugées indécentes furent rhabillées par Daniele da Volterra. Lors de la restauration de 1980-1994, des ajouts des XVIIIe et XIXe siècles furent en grande partie supprimés, tandis que les interventions du XVIe siècle, notamment celles de Volterra, furent conservées en raison de leur importance historique. Une nouvelle restauration en 2026 a permis d'éliminer un voile de lactate de calcium mais n'a pas remis en cause les choix de 1994 ni supprimé les interventions de Volterra. Elle a toutefois permis un nouvel examen de l'état de conservation et des réintégrations picturales, relançant la réflexion sur le rapport entre état matériel et interprétation de l'œuvre.
Bonjour,
Une redécouverte concernant le tableau La Jeune Paysanne de Salomon de Bray vous a rappelé la polémique qui a entouré, au début des années 1990, la restauration de la chapelle Sixtine au Vatican. Vous vous intéressez à l’histoire de cette polémique, notamment concernant les anges nus de Michel-Ange et les draperies ajoutées ultérieurement. Vous voulez savoir pourquoi ces modifications avaient été faites, quels choix ont été effectués lors de la restauration, comment la controverse s’est terminée et enfin vous vous demandez si aujourd’hui les choix de restauration sont toujours considérés comme justifiés.
Avant de commencer, petite précision utile. La polémique de la restauration de la chapelle Sixtine ne concernait pas seulement les anges. Elle portait plus largement sur le Jugement dernier, notamment sur les draperies ajoutées à plusieurs figures nues, après la mort de Michel-Ange (1475 - 1564).
Achevé en 1541 après six ans de travail, l’ouvrage a été confié à Michel-Ange (1475–1564) par le pape Clément VII et inauguré par son successeur Paul III. Habitée par un Christ inhabituellement imberbe et musclé, et par des personnages d’une expressivité surprenante, l’œuvre, très débattue au fil des siècles, attise jalousies et querelles. Accusés d’indécence, 41 figurants seront même rhabillés !
Source : « Le Jugement dernier » de Michel-Ange à la chapelle Sixtine : l’apothéose d’un géant / Joséphine Bindé, Beaux Arts, 1er décembre 2020, mis à jour le 24 mars 2026

Par Michel-Ange Buronarroti — derivated work from, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27702899
Le Jugement dernier dans son contexte historique et les braghe de Volterra
La présentation du documentaire Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine de Frédéric Biamonti, France, 2025, sur Arte contextualise la création de ce chef d'œuvre de la peinture de la Renaissance italienne considéré comme l'un des plus importants de l'art occidental (source : Plafond de la chapelle Sixtine, Wikipédia) :
À la chapelle Sixtine, au cœur du Vatican, Michel-Ange réalise deux exploits sidérants, qui occuperont au total près de dix ans de sa vie. Pour le pape Jules II, il a d’abord conçu le décor de la voûte, figurant la création du monde. Trente ans plus tard, Clément VII lui commande une nouvelle œuvre : une fresque du Jugement dernier qui figurera sur le mur derrière l’autel. Un défi qu’il relève presque seul, en cinq années harassantes. Dévoilée en 1541, la fresque monumentale (180 mètres carrés et plus de 300 personnages !), d’une brutalité inédite, est d’abord reçue comme un chef-d’œuvre. Mais le scandale ne tarde pas à surgir : alors que le sujet n’imposait pas la nudité, aucun voile ne dissimule les organes sexuels des saints, des anges et des hommes… Le christ a perdu sa barbe ; les anges, leurs ailes. Dans le groupe des élus, jugés digne du paradis, on observe de curieuses étreintes entre personnage masculins. Avec ses corps aux muscles saillants comme des écorchés, la scène est traversée par une angoisse palpable. Alors que l’Église traverse une crise sans précédent, menacée par la révolte protestante, l’œuvre de Michel-Ange, accusée d’obscénité, devient un élément de débat central… Vingt ans plus tard, la sentence tombe : le Jugement dernier est censuré. Les travaux de "re-culottage" commencent au lendemain de la mort, en 1564, de l’artiste, qui aura vu dans cette controverse teintée de médisance l’ultime drame de son existence.
Source : Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine / Frédéric Biamonti, France, 2025, Arte
La page La chapelle Sixtine du Vatican muséum revient aussi sur son histoire.
Édifiée entre 1477 et 1480 par le pape Sixte IV della Rovere (pape de 1471 à 1484) qui fit reconstruire la chapelle Magna médiévale, la chapelle tire son nom de ce Saint-Père. La première décoration fut réalisée rapidement, entre 1481 et 1482 sur les murs latéraux ornés de trois frises. Sixte IV consacra la chapelle le 15 août 1483 et la dédia à l'Assomption de la Vierge. En 1508, le neveu de Sixte, Jules II (pape de 1503 à 1513), confia la réalisation du plafond à Michel-Ange Buonarroti qui travailla quatre ans sur les échafaudages et l'acheva en octobre 1512. Jules II célébra la messe inaugurale le jour de la Toussaint, le 1er novembre 1512. Le Jugement dernier, a été peint vingt ans plus tard, sous Paul III entre 1536 et 1541, sur le mur de l'autel. Il fut commandé par Clément VII à la fin de l'année 1533. Pour l'installer, il fallut détruire le retable de la Vierge du Pérugin ainsi que les premières scènes des deux cycles du XVe siècle. D’après le documentaire Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine, les anges du Jugement dernier où pratiquement tous les personnages sont nus, sont représentés nus à l’origine, et cette nudité fait partie intégrante de la conception de la fresque. Le film présente cette nudité comme l’aboutissement de la recherche de Michel-Ange sur le corps humain. Les anges sont particulièrement remarquables par leur représentation corporelle. Ils possèdent une musculature très développée, mise en valeur par leurs poses et leurs mouvements. Dans la partie supérieure, ils semblent voler ou nager dans l’air, ce qui accentue l'impression de légèreté malgré leur anatomie très puissante. Ils participent à la scène du Jugement en sonnant les trompettes de l’Apocalypse, tandis que les morts sont jugés. Un point important est à souligner : les anges n'ont plus d'ailes, ils sont représentés sans ailes. Cette absence constitue l'une des particularités iconographiques relevées par les contemporains.
Les figures nues d'origine furent jugées inconvenantes après le concile de Trente qui demande de couvrir 22 nudités en 1564. À partir de 1565, Daniele da Volterra fut chargé de les recouvrir de draperies peintes, ce qui lui valut le surnom de Braghettone, le faiseur de culottes. Pour la plupart des personnages, Volterra ajoute simplement des voiles ou des draperies par-dessus les corps nus, interventions relativement réversibles (source : Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine / Frédéric Biamonti, 2025, Arte). Cependant, les draperies que l'on voit sur certains anges sont parfois de Michel-Ange lui-même, et non de Volterra. Elles font partie de la conception de Michel-Ange. Charles Holroyd écrit dans son ouvrage Michel-Ange Buonarroti publié en 1903, CHAPTER IX, [pg 224] :
The early engravings show the picture in its original state, and show that the additions are not so many or so important as might be supposed, as most of the larger masses of draperies are seen to be Michael Angelo's own work.
Les gravures anciennes montrent l'œuvre dans son état d'origine et démontrent que les ajouts ne sont ni aussi nombreux ni aussi importants qu'on pourrait le supposer, puisqu'on constate que la plupart des grands plis de draperie sont l'œuvre de Michel-Ange lui-même.
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The last judgement of Michelangelo Buonarroti : How Michelangelo created the last judgement, UN-aligned, 24 May 2022
Ces deux lunettes supérieures montrent des groupes d'anges portant les instruments de la Passion : la Croix, les clous et la couronne d'épines sur l'image du haut ; la colonne, l'échelle et la sainte éponge sur l'image du bas. Les anges sont sans ailes. Lire la description de ces lunettes dans Anges avec les instruments de la Passion, Le Jugement dernier (Michel-Ange), Wikipédia.
Dans son article, Michelangelo Buonarroti: Restoration of the Frescoes on the Vaulted Ceiling and the Last Judgment in the Sistine Chapel. Conservation Science in Cultural Heritage. 16. pp. 89-108, Gianluigi Colalucci, restaurateur en chef de la chapelle Sixtine, donne l'exemple de saint André. Le tissu qui lui couvrait les fesses avait été ajouté au XVIIIe siècle, il a été retiré. Page 99, la légende de la photographie de restauration dit :
The Last Judgment: the censored figure of “Saint Andrew”, with a cloth added in the 18th century.
Le Jugement dernier : la figure censurée de « saint André », à laquelle un pan de tissu a été ajouté au XVIIIe siècle.
Puis, page 100 :
The Last Judgment: the uncensored figure of “Saint Andrew”, after removing the cloth added in the 18th century.
Le Jugement dernier : la figure non censurée de « saint André », après suppression du voile ajouté au XVIIIe siècle.
Ce n'est donc pas une intervention de Volterra qui a été supprimée.
Il existe une copie de cette œuvre monumentale réalisée par Marcello Venusti en 1549, seulement huit ans après l'achèvement du Jugement dernier par Michel-Ange et avant la campagne de censure de 1564-1565. Cette copie est précisément utilisée par les restaurateurs comme témoignage de l'état pré-censuré de la fresque. Dans son article Colalucci, écrit :
The copy of the Last Judgment, now in the Capodimonte Museum in Naples, painted by Venusti for Cardinal Farnese around 1549, therefore before the censorship, shows us how the figures originally appeared.
La copie du Jugement dernier, aujourd’hui conservée au musée Capodimonte de Naples, peinte par Venusti pour le cardinal Farnèse vers 1549, donc avant la censure, nous montre à quoi ressemblaient à l’origine ces personnages.
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Le Musée de Capodimonte considère également cette copie comme un document exceptionnel de l'état de la fresque avant les couvertures imposées après le concile de Trente :
Copie de la fresque de Michel-Ange exécutée par Marcello Venusti sur commande du cardinal Alexandre Farnèse vers 1549 et conservée à présent au musée de Capodimonte à Naples.
Oeuvre majeure de la Contre réforme, le Jugement dernier de Michel-Ange connut un retentissement considérable. Cette précieuse copie en fixe le souvenir avant que les repeints de pudeur posés en plusieurs étapes avant la fin du siècle, ne cachent totalement les corps des saints, dont la nudité provoqua une vive polémique.
Source : Le Jugement dernier d'après Michel-Ange, Musée Fabre
Une autre source particulièrement intéressante signale une copie d'une figure du Jugement dernier réalisée alors que les personnages étaient encore nus. Il s'agit d'un catalogue ancien des dessins de Michel-Ange, Drawings and studies by Michelangelo, University Galleries, Oxford, 1879 :
This copy was apparently made when the figures were still represented nude. At a later date (during the pontificate of Paul IV.) draperies were added by Daniele da Volterra. Black chalk drawing.
Cette copie a apparemment été réalisée à une époque où les personnages étaient encore représentés nus. À une date ultérieure (sous le pontificat de Paul IV), des drapés ont été ajoutés par Daniele da Volterra. Dessin à la craie noire.
p. 13
La restauration achevée en 1994
La restauration achevée en 1994 a effectivement relancé une controverse très importante sur la nudité des personnages et la restitution des couleurs et de l'état original de la fresque. Deux jours après l'inauguration de cette restauration, cet événement peu habituel au Vatican, a fait l'objet d'un article du Monde, le 10 avril 1994, CULTURE UN AUTRE MICHEL-ANGE La fin de la restauration de la chapelle Sixtine offre aux visiteurs une nouvelle vision, saisissante, du " Jugement dernier ". Le début des archives numérisées par Europresse du journal Le Monde ne démarrant qu'à compter du 01/01/2001, nous n'avons pas pu lire ce papier. Mais nous avons le témoignage de Jean-Paul II du 8 avril 1994, dans son homélie prononcée le jour de l'inauguration, Célébration de l'Eucharistie à l'occasion de l'inauguration de la restauration des fresques de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine. Homélie du pape Jean-Paul II, Dimanche 8 avril 1994, où il aborde explicitement la nudité des personnages du Jugement dernier. Il affirme que Michel-Ange s'est inspiré du récit de la Genèse où Adam et Ève sont nus et n'avaient pas honte l'un devant l'autre. Il présente la chapelle Sixtine comme un sanctuaire de la théologie du corps humain, où la beauté corporelle fait partie de la vision théologique de Michel-Ange. Il évoque directement, à propos du Jugement dernier, les corps glorifiés et ceux qui sont condamnés, en insistant sur leur beauté et leur dignité et surtout, il écrit que le corps humain conserve lui aussi sa splendeur et sa dignité et que, devant Dieu, le corps peut rester nu et découvert tout en conservant sa beauté :
Il semble que Michel-Ange, à sa manière, se soit laissé guider par les paroles suggestives du livre de la Genèse qui, en ce qui concerne la création de l'homme, homme et femme, relève: « Tous deux étaient nus [..], et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre » (Gn 2, 25). La Chapelle Sixtine est précisément - pour ainsi dire - le sanctuaire de la théologie du corps humain. En témoignant de la beauté de l'homme créé par Dieu comme homme et femme, elle exprime aussi, d'un certaine manière, l'espérance d'un monde transfiguré, le monde inauguré par le Christ ressuscité, et avant même le Christ du Mont Thabor. Nous savons que la Transfiguration constitue l'une des principales sources de la dévotion orientale; elle est un livre éloquent pour les mystiques, de même que le Christ crucifié contemplé sur le mont de La Vema a été un livre ouvert pour saint François.
Si, devant le jugement Dernier, nous restons ébaubis par la splendeur et par la terreur, en admirant d'un côté les corps glorifiés et de l'autre ceux qui sont soumis à la condamnation éternelle, nous comprenons aussi que la vision tout entière est profondément parcourue par une unique lumière et une unique logique artistique: la lumière et la logique de la foi que proclame l'Eglise lorsqu'elle confesse: « Je crois en un seul Dieu... Créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible ». Sur la base de cette logique, en ce qui concerne la lumière qui vient de Dieu, le corps humain conserve lui aussi sa splendeur et sa dignité. Si on le sépare de cette dimension, il devient d'une certaine manière un objet, facilement avili, puisque ce n'est qu'aux yeux de Dieu que le corps humain peut rester nu et découvert et conserver intactes sa splendeur et sa beauté.
En revanche, il ne parle pas des modifications apportées après Michel-Ange, ni de Daniele da Volterra, ni des draperies ajoutées aux nus, ni de la question de savoir s'il fallait les supprimer lors de la restauration achevée en 1994.
Lors de cette restauration, les restaurateurs retirèrent plusieurs des draperies ajoutées après les interventions initiales de Daniele da Volterra. En revanche, ils décidèrent de conserver les interventions du XVIe siècle réalisées par Volterra. Cette décision relevait notamment d'un choix de conservation historique : les ajouts de Volterra étaient eux-mêmes devenus une partie de l'histoire matérielle de l'œuvre, et certaines de ses interventions avaient entraîné la disparition de la peinture originale de Michel-Ange.
Dans Michelangelo Buonarroti: Restoration of the Frescoes on the Vaulted Ceiling and the Last Judgment in the Sistine Chapel, Gianluigi Colalucci écrit que, après la mort de Michel-Ange, Daniele da Volterra fut chargé de peindre des drapés sur bon nombre des figures nues jugées obscènes. Il précise aussi que la censure s'est poursuivie aux XVIIIe et XIXe siècles, si bien qu'au total 42 figures nues avaient été recouvertes de tissus divers :
Inaugurated on 31 October, 1542, the Last Judgment immediately provoked mixed feelings among the people of the time. It was even called the “painting of a thousand heresies” and, for this reason, was inserted by the Council of Trent, which ended in 1563, among the 33 paintings that were to be “corrected” without delay. After Michel-angelo’s death, on February 18 in 1564, Daniele da Volterra was commissioned to paint drapery on many of the nude figures held to be obscene. On Daniele’s death the task was given to Girolamo da Fano, and then to Carnevali. The fierce censor-ship was taken up once again in the eighteenth and nineteenth centuries, so that the total number of naked figures covered by various cloths reached forty-two. Tempera was used to paint the drapery, except for the group of Saint Blaise and Saint Catherine which was repainted using fresco.
Inauguré le 31 octobre 1542, le Jugement dernier suscita immédiatement des réactions mitigées parmi le public de l’époque. Il fut même qualifié de « tableau aux mille hérésies » et, pour cette raison, fut inscrit par le Concile de Trente, qui s’acheva en 1563, parmi les 33 tableaux devant être « corrigés » sans délai. Après la mort de Michel-Ange, le 18 février 1564, Daniele da Volterra fut chargé de peindre des drapés sur bon nombre des figures nues jugées obscènes. À la mort de Daniele, la tâche fut confiée à Girolamo da Fano, puis à Carnevali. Cette censure sévère fut reprise aux XVIIIe et XIXe siècles, de sorte que le nombre total de figures nues recouvertes de divers drapés atteignit quarante-deux. La tempera fut utilisée pour peindre les drapés, à l’exception du groupe représentant saint Blaise et sainte Catherine, qui fut repeint à la fresque.
p. 93
During restoration of the Last Judgment, the problem arose on what action was to be taken about the censored parts. In line with Cesare Brandi’s Theory of Restoration, and in particular with concepts of “historical instances” and “aesthetic instances”, the censored parts from the sixteenth century were preserved because they were considered to be of significant historical importance as they relate to a particularly important period in time for the church: the Council of Trent and the Counter-Reformation [5]. Instead, as the censored parts from the eighteenth and nineteenth centuries were not considered to be historically important, because they are not associated with any historical moment in time, they were removed, preferring, as a general rule, the aesthetic instance
Au cours de la restauration du « Jugement dernier », la question s’est posée de savoir quelle mesure il convenait de prendre concernant les parties censurées. Conformément à la théorie de la restauration de Cesare Brandi, et en particulier aux concepts d’« instances historiques » et d’« instances esthétiques », les parties censurées datant du XVIe siècle ont été conservées car elles ont été jugées d’une importance historique significative, dans la mesure où elles se rapportent à une période particulièrement importante pour l’Église : le Concile de Trente et la Contre-Réforme [5]. En revanche, les parties censurées des XVIIIe et XIXe siècles n’ayant pas été jugées importantes d’un point de vue historique, car elles ne sont associées à aucun moment historique particulier, elles ont été supprimées, la priorité étant donnée, en règle générale, à l’instance esthétique.
p. 98
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La précision sur la technique employée, tempera was used to paint the drapery, except for the group of Saint Blaise and Saint Catherine which was repainted using fresco est essentielle. Elle indique que les interventions de Volterra n'étaient pas toutes de même nature.
La décision de conserver les interventions de Daniele da Volterra alors que la restauration du Jugement dernier était encore en cours, est aussi documentée par un article du Los Angeles Times du 27 novembre 1993, At Vatican, Nude Art Is Too Much to Bare : Sistine Chapel: Some private parts will stay private after restoration. Gianluigi Colalucci y explique que les restaurateurs avaient identifié 38 modesty breeches ajoutées au cours des siècles. Il précise :
It has taken four years to restore the 60-foot-tall fresco of a righteous God rewarding the faithful and hurling sinners to the fires of hell. When “The Last Judgment” returns to public view around Easter, it will mark the first time in 14 years that the chapel where Popes are elected can be seen in its restored entirety.
Before that happens, though, there are some hard decisions to make regarding 38 “modesty breeches” added over the centuries at the instruction of Popes who believed that Michelangelo had painted altogether too much of some of his saints and sinners.
Some of the breeches, pronounced “britches,” were ordered by the Council of Trent in the Counter-Reformation in the 16th Century.
Others were added in the 17th and 18th centuries at the whim of later pontiffs, said chief restorer Gianluigi Colalucci. “They are all in tempera, with the original underneath, and we are in the process of deciding which ones to keep,” Colalucci said.
Il a fallu quatre ans pour restaurer la fresque de 60 pieds de haut représentant un Dieu juste récompensant les fidèles et précipitant les pécheurs dans les flammes de l’enfer. Lorsque « Le Jugement dernier » sera à nouveau accessible au public vers Pâques, ce sera la première fois en 14 ans que la chapelle où sont élus les papes pourra être admirée dans son intégralité restaurée.
Avant cela, cependant, il reste à prendre des décisions difficiles concernant les 38 « culottes de pudeur » ajoutées au fil des siècles sur ordre de papes qui estimaient que Michel-Ange avait représenté de manière trop explicite certains de ses saints et pécheurs.
Certaines de ces culottes, prononcées « britches », ont été ordonnées par le Concile de Trente lors de la Contre-Réforme au XVIe siècle.
D’autres ont été ajoutés aux XVIIe et XVIIIe siècles sur un coup de tête de pontifes ultérieurs, a expliqué le restaurateur en chef Gianluigi Colalucci. « Ils sont tous réalisés à la tempera, avec l’original en dessous, et nous sommes en train de décider lesquels conserver », a déclaré M. Colalucci.
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Puis il donne explicitement la décision :
We will leave the ones done by Daniele da Volterra in the 16th Century and take away the later additions.
Nous conserverons celles réalisées par Daniele da Volterra au XVIe siècle et retirerons les ajouts ultérieurs.
Cette source établit donc clairement les ajouts postérieurs à Volterra, notamment ceux des XVIIe et XVIIIe siècles, qui pouvaient être retirés, et les interventions de Volterra au XVIe siècle qui seraient conservées. Elle atteste également que cette décision était prise en connaissance de cause pendant la restauration.
L'article Michelangelo’s Rome Recent Restoration Releases Characters From Years Of Grime And Ill-Treatment, Spokesman-Review, 7 mai 1995, indique aussi que les voiles de pudeur, recouvrant saints et pécheurs, ont été retirés et que certaines des premières œuvres de da Volterra ne purent être retirées lors de la restauration, mais les ajouts ultérieurs furent plus facilement éliminés :
It’s been more than 450 years since Michelangelo Buonarroti put down his paint brushes in the Sistine Chapel and 15 years since the scaffolding went up to restore one of the world’s greatest works of art. Supported by funding from the Nippon Television Network Corporation of Tokyo, the restoration of the Renaissance masterpiece not only removed centuries of soot, dirt, grime, and cloudy glue-varnish, but also postMichelangelo “touching up.” Last April, work was completed on the final segment of the restoration: the Last Judgment fresco behind the altar. Off came the modesty drapery from saint and sinner alike.
The Council of Trent had determined that the nudity in the Last Judgment was unacceptable and in 1565 - the year after Michelangelo’s death at the age of 89 - Daniele da Volterra was commissioned to paint over certain figures, earning the artist the nickname “britches maker.” Later, additional “enhancements” of the same ilk were added by other artists working under their contemporaries’ sense of appropriate Papal chapel art. Some of the earliest work of da Volterra could not be removed during the restoration, but later additions were disposed of more easily.
Plus de 450 ans se sont écoulés depuis que Michel-Ange a posé ses pinceaux dans la chapelle Sixtine, et 15 ans depuis le début des travaux de restauration de l'une des plus grandes œuvres d'art au monde. Financée par la Nippon Television Network Corporation de Tokyo, la restauration de ce chef-d'œuvre de la Renaissance a permis d'éliminer des siècles de suie, de poussière, de crasse et de vernis opaque, ainsi que les retouches postérieures à l'œuvre de Michel-Ange. En avril dernier, la dernière étape de la restauration, la fresque du Jugement dernier derrière l'autel, a été achevée. Les voiles de pudeur, recouvrant saints et pécheurs, ont été retirés.
Le concile de Trente avait jugé inacceptable la nudité représentée dans le Jugement dernier et, en 1565 – un an après la mort de Michel-Ange à l'âge de 89 ans –, Daniele da Volterra fut chargé de recouvrir certaines figures, ce qui lui valut le surnom de « fabricant de culottes ». Plus tard, d'autres artistes, influencés par la conception qu'avaient leurs contemporains de l'art approprié pour une chapelle papale, ajoutèrent des « embellissements » similaires. Certaines des premières œuvres de da Volterra ne purent être retirées lors de la restauration, mais les ajouts ultérieurs furent plus facilement éliminés.
Voir aussi The Last Judgement, Museum Vatican et la page “Michelangelo's Last Judgment—uncensored”, JSTOR, November 13, 2013 qui ajoute que les restaurateurs ont conservés les ajouts parce que l'original de Michel-Ange avait été supprimé dans certaines zones :
When the Last Judgment was restored between 1980 and 1994, many expected the work to be returned to its original state before the censorship. But some historians had suggested that da Volterra had scraped away the offending parts and painted on top of freshly-applied plaster–which meant that there was nothing left underneath to restore–so his additions were retained.
Lors de la restauration du Jugement dernier entre 1980 et 1994, beaucoup s'attendaient à ce que l'œuvre retrouve son état d'origine, antérieur à la censure. Cependant, certains historiens ont suggéré que Da Volterra avait gratté les parties incriminées et peint par-dessus un enduit frais – ne laissant rien à restaurer en dessous – et que ses ajouts avaient donc été conservés.
Les restaurateurs ont donc pu retrouver certains nus lorsque les ajouts ultérieurs étaient suffisamment superficiels pour être retirés. Mais là où Daniele avait véritablement repeint la fresque, notamment saint Blaise et sainte Catherine, l'original de Michel-Ange n'était plus récupérable directement. Ainsi, la restauration n'a pas remis intégralement tous les personnages dans leur nudité originelle : certaines censures de Volterra subsistent. La fresque actuelle reste donc une œuvre censurée, avec 22 nus ayant été rhabillés (Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine / Frédéric Biamonti).
En résumé, les anges originellement nus, sans ailes, avec des corps très musclés, se sont retrouvés rhabillés par Daniele da Volterra lors de la campagne de censure du XVIe siècle. La restauration moderne en a supprimé une grande partie, mais a volontairement conservé les premières interventions notamment celles de Daniele da Volterra. Les restaurateurs ont conservé ces ajouts lorsqu'ils étaient historiquement authentiques. Ils n'ont donc pas simplement "déshabillé" tous les anges. En revanche, les restaurations ont permis de retrouver les couleurs et les parties originales de Michel-Ange là où elles avaient été masquées par des repeints ou altérées par les salissures.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Les choix effectués lors de cette restauration sont-ils toujours considérés comme valables par les historiens de l’art et les restaurateurs ? Une nouvelle restauration ou de nouvelles études ont-elles depuis apporté des éléments permettant de réévaluer cette polémique ?
Oui, il y a eu de nouveaux travaux de restauration débutés en février 2026 et achevés en mars de la même année rapporte Conclusione della manutenzione straordinaria del Giudizio Universale di Michelangelo, Musei Vaticani :
Le Jugement dernier de Michel-Ange a été de nouveau révélé dans toute sa puissance stupéfiante et la splendeur de ses couleurs originelles, grâce aux travaux de restauration extraordinaires récemment achevés. Commencés le 1er février par l' installation d'échafaudages dans la chapelle Sixtine , ces travaux ont notamment permis d'éliminer un voile blanchâtre diffus qui recouvrait la surface peinte. Quasi invisible à l'œil nu, ce voile léger masquait les reflets irisés de Michel-Ange et atténuait le puissant clair-obscur de la composition.
Elle constitue la première intervention importante depuis celle achevée en 1994. Elle apporte de nouvelles données techniques, mais elle ne remet pas en cause le choix de 1994 concernant les interventions de Daniele da Volterra. En revanche, elle réactive explicitement la réflexion critique sur l'état matériel et l'interprétation de l'œuvre.
La décision de ne pas supprimer les braghe de Volterra qui ne faisaient pas partie de l'œuvre originale de Michel-Ange, prise au nom d'une conservation historique est toujours officielle aujourd'hui. La page actuelle des Musées du Vatican continue à présenter les choses de cette façon :
Le polemiche, continuate nel corso degli anni, portarono nel 1564 alla decisione [...] di far coprire alcune delle figure del Giudizio ritenute "oscene". L'incarico di dipingere i panneggi di copertura, le cosiddette "braghe", fu data a Daniele da Volterra [...] Le "braghe" di Daniele furono solo le prime, altre infatti se ne aggiunsero nei secoli successivi.
Les polémiques, qui se sont poursuivies au fil des ans, ont conduit en 1564 la Congrégation du Concile de Trente à décider de faire recouvrir certaines des figures du Jugement dernier jugées « obscènes ». La tâche de peindre les drapés destinés à les recouvrir, appelés « braghe », fut confiée à Daniele da Volterra, connu depuis lors sous le nom de « braghettone ». Les « braghe » de Daniele ne furent que les premières ; d’autres vinrent en effet s’y ajouter au cours des siècles suivants.
Source : Il Giudizio Universale, Musées du Vatican
La restauration de 2026 ne vient pas changer cette décision. Cette nouvelle intervention est qualifée par les Musées du Vatican de manutenzione straordinaria, c'est-à-dire une maintenance/conservation extraordinaire. Il ne s'agit pas d'une nouvelle restauration esthétique visant à revenir sur les décisions de 1994. Le communiqué officiel précise que l'intervention avait notamment pour but la rimozione di una diffusa velatura biancastra sulla superficie pittorica = l'élimination d'un voile blanchâtre diffus à la surface picturale (Conclusione della manutenzione straordinaria del Giudizio Universale di Michelangelo, Musei Vaticani). La cause de ce voile a été identifiée scientifiquement. C'est du lactate de calcium produit par la réaction entre l'acide lactique provenant notamment de la transpiration humaine et les ions calcium présents dans la fresque. Fabio Morresi, responsable du Cabinet de recherches scientifiques des Musées du Vatican, explique :
Nel 2024 - spiega Fabio Morresi, Responsabile del Gabinetto di Ricerche Scientifiche - abbiamo potuto verificare che il Giudizio Universale presentava uno sbiancamento diffuso, causato dalla presenza di un sale: il lattato di calcio. Le analisi gascromatografiche hanno individuato la presenza, nell’atmosfera della Sistina, di acido lattico, molecola che può essere rilasciata con il processo biologico della traspirazione. La formazione del velo di sbiancamento è dunque dovuta alla reazione tra l’acido lattico e gli ioni calcio normalmente disponibili sulla pittura in affresco. Il lattato di calcio è molto solubile in acqua e quindi è stato possibile rimuoverlo facilmente dalla superficie senza intaccare minimamente l’affresco.
En 2024, explique Fabio Morresi, responsable du Cabinet de recherche scientifique, nous avons pu constater que le Jugement dernier présentait un blanchiment généralisé, causé par la présence d’un sel : le lactate de calcium. Les analyses par chromatographie en phase gazeuse ont mis en évidence la présence, dans l’atmosphère de la chapelle Sixtine, d’acide lactique, une molécule pouvant être libérée par le processus biologique de la transpiration. La formation du voile de décoloration est donc due à la réaction entre l’acide lactique et les ions calcium normalement présents sur la peinture à fresque. Le lactate de calcium étant très soluble dans l’eau, il a donc été possible de l’éliminer facilement de la surface sans endommager le moins du monde la fresque.
C'est donc une découverte conservatoire, et non une réévaluation de la restauration de 1994.
Mais l'année 2026 a apporté quelque chose de nouveau : un réexamen de la restauration de 1994. Paolo Violini, chef restaurateur des Musées du Vatican, indique que l'intervention de 2026 a permis de relancer le débat critique sur la relation entre l’état matériel de l’œuvre et son interprétation, de réaliser un état des lieux complet de l'état de conservation de l'œuvre mais également una revisione complessiva della reintegrazione pittorica, autrement dit, une révision générale des retouches/réintégrations picturales effectuées lors des restaurations antérieures :
Sebbene dal punto di vista tecnico - spiega Paolo Violini, Capo Restauratore del Laboratorio di Restauro Dipinti e Materiali lignei - l’operazione di pulitura sia risultata relativamente semplice, consistendo in un trattamento rapido con carta giapponese e acqua distillata, l’impatto visivo è stato notevole, permettendo di recuperare la vivacità cromatica e la resa chiaroscurale dell’affresco così come apparivano al termine del grande restauro del 1994, riattivando il confronto critico sul rapporto tra stato materiale dell’opera e sua interpretazione. L’intervento ha inoltre rappresentato un’importante occasione per effettuare un aggiornamento completo sullo stato di conservazione dell’opera, e per eseguire una revisione complessiva della reintegrazione pittorica, estesa anche al basamento decorato.
Bien que, d’un point de vue technique – explique Paolo Violini, chef restaurateur du Laboratoire de restauration des peintures et des matériaux en bois –, l’opération de nettoyage se soit avérée relativement simple, consistant en un traitement rapide à l’aide de papier japonais et d’eau distillée, l’impact visuel a été remarquable, permettant de redonner à la fresque la vivacité chromatique et le jeu de clair-obscur qu’elle présentait à l’issue de la grande restauration de 1994, relançant ainsi le débat critique sur la relation entre l’état matériel de l’œuvre et son interprétation. Cette intervention a en outre constitué une occasion importante de dresser un état des lieux complet de l’état de conservation de l’œuvre et de procéder à une révision globale de la réintégration picturale, étendue également au socle décoré.
La formulation relançant le débat critique sur la relation entre l’état matériel de l’œuvre et son interprétation est significative. Les Musées du Vatican ne disent pas que la restauration de 1994 était erronée. Ils reconnaissent plutôt que toute restauration influence nécessairement la manière dont nous interprétons l'œuvre et que l'état matériel doit être réévalué périodiquement. En outre, la campagne de 2026 n'a pas profité de l'accès à l'échafaudage pour supprimer les interventions de Volterra. Les travaux ont essentiellement porté sur le dépôt blanchâtre de lactate de calcium, la poussière, l'état de conservation, la réintégration picturale, et les conditions environnementales. Le communiqué des Musées du Vatican ne signale aucune suppression des draperies de Volterra. Au contraire, l'état retrouvé est explicitement comparé à celui de 1994.
Aujourd'hui les polémiques autour de ce chef-d'œuvre concernent plus le nettoyage de 1980-1994 même si la campagne de 2026 a confirmé la pertinence de l'état de 1994 comme référence chromatique, tout en permettant un nouvel examen de l'état matériel et des réintégrations. La politique de conservation du Vatican n'a pas été renversée. Les interventions de censure du XVIe siècle sont toujours considérées comme des éléments historiques à conserver, tandis que les ajouts des XVIIIe-XIXe siècles ont été retirés lorsqu'ils pouvaient l'être sans perte de l'œuvre originale.
En bref, la restauration de 2026 ne « réhabilite » pas les critiques de la restauration de 1994 et ne revient pas sur le choix de conserver Volterra. Elle confirme plutôt le cadre général de 1994 tout en apportant une nouveauté importante : l'examen matériel contemporain montre directement que les reprises de Volterra vieillissent différemment de la peinture de Michel-Ange, et le Vatican a commencé à intégrer ce type d'observation dans une politique de conservation continue.
Pour conclure, ces mots du documentaire Arte, Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine / Frédéric Biamonti, France, 2025 :
Auprès de conservateurs, ce documentaire examine à la loupe la fresque du Jugement dernier, œuvre en tous points hors normes qu’il replace dans son contexte historique – celui d’une papauté en crise – et biographique. Pour Michel-Ange, il s’agit d’un testament artistique, point d’orgue d’une carrière épuisante au service de neuf papes – mais c’est avant tout un travail éminemment personnel, synthèse d’une vie entière d’étude du corps humain, où se lit une puissante tension entre sensualité teintée d’homoérotisme et épouvante devant la mort. En cela, on peut lire ce Jugement dernier comme un gigantesque autoportrait, faisant écho aux tentatives désespérées de Michel-Ange de sublimer ses désirs charnels.
Bonne journée