Existe-t-il un terme pour qualifier ce besoin irrépressible de serrer très fort un animal mignon ?
Question d'origine :
Bonjour,
Existe-t-il un terme ou concept scientifique désignant ou expliquant ce besoin irrépressible de serrer vraiment très fort dans ses bras un animal très mignon — voire une collègue fondamentale — en réaction à une surcharge émotionnelle intense ?
Merci.
Réponse du Guichet
Étant essentiellement des êtres sociaux, le besoin de contact physique fait partie intégrante de nous. Les câlins favoriseraient notre bien-être, nous aideraient à gérer notre stress, et augmenteraient même nos chances de survie.
Bonjour,
Le besoin de câlins, qu'il soit déclenché par des animaux ou des humains, est essentiel à la santé physique ET mentale.
Le principe est simple: s'enlacer ou se donner l'accolade déclencherait la libération d'ocytocine (hormone du bonheur / plaisir) et diminuerait l'effet du stress.
Il n'existe pas à proprement parler de concept scientifique, attaché à ce besoin fondamentalement humain. Néanmoins, les bénéfices sont réels, tant sur la santé que sur l'humeur. De nombreux articles de vulgarisation scientifique se sont d'ailleurs penchés sur la question.
En voici quelques-uns listés ci-dessous :
L'article Les bienfaits de se serrer dans les bras du numéro 161 de Cerveau et Psycho explique:
" « Intime », « amical », « réconfortant »… Sur internet, les qualificatifs abondent pour décrire les différents types d’accolades que nous échangeons. Pour autant, ils restent beaucoup trop imprécis pour établir une véritable classification scientifique.
Quand on enlace un ami qui vient d’être quitté par sa compagne, s’agit-il d’un geste de réconfort ou d’amitié ? En 2022, nous avons synthétisé les données existantes pour tenter de mieux décrire ce comportement, en considérant différentes dimensions : la durée du contact physique, les mouvements des bras et des jambes, l’intensité de l’étreinte, le côté choisi pour se serrer l’un contre l’autre (à droite, à gauche ?), ainsi que le nombre de personnes impliquées (s’agit-il d’une « auto-étreinte », d’une accolade entre deux personnes, voire plusieurs ?).
Intuitivement, on devine que la personnalité joue un rôle : quelqu’un qui a peur d’être touché, ou qui n’aime pas cela, trouvera probablement ces moments désagréables. Des facteurs comme le sexe ou la complicité émotionnelle entrent aussi en ligne de compte, de même que le contexte culturel : dans de nombreux pays, il est mal vu de se prendre dans les bras en public. Bref, l’étude des hugs, comme les appellent les Anglo-Saxons, n’a rien de simple.
" Les câlins sont également bons pour la santé ! En 2005, l’équipe de Kathleen Light, à l’université de l’Utah, a mesuré la tension artérielle de femmes volontaires, avant et après une étreinte de vingt secondes avec leur amoureux. Elle a également suivi l’évolution de la concentration d’ocytocine – une hormone impliquée dans les liens d’attachement – dans leur sang. Résultat : les accolades ont fait baisser la tension artérielle des participantes et grimper leur taux d’ocytocine. Ces deux effets pourraient d’ailleurs être associés, car d’autres travaux, menés chez l’humain et l’animal, ont montré que cette hormone contribue à réduire la tension.
Les étreintes stimulent même les défenses naturelles du corps, ainsi que l’a découvert l’équipe de Sheldon Cohen, à l’université Carnegie Mellon, aux États-Unis. Pendant plusieurs semaines, les chercheurs ont posé à diverses reprises les questions suivantes à 400 volontaires : à quelle fréquence avez-vous serré quelqu’un dans vos bras ? Combien de conflits avez-vous connus ? Avez-vous le sentiment d’être soutenu par vos proches ? Puis, ils leur ont inoculé (avec leur accord) les virus du rhume et de la grippe, et les ont placés en observation pendant une durée de cinq à six jours.
Tant la fréquence des infections que la gravité des symptômes se sont révélées plus élevées chez les personnes qui s’étaient beaucoup disputées au cours de la période précédente. Mais celles qui avaient étreint fréquemment un proche résistaient mieux à la maladie. Il s’agit certes d’une simple corrélation, et cette étude n’a pas pris en compte d’autres variables qui auraient pu influer sur l’état de santé des patients, comme la qualité du sommeil. En théorie, il serait également possible que des discussions productives avec leurs proches les aient aidés, mais les analyses ont montré que le pouvoir thérapeutique des étreintes ne dépendait pas du soutien social reçu par ailleurs.
Alors, pour bénéficier de tous ces bienfaits, combien de fois par jour faut-il se prendre dans les bras ? Nous avons mené deux expériences pour le savoir. Dans l’une, des participants décrivaient quotidiennement leur humeur et le nombre de fois où ils avaient pris quelqu’un dans leurs bras. La conclusion a été sans appel : ne vous limitez pas ! En effet, plus les participants s’enlaçaient souvent, mieux ils se sentaient. Un effet qui s’est avéré plus fort chez ceux qui souffraient de solitude et chez les célibataires. D’où la question : le pouvoir des étreintes sur l’humeur dépend-il des contacts sociaux que nous avons par ailleurs ? "
- La très sérieuse, Revue médicale suisse propose également un article sur L’ocytocine : hormone de l’amour, de la confiance et du lien conjugal et social
- Le Monde, décrypte aussi le phénomène dans son article « Nous avons besoin de 4 câlins par jour pour survivre, 8 pour fonctionner, et 12 pour croître »
- Psychologies magazine nous explique Pourquoi les câlins sont-ils indispensables à notre équilibre ?
- Cet article du National Geographic détaille en quoi La science du toucher : pourquoi ce sens est essentiel
- Dans cette vidéo, le Dr M Cymes revient à l'occasion de la journée internationale du câlin, sur leurs bienfaits sur notre santé.
- Enfin, le podcast Grand bien vous fasse de Radio France revient sur l'importance des petits gestes tendres.
Pour aller plus loin :
La chimie des sentiments / Bernard Sablonnière
Ocytocine mon amour / Marcel Hibert
La guérison émotionnelle / Jeanne Siaud-Facchin
Le syndrome de l’imposteure [BD]