Je cherche les études scientifiques documentant les visions de personnes isolées socialement
Question d'origine :
Bonjour,
J'ai lu que l'isolement social le plus complet sur une certaine durée, suivi de façon scientifique (de mémoire cela se déroulait avec des patients alités), avait déjà conduit un échantillon assez large de personnes à vivre des hallucinations : les patients voyaient notamment apparaître des visages de personnes proches, et avaient apparemment aussi d'autres visions...
Il me semblait que cela était lié aux expériences de l'école de Palo Alto et de Gregory Bateson, mais toutes mes recherches en ce sens sont restées infructueuses. Je m'y intéresse pour un projet de création, pas pour reproduire l'expérience !
Sauriez-vous m'aider en retrouvant un ou des repères sur cette ou ces étude(s), qui devraient relever soit de la psychologie, soit de la psychiatrie, soit de la santé ?
Par avance, merci beaucoup pour vos recherches, je trouve ce service extraordinaire...
Réponse du Guichet
Si l'école de Palo Alto a étudié les paradoxes relationnels en lien avec la schizophrénie, l'étude pionnière sur les effets cognitifs et psychologiques de l'isolement sensoriel a été conduite sur des étudiants en 1954 par le département de psychologie de l’Université McGill. Parmi les effets, on trouve une réceptivité accrue aux idées irrationnelles et des hallucinations intenses (visuelles, auditives et tactiles). Financées au départ par l'armée canadienne, ces recherches auraient plus tard inspiré les "interrogatoires renforcés" de l'administration américaine à Guantánamo...
Depuis, d'autres articles témoignant des effets de l'isolement sensoriel sont parus, dont l'étude francophone de 1989 analysant les expériences souvent hypnagogiques de six volontaires en situation d’isolation sensori-motrice et l'étude de Merabet en 2004, rapportant l'apparition d'hallucinations visuelles de complexité variable chez 13 sujets sains après une privation visuelle soudaine, complète et prolongée.
Bonjour,
Tout d'abord merci pour votre soutien à notre service !
L'étude que vous recherchez fait peut-être référence aux expérimentations d'isolement conduites par Bexton, Heron et Scott au début des années 1950, au département de psychologie de l’Université McGill (Montréal), alors dirigé par Donald O. Hebb. Il s’agissait surtout de privation sensorielle et perceptive, et non d’isolement social pur, menée sur des étudiants et non des patients.
Cette étude portait effectivement sur 22 étudiants masculins, placés pendant 2 à 3 jours dans des chambres/cabines d'isolement sensoriel. Les chercheurs observèrent agitation, labilité émotionnelle, difficultés de concentration et activité hallucinatoire. Le téléchargement en ligne est malheureusement en accès payant sur la base American Psychological Association :
>> Bexton, W. H., Heron, W., & Scott, T. H. (1954). Effects of decreased variation in the sensory environment. [Effets d'une diminution de la diversité de l'environnement sensoriel]. Canadian Journal of Psychology / Revue canadienne de psychologie, 8(2), 70–76.
22 male college students were put into cubicles for 2-3 days under conditions of greatly reduced sensory variation. General effects such as restlessness, emotional lability, and, on coming out of the cubicle, a disturbance in visual perception were noted. Effects on cognitive processes were measured by tests before, during, and after the isolation in the cubicles. Various intelligence sub-tests show inferiority of S's performance during isolation period when compared with controls. Hallucinatory activity was also noted in S's in cubicles. (PsycInfo Database Record (c) 2025 APA, all rights reserved)
[22 étudiants de sexe masculin ont été placés dans des cabines pendant 2 à 3 jours dans des conditions de variation sensorielle fortement réduite. Des effets généraux tels que l'agitation, la labilité émotionnelle et, à la sortie de la cabine, une perturbation de la perception visuelle ont été observés. Les effets sur les processus cognitifs ont été mesurés à l'aide de tests réalisés avant, pendant et après l'isolement dans les cabines. Divers sous-tests d'intelligence ont montré que les performances des sujets étaient inférieures pendant la période d'isolement par rapport à celles du groupe témoin. Une activité hallucinatoire a également été observée chez les sujets placés dans les cabines. (Fiche de la base de données PsycInfo (c) 2025 APA, tous droits réservés)]Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Nous ne trouvons pas la confirmation que les visions hallucinatoires, résultant de cette étude, pouvaient être des visages de proches ; il faudrait lire le document en entier en accès payant.
Cette partie de votre souvenir vient peut-être d’études cliniques ultérieures sur des patients aux yeux bandés ayant eu des symptômes de pseudo-hallucinations coïncidant avec ceux observés lors de périodes de conscience réduites telles que les périodes hypnogagiques. On peut citer notamment l'étude de Ziskind et al. :
>> Ziskind, E., Jones, H., Filante, W., & Goldberg, J. (1960). Observations on mental symptoms in eye patched patients: hypnagogic symptoms in sensory deprivation. [Observations sur les symptômes mentaux chez les patients portant un cache-œil : symptômes hypnagogiques en cas de privation sensorielle]. American Journal of Psychiatry, 116(10), 893–900. (Original work published April 1, 1960).
In our study we made 4 major observations.1. The mental symptoms of patients whose eyes were patched bilaterally were found in a higher incidence than hitherto reported, particularly in patients with detachment of the retina.2. We identified a new symptom—non-compliance to instructions.3. Non-compliance occurred most frequently in our patients during sleep or on awakening, as did also pseudo-hallucinations.4. Surgical complications were greater in those patients undergoing cataract extraction, who developed mental symptoms during the period of bilateral patching of the eyes as compared to those without mental symptoms.The coincidence of sensory deprivation and hypnagogic or other periods of reduced awareness may contribute to an understanding of the sensory deprivation effects. More work needs to be done. It would seem imperative to ascertain to what extent periods of reduced awareness occur with the daytime symptoms of our sensory deprivation situation and that in other sensory deprivation experiments. The higher mental functions of inhibitory control, discriminative logic, and both vigilance and tenacity of attention are impaired during periods of reduced awareness. The delirioid symptoms which became manifest in our patients who had brain damage in addition to their eye disease are probably also precipitated more readily at times of reduced alertness.[Dans notre étude, nous avons formulé quatre observations principales.
1. Les symptômes psychiques chez les patients ayant subi un bandage oculaire bilatéral ont été observés à une fréquence plus élevée que celle rapportée jusqu’à présent, en particulier chez les patients présentant un décollement de la rétine.
2. Nous avons identifié un nouveau symptôme : le non-respect des consignes.
3. Chez nos patients, le non-respect des consignes survenait le plus souvent pendant le sommeil ou au réveil, tout comme les pseudo-hallucinations.
4. Les complications chirurgicales étaient plus fréquentes chez les patients subissant une extraction de la cataracte qui avaient développé des symptômes psychiques pendant la période de bandage bilatéral des yeux, par rapport à ceux ne présentant pas de symptômes psychiques.
La coïncidence entre la privation sensorielle et les périodes hypnagogiques ou autres périodes de conscience réduite pourrait contribuer à la compréhension des effets de la privation sensorielle. Des travaux supplémentaires sont nécessaires. Il semblerait impératif de déterminer dans quelle mesure les périodes de conscience réduite coïncident avec les symptômes diurnes observés dans notre situation de privation sensorielle et dans d’autres expériences de privation sensorielle. Les fonctions mentales supérieures que sont le contrôle inhibiteur, la logique discriminative, ainsi que la vigilance et la ténacité de l’attention, sont altérées pendant les périodes de conscience réduite. Les symptômes délirants qui se sont manifestés chez nos patients présentant des lésions cérébrales en plus de leur affection oculaire sont probablement également plus facilement déclenchés lors de moments de vigilance réduite.]Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Le magazine américain indépendant Mother Jones (souvent appelé MoJo) a écrit un article sur l'expérimentation sus-citée de 1954 :
"What Extreme Isolation Does to Your Mind" [Les effets de l'isolement extrême sur votre esprit] (18 octobre 2012).
Cet article précise que les études liées aux effets de l'isolement sensoriel sur l'humain sont rares, car aujourd'hui elles sont beaucoup plus encadrées par les comités d'éthique. Alors que l'expérience menée par l'université McGill devait durer six semaines, aucun volontaire n'a tenu plus de sept jours. Les sujets ont rapidement perdu la capacité de penser clairement et ont présenté des troubles cognitifs majeurs : réceptivité accrue aux idées irrationnelles, agitation et hallucinations intenses (visuelles, auditives et tactiles). Financées au départ par l'armée canadienne pour se défendre contre d'éventuelles techniques d'isolement soviétiques, ces recherches auraient plus tard inspiré les "interrogatoires renforcés", autrement dit de torture, de l'administration américaine à Guantánamo...
[Les expériences vécues par les détenus placés à l’isolement — le désespoir, la désorientation, les hallucinations — sont bien documentées, mais les observations en laboratoire sur des sujets humains isolés et les effets profonds d’un confinement extrême sont extrêmement rares, en partie parce que de telles expériences auraient aujourd’hui du mal à être approuvées par les comités d’éthique. Ce n’était toutefois pas le cas dans les années 50, lorsque Donald O. Hebb, professeur de psychologie à l’université McGill de Montréal, entreprit d’étudier comment l’isolement sensoriel affectait la cognition humaine.
Hebb avait auparavant examiné les effets de la privation visuelle chez les rats alors qu’il était doctorant à l’université de Harvard. En 1951, il obtint une subvention de 10 000 dollars du Conseil de recherche de la Défense canadienne pour étendre ses recherches à des sujets humains. Les résultats furent spectaculaires. Il découvrit rapidement que priver un homme de tout stimulus sensoriel le brisait en l’espace de quelques jours.
Les expériences de Hebb allaient bien au-delà du niveau d’isolement que connaissent généralement les prisonniers en isolement cellulaire. Il proposait à des étudiants de troisième cycle masculins 20 dollars par jour — une excellente rémunération pour l’époque — pour qu’ils restent dans de petites chambres ne contenant guère plus qu’un lit. « Elles mesuraient un peu plus d’un mètre de large et deux mètres de long, ce qui était probablement suffisant pour y mettre une table ou quelque chose du genre », se souvient Peter Milner, l’un des anciens étudiants de troisième cycle de Hebb, aujourd’hui professeur émérite de psychologie à l’université McGill.
À l’époque, Milner travaillait sur un autre projet pour Hebb, mais il a pu observer de ses propres yeux les salles de privation sensorielle. « Des êtres humains leur donnaient à manger, et lorsqu’ils avaient besoin d’aller aux toilettes ou autre, d’autres êtres humains les y accompagnaient. Ils n’étaient donc pas complètement seuls », explique Milner. Il se souvient avoir vu les sujets être conduits dans le couloir menant aux toilettes, équipés de lunettes de protection embuées. « Ils portaient des lunettes de protection et des écouteurs, et [il y avait] une sorte de bruit, juste du bruit blanc, provenant d’un haut-parleur », précise-t-il.
Allongés sur le ventre dans leurs chambres d’isolement, les volontaires portaient également des gants et des tubes en carton sur les bras afin de limiter leur sens du toucher. Un oreiller en forme de U leur recouvrait les oreilles et le bourdonnement d’un climatiseur masquait davantage les bruits extérieurs. « Selon sa théorie, le cerveau se détériorerait s’il ne recevait pas un flux continu de stimuli sensoriels », m’a expliqué Milner. « Il s’agissait en réalité simplement d’un test de cette théorie, qui, de toute façon, ne tenait pas vraiment la route, même si ces expériences de privation sensorielle avaient tendance à la corroborer. »
Hebb aurait espéré observer ses sujets pendant six semaines. En réalité, la plupart n’ont tenu que quelques jours en isolement — et aucun n’a tenu plus d’une semaine. « La plupart des sujets avaient prévu de réfléchir à leur travail : certains comptaient réviser leurs cours, d’autres préparer leurs travaux de fin de semestre, et l’un d’entre eux pensait organiser une conférence qu’il devait donner », écrivait Woodburn Heron, l’un des collaborateurs de Hebb, dans « The Pathology of Boredom », un article publié en 1957 dans Scientific American et décrivant ces expériences. « Presque tous ont rapporté que ce qui les avait le plus frappés dans cette expérience, c’était leur incapacité à réfléchir clairement à quoi que ce soit pendant un certain temps et le fait que leurs processus de pensée semblaient être affectés à d’autres égards. »
Une série de tests cognitifs a montré que les facultés mentales des volontaires étaient, en effet, temporairement altérées. Pendant leur isolement, par exemple, on a fait écouter aux sujets des enregistrements affirmant que les phénomènes surnaturels, notamment les fantômes et les poltergeists, étaient réels ; interrogés par la suite, ils se sont montrés réceptifs à de telles croyances. Ils ont obtenu de mauvais résultats à des exercices de niveau primaire portant sur des opérations arithmétiques simples, des associations de mots et la reconnaissance de motifs. Ils ont également manifesté une agitation extrême, des réactions émotionnelles enfantines et des hallucinations très vives. « Les sujets n’avaient pratiquement aucun contrôle sur le contenu » de leurs visions, a écrit Heron. « Un homme ne voyait rien d’autre que des chiens, un autre rien d’autre que des lunettes de différents types, et ainsi de suite. »
Leurs hallucinations n’étaient pas non plus uniquement visuelles : un volontaire entendait sans cesse une boîte à musique jouer ; un autre entendait tout un chœur accompagner sa vision du soleil se levant au-dessus d’une église. « L’un d’eux avait l’impression d’être touché au bras par des plombs tirés par une fusée miniature qu’il voyait ; un autre, en tendant la main pour toucher une poignée de porte dans sa vision, ressentait une décharge électrique », a écrit Heron.
[...]
Les travaux de Hebb n’étaient pas uniquement motivés par la curiosité scientifique. Dans les années 1950, on craignait que les Soviétiques n’utilisent la privation sensorielle pour endoctriner les prisonniers de guerre canadiens en Corée, et les chercheurs de McGill considéraient leurs propres travaux — dont certains avaient été interdits de publication par le gouvernement canadien — comme une tentative de comprendre la privation sensorielle afin de pouvoir mettre au point une forme de défense contre celle-ci. Pourtant, ce type de connaissances a été, comme on le sait, mis à profit dans le cadre du programme de « techniques d’interrogatoire renforcées » (autrement dit, de torture) mis en place sous l’administration Bush à l’encontre de détenus américains. Comme l’a rapporté Jane Mayer dans *The New Yorker*, des psychologues versés dans les techniques du programme « Survival, Evasion, Resistance, and Escape » (SERE) — un programme militaire dans le cadre duquel des soldats étaient exposés à des conditions extrêmes, notamment l’isolement, auxquelles ils pourraient être confrontés en tant que prisonniers de guerre — ont été recrutés pour conseiller les interrogateurs à Guantanamo Bay. Selon les sources de Mayer, ils ont essentiellement « tenté de procéder à une ingénierie inverse » des techniques SERE afin d’extraire des informations des combattants ennemis.
Quoi qu’il en soit, il existe une grande différence entre l’isolement volontaire, aussi extrême soit-il, et la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui des milliers de prisonniers américains : enfermés dans de minuscules cellules pour une durée indéterminée, avec un contact humain minimal et sans procédure claire leur permettant de mériter leur libération. « Ce qui est vraiment effrayant », a fait remarquer Sara Shourd, l’une des trois Américains capturés par les forces iraniennes en 2009, dans une récente interview accordée à Mother Jones’ : « c’est que le gouvernement américain et de nombreux autres gouvernements ont vivement critiqué l’Iran pour m’avoir maintenue à l’isolement pendant treize mois et demi, mais quand je suis sortie, j’ai été choquée de découvrir que les États-Unis comptaient plus de personnes en isolement cellulaire que n’importe quel autre pays — et que dans ce pays, cette mesure est couramment utilisée comme une pratique administrative, et non comme un dernier recours. »]
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Notons que des articles ultérieurs sont directement liés à l'expérimentation sus-citée de 1954, tels que :
Goldberger, L. (1966). Experimental Isolation: An Overview [L'isolement expérimental : aperçu général]. American Journal of Psychiatry, 122(7), 774–782. (Original work published January 1, 1966) : Synthèse historique et expérimentale du champ, qui présente Bexton et ses collègues comme une étude pionnière.
D'autres articles témoignent d'expériences en lien avec cette étude pionnière :
>> Heron, W., Doane, B. K., & Scott, T. H. (1956). Visual disturbances after prolonged perceptual isolation [Troubles visuels après un isolement perceptif prolongé]. Canadian Journal of Psychology / Revue canadienne de psychologie, 10(1), 13–18 : Description des hallucinations et distorsions visuelles de 3 sujets expérimentateurs pendant six jours d’isolement. Tous les sujets ont rapporté des hallucinations dès le premier jour et une accentuation d'images rémanentes.
>> Zuckerman, M., Albright, R. J., Marks, C. S., & Miller, G. L. (1962). Stress and hallucinatory effects of perceptual isolation and confinement [Stress et effets hallucinatoires liés à l'isolement perceptif et à l'enfermement]. Psychological Monographs: General and Applied, 76(30), 1–15 : Analyse centrée sur le stress et les phénomènes hallucinatoires. 49 étudiants infirmiers de deuxième année se sont portés volontaires pour passer 6 à 8 heures en isolement perceptif.
>> Smith S, Myers TI. Stimulation seeking during sensory deprivation [Recherche de stimulation en situation de privation sensorielle]. Percept Mot Skills. 1966 Dec;23(3):1151-63. Étude ultérieure sur 176 volontaires, utile pour comparer les résultats de Bexton avec une approche plus nuancée.
>> Merabet, L., Maguire, D., Warde, A., Alterescu, K., Stickgold, R., & Pascual-Leone, A. (2004). Visual Hallucinations During Prolonged Blindfolding in Sighted Subjects [Hallucinations visuelles chez des sujets voyants soumis à un bandage des yeux prolongé]. Journal of Neuro-Ophthalmology, 24(2), 109–113.
[Les auteurs rapportent l'apparition d'hallucinations visuelles de complexité variable chez 13 sujets sains après une privation visuelle soudaine, complète et prolongée. Ces sujets étaient tous en bonne santé, sans antécédents de troubles cognitifs, de psychose ou de pathologie oculaire. Ils ont porté un bandeau spécialement conçu à cet effet pendant cinq jours consécutifs (96 heures) et ont été invités à consigner leurs expériences quotidiennes à l'aide d'un enregistreur à microcassette portable. Dix sujets (77 %) ont rapporté des hallucinations visuelles, à la fois simples (points lumineux) et complexes (visages, paysages, objets ornementaux). L'apparition des hallucinations survenait généralement après le premier jour de port du bandeau. Les sujets étaient conscients du caractère irréel de ces hallucinations. Ces résultats indiquent qu'une privation visuelle rapide et complète suffit à induire des hallucinations visuelles chez des sujets sains.]
Copyright © 2004 Lippincott Williams & Wilkins, Inc.Traduction Google
La littérature francophone directement consacrée à l’isolement sensoriel expérimental et aux hallucinations est assez limitée. L'étude francophone la plus pertinente sur le sujet est :
L'imagerie en bulle d'isolation sensorielle / LEMAIRE C. ; ZISKIND C., 1989, p. 441-457. ANNALES MEDICO PSYCHOLOGIQUES (n°4 vol 147 , paru le 01/01/1989) : Six volontaires ont effectué quatre séances de deux heures dans un caisson d’isolation sensori-motrice. Les expériences étaient surtout visuelles et proprioceptives, souvent hypnagogiques ou proches du rêve ; une seule personne présentait une imagerie proche d’un état pathologique.
Enfin, il faut distinguer l’école de Palo Alto des expériences de privation sensorielle de McGill : Gregory Bateson et ses collègues n’ont pas mené de programme d’isolement social. Entre environ 1952 et 1962, Bateson, Don Jackson, Jay Haley, John Weakland et William Fry travaillaient au Veterans Administration Hospital de Palo Alto. Ils étudiaient surtout des entretiens cliniques avec des patients schizophrènes ; les échanges entre patients et thérapeutes ; les interactions familiales ; l’humour, la métaphore, l’hypnose et les paradoxes de communication. Il s’agissait surtout d’observation clinique et interactionnelle.
Dans Toward a theory of schizophrenia [Vers une théorie de la schizophrénie] (Syst. Res., 1: 251-264. 1956) Bateson, Don Jackson, Jay Haley, John Weakland développent le concept de double contrainte. L'hypothèse ici est qu’une personne prise dans une double contrainte peut développer des symptômes schizophréniques. La manière dont la double contrainte peut survenir dans un contexte familial et les raisons de son apparition sont examinées, accompagnées d’illustrations tirées de données cliniques et expérimentales.
Schizophrenia—its nature, etiology, and the kind of therapy to use for it—remains one of the most puzzling of the mental illnesses. The theory of schizophrenia presented here is based on communications analysis, and specifically on the Theory of Logical Types. From this theory and from observations of schizophrenic patients is derived a description, and the necessary conditions for, a situation called the “double bind”—a situation in which no matter what a person does, he “can't win.” It is hypothesized that a person caught in the double bind may develop schizophrenic symptoms. How and why the double bind may arise in a family situation is discussed, together with illustrations from clinical and experimental data.
[La schizophrénie — sa nature, son étiologie et le type de traitement à lui appliquer — reste l’une des maladies mentales les plus déroutantes. La théorie de la schizophrénie présentée ici repose sur l’analyse de la communication, et plus précisément sur la théorie des types logiques. De cette théorie et des observations menées auprès de patients schizophrènes découlent une description et les conditions nécessaires à une situation appelée « double contrainte » — une situation dans laquelle, quoi qu’une personne fasse, elle « ne peut pas gagner ». L’hypothèse est qu’une personne prise dans une double contrainte peut développer des symptômes schizophréniques. La manière dont la double contrainte peut survenir dans un contexte familial et les raisons de son apparition sont examinées, accompagnées d’illustrations tirées de données cliniques et expérimentales.]Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
La théorie de la double contrainte a eu une influence considérable sur la thérapie familiale, mais les recherches ultérieures n’ont pas confirmé solidement qu’elle soit une cause de la schizophrénie. Elle est aujourd’hui surtout retenue comme un modèle interactionnel, non comme une explication étiologique établie.
Si l'école de Palo Alto a étudié les paradoxes relationnels et les systèmes familiaux en lien avec la schizophrénie, le département de psychologie de McGill a été pionnier dans l'étude de l'isolement sensoriel.
Bien à vous
Le syndrome de l’imposteure [BD]