Je cherche des informations sur deux hangars à avions construits à Bron entre 1912-1914
Question d'origine :
je cherche des informations sur les constructeurs et les types de constructions correspondant à deux hangars avions et entretien construit sur le camp d'aviation de Lyon Bron dans la période 1912 - 1914, respectivement par Pelletier et Villars.
Que pouvez vous me donner? m'indiquer où trouver ?
merci d'avance
Réponse du Guichet
Les recherches établissent qu’en 1913-1914, l’aérodrome militaire de Lyon-Bron possédait, près des glacis du fort, un hangar Pelletier et un hangar Villard (le Villars du compte rendu du Sénat étant probablement une coquille). Le Sénat les décrit comme bétonnés, et le Villard comme un hangar-atelier. Cependant, on ne peut pas affirmer qu’ils étaient entièrement en béton armé car les plans, cahiers des charges et brevets spécifiques n’ont pas été retrouvés. Une source indique que Villard et Pelletier concevaient des hangars métalliques légers à grande portée.
Bonjour,
Vous cherchez des informations sur les hangars Pelletier et Villars, constructions réalisées pour abriter les avions et à leur entretien sur le camp d'aviation de Lyon Bron dans la période 1912 - 1914.
Avant tout faisons un bref retour en arrière avec L’Aviation à Bron, Association du patrimoine militaire de Lyon et sa région, 21 juillet 2021 :
Le RÔLE MILITAIRE de l’AÉROPORT de LYON-BRON
Au début du XX° siècle, les progrès de l’aviation sont favorisés par la tenue de meetings aériens, qui permettent aux pilotes de se mesurer et de confronter leur technique. Ainsi en mai 1910 se tient sur le terrain de la Poudrette à Villeurbanne une « semaine de l’aviation » qui rencontre un grand succès.
AVANT 1914
Au mois de septembre suivant, la mairie de Bron est saisie d’un projet de création d’un « champ d’expériences d’aviation » ; les choses vont très vite car l’inauguration a lieu en novembre 1910. Une école d’aviation y est ouverte. Bientôt l’armée y envoie des élèves-pilotes militaires. Une loi de mars 1912 crée l’Aéronautique Militaire et la même année le terrain de Bron est agrandi pour accueillir un centre d’aviation militaire. La 31° section d’aéronautique s’y installe : on y crée 2 escadrilles en 1913 HF19 et MF20.
PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
A la déclaration de guerre les escadrilles rejoignent le front. Rapidement Bron devient une base arrière très importante, avec le 2° Groupe d’Aviation qui dès août 1914 doit quitter Reims et se replier à Bron : des casernements et des hangars sont édifiés à l’est du fort de Bron. La base forme des mécaniciens d’aviation et de mécanique générale, des chauffeurs automobiles, des monteurs d’avions, des électriciens… recrutés en partie parmi les blessés ou malades soignés à Lyon.L’agglomération lyonnaise est un pôle majeur de la production aéronautique de guerre: de nombreux ateliers construisent des avions, qui sont acheminés sur le terrain de Bron, où ont lieu les essais. Le 2° groupe d’Aviation participe ainsi à la création de nombreuses escadrilles qui s’envolent vers d’autres terrains. Le Président Poincaré y fait une courte visite en septembre 1915. Par ailleurs . L’escadrille 442 (1916-1919) basée sur un terrain à Jonage est affectée à la défense aérienne régionale.
Voir aussi L'aérodrome de Lyon-Bron a 100 ans !, L'Influx, BmL, 16/09/2010 et Villeurbanne, capitale de l’aviation, Viva Villeurbanne, 7 novembre 2012.
Création de la halte aérienne de Bron-Chassieu, ANCIENS AÉRODROMES, 2 octobre 2025, revient aussi sur ces événements. L'article ajoute des précisions et mentionne deux hangars Farcot, un Pelletier bétonné et un Villars bétonné qui est un hangar-atelier :
Un bref retour en arrière : le 28 septembre 1910, Monsieur Bouchet de Fareins, administrateur de l’Ecole nationale d’Aviation (société anonyme au capital de 200.000 francs), informe le Maire de Bron de son projet de réaliser à l’est du fort de Bron, sur des terrains de faible valeur agricole, un ‘champ d’expériences d’aviation’ et d’y élever des hangars pour abriter les aéroplanes et des tribunes pour accueillir les visiteurs, etc..
Sur 75 hectares, le terrain est drainé, labouré, hersé, roulé, et semé de trèfle pour ‘rendre le le sol plus élastique’, une ligne droite de 1200 mètres est balisée ; des hangars en bois sont aménagés au sud du terrain, le long de la route nationale n° 6 ; des tribunes en bois sont édifiées en avant des glacis du fort de Bron. L’inauguration officielle du terrain d’aviation de Bron a lieu les 12 et 13 novembre 1910. De 1910 à 1914, sur ce terrain, de nombreux pilotes civils et militaires furent brevetés par l’Ecole nationale d’Aviation de Bron.
La promulgation de la loi du 29 mars 1912 constituait l’acte de naissance de l’Aéronautique militaire. Suite à une dépêche ministérielle du 17 avril 1912, le ministre de la Guerre a décidé de la création d’un centre d’aviation militaire à Bron, il engage des pourparlers officiels : le chef du génie à Lyon est chargé de conférer avec la ville de Lyon, avec le département du Rhône, avec la commune de Bron, et avec l’école d’aviation militaire. « L’Etat réclame environ 100 hectares de terrains qui seront nécessaires à l’aérodrome : ils y sont. L’Etat réclame 2 hectares donnés en nue-propriété pour construire ses hangars : on est prêt à y consentir. L’Etat demande la jouissance gratuite, sous certaines conditions, de l’aérodrome de Bron. « Ces quatre collectivités se sont empressés d’entrer en pourparlers avec les propriétaires des terrains pour faire des baux de quarante-cinq ans que réclame l’Etat et ces baux sont signés entre les propriétaires et l’école d’aviation. » Extraits de la séance du Sénat le 27 janvier 1914.
La militarisation du champ d’aviation de Bron se confirme : « Le 15 janvier 1913, le colonel Estienne fait une proposition d’achat de l’aérodrome. L’accord fut fait plus tard pour la somme de 300.000 francs. (NDLR : 1 franc de 1913 vaut 3,17 Euro en 2010). Au cours de l’année 1913, des aménagements sont réalisés sur le terrain de Bron :
- côté est, (à l’emplacement du hangar militaire n° 6 devenu de nos jours bâtiment G) sont aménagés sept hangars en toile du type ‘Bessonneau’ ;
- le long de la route nationale n° 6 ; en contigus des hangars de l’Ecole nationale d’Aviation sont construits quatre hangars en planches.
- de plus :«Il existe, en ce moment, quatre hangars, dont trois métalliques, de grandes dimensions. Deux sont indémontables, en bois et métal : ce sont les Farcot. Il y a un Pelletier bétonné et un Villars bétonné qui est un hangar-atelier. Ces hangars ne peuvent évidemment pas être transportés à Dijon. La dépense de ces hangars a atteint une somme élevée. On est forcé de les abandonner. Est-ce là de la bonne administration ? » Extraits de la séance du sénat le 27 janvier 1914. (NDLR : hangars d’aviation construits à l’ouest du terrain, en bordure des glacis du fort de Bron).
En novembre 1913, en vue de réorganiser les structures de l’aéronautique militaire, il est envisagé de supprimer le Centre d’aviation militaire de Bron au profit de celui installé à Dijon. Le projet de départ des escadrilles de Bron, pour cette nouvelle affectation, provoqua des lettres de protestation, auprès du Gouvernement, de la part des personnalités lyonnaises, voire même une interpellation au Sénat, le 27 janvier 1914, de la part d’Edouard Herriot, Maire de Lyon.
Dans la nuit du 22 février 1914, vers 3 heures du matin, un terrible ouragan cause d’importants dégâts dans le Sud-Est de la France et principalement en région lyonnaise (arbres arrachés, téléphone et électricité coupés, pavillons de l’Exposition universelle de Lyon endommagés). Sur le terrain d’aviation de Bron, un vent du Sud d’une force inouïe détruit les hangars du type ‘Bessonneau’ et les avions qu’ils abritent (poutrelles affaissées, voir déplacées, les appareils sont réduits à des tas de ferrailles, les remorques chargées de matériel sont écrasées par les structures métalliques). Les dégâts considérables sont estimés entre 300 et 500.000 francs (NDLR : 1 franc de 1913 vaut 3,17 Euro en 2010).
Au cours du printemps 1914, le départ des deux escadrilles stationnées à Bron devint effectif. Le 3 août 1914, débute la Première Guerre mondiale, entre la France et l’Allemagne. Devant l’avancée des troupes ennemies, le 2ème Groupe d’Aviation évacue le terrain de Reims. La compagnie de dépôt et la 1ère réserve de ravitaillement de ce Groupe s’installent sur le terrain de Bron.
A cette époque, en quoi consiste un dépôt ? C’est une réserve de personnels spécialistes d’aviation qui est en attente d’affectations dans les escadrilles opérationnelles sur le front. Ainsi, au cours de la Première Guerre mondiale, Bron accueillera ce dépôt en réquisitionnant des terrains sur son pourtour, principalement à l’ouest, afin de construire des casernements. Dans les anciens hangars en bois de l’Ecole nationale d’Aviation des cours sont donnés pour former des mécaniciens d’aviation et de mécanique générale, des monteurs d’avions, des chauffeurs d’automobiles, des voiliers, des électriciens, etc…
Les hangars Pelletier et Villars, implantés à l’ouest du terrain, près des glacis du fort de Bron selon Création de la halte aérienne de Bron-Chassieu, sont cités page 53 version papier, page 9 version numérique, du compte rendu officiel de la séance du Sénat du 27 janvier 1914. Il faut cependant souligner que la phrase quatre hangars, dont trois métalliques paraît arithmétiquement contradictoire avec la suite de l'énumération qui mentionne deux Farcot + un Pelletier + un Villars. Bien qu'officielle, cette source ne permet pas d'établir le nombre exact de hangars présents à Bron ni de conclure qu’il s’agissait de hangars entièrement construits en béton armé. Mais le mot bétonné est ici particulièrement important. Il ne s'agit donc ni des hangars en toile Bessonneau, ni des hangars en planches de l'École nationale d'aviation, ni des Farcot en bois et métal. Cela permet de replacer les deux bâtiments dans l'histoire de l'architecture aéronautique. Ils appartiendraient aux premières expériences de construction lourde et permanente pour l'aviation militaire, à une époque où coexistent encore des structures très légères et démontables. Le terme peut désigner :
- une structure en béton ou béton armé ;
- une charpente métallique associée à des fondations ou éléments en béton ;
- un hangar métallique rendu semi-permanent par son implantation sur des fondations bétonnées.
Cet extrait du Sénat permet également une distinction fonctionnelle intéressante à propos du Villars : c'était plus qu'un simple hangar puisqu'il est dénommé hangar-atelier. Il faut donc vraisemblablement comprendre le Villars comme un bâtiment combinant abri des appareils et fonction technique d'entretien/réparation. Cette interprétation est cohérente avec l'organisation du Centre aéronautique de Bron puisque celui-ci disposait de personnels chargés de la création des installations et de l'entretien du matériel (source : Les débuts de l’aviation militaire à BRON (69), Lyon saveur) bien que l'ouvrage de MATHEVET Paul, SLHADA, Cinquante ans d’aviation commerciale sur l’aéroport de Lyon-Bron, Lyon, Ed. lyonnaises d’art et d’histoire, 2006, rapporte que c'est en 1915 que des bâtiments techniques ont été construits plus à l'est dans la plaine :
En 1915, des cantonnements et des hangars d'aviations sont construits à l'est du fort de Bron. Des bâtiments techniques sont édifiés plus à l'est dans la plaine ; ils servent pour le montage et la mise au point des appareils militaires construits dans la région lyonnaise.
Sur sa page Constructeurs, le site spécialisé Hangars aéronautiques, qui définit par cette terminologie, les différentes entreprises notables qui ont participé à la conception globale de hangars pour avions ou dirigeables : fabricants de matières premières, entrepreneurs de travaux publics, entreprises spécialisées (portes), entreprend un recensement historique des constructeurs de hangars. Pelletier apparaît bien dans sa liste des constructeurs français mais pas Villars. Pelletier serait donc le constructeur, tandis que Villars pourrait désigner un concepteur, un procédé ou un ingénieur..., même si la syntaxe donne fortement l'impression de deux types de hangars.
Le document Le Centre d'Aéronautique militaire du Premier Groupe d'Aviation de Longvic, histavia21, fait quant à lui mention d'un hangar Villard fourni par Lyon. L'extrait du Sénat comporterait donc une coquille historique ! En effet, nos recherches sous le nom Villard avec un D à la fin et non un S, ont été fructueuses.
La thèse de Kinda Malek FARES intitulée L'industrialisation du logement en France (1885-1970) De la construction légère et démontable à la construction lourde et architecturale. - Tome 1, Conservatoire National des Arts et Métiers en Histoire des Techniques et de l'Environnement, 2012 mentionne des hangars Villard et Pelletier. Cette étude secondaire classe les aviateurs Pelletier et Villard parmi les concepteurs de hangars légers de grande portée, à structure métallique et couverture en tôle galvanisée :
D'autres hangars légers sont conçus par des aviateurs comme Villard ou Pelletier, mais n'auront pas le même succès.
Alors que les avions connaissent un succès grandissant, plusieurs brevets sont déposés pour des hangars démontables abritant ces fragiles structures. Villard, Pelletier et Bessonneau notamment, édifient, non loin des terrains d'exercice, des constructions légères de grande portée, métalliques et recouvertes de tôle galvanisée.p. 105
Ainsi, le camp d'aviation de Dijon en mars 1914 se compose d'une baraque Lapeyrère, de dix baraques Espitallier de 6x6 m et quinze de 6x21 m, 10 hangars Bessonneau en bois et cinq en toile, un hangar Villard et un hangar Pelletier. Ces constructions démontables viennent d'Etampes, d'Epinal, de Chalais et de Dijon. Les baraques Espitallier y côtoient les hangars.p. 150
Ingenium Réseau rapporte que Henri Villard était d'abord sculpteur dans Désolé, mais non, les frères Wright n’ont pas vraiment inventé l’avion :
Félix Henri Villard (1869-1916) est un sculpteur / peintre français qui commence à construire un aéroplane à décollage et atterrissage verticaux / hélicoptère à un moment donné en 1901, vraisemblablement à Paris.
On retrouve cette information dans le blog Les Vieilles Tiges, amicale des pilotes brevetés :
Henri Villard, un précurseur français méconnu.
Brillant autodidacte, Félix Henri Villard (1869-1916) est au début de sa vie professionnelle un artiste peintre et sculpteur. Il délaisse ses activités artistiques au profit de la mécanique et surtout pour l’aéronautique.
Le 22 avril 1901, il établit un brevet pour un « automobile aérien ». La même année, au mois de juillet, il dépose en France et en Belgique un brevet pour un « aéroplane à champ tournant ». Après un essai malheureux de son aviateur, il expose au premier salon belge de l’automobile de 1902 les plans de son « disco-hélicoptère » dans l’espoir d’avoir un soutien financier.
En 1903, avec l’aide du Roi Léopold et du Prince Albert de Belgique, il monte son nouvel aviateur dans la cour de l’hôtel de ville de Schaerbeek, située dans la banlieue de Bruxelles. Les essais se poursuivent sans succès jusqu’en 1906. En 1907, alors qu’il se retrouve en France, Henri Villard réalise qu’il ne peut concrétiser ses projets de vol vertical et se tourne vers l’avion.
De retour à Bruxelles en 1911, il poursuit ses recherches aéronautiques et dépose plusieurs brevets. Il développe un hélicoptère l’Ornis I, cet appareil a une structure réalisée en bois et il est doté d’un rotor anticouple.
Il est rapidement remplacé par l’Ornis 2, réalisé avec des tubulures en acier, il est motorisé par un moteur Anzani de 100ch offert par le roi Albert I er. Cet appareil fait trois décollages le 18 décembre 1913.
Avec le soutien financier du roi des Belges il réalise l’Ornis 3, le premier essai a lieu le 30 juillet 1914. Alors que la guerre est déclarée, Villard cesse ses travaux, il rentre en France et malgré son âge, il a 46 ans, il s’engage pour la durée de la Guerre, il sert au 6e régiment d’artillerie.
Le 26 septembre 1916, le brigadier Henri Villard décède des suites de ses blessures au domicile de sa mère à Cahors. Il est cité comme «Mort pour la France».
Le site Earlyaviators indique une autre année de naissance dans HENRI VILLARD. 1867-1916 mais les autres informations concordent :
Villard naquit à Torteron, en France, le 14 août 1867.
Il travailla pour la Société AVIA, représentante de la firme française Astra en Belgique.
Il construisit son premier hélicoptère en Belgique. Celui-ci fut testé à Etterbeek en février 1902, sans grand succès.
Son deuxième hélicoptère, l'« Ornis 2 », fut testé à Sainte-Agathe-Berchem le 28 juin 1914 devant une commission du ministère de la Guerre britannique. C'est celui qui est illustré ci-dessus.
Grâce au soutien financier du roi Albert Ier de Belgique, il construisit son troisième hélicoptère, l'« Ornis 3 », dans un hall mis à sa disposition par le roi. Ce hall était situé près du chalet royal d'Albert Ier à Ostende. Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale l'empêcha de terminer son projet et il rejoignit rapidement l'armée française. Il fut tué au combat le 29 septembre 1916 à Cahors, en France.
P.-S. : Il avait également travaillé à la construction d'autres hélicoptères en France, mais sans succès.
Nous le retrouvons sur Geneanet où il est bien indiqué 1869 comme date de naissance et 1916 pour son décés :
Felix Henri VILLARD
Mort pour la France 14-18
- Né le 14 août 1869 (samedi) - Torteron (18)
- Décédé le 26 septembre 1916 (mardi) - Cahors (46), à l'âge de 47 ans
Le Livre d'or 14/18 précise qu'il était Maréchal des Logis chef.
Georges Pelletier Doisy est, selon Wikipédia, né à Auch le 9 mai 1892 et mort à Marrakech le 26 mai 1953 :
Surnommé « Pivolo », ce pionnier de l’aviation (brevet no 284), as de la Première Guerre mondiale (6 victoires en combats singuliers, quatre avions abattus), s'est rendu célèbre en 1924 en réussissant le raid Paris–Tōkyō, soit 19 600 kilomètres en 20 étapes.
Les recherches sur ces hangars que nous avons menées dans La Construction lyonnaise et sur le site du CNUM, Conservatoire national des arts et métiers n'ont pas donné de résultats correspondant à nos attentes. Ce dernier consacre une partie aux hangars à dirigeables de l’aéroport d’Orly par Freyssinet dans les Mémoires et compte-rendu des travaux de la société des ingénieurs civils, Vol. 113, 1924, ce qui ne correspond pas à nos critères de recherche. La revue La technique moderne a consacré dans son vol. 31 en 1939, toute une partie aux hangars d'aviation comme on peut le voir dans Google livres si le lien daigne bien fonctionner. Mais son accès à la lecture reste très très restreint. Pour une consultation, ce numéro est conservé à la Bibliothèque municipale Armand Salacrou, Le Havre.
Le document en anglais d'U.S. Works Progress Administration, Bibliography of Aeronautics Part 37 Airports Compiled from the Index of Aeronautics of the Institute of the Aeronautical Sciences, 1937 ne recense pas de hangar Pelletier ou Villard.
Comme nous vous l'indiquions dans votre demande du 1er mai 2026, Je cherche à avoir accès à 2 brevets SGDG en lien avec l'aérodrome de Lyon Bron, l'ouvrage Architecture de l'aéronautique en France 1900-1940 de Marie-Jeanne Dumont (Ed. Mardaga, 1988) est la bible sur le sujet. Elle y recense les types de hangars par constructeur. Calameo propose une lecture en ligne. Aucune trace de hangar Pelletier ou Villard.
Les ouvrages Riches mémoires de l'aéronautique en région lyonnaise : catatogue de l'exposition organisée par les Archives municipales de Lyon, 22 octobre 2008-16 mai 2009 / textes et choix des illustrations proposés par un collectif d'auteurs, coordonné par Mourad Laangry et L'aviation militaire à Lyon-Bron de 1912 à 1972 / Société lyonnaise d'histoire de l'aviation et de documentation aéronautique, 2005, ne mentionnent pas ces hangars.
Le Service historique de la Défense conserve des archives sur la base aérienne de Bron mais elles ne couvrent pas la période 1912 -1914.
Les Archives départementales et métropolitaines du Rhône montrent que le fonds 4535 W – Base aérienne de Lyon-Bron contient des dossiers techniques, plans, marchés et photographies mais ces dossiers sont essentiellement postérieurs à 1920. Il faudrait demander aux archivistes les dossiers plus anciens du Génie militaire, de la chefferie du Génie de Lyon et du centre d’aviation de 1912-1914. Contacts, horaires et accès ici.
Les Archives municipales de Lyon conservent deux photos de l'aérodrome de Bron aux cotes :
- 4FI/8304 : Lyon et ses environs vus en aéroplane - Ecole nationale d'aviation, hangars militaires et civils à l'aérodrome de Bron, 1914 ;
- 4FI/7727 : Bron (Rhône) - Quartier de l’Industrie et de l’Aviation, 1914.
L'Inventaire du Patrimoine en Rhône-Alpes renseigne sur le Hangar aéronautique militaire dit Hangar IV aéroport de Bron actuellement entrepôt sans affectation mais ne dit rien du Pelletier et du Villard.
Le site HANGARS AÉRONAUTIQUES n'en fait pas non plus mention. Celui du Cercle aéronautique Louis Mouillard dont la police de caractère du sommaire en ligne ne vous engagera pas à la lecture, comporte un intéressant historique des hangars que vous pourrez lire en téléchargeant le fichier Un CENTENAIRE sur l’aéroport de Bron 1925-2025 :
L'inauguration officielle du terrain d'aviation de Bron, qui coïncide avec l'ouverture de l'Ecole nationale d'Aviation de Bron, a lieu les 12 et 13 novembre 1910.
Ce terrain d’aviation se situe sur la commune de Bron, à l’est des glacis du Fort de Bron. Sur un vaste terrain aplani est aménagée une aire de décollage/atterrissage pour les aéroplanes de l’école. Orientée nord/sud, cette aire d’une longueur d ‘environ 1.000 mètres sur 600 de largueur, est bordée, au sud, par une rangée de baraques et hangars en bois qui accueille personnels et aéroplanes. Cette école formera des civils et des militaires brevetés pilote d'avion jusqu'à la déclaration de la guerre en août 1914.
A l’automne 1910, après l’inauguration de l’Ecole nationale d’Aviation de Bron, le Colonel Hirschauer, commandant les troupes aéronautiques de Versailles, accompagné du Capitaine Etèvé, visitèrent les terrains qui pourraient convenir à l’installation d’une école militaire d’aviation dans le sud-est de la France. Les sites de Bron et d’Ambérieu en Bugey furent retenus. Par courrier du 21 février 1911, le Maire de Lyon informait Monsieur le Préfet du Rhône, que le Ministre de la Guerre envisageait la création d’un aérodrome militaire dans la région lyonnaise, à Bron.
Le 15 juin 1911, la Municipalité de Lyon était chargée par l'Etat Français d'une étude pour la création officielle d'un centre d'aviation militaire à Bron. Une rencontre avait lieu, le 17 juin, entre le Maire de Bron, les représentants de la Municipalité lyonnaise et le Conseil d'Administration de l'Ecole Nationale d'Aviation, afin de définir l'implantation de ce centre d'aviation. Des promesses de vente étaient engagées pour quatre hectares de terrain situés au sud-est du champ d'aviation de Bron. Ces terrains étaient cédés à l’Etat, le 20 juillet 1912, pour un prix variant entre 0,50 et 0,75 franc le mètre carré.
La promulgation de la loi du 29 mars 1912 constituait l'acte de naissance de l' Aéronautique militaire. Elle consacrait, non seulement, l'existence de l'aviation aux côtés des quatre armes de tradition, mais elle définissait également son fonctionnement.
Un décret du 22 août 1912, concernant l'organisation de l'Aéronautique militaire, créait sept compagnies et dix sections aéronautiques réparties en trois groupes distincts implantés à Versailles, Reims et Lyon.
En date du 23 août 1912, le Conseil municipal de Bron décidait, à l'unanimité d'appuyer la création d'un centre d'aviation militaire sur le terrain d'aviation de Bron. Une somme de 500 francs était versée par la Municipalité de Bron à titre de subvention, renouvelable chaque année.
Le 15 octobre 1912, à 15 heures, sur le terrain de Bron, le Lieutenant-Colonel Estienne, commandant le 3ème Groupe Aéronautique de Lyon, passe en revue, pour la première fois, les personnels du Centre d’Aviation de Bron qui sont présentés par le Capitaine Carlin, Commandant du Centre.
Par un courrier, en date du 8 novembre 1912, le Capitaine Carlin intervient auprès du Directeur de l’Aéronautique militaire : « J’ai l’honneur de vous faire connaître que l’autorité militaire attend un certain nombre de hangars semi-permanents et constructions démontables pour bureaux et ateliers. D’accord avec M. Cheuret, directeur de l’école, j’ai fait jalonner leur emplacement. Afin de régulariser la situation et de couvrir cette occupation pour l’avenir, je vous demanderai, monsieur le directeur, de bien vouloir fixer dans quelles conditions exactes les hangars pourront être édifiés sur le terrain de Bron, aux emplacements choisis par M. Cheuret et moi. Il y aurait lieu, sur la demande du lieutenant-colonel Estienne, commandant le 3ème groupe aéronautique, d’établir, au nom de la société de l’école nationale d’aviation, un engagement permettant à l’autorité militaire la disposition de la bande de terrain en question, dans les mêmes conditions que la société dispose de l’aérodrome entier. »
Extraits de la séance du Sénat le 27 janvier 1914.
«Le 15 janvier 1913, le colonel Estienne fait une proposition d’achat de l’aérodrome. L’accord fut fait plus tard pour la somme de 300.000 francs. (NDLR : 1 franc de 1913 vaut 3,17 Euro en 2010). Bien plus, la commission de l’aéronautique militaire de la Chambre des députés a été mise au courant de tous ces pourparlers de la Guerre avec l’école nationale d’aviation. J’ajoute que la commission parlementaire de l’aéronautique paraissait également d’accord avec le ministère de la guerre sur le choix de l’aérodrome de Bron et la nécessité de l’organisation de ce centre d’aviation. Tout le monde est consentant.
«L’Etat s’installe : il apporte ses avions, ses tracteurs ; il fait des constructions, des hangars, établit des clôtures, des pistes, fait des dépenses considérables et amène ses troupes.»
Extraits de la séance du Sénat le 27 janvier 1914
En février 1913, une Commission d’enquête de l’Armée se rend à Bron. Elle constate :
- que le parc aéronautique de l’Ecole nationale d’aviation de Bron est doté de 5 monoplans Type Blériot et de 6 biplans Type Henri Farman ;
- que le 3ème Groupe aéronautique ne dispose d’aucun bureaux, ni de hangars et d’ateliers sur le terrain de Bron. De plus, deux avions arrivés en caisse, le 1er février, ne sont toujours pas montés, par manque de moyens.
Au cours de l’année 1913, des aménagements sont réalisés sur le terrain d’aviation de Bron :
- côté est, sont aménagés sept hangars avec une structure de bois ou métallique recouverte de toile tendue, du type ‘Bessonneau’; (à l’emplacement du futur hangar militaire n° IV ou 6 devenu de nos jours bâtiment G)
- le long de la route nationale n° 6, en contigus des hangars de l’Ecole nationale d’Aviation, sont construits quatre hangars en planches ;
- à l’ouest, en bordure des glacis du fort de Bron, sont aménagés quatre hangars, dont trois métalliques, de grandes dimensions.
Dans la nuit du 22 février 1914, vers 3 heures du matin, un terrible ouragan cause d’importants dégâts dans le Sud-Est de la France et principalement en région lyonnaise (arbres arrachés, téléphone et électricité coupés, pavillons de l’Exposition universelle de Lyon endommagés). Sur le terrain d’aviation de Bron, un vent du Sud d’une force inouïe détruit les hangars du type ‘Bessonneau’ et les avions qu’ils abritent (poutrelles affaissées, voir déplacées, les appareils sont réduits à des tas de ferrailles, les remorques chargées de matériel sont écrasées par les structures métalliques). Les dégâts considérables sont estimés entre 300 et 500.000 francs (NDLR : 1 franc de 1913 vaut 3,17 Euro en 2010) : 6 hangars type ‘Bessonneau’ anéantis, et 13 avions détruits, dont 7 MF et 6 HF dans les hangars
Le 3 Août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique., ainsi débute la Première Guerre mondiale.
Dans les premières semaines de guerre, le Dépôt du 2ème Groupe d’aviation s’installe à Bron A l’est des glacis du Fort de Bron : des baraquements en bois qui sont édifiés servent de casernements, ainsi que des ateliers et des salles de cours pour l’instruction des personnel. A l’ouest de l’aire de manœuvres des avions, à proximité de l’emplacement des sept hangars d’aviation, le Service des Fabrications Aéronautique construit de vastes ateliers pour assurer la finition et la réception des avions militaires construits dans les ateliers des constructeurs d’aéronautique qui se sont repliés en région lyonnaise. Ainsi, au cours du conflit, une vingtaine d'escadrilles seront constituées à Bron : les avions construits dans l'agglomération lyonnaise sont transportés à Bron pour subir les finitions, les mises au point et essais ; les pilotes proviennent des écoles de pilotage de Pau, Dijon et Avord ; les personnels sont fournis par le Dépôt du 2ème Groupe d'Aviation
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, sur le terrain d’aviation de Bron, nouvelle organisation de l’Aéronautique militaire. Au 1er janvier 1920, le 5ème Groupement d'Aviation devient le 5ème Régiment Aérien d'Observation (R.A.O), puis en octobre 1922, 35ème Régiment d'Aviation mixte (R.A.M) qui se compose de 8 escadrilles d'observation et de reconnaissance et de 4 escadrilles de chasse.
Le terrain militaire de Bron est ouvert à la Circulation Aérienne Publique (CAP), le 4 mars 1920. Tout aéronef civil ou militaire disposant de caractéristiques adéquates peut utiliser un aérodrome ouvert à la CAP. C’est le début de la présence de l’aviation de tourisme et commercial sur ce qui devient l’aérodrome de Bron. En 1930, la construction de l’aérogare civile, considérée à l’époque, comme la plus moderne du monde, donne un titre de noblesse à l’aéroport de Bron.
Entre 1925 et 1927, l'Etat confie à l’entreprise Limousin, sous la directon de son ingénieur d’études Le Marec, l'édification de vastes et importants hangars d'aviation militaire qui se situent en bordure de l'aire d'atterrissage / décollage :
côté ouest, contigus à la base aérienne :
3 hangars de piste de 100x50 mètres.
1 hangar de piste de 80x60 mètres.
1 hangar pour parc aéronautique de 115x30 mètres.
2 ateliers magasins de 50x30 mètres.
côté est, contigus à l'aéroport civil :
2 hangars de piste de 100x50 mètres dénommés HANGAR IV, Type Boussiron.
Ce hangar, construit en béton armé, compte deux alvéoles de 50 x 50 mètres de côté, soit une surface au sol de deux fois 2.500 m2, avec une hauteur libre sous entrait de 12, 90 mètres et une hauteur intérieur de 20 mètres. Entre la dalle supérieure et la voûte, un important volume est disponibel. Il est bordé sur les parties latérales par des annexes de 10 x 12 mètres à usage de bureaux ou d'ateliers.
Nous avons également recherché des brevets pour des hangars d'aviation Pelletier et Villard dans la base Inpi mais aucun ne correspond :
- Hangar à montage et démontage rapides pour appareils d'aviation n'offrant aucune résistance au vent, Ruchonnet Eugene-Francois, 1911
- Système de hangars disposés "en chapelet" pour dirigeables et appareils d'aviation, Joseph Paris, 1914
- Mécanisme de roulement particulièrement applicable aux portes de hangars d'aviation et d'aérostation, Limousin et Cie, 1921
Le Pelletier et le Villars/Villard sont probablement des modèles ou réalisations attribués à leurs constructeurs respectifs et le second est clairement un hangar-atelier. En revanche, il serait prématuré de les qualifier précisément de hangars entièrement en béton armé sans retrouver les plans ou cahiers des charges.
La SLHADA, Société Lyonnaise d'Histoire de l'Aviation et de Documentation Aéronautique de Bron, dispose d’une importante documentation. Vous pourriez peut-être la contacter par mail : contact@slhada.fr pour en avoir le cœur net.
A lire aussi Les hangars aéronautiques en béton à Lyon Bron dans les années 1920 – 1930, Anciens aérodromes, qui donne des précisions sur les hangars en béton armé dont ceux conçus par Eugène Freyssinet pour les camps d’aviation d’Avord, d’Istres puis de Villacoublay lors de la Première Guerre mondiale et consacre une grande partie de l'article au cas du terrain d’aviation de Lyon – Bron : inventaire général des réalisations de hangars aéronautiques en béton armé.
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En mai, fais de l’upcyclé