Marie Adelaïde Deraismes a-t-elle écrit sur la commune de Paris ?
Question d'origine :
Bonjour !
Marie Adelaîde Deraismes a-t-elle écrit su la commune de Paris?
Merci pour votre réponse.
Bluduck2
Réponse du Guichet
Maria Deraismes (1828-1894), journaliste et militante féministe, ne participa pas à la Commune de Paris et en fut un soutien très modéré, voir plutôt hostile. Elle s’exprima toutefois en faveur des communardes dans un article de L’Avenir des femmes, "Un réquisitoire", publié en septembre 1871, où elle dénonçait la sévérité disproportionnée des condamnations infligées aux femmes, différentes des hommes. C’est à notre connaissance le seul texte dans lequel elle traite explicitement de la Commune. Aucune de ses oeuvres majeures n'aborde spécifiquement l'événement mais au vue du nombre de ses interventions (conférences, articles, prises de parole publique etc.), il est peu probable qu'il s'agisse de la seule.
Bonjour,
Marie Adelaïde Deraismes, plus connue sous le nom de Maria Deraismes (1828-1894) était une journaliste, conférencière et activiste féministe, qui s'est engagée sa vie durant à défendre la cause des femmes et à se mobiliser pour leurs droits civiques.
Très cultivée, éloquente et médiatisée elle est intégrée aux cercles intellectuels parisiens, publie des ouvrages et donne des conférences, fonde des sociétés (l'Association pour le droit des femmes) et s'exprime régulièrement dans de nombreux journaux engagés (Le droit des femmes, l'Avenir des femmes etc.). Elle est aussi connue pour être la première femme à intégrer une loge maçonnique. Souhaitant marquer un précédent et ouvrir ces cercles restreints aux femmes, elle réussit à être initiée à la loge « Les Libres-Penseurs » à l'Orient du Pecq, provoquant un "profond séisme dans la franc-maçonnerie française". Sa loge est même suspendue de la Grande Loge symbolique écossaise (Wikipedia - Maria Deraismes).
Au sujet de ces nouvelles obédiences :
Un troisième groupe d'obédiences exprime encore la spécificité française : celles qui admettent des femmes, lesquelles étaient exclues de la maçonnerie par les Constitutions de 1723, à la fois pour des raisons de décence et de statut civil. En 1894, à l'initiative d'une « femme républicaine », Maria Deraismes (1828-1894), une obédience mixte fut créée : le Droit humain. Elle a depuis lors donné naissance à un réseau international dont la branche française demeure le maillon le plus fort. Du Droit humain sont nées d'autres obédiences mixtes (la Grande Loge mixte universelle en 1973 et la Grande Loge mixte de France en 1982). À part, il faut mentionner la Grande Loge féminine de France, créée en 1945 et qui n'a acquis sa dénomination actuelle qu'en 1952 : c'est la plus ancienne et à ce jour la plus importante obédience entièrement féminine au monde.
Source : Franc-maçonnerie (Encyclopédie universalis)
Vous souhaitez savoir si Maria Deraismes a écrit sur la Commune de Paris de 1871, dont elle fut contemporaine. Si aucune des œuvres publiées en son nom n'aborde spécifiquement la question de la Commune ni n'est célèbre comme contribution sur le sujet, ou comme témoignage, cela ne veut pas dire que cette grande exégète n'a pas commenté tout ou partie de l'événement dans l'une de ses innombrables interventions. Ses œuvres complètes sont lisibles en ligne sur Gallica. Et pour ce qui est de sa bibliographie, voici les titres référencés par sa notice à la BNF.
On sait que Maria n’a pas participé à l’aventure de la Commune, qu’elle ne la soutenait pas véritablement et qu’elle ne revint à Paris qu’après la Semaine sanglante, une fois l’ordre rétabli, le 30 mai 1871. "Vous futes membre de la Commune moi je n'en ai jamais fait partie, estimant que ce mouvement était aussi maladroit que coupable, ce qui ne m'a pas empêchée de tendre la main à quelques uns de ceux qui sont rentrés inconsidérément, mais sincèrement." écrit-elle dans une lettre adressée au rédacteur en chef du journal Le Voltaire au sujet de la Commune de Paris (accessible sur l'Edifice, avec un compte payant. Citation également dans Maria Deraismes : riche, féministe et franc-maçonne par Fabienne Leloup (Editions de l'oeil du Sphinx, 2022 p. 233).
Malgré un soutien très modéré, voir une légère hostilité, elle s'est tout de même mobilisée pour défendre la cause des communardes après que la reconquête de Paris (Wikipedia - Femmes dans la Commune de Paris). Elle prit notamment la parole dans le journal L'Avenir des femmes, dans son édition de septembre 1871, pour dénoncer les injustices et les condamnations genrées des conseils de guerre versaillais. Le texte se nomme "Un réquisitoire" et s'insurge qu'à faits égaux, les femmes soient davantage condamnées à mort que les hommes. Cette édition du journal fait partie des collections numérisées sur le site des bibliothèques de la ville de Paris. Vous trouverez le texte en première page.
Il s’agit du seul texte dans lequel Maria Deraismes traite explicitement des événements de la Commune que nous ayons rencontré.
Tekoha.