Qui pourrait estimer une veste civile d'institution des années 1970 ?
Question d'origine :
Bonjour,
Je souhaite identifier et faire estimer une veste civile d'institution ou d'administration française (circa 1974-1976).
Le vêtement présente une coupe très structurée caractéristique des années 70 avec des épaules droites. La doublure en nylon arbore un motif de couronne fermée héraldique tissé en jacquard, avec un raccord régulier de 3,3 cm × 3,3 cm. Les boutons extérieurs sont noirs, ronds et lisses.
La doublure comporte le marquage de l'imprimeur officiel de l'État : "IMP. LAVAUZELLE 74-178". La piste militaire ayant été exclue par un premier expert textile, je cherche à savoir à quel grand corps civil, école d'État ou création de couturier cette commande exclusive fait référence.
En vous remerciant par avance pour votre expertise.
Réponse du Guichet
Cette recherche n’a pas permis d’identifier l’origine exacte de la veste ni le corps de fonction publique auquel elle aurait pu appartenir. Le nom Lavauzelle renvoie surtout à une maison d’édition militaire et équestre. Elle pourrait également avoir imprimé des étiquettes de vêtements, nous en trouvons une sur un vêtement de la marque Daniel Corot sur Le Bon Coin. Des recherches auprès de spécialistes du costume, comme le Musée des Tissus de Lyon ou le Palais Galliera, pourraient apporter de nouvelles pistes.
Bonjour,
Nous ne sommes malheureusement pas parvenu à retracer l'histoire de ce vêtement sensé appartenir à un corps de la fonction publique française.
Les indices laissés sur la veste, tels le motif en forme de couronne sur la doublure ou les données du ticket de commande, n'ont pas suffit à alimenter notre recherche. Pour rappel, nous ne sommes que bibliothécaires et votre question semble excéder notre champ de compétence, d’autant plus si vous avez déjà consulté l'avis d'un expert textile.
Le nom Lavauzelle nous a tout de même permis de remonter à la maison Charles-Lavauzelle, maison d'impression fondée en 1831 qui a gagné en renommée dans l'édition de publications militaires françaises.
La maison Chârles-Lavauzelle, l’émule de la précédente, a été fondée en 1831. Elle possède aussi une imprimerie des plus importantes, située à Limoges, et, s’occupant exclusivement de publications militaires, elle s’intitule « Imprimerie-Librairie des Armées de Terre et de Mer ».
En plus des nombreux annuaires spéciaux à chaque arme ou service : a Officiers généraux ou assimilés », « Officiers d’infanterie», « Officiers de cavalerie», « Officiers du Génie », Annuaires «du Recrutement», « du Ministère des Colonies », « des Administrateurs coloniaux », « des Troupes coloniales », « Annuaires de l’Armée et de la Gendarmerie », « Agenda de l’Armée française », elle a exposé les œuvres d’écrivains militaires français comme le colonel Dubois, général Faurie, général Galliéni, général Niox, colonel Rousset, général Trochu, général Yoyron. Les auteurs étrangers en sont pas moins marquants : de Moltke, de Verdy du Yernois, généraux Marazzi, de Seydlitz, Clausewitz, Pouzerewski, von der YVengen et Dragomiroff.
Les périodiques exposés étaient nombreux : « France militaire », seul journal quotidien militaire français ; F « Echo de la Gendarmerie nationale », la « Revue d’infanterie », la « Revue militaire universelle », le « Spectateur militaire », la « Revue des troupes coloniales », la « Revue de l’Intendance militaire », le « Mémorial de la Gendarmerie », le « Bulletin militaire ».
C’est l’imprimerie Charles-Lavauzelle qui imprime et fournit les règlements — et ils sont légion — concernant les divers services de l’armée. Ces règlements sont tenus constamment à jour; aussi la composition en est-elle conservée, de même que celle des innombrables modèles d’imprimés et de registres en usage dans l’administration militaire, qu’elle imprime également. On jugera de l’importance du matériel typographique ainsi employé, quand on saura qu’il est conservé plus de 20.000 tableaux pour les modèles et plus de 300.000 pages pour les règlements. On peut imaginer par ces chiffres les transformations qu’a subies la petite imprimerie de Limoges de 1831, devenue un vaste établissement où fonctionne le matériel le plus perfectionné et qui comprend la fonderie des caractères, la galvanoplastie, la clicherie, la composition, les machines et la reliure. La librairie Charles-Lavauzelle a une maison de vente et un dépôt général à Paris.
Source : Rapport de l’Exposition internationale de Saint-Louis de 1904. Rapport des groupes 17 et 18 (Librairie, musique, reliure). Le groupe Lavauzelle faisait partie des exposants. Texte océrisé sur le CNUM (conservatoire numérique des Arts et Métiers).
Cet éditeur est toujours en activité et continue de publier dans le domaine de la défense et de l'édition équestre au travers de la société : Lavauzelle Graphic.
Pour plus d'informations sur l'activité de l'entreprise voir cette notice dans Le Figaro Emploi. Y est décrit le gros de ses activités, mais aucune trace de production ou d'impression sur du textile :
Activité : Exploitation d'un fonds d'industrie de composition typographique et de Photocomposition édition librairie impression publications journaux périodiques vente par correspondance d'articles de bureau fournitures de bureau matériel et mobilier de bureaux Edition notamment de livres pour l'équitation et l'histoire militaire imprimé notamment pour la défense l'éducation nationale le ministère de la justice et quelques Grands groupes négoces d'équipements et mobiliers de bureaux.
Source : Lavauzelle Graphic (87350) : siret, siren, TVA, adresse... - Le Figaro Entreprises.
Ces tickets pourraient servir à tracer les vêtements sans avoir de lien particulier avec leur fabricant. Pour information, nous trouvons une annonce Le Bon Coin d'une veste de la marque Daniel Corot portant le même type d'étiquette "Impression Lavauzelle 74-178". "La vie en Daniel Corot, ca claque" comme s'en ventait cette publicité télévisuelle pour la marque de prêt à porter masculin en 1985 (INA), aujourd'hui disparue. Il est donc possible que Lavauzelle faisait uniquement imprimer ces étiquettes pour servir de tickets de contrôle, cartes de référence ou éléments de marquage des vêtements en tous genres.
Pour le reste, les attributs physiques de cette veste sont beaucoup trop communs pour nous permettre de remonter à une institution ou à un corps civil particulier...
Vous devriez tenter votre chance du côté du Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon, disposé à répondre aux questions malgré sa fermeture, ou encore contacter les équipes du Palais Galliera à Paris qui possède notamment un centre de documentation consacré à l'art et à l'histoire du vêtement.
De notre côté, nous plaçons également votre question dans notre rubrique SOS. Peut-être que l'un de nos internautes aura des pistes à vous donner ?
En vous souhaitant une bonne journée.
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