Pourquoi dit-on soixante-dix et quatre-vingt en français ?
Question d'origine :
Origine des mots soixante-dix et quatre-vingt
Réponse du Guichet
Au Moyen-âge, c'est le système vicésimal qui domine. On trouve ainsi les formes vingt et dix (30), deux vingt (40), deux vingt et dix (50), trois vingt (60), etc. Le système décimal va ensuite se développer (trente, quarante, cinquante...). Au XVIIe siècle, la norme fut énoncée par Claude Favre de Vaugelas qui fit le choix d'un système mixte. Soixante-dix en est typiquement la représentation. La France n'a pas su choisir entre les paquets de dix et les paquets de vingt et a conservé dans sa numération des traces de deux systèmes concurrents.
Bonjour,
Au Moyen-Âge, nos ancêtres utilisent un système vicésimal (ou vigésimal), un système de numération utilisant la base vingt, probablement hérité des celtes et des gaulois. On trouve ainsi les formes vingt et dix (30), deux vingt (40), deux vingt et dix (50), trois vingt (60), etc.
Dès la fin du Moyen Âge, le système vicésimal est progressivement supplanté par le système décimal - trente, quarante, cinquante, soixante... - sans réussir à le faire totalement disparaître. Pour les trois dernières dizaines précédant cent, cette évolution ne s'est pas partout diffusée de la même façon dans la francophonie au cours de l'époque moderne : au-delà de 69, des formes mixtes (soixante-dix) ou clairement vicésimales (quatre-vingts, quatre-vingt-dix) subsistent.
Au XVIIe siècle, c'est l'heure de la normalisation. L'Académie française et les auteurs de dictionnaires, sous l'influence du grammairien Claude Favre de Vaugelas (1585-1650) et de Gilles Ménage (1613-1692), préfèrent adopter les formes vicésimales soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix.
Ainsi, Septante (du latin septuaginta) a existé en français, mais l’usage de soixante-dix s’est généralisé à partir du XVIᵉ–XVIIᵉ siècle, au moment où se fixent les normes lexicographiques.
Voici ce que nous explique en effet le site de l'Académie française :
au Moyen Âge, on avait coutume en France de compter de vingt en vingt. Aussi trouvait-on les formes vint et dis (30), deux vins (40), trois vins (60), etc. Saint Louis fonda, par exemple, l’hospice des Quinze-vingts (des 300 aveugles). Ce système, dit « vicésimal », était utilisé par les Celtes et par les Normands, et il est possible que l’un ou l’autre de ces peuples l’ait introduit en Gaule.
Dès la fin du Moyen Âge, les formes concurrentes trente, quarante, cinquante, soixante se répandent victorieusement. Pourquoi l’usage s’arrête-t-il en si bon chemin ? Aucune explication n’est vraiment convaincante. Peut-être a-t-on éprouvé le besoin de conserver la marque d’un « calcul mental » mieux adapté aux grands nombres (70=60+10, 80=4x20, 90=80+10). Reste la part du hasard et de l’arbitraire, avec laquelle tout historien de la langue sait bien qu’il lui faut composer...
C’est au XVIIe siècle, sous l’influence de Vaugelas et de Ménage, que l’Académie et les autres auteurs de dictionnaires ont adopté définitivement les formes soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix au lieu de septante, octante, nonante.
Pour aller plus loin :
- Soixante, septante, huitante, nonante… logique ! / Suissinfo
- Septante, octante et nonante... / GDS
- Quand la science nous émerveille Parce qu’être curieux, ça rend heureux ! / Normand Brais · 2024
- L’étonnante histoire de «soixante-dix» et «septante» / Le Figaro - 14/06/2024
Bonne journée.
Bienvenue en 2055 dans un monde neutre en carbone