Je cherche des ressources sur la culture de l’hygiène et le rapport entre peau et savon
Question d'origine :
Bonjour,
Je suis actuellement en 3ᵉ année de DNMADe Matériaux spécialité textile, broderie savoir-faire et innovation, et je réalise cette année un mémoire autour du savon, de l’hygiène et du rapport au corps et à la peau.
Je suis actuellement à la recherche de ressources complémentaires qui pourraient venir enrichir mes recherches. J’ai déjà consulté plusieurs ouvrages comme Le propre et le sale de George Vigarello, Beautés de l’éphémère de Pierre Zaoui, L’Âme du savon d’Alep, ainsi que Le Parfum de Patrick Süskind.
J’aimerais beaucoup approfondir la question de la culture de l’hygiène dans différentes sociétés et à différentes époques, par exemple au Japon, au Maroc avec les hammams ou autour des bains turcs. Je cherche à comprendre comment les pratiques de propreté, le rapport à l’eau, au savon, au corps et aux odeurs peuvent varier selon les cultures.
Je souhaiterais également trouver des informations autour du mont Sapo, notamment sur l’origine de certaines pratiques ou croyances liées au savon.
Je suis aussi intéressée par des ressources qui aborderaient davantage l’aspect sociétal et contemporain : le retour à des choses plus simples et naturelles, la volonté de limiter les produits chimiques, les nouvelles habitudes liées au bien-être et à la santé, ainsi que l’évolution de notre rapport à la peau.
Enfin, je cherche particulièrement des ressources sur le rapport entre la peau et le savon : son histoire, ses usages, sa dimension culturelle ou symbolique, et la manière dont le savon est perçu aujourd’hui. Je ne recherche pas particulièrement des livres de recettes ou de fabrication de savons, mais plutôt des ressources permettant de comprendre le savon en tant qu’objet culturel, social et lié au corps.
Si vous avez des ouvrages, articles, auteurs, documentaires, sites ou autres ressources à me conseiller sur ces différents sujets, je serais très intéressée de pouvoir les consulter.
Je vous remercie par avance pour votre aide et pour les éventuelles pistes que vous pourriez me donner.
Bien à vous,
Noémie B.
Réponse du Guichet
Votre demande étant particulièrement touffue, à l'exception d'un petit zoom sur le mont Sapo, nous nous en sommes tenu·es à une bibliographie qui explore les relations entre la peau, le savon et l’hygiène corporelle selon les axes que vous nous avez précisés :
- Histoire et culture de l’hygiène selon les époques et les sociétés (japon, maroc, hammam, bains turcs, etc.)
- Pratiques liées à l’eau, au savon, au corps et aux odeurs selon les cultures
- Origine et les croyances associées au mont sapo et au savon
- Évolutions sociales contemporaines du savon, de l’hygiène et du rapport au corps et à la peau
- Rapport entre la peau et le savon, ses usages, son histoire et ses dimensions culturelle et symbolique et la manière dont le savon est perçu aujourd’hui
Elle croise ainsi des travaux universitaires, des sources historiques, des études scientifiques et des ressources institutionnelles et documentaires.
Bonjour,
Pour votre mémoire de DNMADe qui cherche à comprendre l'hygiène comme fait culturel, social et corporel, vous souhaitez :
- approfondir l’histoire et la culture de l’hygiène selon les époques et les sociétés (Japon, Maroc, hammam, bains turcs, etc.),
- comprendre les pratiques liées à l’eau, au savon, au corps et aux odeurs selon les cultures,
- avoir des informations sur l’origine et les croyances associées au mont Sapo et au savon.
Vous voulez églement une bibliographie d'ouvrages, articles, auteurs, documentaires, sites et autres ressources documentaires sur le savon, l’hygiène et le rapport au corps et à la peau, notamment sur :
- les évolutions sociales et contemporaines : produits naturels, réduction des produits chimiques, les nouvelles habitudes liées au bien-être et à la santé, ainsi que l’évolution de notre rapport à la peau, nouvelles perceptions de la peau ;
- le rapport entre la peau et le savon, ses usages, son histoire et ses dimensions culturelle et symbolique et la manière dont le savon est perçu aujourd’hui.
Votre demande étant particulièrement touffue, à l'exception d'un petit zoom sur le mont Sapo, nous nous en sommes tenu·es à une bibliographie de références universitaires et, quand c'est possible, de textes consultables gratuitement en ligne.
Vous avez déjà lu
- Le Propre et le sale. L'hygiène du corps depuis le Moyen Âge de l'historien George Vigarello. C'est l'ouvrage de référence pour comprendre l'histoire de la toilette et la construction historique des normes de propreté, saisir l'évolution des pratiques de toilette et les transformations du rapport au corps. Il permet de replacer le savon dans l'histoire des gestes d'hygiène et de réaliser que la perception de la propreté est profondément liée aux contextes sociaux et scientifiques de chaque époque. La propreté est une notion culturelle autant que sanitaire. Il démontre que les pratiques d'hygiène corporelle évoluent constamment en fonction des représentations de la peau, de l'eau, des maladies, des odeurs et de la pudeur selon les époques. Par exemple, durant les XVIe et XVIIe siècles la propreté reposait sur le changement de linge blanc, le soin des vêtements, ainsi que sur le lavage ciblé des mains et du visage, plutôt que sur l'immersion totale du corps. Une baisse de la pratique des bains ne signifie pas un abandon de l'hygiène.
- Beautés de l’éphémère de Pierre Zaoui
- Le Parfum de Patrick Süskind également adapté au cinéma.
Voici les sources que nous vous proposons. Certaines sont communes à différentes bibliographies.
HISTOIRE ET CULTURE DE L’HYGIÈNE SELON LES ÉPOQUES ET LES SOCIÉTÉS (JAPON, MAROC, HAMMAM, BAINS TURCS, ETC.)
1. Histoire générale de l'hygiène corporelle
- Thuillier Guy. Pour une histoire de l'hygiène corporelle aux XIXe et XXe siècles. In: Annales de démographie historique, 1975. Démographie historique et environnement. pp. 123-130
C'est une très bonne introduction méthodologique. Thuillier montre que l'histoire de l'hygiène ne se réduit pas à l'histoire du bain : elle doit être mise en relation avec l'arrivée de l'eau courante, les baignoires, les chauffe-eau, le savon bon marché, les bains-douches, le logement et les équipements collectifs. Cette étude permet de replacer le savon dans un ensemble plus large : techniques + habitat + médecine + normes sociales + transformation des gestes quotidiens.
- Clean : A History of Personal Hygiene and Purity / Virginia Smith, Oxford University Press, 200. Vous pouvez lire une présentation universitaire du livre.
Cet ouvrage propose une histoire comparée de l'hygiène personnelle et des notions de propreté et de pureté, de l'Antiquité à l'époque contemporaine. Il peut être articulièrement utile pour éviter une lecture occidentalo-centrée. « Etre propre » n'a pas toujours signifié se laver davantage. Les notions de pureté, de souillure, d'odeur et de contact avec l'eau changent selon les sociétés.
2. Japon
- Junko Komatsu, « Les bains japonais (湯) : un espace relationnel », Itinéraires, 2011-3 | 2011, 129-140
L'article distingue le bain domestique des sentō (bains publics) et des onsen (sources thermales). Il montre que le bain japonais est simultanément lié à la propreté, à la purification, au plaisir, à la sociabilité et aux relations entre les individus. Il permet de développer l'idée fondamentale que le bain n'a pas partout la même fonction culturelle. Au Japon, le bain peut être un lieu de relation sociale et non simplement un endroit où l'on élimine la saleté.
- Ukigaya Sachiyo. Le corps donné à voir : les expositions hygiénistes dans le Japon moderne. In: Ebisu, n°34, 2005. pp. 3-37
Article très intéressant sur le Japon de l'ère Meiji. L'hygiène devient progressivement une politique publique, notamment face au choléra, à la tuberculose et à d'autres maladies infectieuses. L'État cherche également à transformer la manière dont les Japonais regardent leur propre corps. Il permet de montrer comment une conception traditionnelle du corps est progressivement confrontée à une conception médicale et occidentalisée de l'hygiène.
- Miki Kawabata. « Public Bath Movements in the West and the Japanese Municipal Public Bath System ». Journal of Abe Studies, 2015
Très intéressant pour une comparaison Europe/Japon. L'article étudie l'introduction au Japon des conceptions occidentales des bains publics à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Point à noter : en Occident, les bains publics pouvaient être associés à l'idée de moralisation des classes populaires, alors qu'au Japon le bain était déjà fortement associé à une culture nationale de la propreté. Une excellente étude pour une problématique du type les normes d'hygiène sont-elles universelles ou culturellement construites ?
- Mami Nakayama et al. « A Study on Japanese Public Bathhouses in Regional City ». Recueil des rapports techniques de l'Association japonaise d'architecture, 2007, vol. 13, n° 26, p. 679-684, date de publication : 01/08/2008
Étude sur les sentō de Kumamoto. Elle montre notamment le déclin des bains publics avec la généralisation des salles de bains privées : 141 établissements en 1976 contre 19 en 2006. Très utile pour la partie contemporaine : comment une pratique collective disparaît lorsque la technologie transforme l'habitat.
3. Maroc et Maghreb
- Carlier Omar. Les enjeux sociaux du corps. Le hammam maghrébin (XIXe-XXe siècle), lieu pérenne, menacé ou recréé. In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 55ᵉ année, N. 6, 2000. pp. 1303-1333
Carlier étudie le hammam comme institution sociale, en s'intéressant au corps, aux pratiques collectives et aux transformations du hammam aux XIXe et XXe siècles. Il rappelle également que l'idée selon laquelle le hammam serait simplement une invention de la civilisation musulmane est historiquement trop simplificatrice : le bain public islamique s'inscrit dans une histoire plus ancienne. Ce texte permet de travailler simultanément sur le corps, l'hygiène, la religion, les rapports sociaux, les hommes et les femmes, la modernisation et la disparition ou la réinvention du hammam.
- Ayat F. Les pratiques corporelles de la femme marocaine entre tradition et modernité. In: Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, N°25-26, 1994. Formes arabes de la rationalité / La femme indévoilable : entre le voile divin et le voile humain. pp. 149-157
L'article s'intéresse aux pratiques corporelles féminines marocaines, notamment au maquillage traditionnel et au hammam, et à leur évolution sous l'effet de la modernité. Particulièrement intéressant pour aborder la peau, les soins corporels, la féminité et les gestes de toilette, plutôt que le seul fonctionnement architectural du hammam.
- Elizabeth Williams. « Baths and Bathing Culture in the Middle East: The Hammam ». Metropolitan Museum of Art, 2012
Ce n'est pas un article scientifique au sens strict, mais c'est une excellente ressource universitaire de vulgarisation, produite par le département d'art islamique du Met. Elle montre notamment que le hammam était à la fois un lieu d'hygiène, un lieu de sociabilité, un espace genré, un lieu où l'on utilisait des objets spécifiques : grattoirs, peignes, parfums, cosmétiques, serviettes, chaussures de hammam et un lieu où le corps était préparé, nettoyé et parfois massé. Ce texte est précieux pour votre sujet parce qu'il permet de faire le lien entre corps, objets, gestes et matériaux. Pour une étudiante en textile, les serviettes et peştamel ottomans, parfois richement brodés, constituent notamment une piste intéressante.
- Graiouid †, S. (2004). Communication and the social production of space: the hammam, the public sphere and Moroccan women. The Journal of North African Studies, 9(1), 104–130
Étude du hammam féminin au Maroc comme espace social, avec ses règles, ses usages et ses tensions.
- UNESCO. Rabat, Capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage. Les hammams, p.100 et Le hammam du site mérinide, p.153, 2011
Le document décrit précisément le hammam du site mérinide construit au XIVe siècle, avec ses espaces froid, tiède et chaud, son système d'hypocauste et son système de chauffage de l'eau. C'est un document primaire/technique qui peut aider à comprendre concrètement comment fonctionnait un hammam médiéval marocain et comment l'architecture organise l'expérience du corps.
4. Hammam et monde ottoman
- Julie Peteet. The Hammam through Time and Space. Syracuse University Press, 2024
C'est un ouvrage universitaire récent consacré à l'histoire culturelle du hammam dans la Méditerranée et le Moyen-Orient. Il ne s'intéresse pas seulement à l'architecture : il étudie les travailleurs, les clients, le corps, l'hygiène, l'économie, les pratiques religieuses et la transformation du hammam contemporain. C'est probablement l'ouvrage le plus intéressant à consulter pour faire le lien entre histoire du bain et histoire sociale du corps.
- Nina Macaraig, Çemberlitaş Hamamı in Istanbul: The Biographical Memoir of a Turkish Bath, Edinburgh University Press, 2019
L'ouvrage prend comme étude de cas le célèbre hammam de Çemberlitaş à Istanbul, construit en 1583-1584 par l'architecte Sinan. Il suit son évolution jusqu'à la Turquie contemporaine et montre comment l'architecture du hammam est liée aux transformations sociales et historiques.
5. Europe
- Ward, Peter. The Clean Body: A Modern History, Montreal: McGill-Queen's University Press, 2019
Synthèse sur la transformation des pratiques de propreté en Europe et en Amérique du Nord depuis le XVIIᵉ siècle, à partir de sources en anglais, français, allemand et italien.
- Boisseuil Didier. Espaces et pratiques du bain au Moyen Âge. In: Médiévales, n°43, 2002. Le bain : espaces et pratiques, sous la direction de Didier Boisseuil . pp. 5-11
Introduction en français à l’histoire médiévale du bain.
- Fabiola van Dam, Het middeleeuwse openbare badhuis: fenomeen, metafoor, schouwtoneel (thèse, Utrecht University, 2020, en néerlandais)
Étude du bain public médiéval comme lieu de toilette, de sociabilité, de soins et de représentations du corps.
- Sandra Cavallo et Tessa Storey, Healthy Living in Late Renaissance Italy (Oxford University Press, 2013)
Sur les régimes de santé, les soins du corps et les pratiques domestiques dans l’Italie du XVIᵉ siècle.
- Garrett G. Fagan, Bathing in Public in the Roman World (University of Michigan Press, 1999)
Étude historique et sociale des bains publics romains, au-delà de leur architecture.
- Alain Corbin, Le Miasme et la jonquille : l’odorat et l’imaginaire social, XVIIIᵉ–XIXᵉ siècles (1982 ; rééd. Flammarion, 1986, 2008, 2016)
Une histoire des odeurs, des miasmes et des sensibilités qui éclaire les liens entre propreté, santé et ordre social.
6. Epoque contemporaine
Deux articles japonais peuvent servir de transition vers les pratiques actuelles :
- Hiromi TAKEHARA, Takuko YANASE, Koichi NISHIKAWA, Keiko MURAKAMI, On the Residential Consciousness and Interest in Bathing, Journal of Home Economics of Japan, 2001, Volume 52, Issue 10, Pages 1005-1013, Released on J-STAGE March 10, 2010
L'étude montre que la signification du bain varie selon l'âge : santé pour les personnes âgées, communication familiale chez les adultes, moment personnel chez les jeunes. Elle permet de montrer que même à l'intérieur d'une même société, le sens donné au bain varie selon les générations.
- Tochihara, Y. A review of Japanese-style bathing: its demerits and merits. J Physiol Anthropol 41, 5 (2022)
Revue scientifique consacrée aux effets physiologiques du bain japonais : sommeil, relaxation, température corporelle, etc. Ici le bain contemporain n'est plus seulement présenté comme une nécessité hygiénique, mais comme une pratique de santé et de bien-être.
Une information importante : le savon n'est pas nécessairement le centre de la toilette.
Dans le hammam, par exemple, le nettoyage implique tout un ensemble de gestes, de chaleur, de vapeur, d'eau, de friction, de grattage, de parfums et de produits, et pas seulement du savon. Dans Baths and Bathing Culture in the Middle East: The Hammam, le Met documente notamment le rôle du grattoir destiné à éliminer les peaux mortes.
Au Japon, de même, le fait de se laver avant d'entrer dans le bain signifie que l'immersion elle-même n'est pas nécessairement le moment où l'on retire la saleté : le bain peut avoir une autre fonction, notamment corporelle, sociale ou rituelle. L'article de Junko Komatsu, Les bains japonais (湯) : un espace relationnel, est particulièrement utile pour cette distinction.
Pour votre mémoire DNMADe textile, vous pourriez développer l'axe « objets et matières du bain » : serviette, peştamel, gant/kessa, grattoir, savon, récipient, parfum, huile, textile de toilette, etc. Le hammam est intéressant parce que le textile n'y est pas décoratif seulement : les serviettes, enveloppes et vêtements participent directement à la manière dont le corps est exposé, couvert, séché et socialisé. Le Met fournit déjà une bonne documentation sur ces objets. Cela permettrait de relier beaucoup plus directement histoire de l'hygiène + histoire du corps + histoire des objets + textile, donc de rester vraiment dans la problématique d'un mémoire de DNMADe Matériaux, spécialité textile.
PRATIQUES LIÉES À L’EAU, AU SAVON, AU CORPS ET AUX ODEURS SELON LES CULTURES
- Pelletier André. La Civilisation gallo-romaine de A à Z. Lyon : Les Presses Universitaires de Lyon, 1993. p. 206. (Galliæ Civitates)
Une ressource très intéressante pour commencer. Elle montre notamment qu'aux thermes romains on utilise eau, strigile, huile et parfum, tandis que le savon a des usages différents de ceux que nous lui attribuons aujourd'hui. Il est notamment employé pour les cheveux et certaines affections de la peau. C'est un excellent exemple pour montrer que « se laver » ne signifie pas nécessairement utiliser du savon.
- Thuillier Guy. Pour une histoire de l'hygiène corporelle aux XIXe et XXe siècles. In: Annales de démographie historique, 1975. Démographie historique et environnement. pp. 123-130
Thuillier insiste sur le caractère interdisciplinaire de l'histoire de l'hygiène : diffusion du savon, baignoires, chauffe-eau, réseaux d'eau, bains-douches, logement et salle de bains évoluent ensemble. Excellent pour comprendre que les pratiques corporelles sont aussi déterminées par les objets, les infrastructures et les techniques.
- Squatriti P. Water and Society in Early Medieval Italy, AD 400–1000. Cambridge University Press; 1998
Le chapitre « Water, baths, and corporeal washing » est intéressant car il montre comment le bain passe progressivement d'une pratique publique et sociale héritée du monde romain à des pratiques plus privées, et comment se différencient progressivement bain de nettoyage et bain récréatif. Il permet d'éviter l'idée d'une évolution linéaire Antiquité = bains / Moyen Âge = saleté.
- La Civilisation des mœurs / Norbert Elias
Très utile pour réfléchir à la manière dont les sociétés transforment progressivement les comportements corporels, la pudeur, les odeurs et les règles de bienséance.
- Boisseuil Didier. Espaces et pratiques du bain au Moyen Âge. In: Médiévales, n°43, 2002. Le bain : espaces et pratiques, sous la direction de Didier Boisseuil . pp. 5-11
Très intéressant pour la comparaison entre sociétés chrétiennes, musulmanes et juives. Le dossier montre notamment que des pratiques de bain héritées de l'Antiquité prennent des significations différentes selon les contextes religieux et sociaux. Excellente source comparative sur bain, religion, purification et hygiène.
- Julie Peteet. The Hammam through Time and Space. Syracuse University Press, 2024
L'ouvrage étudie le hammam sur une très longue durée et croise architecture, corps, hygiène, religion, travail, clientèle et sociabilité. Il montre notamment les continuités et les transformations entre les bains antiques, romains, byzantins, islamiques et ottomans. Parfait pour comprendre le hammam comme pratique sociale du corps et pas seulement comme bâtiment.
- Junko Komatsu, « Les bains japonais (湯) : un espace relationnel », Itinéraires, 2011-3 | 2011, 129-140
C'est une référence extrêmement adaptée au sujet. Elle permet de distinguer sentō, onsen et bain domestique, et surtout de comprendre les fonctions sociales et relationnelles du bain japonais. Intéressant pour montrer que le bain peut être social, rituel, relaxant et hygiénique simultanément, et que ces fonctions ne se confondent pas.
- Miki Kawabata. « Public Bath Movements in the West and the Japanese Municipal Public Bath System ». Journal of Abe Studies, 2015
L'article permet surtout de comparer la construction du bain public moderne occidental avec le système japonais. Il sera très utile pour montrer que les pratiques japonaises ne sont pas simplement une « version exotique » du bain occidental.
- Carlier Omar. Les enjeux sociaux du corps. Le hammam maghrébin (XIXe-XXe siècle), lieu pérenne, menacé ou recréé. In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 55ᵉ année, N. 6, 2000. pp. 1303-1333
Indispensable. Carlier insiste sur la diversité des pratiques maghrébines et montre que le hammam ne peut pas être réduit à un modèle unique du « bain musulman ». Les usages varient selon les sociétés, les régions, les milieux sociaux et les périodes. L'article sera adapté pour répondre à la question comment une même pratique change-t-elle de sens lorsqu'elle passe d'une culture à une autre ?
- Asli Farouk Omar, Jazi Radhi. « Le Hammam » à travers des manuscrits et autres ouvrages anciens de la littérature médicale arabe. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 95ᵉ année, n°358, 2008. pp. 177-188.
L'article exploite des sources médicales arabes anciennes pour étudier le bain et ses fonctions. Il est spécialement intéressant pour ne pas regarder le hammam uniquement avec des sources occidentales contemporaines.
- Alain Corbin, Le Miasme et la jonquille : l’odorat et l’imaginaire social, XVIIIᵉ–XIXᵉ siècles (1982 ; rééd. Flammarion, 1986, 2008, 2016)
C'est probablement le livre à ajouter absolument à Vigarello si la question des odeurs est importante. Corbin montre comment évoluent historiquement les perceptions des odeurs corporelles, des mauvaises odeurs urbaines, des parfums, des excréments, de la fumée et des miasmes. Il permet de comprendre que ce que nous appelons aujourd'hui une « mauvaise odeur » n'est pas seulement une sensation physiologique : c'est aussi une construction sociale et historique.
- HUANG X. Deodorizing China: Odour, ordure, and colonial (dis)order in Shanghai, 1840s–1940s. Modern Asian Studies. 2016;50(3):1092-1122
Très intéressant pour une approche interculturelle. L'article étudie comment les odeurs deviennent un enjeu de modernisation et de pouvoir dans le Shanghai colonial. Il montre notamment que les jugements olfactifs peuvent participer à la construction de l'« autre » et à la définition de ce qui est considéré comme moderne ou civilisé. Excellent exemple montrant que l'odeur peut devenir un outil de distinction culturelle et sociale.
- Terpstra N. Senses of Space in the Early Modern World. Cambridge University Press; 2024
Le chapitre Smells of the Body est intéressant pour une approche comparative. Il examine notamment les réactions des Européens et de différentes populations d'Amérique et d'Asie aux odeurs corporelles et aux pratiques de lavage. Il permet de travailler sur une question très forte : pourquoi ne percevons-nous pas nécessairement comme désagréables les mêmes odeurs que d'autres sociétés ?
- John Richard Wagner (dir.), The Social Life of Water, Berghahn Books, 2013.
Une ressource transversale sur l'eau. L'ouvrage adopte une perspective anthropologique internationale. L'eau est étudiée comme ressource matérielle, objet de pratiques sociales, symbole de pureté, enjeu de genre, de classe et de pouvoir. Très utile pour sortir de la seule histoire européenne de l'hygiène et replacer l'eau dans une anthropologie comparative.
ORIGINE ET LES CROYANCES ASSOCIÉES AU MONT SAPO ET AU SAVON
Selon la légende, les anciens Romains célébraient des holocaustes animaux sur les pentes du mont Sapo. Les cendres de bois des feux de leurs autels se mêlaient à la graisse des animaux sacrifiés, formant une sorte de savon primitif. Ce liquide savonneux aurait coulé vers les bords argileux d'un cours d'eau voisin, où les habitants auraient constaté qu'à cet endroit, le linge se pouvait être nettoyé particulièrement facilement et efficacement. C'est pourquoi le savon tirerait son nom latin, sapo, du nom de la montagne (source : Savon. La légende du Mont Sapo, Wikipédia) .
Mais Pline l'Ancien ne raconte rien de tout cela. Dans son Histoire naturelle il dit simplement que le sapo est une invention gauloise et décrit sa composition et ses usages. Mais il ne mentionne aucun mont Sapo ni une découverte accidentelle liée à des sacrifices romains. Il précise également que le produit était notamment utilisé pour teindre les cheveux, et que les Germains en faisaient davantage usage que les femmes. Lire SAPO A Dictionary of Greek and Roman Antiquities (1890) / William Smith, LLD, William Wayte, G. E. Marindin, Ed.
- Histoire naturelle, XXVIII / Pline. C'est probablement la source antique fondamentale pour distinguer ce que les sources antiques disent réellement du savon de ce que la légende moderne du mont Sapo leur fait dire.
L'histoire du mont Sapo étant aujourd'hui considérée comme une légende étymologique expliquant aussi la chimie qui aurait formé le liquide savonneux, et non comme l'origine historiquement démontrée du savon, il pourrait être plus intéressant d'étudier comment celle-ci s'est construite, diffusée et de faire une petite enquête sur sa fabrication : quand apparaît-elle réellement dans la littérature moderne, qui la diffuse, et comment passe-t-on d'un terme antique sapo attesté chez Pline à l'histoire beaucoup plus précise du sacrifice, de la pluie et du Tibre ?
- Sapo, Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, Daremberg & Saglio Daremberg & Saglio, « Sapo » — histoire antique du terme et du produit.
La notice est précieuse parce qu'elle retrace l'histoire du mot sapo dans les sources antiques. Elle indique notamment que :
- Pline est le premier auteur à employer le terme ;
- le sapo est décrit comme un mélange de suif et de cendres ;
- il est principalement associé aux Gaulois et aux Germains ;
- il sert notamment à la chevelure ;
- ce n'est que plus tard, à partir du IVe siècle, que le savon est couramment assimilé aux produits de lavage.
- André Jacques. Gaulois sapana, latin sapo ; grec ΣΑΠΩΝ. In: Etudes Celtiques, vol. 7, fascicule 2, 1956. pp. 348-355
André étudie l'origine du latin sapo et rapproche le terme latin d'un mot gaulois, sapana. Il souligne également une possibilité intéressante : sapana désignerait une plante riche en saponines, capable de produire une mousse dans l'eau. Cela ouvre une piste très différente de la légende du mont Sapo. C'est une excellente piste pour un mémoire consacré au rapport entre savon, plantes, eau et pratiques de nettoyage.
- Ernest Klein, A Comprehensive Etymological Dictionary of the English Language. ELSEVIER PUBLISHING COMPANY, 1966
La notice p. 747 consacrée à soap est utile pour comprendre les différentes hypothèses étymologiques :
soap, n. — ME. sope, fr. OE. sdpe, which is rel. to MLG. sepe, Du. zeep, OHG. seiffa, seifa, MHG., G. seife, 'soap', OHG. seifar, 'foam', and prob. also to OE. sap, 'resin'; fr. I.-E. base *se(i)b-, 'tallow, resin', whence also L. sebum, 'tallow, suet, grease', and prob. also Toch. A sepal, 'ointment', sep-, sip-, 'to anoint'. L. sdpd, 'soap', is a Teut. loan word. Cp. saponaceous, sebaceous.
Derivatives : soap, tr. v., soap-er, n., soap-ery, n., soap-y, adj.
savon, n. — du moyen anglais *sope*, issu de l’anglais ancien *sdpe*, qui est apparenté au bas-allemand moyen *sepe*, au néerlandais *zeep*, au haut-allemand ancien *seiffa*, *seifa*, au haut-allemand moyen et à l’allemand *seife*, « savon », au haut-allemand ancien *seifar*, « mousse », et probablement aussi à l’anglais ancien *sap*, « résine » ; issu de la racine indo-européenne *se(i)b-, « suif, résine », d’où proviennent également le latin sebum, « suif, graisse », et probablement aussi le tocharien A sepal, « onguent », ainsi que sep-, sip-, « oindre ». Le latin sdpd, « savon », est un emprunt germanique. Cf. saponacé, sébacé.
Dérivés : soap, v. tr., soap-er, n., soap-ery, n., soap-y, adj.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Elle présente notamment l'hypothèse d'une origine germanique issue d'une racine indo-européenne rapprochant le terme de plusieurs formes anciennes désignant le savon ou des matières grasses.
- Origins. A Short Etymological Dictionary of Modern English. Eric Partride, Routledge, 1958, 1959, 1961, 1966.
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La notice soap p. 313 du fichier numérique, mentionne l'hypothèse celtique de sapon. Elle indique :
soap
, n (whence soapy), hence v; with many cpds, all sufficiently obvious;—sapo, saponcaeous, saponify (and saponification), saponin(e), saponite;—sebum, sebaceous (whence, anl, sebacic); suet, whence suety.
1. Soap, ME sope, OE sāpe, perh akin to OE sāp, resin: cf—with f for p—OHG seiffa, MHG-G seife, and, retaining p, the MD sepe, seep, seipe, zepe, D zeep, soap; L sāpō, o/s sāpōn-, soap, and the prob related—with b for p—L sēbum, tallow; prob cf OE sipian, MHG sīfen, to trickle or seep, ‘perh because urine was once used in soap’ (Walshe). For L sāpō, E & M postulate an origin either Gmc or C—Walshe, a Gmc (*saipjō)— Malvezin, the C etymon *sapon: cf the foll C words, all pointing to a kinship rather with L sēbum than with L sāpō, sāpōn-: Ga siabunn, Cor seban, W sebon, Mx sheabin. It is tempting to enlist Hit sapīya- (r sap-), to cleanse.
2. L sāpō is retained by Pharmacy; its SciL adj sāpōnaceus yields E saponaceous’, its LL adj sāpōnārius occurs in the Bot Saponaria, whence saponary, the soapwort. On the o/s sāpōn-, F has built saponifier, saponification, Chem saponine, all adopted by E; and Sw has built sapon it, whence E saponite.
3. L sēbum, tallow, grease, is retained by An; its LL adj sēbāceus yields sēbaceous. Sēbum becomes OF seu, siu, and, by metathesis, sui (whence MF-F suif), whence the AF sue, with ME dim (-et) suet.
savon
, n. (d’où « savonneux »), d’où le verbe ; avec de nombreux composés, tous assez évidents ; — sapo, saponacé, saponifier (et saponification), saponine, saponite ; — sébum, sébacé (d’où, par analogie, « sébacique ») ; suif, d’où « suifé ».
1. Savon, moyen anglais sope, vieil anglais sāpe, peut-être apparenté au vieil anglais sāp, résine : cf. — avec f pour p — haut allemand ancien seiffa, haut allemand moyen-moderne seife, et, conservant le p, le moyen allemand sepe, seep, seipe, zepe, néerlandais zeep, savon ; lat. sāpō, o/s sāpōn-, savon, et le terme probablement apparenté — avec b pour p — lat. sēbum, suif ; cf. probablement anglo-ancien sipian, haut-allemand sīfen, couler en filet ou s’écouler, « peut-être parce que l’urine était autrefois utilisée dans la fabrication du savon » (Walshe). Pour L. sāpō, E. et M. postulent une origine soit germanique, soit celtique — Walshe, un germanique (*saipjō) — Malvezin, l’étymon celtique *sapon : cf. les mots celtiques suivants, qui indiquent tous une parenté plutôt avec le latin sēbum qu’avec le latin sāpō, sāpōn- : gaélique siabunn, cornique seban, gallois sebon, mx sheabin. Il est tentant de faire appel à l’hittite sapīya- (r sap-), « nettoyer ».
2. Le latin sāpō est conservé en pharmacie ; son adjectif du latin scientifique sāpōnaceus donne l’anglais « saponaceous », son adjectif du latin tardif sāpōnārius apparaît en botanique dans Saponaria, d’où « saponary », la saponaire. À partir de la racine sāpōn-, le français a formé « saponifier », « saponification », ainsi que le terme chimique « saponine », tous adoptés par l’anglais ; et le suédois a formé « sapon it », d’où l’anglais « saponite ».
3. Le latin « sēbum », qui signifie « suif », « graisse », est conservé en anatomie ; son adjectif du latin tardif « sēbāceus » donne « sēbaceous ». « Sēbum » devient en ancien français « seu », « siu », puis, par métathèse, « sui » (d’où le moyen français « suif »), d’où l’ancien français « sue », avec le moyen anglais « suet » (dim. « -et »).Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Ici donc, deux hypothèses pour le latin sapo. Une origine germanique et une origine celtique.
La forme anglaise appartient très clairement au groupe germanique, avec vieil anglais sāpe et proto-germanique reconstruit saipōn-. Le sapo latin pourrait en revanche avoir une histoire plus complexe.
Le problème étymologique de sapo est en réalité encore discuté. Des travaux spécialisés de linguistique historique résument les deux principales hypothèses :
1 - André Jacques. Gaulois sapana, latin sapo ; grec ΣΑΠΩΝ. In: Etudes Celtiques, vol. 7, fascicule 2, 1956. pp. 348-355
Jacques André a proposé en 1956 que le latin sapo soit issu d'un emprunt germanique passé par le gaulois.
2 - Simon, Z. (2021). Latin sāpō ‘hair-dye, soap’, the Germanic Words for Soap, and the Common Substrate of Celtic and Germanic. Amsterdamer Beiträge zur älteren Germanistik, 80(4), 391-400
Simon rejette l'étymologie traditionnelle selon laquelle le latin sāpō serait un emprunt au germanique. Il propose plutôt des emprunts indépendants, en latin et en germanique, à un substrat commun antérieur au celtique et au germanique. Dans le cas du latin, le mot serait passé par le gaulois.
Ces notices permettent de montrer que l'étymologie de sapo est discutée et qu'il n'existe aucune nécessité linguistique de faire dériver le mot du nom d'une montagne.
- Grig, Lucy (ed.), Oxford Classical Dictionary (New York, NY, online edn, Oxford Academic, 15 July 2015)
Propose une synthèse universitaire sur le savon antique. La notice soap de l'Oxford Classical Dictionary constitue une bonne source secondaire pour la question du savon dans l'Antiquité romaine. Elle permet notamment de distinguer les substances détergentes utilisées avant le savon, le sapo mentionné par Pline, les usages du produit chez les Gaulois et les Germains et l'évolution de son utilisation dans le monde romain. Elle est utile pour replacer la légende du mont Sapo dans l'histoire réelle des techniques de lavage.
- « Soap: Clean for the Environment or Just Us? ». Arlene Burns-Moguel, Yale National Initiative. Published September 2011
Une source pédagogique intéressante pour étudier la diffusion de la légende et sa survie contemporaine. Elle la présente comme une histoire proposée pour expliquer l'origine du savon et du mot et non comme un événement démontré historiquement. Cette source est intéressante non pas comme preuve de l'histoire du mont Sapo, mais comme exemple de la manière dont la légende continue à être transmise dans l'enseignement contemporain.
ÉVOLUTIONS SOCIALES CONTEMPORAINES DU SAVON, DE L’HYGIÈNE ET DU RAPPORT AU CORPS ET À LA PEAU
- Georges Vigarello, Le Sain et le Malsain. Santé et mieux-être depuis le Moyen Âge. Seuil, 1993, 1999
Étudie les transformations historiques des idées de santé, de risque et de bien-être. Permet de comprendre comment les préoccupations sanitaires deviennent progressivement des pratiques quotidiennes et des objectifs personnels. À mobiliser pour analyser le passage d’une hygiène destinée à prévenir les maladies à une hygiène associée au confort, à l’équilibre et à la qualité de vie.
Ce titre montre comment les critères de beauté, les soins corporels et les techniques d’embellissement évoluent historiquement. Il est utile pour étudier la frontière entre hygiène, soin et esthétique : le savon lave-t-il seulement la peau ou participe-t-il désormais à sa beauté, à sa douceur et à sa mise en valeur ?
Des ouvrages sur l'évolution du rapport à la peau et au corps seront importants pour votre mémoire. La peau est à la fois une surface biologique, une expérience sensorielle, une frontière avec l’environnement et un support de construction de l’identité :
- Bernard Andrieu, Gilles Boëtsch, David Le Breton, Nadine Pomarède et Georges Vigarello (dir.), La peau. Enjeu de société. Paris, CNRS Éditions, 2008, 384 p.
Consacré à la peau comme marqueur d’identité, surface d’expression et objet de normes sociales. Il aborde notamment les couleurs de peau, le vieillissement, les modifications corporelles et les perceptions de l’apparence. Très utile pour concevoir la peau autrement que comme une simple surface à nettoyer : elle est liée à l’identité, au toucher, à la différence et au regard des autres.
- David Le Breton, Anthropologie du corps et modernité. Paris, Presses universitaires de France (PUF), 1990, 2013.
Le Breton analyse la place du corps dans les sociétés contemporaines et la manière dont les individus construisent leur identité à travers lui. Cela permet d’interroger la multiplication des soins corporels, la volonté de maîtriser son apparence et le développement d’une relation plus individualisée à son corps.
- Gilles Boëtsch, David Le Breton, Nadine Pomarède, Georges Vigarello, Bernard Andrieu, La belle apparence. CNRS, 2010
Aborde les liens entre beauté, santé, environnement et identité corporelle. Les contributions traitent des apparences, des pratiques cosmétiques et de la recherche d’une beauté associée au naturel et au bien-être. Directement utile pour analyser la tendance à vouloir une peau saine, naturelle et lumineuse, tout en utilisant des produits cosmétiques.
Diverses thématiques liées à la beauté et à l'apparence corporelle sont traitées sous l'angle de l'histoire et de l'anthropologie. Un corps, paré, tatoué, sublimé, étiré, perforé, bronzé, etc., et les significations attachées à la beauté (toujours relative), à la séduction, au paraître, à l'identité et la socialisation, sont tour à tour abordés. Dans l'introduction de Gilles Boëtsch, président de l'Observatoire Nivea, on lit d'emblée que la beauté est perçue aujourd'hui comme étant indissociable de la santé et de l'environnement, d'où le concept de « beauté holistique », titre de la première partie. L'impact des cosmétiques bio témoignent d'ailleurs de l'intérêt d'une esthétique saine et naturelle. Les parties suivantes abordent les couleurs sur corps, les nouveaux hommes, les sensualités, les beautés plurielles, les féminités et les beautés du corps de demain.
Source : Cécile Campergue, « Gilles Boëtsch, David Le Breton, Nadine Pomarède, Georges Vigarello, Bernard Andrieu, La belle apparence », Lectures [En ligne], Les comptes rendus
- David Le Breton, La Saveur du monde. Une anthropologie des sens. Paris, Métailié, 2006.
Étudie la manière dont les individus perçoivent le monde par les sens, dans un contexte culturel donné. Très pertinent pour le design du savon : toucher, mousse, texture, parfum, température de l’eau et gestes de lavage. Il aide à penser le savon comme une expérience sensorielle et pas seulement comme une fonction nettoyante.
Voici aussi des sources sur les produits naturels, la réduction des ingrédients controversés et la consommation responsable. Cette partie permet d’étudier l’évolution des attentes des consommateurs, mais aussi de distinguer les perceptions du public des propriétés réellement établies des produits.
- DGCCRF, « Cosmétiques bio et naturel ». Ministère de l’Économie, fiche pratique, 18 février 2021.
Présente les règles et les conditions d’utilisation des mentions « naturel », « biologique » et « d’origine naturelle ». Source essentielle pour étudier les labels, la transparence des compositions et la manière dont le design graphique et le packaging traduisent la naturalité. Elle permet également d'éviter de confondre naturel, bio, inoffensif et écologique.
- DGCCRF, « Cosmétiques : à la recherche du naturel ». Enquête publiée le 12 mars 2020.
Source institutionnelle. L'enquête documente les contrôles portant sur les allégations naturelles, la traçabilité et les ingrédients des cosmétiques. Elle permet d’aborder le greenwashing, les stratégies marketing et le décalage possible entre l’image naturelle d’un produit et sa composition effective.
- Cosmébio, Chiffres du marché des cosmétiques bio et naturels. Dossier de presse 2025, données de marché 2024 et enquêtes antérieures.
Source professionnelle. Cosmébio est une association de référence de la cosmétique bio. Ce dossier donne des indicateurs sur le marché français, les circuits de distribution et les profils des acheteurs de cosmétiques bio. Il sera utile pour contextualiser l’intérêt commercial pour les savons solides, les cosmétiques biologiques et les produits d’hygiène à image naturelle. Attention : Cosmébio est une organisation professionnelle ; ses chiffres doivent être accompagnés de leurs sources et dates.
D'autres pistes complémentaires seraient à explorer :
La cosmétique solide et la réduction des emballages : comment le savon solide devient-il un objet associé à la sobriété et à la réduction des déchets ?
La consommation responsable : achat local, fabrication artisanale, circuits courts, recharge et réemploi.
La défiance envers les ingrédients perçus comme chimiques : comment les termes « sans », « clean », « pur » ou « naturel » sont-ils utilisés dans la communication des marques ?
Pour approfondir le marché de la clean beauty en France, l’étude de marché professionnelle d’IndexPresse, Le marché de la clean beauty en France, présente les transformations du secteur, la demande de transparence et les nouveaux positionnements commerciaux. Son intérêt est surtout économique et marketing. Elle est payante. Nous ne pouvons pas nous connecter pour la trouver.
Pour étudier les nouvelles habitudes de bien-être et de santé comme prendre soin de sa peau, il faut examiner le glissement entre l’hygiène obligatoire, le soin préventif et les rituels personnels de bien-être. La toilette devient aussi un moment de détente, de plaisir et d’attention à soi.
- Céline Couteau et Laurence Coiffard, « Le savon, un cosmétique de base qui mérite d’être mieux connu ». Actualités Pharmaceutiques, vol. 64, no 645, avril 2025, p. 53-56.
Très directement lié au sujet, cet article présente le savon comme un produit cosmétique ancien, toujours largement utilisé pour l’hygiène corporelle et domestique. Il permet de relier les usages traditionnels aux enjeux actuels de formulation, de tolérance cutanée et de choix des produits nettoyants.
- « Skin Cleansing without or with Compromise: Soaps and Syndets ». Molecules, 2022, vol. 27, no 6, article 2010.
Cette revue scientifique sur les différences entre savons traditionnels et syndets (pains nettoyants à base de tensioactifs synthétiques), leurs formulations et leurs effets sur la barrière cutanée sera une source fondamentale pour confronter l’attrait du savon naturel à des critères de santé cutanée. Elle montre notamment que l’origine naturelle d’un produit ne garantit pas sa douceur et que le pH et les tensioactifs jouent un rôle important.
- « Cleansing Formulations That Respect Skin Barrier Integrity ». Dermatology Research and Practice, 2012.
L'article explique les évolutions des formulations nettoyantes, depuis les savons classiques jusqu’aux produits conçus pour limiter les altérations de la barrière cutanée. Très utile pour comprendre les compromis entre efficacité nettoyante, sensation de douceur, hydratation et respect de la peau.
- Jürgen Blaak et Peter Staib, « The Relation of pH and Skin Cleansing ». Current Problems in Dermatology, vol. 54, 2018, p. 132-142.
Étudie le rôle du pH dans le maintien de la barrière cutanée et de la flore microbienne ce qui permet d’étayer les recherches sur les savons surgras, les pains dermatologiques et les nettoyants à pH adapté.
RAPPORT ENTRE LA PEAU ET LE SAVON, SES USAGES, SON HISTOIRE ET SES DIMENSIONS CULTURELLE ET SYMBOLIQUE ET LA MANIÈRE DONT LE SAVON EST PERÇU AUJOURD’HUI
Déjà cités :
- Georges Vigarello, Le Propre et le Sale. L'hygiène du corps depuis le Moyen Âge
- Virginia Smith, Clean: A History of Personal Hygiene and Purity
L'ouvrage étudie les pratiques de lavage, les soins de la peau, les produits nettoyants et les conceptions de la pureté corporelle. Particulièrement pertinent pour comprendre comment le savon est passé d'un produit parmi d'autres à un objet quotidien associé à la propreté individuelle.
- Alain Corbin, Le Miasme et la Jonquille. L'odorat et l'imaginaire social, XVIIIe-XIXe siècles
Permet d'analyser le rôle du parfum, du savon et de la toilette dans la maîtrise des odeurs du corps et dans la construction de la respectabilité sociale. Référence importante sur la dimension olfactive de l'hygiène et sur le passage de la suppression des mauvaises odeurs à la recherche d'une odeur corporelle agréable.
- Georges Vigarello, Le Sain et le Malsain. Santé et mieux-être depuis le Moyen Âge
Pour étudier l'évolution des idées de santé, de prévention et de bien-être, et comprendre comment les pratiques d'hygiène deviennent progressivement des habitudes individuelles destinées à entretenir le corps.
- Bernard Andrieu, Gilles Boëtsch, David Le Breton, Nadine Pomarède et Georges Vigarello (dir.), La peau. Enjeu de société.
Permet de croiser les approches anthropologiques, médicales et culturelles : couleur, vieillissement, apparence, identité et modification du corps.
- David Le Breton, Anthropologie du corps et modernité
Permet de comprendre le corps comme construction sociale et individuelle. Utile pour analyser les pratiques contemporaines d'entretien de soi, les normes d'apparence et la recherche de maîtrise du corps.
- David Le Breton, La Saveur du monde. Une anthropologie des sens
Référence pour l'approche sensorielle du savon : le toucher, la mousse, les odeurs, la température de l'eau, les gestes et l'expérience corporelle. Particulièrement utile pour analyser le savon comme objet d'expérience et pas uniquement comme produit nettoyant.
- Norbert Elias, La Civilisation des mœurs. Paris, Calmann-Lévy, 1973 pour l'édition française (ouvrage original publié en 1939).
Utile pour comprendre comment les gestes de toilette et le contrôle des manifestations corporelles sont devenus des éléments de distinction et d'intégration sociale. À associer à Vigarello pour montrer que les habitudes d'hygiène sont acquises et socialement codifiées
- Céline Couteau et Laurence Coiffard, « Le savon, un cosmétique de base qui mérite d’être mieux connu ». Actualités Pharmaceutiques, vol. 64, no 645, avril 2025, p. 53-56.
Il permet de relier les pratiques quotidiennes à la formulation et aux caractéristiques du produit. À utiliser pour présenter le savon dans sa dimension matérielle et technique, en complément des travaux d'histoire et de sociologie.
- « Skin Cleansing without or with Compromise: Soaps and Syndets ». Molecules, vol. 27, no 6, 2022, article 2010.
Indispensable pour comprendre les différences entre savon classique, savon surgras, syndet et autres nettoyants. Elle permet aussi de confronter la valorisation du naturel aux propriétés réelles des formulations.
- « Cleansing Formulations That Respect Skin Barrier Integrity ». Dermatology Research and Practice, 2012.
Article sur les formulations nettoyantes et leur capacité à préserver la barrière cutanée. Il permet d'examiner l'évolution des produits d'hygiène vers des nettoyants présentés comme doux, respectueux de la peau ou adaptés aux peaux sensibles.
- Jürgen Blaak et Peter Staib, « The Relation of pH and Skin Cleansing ». Current Problems in Dermatology, vol. 54, 2018, p. 132-142.
Étudie les relations entre le pH des produits nettoyants, la barrière cutanée et l'équilibre de la peau. Utile pour analyser les arguments de formulation, les savons à pH alcalin et le développement de produits nettoyants à pH adapté.
- DGCCRF, « Cosmétiques bio et naturel ». Ministère de l'Économie, fiche pratique.
- DGCCRF, enquête « Cosmétiques : à la recherche du naturel ».
Permet de replacer les discours sur la réduction des ingrédients chimiques dans le contexte des stratégies de communication et de la réglementation.
- Cosmébio, Chiffres du marché des cosmétiques bio et naturels. Dossier de presse 2025, données de marché 2024 et enquêtes antérieures.
Documente le marché, les attentes des consommateurs et les évolutions des cosmétiques bio. À utiliser comme source sectorielle, en indiquant la date et la provenance des chiffres, et non comme source scientifique indépendante.
- IndexPresse, Le marché de la clean beauty en France. Étude sectorielle, Justine Carrel, 2021.
Consacrée aux positionnements de la clean beauty, aux attentes de transparence et aux stratégies des marques, l'éude sera utile pour la partie sur les perceptions contemporaines et le design de communication. Ses données datant de 2021, elles doivent être présentées comme historiques et non comme un état du marché en 2026.
Autre références :
- Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, entrée Savon. XVIIIe siècle.
Source primaire pour comprendre les procédés anciens de fabrication, les matières premières, les usages et les savoir-faire liés à la savonnerie. Utile pour une approche de design centrée sur la matérialité du savon, sa fabrication et les liens entre artisanat, chimie et industrie.
Les planches de l'Encyclopédie peuvent servir de références visuelles pour documenter les outils, les gestes de fabrication et les environnements de production. Elles constituent un matériau historique intéressant pour une recherche en design et en culture matérielle.
- Musée des Arts et Métiers, collections et ressources sur la chimie, les techniques et les industries.
Ressources patrimoniales permettant de replacer la fabrication du savon dans l'histoire des techniques, de la chimie et de la production industrielle. Pour le mémoire, les collections et notices peuvent alimenter une analyse des procédés, des objets et de l'évolution des usages domestiques.
- Musée international de la Parfumerie, Grasse — collections et documentation.
Ressources sur l'histoire des matières odorantes, de la parfumerie et des produits de toilette. Elles permettent d'étudier les liens entre savon, parfum, hygiène et construction d'une identité olfactive.
- Claudia Benthien, Skin: On the Cultural Border between Self and the World. Columbia University Press, 2002. Traduction de l'ouvrage allemand Haut. Literaturgeschichte – Körperbilder – Grenzdiskurse.
Étudie la peau comme frontière entre l'individu et le monde, ainsi que ses significations dans la littérature, l'art, la philosophie et la culture occidentale. C'est une référence importante pour une réflexion sur la peau comme interface : elle permet de penser le toucher, la vulnérabilité, l'intimité, l'apparence et la représentation du corps.
- Steven Connor, The Book of Skin. Londres, Reaktion Books, 2004.
Exploration culturelle, historique et philosophique de la peau dans les arts, la médecine, la littérature et les représentations du corps. L'ouvrage aide à comprendre pourquoi la peau est investie de significations qui dépassent sa fonction biologique : surface d'inscription, enveloppe protectrice, lieu de sensation et objet de transformation. Il peut nourrir une réflexion de design sur les textures, les traces, les reliefs et les sensations tactiles.
- Mary Douglas, De la souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou. Édition originale : Purity and Danger, Routledge & Kegan Paul, 1966. Traduction française, Maspero, 1981, La Découverte 2001 et 2021. Référence fondamentale.
L'anthropologue Mary Douglas montre que les notions de souillure et de pureté ne se réduisent pas à des questions d'hygiène matérielle. Elles expriment aussi des systèmes symboliques, des frontières et des classifications sociales. Pour un mémoire sur le savon, cet ouvrage permet d'interroger ce que l'on cherche réellement à éliminer lorsqu'on se lave : la saleté physique, mais aussi les sensations d'impureté, de gêne ou de transgression. Il permet également de distinguer la propreté sanitaire de la propreté morale et sociale.
- Adeline Masquelier (dir.), Dirt, Undress, and Difference: Critical Perspectives on the Body's Surface. Indiana University Press, 2005.
Ouvrage collectif d'anthropologie consacré à la saleté, au corps et aux différences culturelles. Il permet de relativiser les conceptions occidentales de la propreté et d'étudier les usages du corps dans différents contextes culturels. Intéressant pour éviter de considérer le savon et les habitudes de lavage comme des pratiques universelles, identiques dans toutes les sociétés.
- Mieneke te Hennepe, “‘To Preserve the Skin in Health’: Drainage, Bodily Control and the Visual Definition of Healthy Skin 1835–1900”. Medical History, vol. 58, no 3, 2014, p. 397-421.
- Juliann Sivulka, Stronger Than Dirt: A Cultural History of Advertising Personal Hygiene in America, 1875–1940. Humanity Books, 2001.
- Anne McClintock, Imperial Leather: Race, Gender and Sexuality in the Colonial Contest. Routledge, 1995.
Étudie les liens entre publicité, empire colonial, genre et représentations raciales. Le savon y constitue un exemple important de marchandise utilisée pour véhiculer des idéaux de civilisation et de hiérarchisation des corps.
- Anandi Ramamurthy, Imperial Persuaders: Images of Africa and Asia in British Advertising. Manchester University Press, 2003.
Analyse les représentations de l'Afrique et de l'Asie dans la publicité britannique de l'époque coloniale, notamment les annonces de savon. Le chapitre consacré au savon étudie comment les publicités ont associé le produit à une mission de civilisation et à des représentations racialisées de la propreté. Pour le mémoire, l'ouvrage permet d'analyser les représentations historiques de la peau blanche, de la peau noire et les significations politiques de la promesse de « blanchir » ou de purifier la peau.
- Timothy Burke, Lifebuoy Men, Lux Women: Commodification, Consumption, and Cleanliness in Modern Zimbabwe. Duke University Press, 1996.
Étude historique et anthropologique de la diffusion des savons et des produits cosmétiques au Zimbabwe. L'auteur examine comment la publicité, la culture marchande et les transformations sociales ont contribué à faire évoluer les habitudes de toilette. Particulièrement intéressant pour réfléchir à la manière dont un produit d'hygiène acquiert une valeur culturelle et comment les consommateurs s'approprient ou transforment les usages proposés par les marques.
- Michelle I. Parker, The Truth is in the Lye: Soap, Beauty, and Ethnicity in British Soap Advertisements. University of Washington Tacoma, mémoire de licence, 2014.
C'est un document universitaire accessible qui peut servir de point de départ pour constituer un corpus d'images publicitaires et étudier la persistance ou l'évolution des représentations de la peau. Analyse quatre publicités de savon, du XIXe siècle au début du XXIe siècle, en étudiant les rapports entre beauté, ethnicité et représentations raciales.
- Ryan Johnson, « Commodity Culture: Tropical Health and Hygiene in the British Empire ». Endeavour, vol. 32, no 2, 2008, p. 70-74.
Analyse la manière dont les produits courants, dont le savon, sont devenus des objets associés à la santé et à la prévention dans les contextes coloniaux. Utile pour comprendre comment les arguments sanitaires et commerciaux se renforcent mutuellement dans la construction des habitudes d'hygiène.
Les références à placer au cœur du mémoire pourraient être Vigarello pour l'histoire de l'hygiène, Mary Douglas pour la dimension symbolique de la propreté, Claudia Benthien et David Le Breton pour le rapport à la peau et aux sensations, Mieneke te Hennepe pour le lien historique entre peau et savon, puis les articles dermatologiques pour la dimension matérielle et contemporaine du produit.
Elles permettent de construire une réflexion qui relie directement les enjeux de société aux choix de design : la forme du savon, sa texture, son parfum, son emballage, les gestes qu'il induit et les valeurs qu'il véhicule.
Il pourrait être également intéressant de faire une bibliographie séparée sur le savon lui-même : histoire de son apparition dans différentes sociétés, passage du savon artisanal au savon industriel, savon de Marseille, savon d'Alep, savon noir, arrivée des gels douche, et transformation du savon d'objet utilitaire en objet cosmétique, écologique ou « naturel » mais nous nous sommes limité·es à vos souhaits.
Bonne journée
Tekoha.