Quel quota de médecins diplômés exerce en France une activité conforme à sa formation ?
Question d'origine :
Bonjour Cher Guichet,
Serait-il possible de savoir quelle proportion de médecins exerce actuellement en France, à temps complet ou à temps partiel, une activité correspondant à leur formation universitaire, par rapport au nombre total de médecins diplômés ?
Réponse du Guichet
En France, l’exercice de la médecine suppose une formation diplômante reconnue par l'Etat et une inscription à l’Ordre national des médecins. L'encadrement de la profession est tel qu'il n'est théoriquement pas possible d'exercer sans diplôme approprié ; il est néanmoins envisageable de se tourner vers d'autres secteurs d'activité comme la recherche, l'enseignement ou l'industrie. Par ailleurs, de plus en plus de médecins ont obtenu leur diplôme à l'étranger. S'il n'existe pas de statistiques nationales sur les temps de travail des médecins, des enquêtes récentes à panel réduit indiquent que 21% médecins interrogés déclarent exercer à temps partiel.
Bonjour,
Nous ne sommes pas sûrs de bien comprendre votre question. En France, l'exercice de la médecine est conditionnée par l'obtention du diplôme d'État de docteur en médecine, préalable indispensable à l'inscription au tableau de l'Ordre des Médecins. Il est également possible d'exercer avec un diplôme étranger à condition que celui-ci soit reconnu par la loi. Toutes ces modalités sont spécifiées à l'article L4131-1 du Code de santé publique. Voir également : Exercer la médecine en France (Conseil national de l'Ordre des médecins).
Partant de ce principe, il n'est théoriquement pas possible d'exercer la médecine en France sans être titulaire du diplôme équivalent à ses compétences. Nous ne comprenons donc pas bien le rapport de proportion attendu dans votre question. Désirez-vous des statistiques sur ces médecins qui n'exercent pas directement la médecine mais ont préféré se consacrer à l'enseignement, la recherche ou à toutes autres activités professionnelles ? L'université de médecine de Nantes liste justement les pincipaux débouchés possibles d'un diplomé en médecine : la médecine générale, les spécialités médicales et chirurgicales, la biologie médicale, l'enseignement, la recherche ou encore les métiers de l'industrie.
Mais même s'il ne s'agit pas toujours ici de soigner, il n'est pas possible de dire que ces métiers ne correspondent pas à leur formation universitaire.
En outre, un rapport de la Drees (statistique publique de la santé et des solidarités) décrit la réalité du travail des médecins de plus en plus portée par une hybridation de leurs activités :
Un même professionnel de santé peut exercer simultanément plusieurs activités, c’est-à-dire pratiquer dans des structures différentes (cabinet individuel, établissement hospitalier…), des lieux géographiques différents ou suivant différents modes d’exercices (libéral ou salarié). La pratique des médecins est de plus en plus diversifiée : un médecin exerce en moyenne 1,6 activité au 1er janvier 2025, contre 1,2 activité treize ans avant.
Les activités des médecins sont toujours majoritairement libérales (57 % des activités au 1er janvier 2025). Cependant, l’exercice mixte, alliant activités libérales et salariées, séduit de plus en plus de médecins, tous âges confondus, au détriment de l’exercice exclusivement libéral : au 1er janvier 2025, 42 % des médecins exercent exclusivement en libéral (contre 51 % au 1er janvier 2012) et 13 % des médecins exercent en mixte (contre 8 % au 1er janvier 2012).
Source : 237 200 médecins sont en activité en France au 1er janvier 2025 (Drees, 2025)
Pour ce qui est des effectifs, l'Ordre des médecins publie chaque année un atlas de la démographie médicale en France. Il nous aide à mieux comprendre ses effectifs. Au 1er janvier 2025, 336 132 médecins étaient inscrits au Tableau de l’Ordre des Médecins français mais seuls 241 255 médecins étaient réellement en activité. Les autres se répartissent entre médecins retraités, retraités ayant conservé une activité médicale et une part non négligeable de non retraités sans activité. Les médecins avec activité régulière étaient 201 239 et ils étaient 17 134 à déclarer une activité intermittente (voir page 15).
En ce qui concerne les médecins étrangers, ils étaient 32 829 médecins en activité en France. Un chiffre en forte augmentation depuis une quinzaine d'années, et +113,9% par rapport à 2010 où le nombre de ces médecins en activité à diplômes étrangers s’élevait à 15 349. Pour information la majorité de ces médecins se forme en Roumanie (p.74)
Au sujet du temps de travail, un rapport intitulé Le temps de travail des médecins et produit par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF) vient d'être publié en juillet 2026. Il est en libre consultation sur le site de l'IGF. Il constitue la source la plus actualisée à notre disposition. Si ce rapport aide à mieux appréhender les réalités du métier de médecin en France en 2026, les rapporteurs insistent précisément sur le fait qu'aucune base de données publique ne permet à ce jour de mesurer correctement le temps de travail effectif des médecins.
Les données publiées indiquent qu'au 1er janvier 2026 en France, on dénombrait dénombrait 242 000 médecins en activité. Ces chiffres se fondent sur le Répertoire partagé des professionnels de santé. Sur ces 242 000 médecins, 101 000 sont des médecins généralistes. Notez que les médecins généralistes libéraux travaillaient en moyenne 46 heures par semaine en 2025.
Une enquête réalisée dans le cadre de ce rapport, et dont les résultats ont été glissés en annexe, éclaire la répartition entre temps partiel et temps plein des médecins. Menée auprès de 14 587 personnes elle indique que 21% des répondants déclarent travailler à temps partiel, contre 11 568 à temps plein. On apprend également que les femmes sont surreprésentées parmi les travailleurs à temps partiel puisque 27% y ont recourt contre 12% chez les hommes. Les résultats sont consultables dans leur ensemble à partir de la page 395.
Le rapport constate aussi une hausse du nombre de nouveaux médecins de + 2,1% par rapport à 2025 et l'explique par l'augmentation de médecins diplômés à l'étranger en exercice et du ratio positif entre l'implantation de nouveaux médecins et le nombre de praticiens partis à la retraite. Certaines spécialités comme la gériatrie ont notamment le vent en poupe puisqu'on constate un triplement des effectifs depuis 2012. Le rapport souligne aussi un double phénomène global : la féminisation et le rajeunissement de la profession. Voir cette petite synthèse de la banque des territoires.
N'hésitez pas à revenir vers nous si les informations que vous cherchiez ne figurent pas dans notre réponse !
En vous souhaitant une bonne journée.
Le syndrome de l’imposteure [BD]