Y a-t-il des études sérieuses sur le blocage de profils opposés à ses idéologies ?
Question d'origine :
Bonjour,
Existe-t-il des études scientifiques prouvant qu'il est bénéfique de bloquer sur les réseaux sociaux des comptes présentant des idées politiques opposées, plutôt que de débattre ?
Je pense qu'il est toujours préférable de discuter plutôt que de bloquer, ne serait-ce que pour ne pas s'enfermer dans une bulle de filtre, mais l'on m'oppose l'argument d'autorité que "des dizaines d'études et des centaines de gens ont cumulés des décennies d'expérience nous expliquent que cela fonctionne", qu'il ne faut "surtout pas débattre pour démonter leurs arguments". Je ne trouve pas les dizaines d'études dont il serait question. Pourriez-vous m'aider ?
Merci par avance.
Réponse du Guichet
La littérature existante ne permet pas de conclure, par des essais comparatifs contrôlés, que bloquer des comptes opposés est globalement meilleur ou pire que débattre. Les études en majorité anglophones, mesurent surtout les conséquences d'une exposition à des opinions opposées et les liens entre style de discussion transpartisane et désabonnement sur les réseaux sociaux.
Une étude américaine de 2018 tend à montrer que le fait d'être confronté à des opinions divergentes sur Twitter peut accentuer la polarisation politique, notamment du côté des républicains. Une autre expérience de terrain de 2022 a relevé que l'exposition à des fils d'actualités opposés suscitaient davantage d’engagement, sans améliorer la compréhension des opinions adverses. En 2023, une étude en Corée du Sud explore le lien entre suppression d’amis et exposition à des comportements incivils dans le cadre de débat transversal.
En France, l’évitement politique semble moins fréquent qu’aux États-Unis. Des études futures sont nécessaires pour comprendre comment et pourquoi certaines caractéristiques des interactions interpersonnelles sont liées à des types particuliers de résultats attitudinaux. La volonté de compromis influencerait la qualité du discours, sans toutefois provoquer un changement dans les attitudes politiques elles-mêmes.
Bonjour,
Vous souhaitez savoir s'il existe des études scientifiques prouvant qu'il est bénéfique de bloquer sur les réseaux sociaux des comptes présentant des idées politiques opposées, plutôt que de débattre.
Le blocage préférentiel des adversaires politiques sur les réseaux sociaux, semble un phénomène important favorisant ces "chambres d'écho" qui isolent les utilisateurs des points de vue opposés sur l'actualité.
C'est ce que met avant une étude américaine de 2024 réalisée dans le cadre de deux expériences sur le terrain menées sur Twitter : Cameron Martel, Mohsen Mosleh, Qi Yang, Tauhid Zaman, David G Rand, Blocking of counter-partisan accounts drives political assortment on Twitter [Le blocage des comptes opposés à un parti favorise la polarisation politique sur Twitter], PNAS Nexus, Volume 3, Issue 5, May 2024
Résumé
On observe un fort regroupement politique des Américains sur les réseaux sociaux. Ce phénomène est généralement attribué à la formation préférentielle de liens (c’est-à-dire l’homophilie) entre personnes partageant la même affiliation partisane. Nous démontrons ici l’existence d’un facteur supplémentaire, au-delà de l’homophilie, qui favorise ce regroupement : la prévention préférentielle des liens sociaux. Dans le cadre de deux expériences sur le terrain menées sur Twitter, nous avons créé des comptes de bots d’apparence humaine s’identifiant comme démocrates ou républicains, puis nous avons attribué de manière aléatoire à des utilisateurs l’un de ces comptes à suivre. Outre le fait de suivre de préférence leurs partisans, nous avons constaté que les utilisateurs étaient 12 fois plus susceptibles de bloquer des comptes d’adversaires politiques que des comptes de partisans lors de la première expérience, et 4 fois plus susceptibles de bloquer des comptes d’adversaires politiques par rapport à un compte neutre ou à un compte de partisan lors de la deuxième expérience. Nous avons ensuite reproduit ces résultats dans une expérience par enquête et avons mis en évidence une motivation clé du blocage : le désir d’éviter de voir tout contenu publié par l’utilisateur bloqué. De plus, nous avons constaté que les démocrates bloquaient de manière préférentielle les partisans de l’autre camp plus que les républicains, et que cette asymétrie était probablement due au blocage de comptes publiant du contenu de mauvaise qualité ou politiquement biaisé (plutôt qu’à une asymétrie dans le blocage fondé sur l’identité). Nos résultats démontrent que le blocage préférentiel des adversaires politiques est un phénomène important qui favorise le regroupement politique sur les réseaux sociaux.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Une étude de 2022 (Selective Avoidance on Social Media: A Comparative Study of Western Democracies [L'évitement sélectif sur les réseaux sociaux : une étude comparative des démocraties occidentales] Social Science Computer Review, 40(5), 1241-1258) examine les phénomènes de suppression d’amis pour des raisons politiques sur les réseaux sociaux dans trois démocraties occidentales : la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. En France, l’évitement politique semble moins fréquent qu’aux États-Unis, mais les styles de discussion sont des facteurs prédictifs de l’évitement sélectif dans tous les trois pays :
Résumé
Cette étude examine les phénomènes de suppression d’amis pour des raisons politiques et de suppression de contenus sur les réseaux sociaux dans trois démocraties occidentales : la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous cherchons à comprendre le rôle des discussions transversales, du style de discussion conflictuel et de l’extrémisme idéologique dans le déclenchement de la suppression d’amis et de contenus sur les réseaux sociaux, tout en mettant en lumière les différences entre ces pays. Les résultats montrent que les comportements d’évitement sélectif sont beaucoup plus courants aux États-Unis qu’en France ou au Royaume-Uni. Elles montrent également que les discussions transversales et le style conflictuel sont des facteurs prédictifs de l’évitement sélectif dans tous les pays cités ci-dessus, tandis que l’extrémisme idéologique ne joue un rôle qu’aux États-Unis. Nous suggérons que, si les réseaux sociaux offrent aux citoyens la possibilité d’engager des discussions avec des personnes ayant des opinions politiques et des origines socio-économiques différentes, ils leur permettent également de recréer facilement des environnements plus homogènes par le biais de la suppression de contenus et de la rupture de liens.
La littérature ne permet pas de conclure que bloquer des comptes opposés est globalement meilleur ou pire que débattre : il n'existe pas à notre connaissance, d'essai contrôlé avec comparaisons strictes entre ces choix, et mesure de leurs effets. Tout dépend aussi de ce que vous entendez par "bénéfique" : s'agit-il d'un bénéfice en terme de bien-être, de compréhension, de réduction de la polarisation ou de qualité des échanges ?
Des expériences de terrain mesurent les effets de l'exposition à des opinions divergentes sur les réseaux sociaux, en terme de compréhension et de polarisation du débat :
- C.A. Bail, L.P. Argyle, T.W. Brown, J.P. Bumpus, H. Chen, M.B.F. Hunzaker, J. Lee, M. Mann, F. Merhout, & A. Volfovsky, Exposure to opposing views on social media can increase political polarization [Le fait d'être confronté à des opinions divergentes sur les réseaux sociaux peut accentuer la polarisation politique]. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 115 (37) 9216-9221, (2018).
Cette étude américaine issue d'une expérience de terrain sur Twitter montre que les tentatives visant à exposer les utilisateurs à un large éventail d’opinions politiques opposées sur un réseau social tel que Twitter pourraient s’avérer non seulement inefficaces, mais aussi contre-productives en particulier si ces interventions sont menées par des républicains. L'exposition à des messages politiques opposés a en effet plutôt renforcé les attitudes conservatrices chez les participants républicains. Des études futures sont nécessaires pour déterminer si les résultats se reproduisent dans différentes populations, dans des contextes sociaux variés, mais aussi pour identifier plus précisément les mécanismes causaux.
Résumé
On s'inquiète de plus en plus du fait que les réseaux sociaux contribuent à la polarisation politique en créant des « chambres d'écho » qui isolent les utilisateurs des points de vue opposés sur l'actualité. Nous avons interrogé un large échantillon de démocrates et de républicains qui consultent Twitter au moins trois fois par semaine sur toute une série de questions de politique sociale. Une semaine plus tard, nous avons réparti aléatoirement les participants dans un groupe expérimental où ils se voyaient proposer des incitations financières pour suivre, pendant un mois, un bot Twitter qui les exposait à des messages émanant de personnes aux idéologies politiques opposées (par exemple, des élus, des leaders d’opinion, des médias et des associations à but non lucratif). Les participants ont été interrogés à nouveau à la fin du mois afin de mesurer l’effet de cette intervention, puis à intervalles réguliers tout au long de la période d’étude pour vérifier leur adhésion au protocole. Nous constatons que les républicains ayant suivi un bot Twitter libéral sont devenus nettement plus conservateurs après l’intervention. Les démocrates ont quant à eux affiché une légère augmentation de leurs attitudes libérales après avoir suivi un bot Twitter conservateur, bien que ces effets ne soient pas statistiquement significatifs. Malgré les limites importantes de notre étude, ces résultats ont des implications significatives pour la littérature interdisciplinaire sur la polarisation politique et le domaine émergent des sciences sociales computationnelles.[...]
Discussion et conclusion
Avant d’aborder les implications de ces résultats, nous tenons tout d’abord à souligner les limites importantes de notre étude. Les lecteurs ne doivent pas interpréter nos résultats comme une preuve que l’exposition à des opinions politiques opposées accroît la polarisation dans tous les contextes. Bien que notre étude figure parmi les plus grandes expériences de terrain menées à ce jour sur les réseaux sociaux, les résultats ci-dessus ne doivent pas être généralisés à l’ensemble de la population américaine, car une majorité d’Américains n’utilise pas Twitter (24). On ignore également comment l’exposition à des opinions opposées pourrait influencer la polarisation politique dans d’autres régions du monde. De plus, nous n’avons pas étudié les personnes se déclarant indépendantes, ni celles qui utilisent Twitter mais de manière sporadique. Ces personnes pourraient présenter des réactions très différentes face à une intervention telle que la nôtre. Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer plus en détail la validité externe de nos résultats, car nous avons proposé à nos participants des incitations financières pour qu’ils lisent des messages provenant de personnes ou d’organisations aux opinions opposées. Il est possible que les utilisateurs de Twitter ignorent tout simplement ces messages contraires à leurs opinions en l’absence de telles incitations. La limitation la plus importante de notre étude réside peut-être dans le fait que nous n’avons pas pu identifier le mécanisme précis à l’origine de l’effet de retour de flamme observé chez les répondants républicains, comme indiqué ci-dessus. Des études futures sont donc nécessaires de toute urgence, non seulement pour déterminer si nos résultats se reproduisent dans différentes populations ou dans des contextes sociaux variés, mais aussi pour identifier plus précisément les mécanismes causaux qui sont à l’origine des effets de retour de flamme de manière plus générale.[...]
Bien que nos conclusions ne doivent pas être généralisées au-delà des Américains ayant une affiliation politique et utilisant fréquemment Twitter, nous notons que des études récentes indiquent que cette population exerce une influence disproportionnée sur l’évolution du débat public — d’autant plus que les médias eux-mêmes en sont venus à s’appuyer sur Twitter comme source d’information et comme fenêtre sur l’opinion publique (47). Bien que d’une portée limitée, nos conclusions pourraient intéresser ceux qui s’efforcent de réduire la polarisation politique dans des contextes concrets. Plus précisément, notre étude montre que les tentatives visant à exposer les utilisateurs à un large éventail d’opinions politiques opposées sur un réseau social tel que Twitter pourraient s’avérer non seulement inefficaces, mais aussi contre-productives — en particulier si ces interventions sont menées par des libéraux. Toutefois, étant donné que des études antérieures ont fourni des preuves substantielles montrant que les contacts intergroupes favorisent le compromis et la compréhension mutuelle dans d’autres contextes, les futures tentatives visant à réduire la polarisation politique sur les réseaux sociaux devront très probablement déterminer quels types de messages, de tactiques ou de prises de position sont les plus susceptibles d’entraîner des effets de retour de flamme, et si d’autres approches — peut-être mises en œuvre par des non-élites ou dans des contextes hors ligne — pourraient constituer des vecteurs plus efficaces pour combler les clivages partisans aux États-Unis.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
- Saveski, M., Gillani, N., Yuan, A., Vijayaraghavan, P., & Roy, D. (2022). Perspective-Taking to Reduce Affective Polarization on Social Media [La prise de perspective pour réduire la polarisation affective sur les réseaux sociaux]. Proceedings of the International AAAI Conference on Web and Social Media, 16(1), 885–895.
Cette expérience de terrain menée aussi sur Twitter et s'intéressant à la problématique de la polarisation affective, a relevé que l'exposition à des fils d'actualités opposés suscitaient davantage d’engagement, sans améliorer la compréhension des opinions adverses. Une consigne invitant à se mettre à la place de l’autre semblait aider certains participants à comprendre les points de vue opposés, mais l’étude ne mesurait pas un débat réel :
Résumé
L’intensification de la polarisation affective à l’échelle mondiale a soulevé de nouvelles questions quant à la manière dont les plateformes de réseaux sociaux pourraient fracturer davantage une sphère publique déjà divisée. Contrairement à la polarisation idéologique, la polarisation affective se caractérise moins par des préférences politiques divergentes que par de fortes émotions négatives à l’égard des groupes politiques opposés, et constitue donc sans doute une menace redoutable pour le discours démocratique rationnel. Nous cherchons à déterminer si le fait d’encourager la prise de perspective sur les réseaux sociaux peut contribuer à renforcer l’empathie entre groupes opposés, ce qui constituerait un premier pas vers la réduction de la polarisation affective. Plus précisément, nous menons une expérience de terrain randomisée à l’aide d’une extension de navigateur auprès de 1 611 participants sur Twitter, qui permet à ces derniers de remplacer de manière aléatoire leur fil d’actualité par celui de comptes dont les opinions politiques correspondent aux leurs ou divergent des leurs.Nous constatons que le simple fait d’exposer les participants à des fils d’actualité « hors groupe » renforce leur engagement, mais ne favorise pas la compréhension des raisons pour lesquelles les autres défendent leurs opinions politiques. En revanche, le fait de présenter cette expérience sous un angle familier et empathique, en invitant les participants à se remémorer un désaccord avec un ami, n’affecte pas leur engagement, mais renforce leur capacité à comprendre les points de vue opposés. Nos résultats illustrent comment les plateformes de réseaux sociaux pourraient mettre en œuvre des mesures simples, en accord avec leurs objectifs commerciaux, pour réduire la polarisation affective.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Une étude observationnelle en Corée du Sud de 2023 associe discussion transpartisane, désabonnement et polarisation affective surtout en présence d’incivilité :
Han Lin, Yi Wang, Janggeun Lee, Yonghwan Kim, The effects of disagreement and unfriending on political polarization: a moderated-mediation model of cross-cutting discussion on affective polarization via unfriending contingent upon exposure to incivility [Les effets des désaccords et de la suppression d’amis sur la polarisation politique : un modèle de médiation modérée des discussions transversales sur la polarisation affective via la suppression d’amis, conditionnée par l’exposition à des comportements incivils], Journal of Computer-Mediated Communication, Volume 28, Issue 4, July 2023.
Résumé
Le débat transversal est le fondement de la démocratie délibérative. Cependant, les recherches antérieures ont fait état de résultats contradictoires concernant les effets de l’exposition à des points de vue divergents sur la polarisation politique. Cette étude vise à enrichir la littérature en explorant comment le débat transversal influence la polarisation affective par le biais de la suppression d’amis et comment cet effet indirect dépend de l’exposition à des comportements incivils. L’étude analyse des données de panel issues d’une enquête en ligne menée en deux vagues en Corée du Sud (N = 890). Les résultats montrent un effet indirect significativement positif de la suppression d’amis, ce qui suggère que la discussion transversale renforce davantage la polarisation affective par le biais de la suppression d’amis. En outre, l’étude identifie les conditions limites de ce mécanisme de médiation, montrant que la relation médiée entre la discussion transversale et la polarisation affective via la suppression d’amis est plus forte chez les personnes davantage exposées à l’incivilité sur les réseaux sociaux.Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
La réduction de la polarisation affective semble facilitée lorsque les conversations transpartisanes évitent les domaines de désaccord mais ces effets semblent limités et sans réel incidence sur les attitudes envers la responsabilité démocratique. C'est ce que montre l'article The promise and pitfalls of cross-partisan conversations for reducing affective polarization : Evidence from randomized experiments [Les promesses et les écueils des échanges entre partisans d'horizons politiques différents pour réduire la polarisation affective : résultats d'expériences aléatoires] / Erik Santoro, David E. Broockman. Sci. Adv.8,eabn5515 (2022).
Résumé
Les organisations, les militants et les chercheurs espèrent que les échanges entre partisans de partis opposés puissent réduire la polarisation affective (l’aversion envers les partisans de l’autre camp) et renforcer la responsabilité démocratique (par exemple, le soutien aux normes démocratiques). Nous soutenons que de telles conversations peuvent réduire la polarisation affective, mais que ces effets dépendent probablement du sujet abordé : ils sont particulièrement probables lorsque les conversations évitent les domaines de désaccord ; ils ne durent généralement pas à long terme ; et ils restent limités, n’ayant pas d’incidence sur les attitudes envers la responsabilité démocratique. Nous étayons cet argument à l’aide de deux expériences originales dans lesquelles nous avons mis en relation des inconnus de partis opposés afin qu’ils discutent de sujets attribués au hasard lors d’appels vidéo. Dans l’étude 1, nous avons constaté que les conversations entre partisans d’oppositions sur leur journée idéale réduisaient considérablement la polarisation affective, bien que ces effets s’estompent à long terme. L’étude 2 comprenait également des conversations axées sur les désaccords (par exemple, les raisons pour lesquelles chacun soutient son propre parti), qui n’ont eu aucun effet. Les deux études ont révélé peu de changements dans les attitudes liées à la responsabilité démocratique.Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Enfin, un article académique de 2024 (The promise and peril of interpersonal political communication [Les opportunités et les risques de la communication politique interpersonnelle]) cherche à développer un cadre conceptuel pour encourager la conception de recherches qui examinent de manière intentionnelle pourquoi et comment certaines caractéristiques des interactions interpersonnelles sont liées à des types particuliers de résultats attitudinaux.
Résumé
À l’heure actuelle, le domaine de la psychologie politique ne dispose pas d’un cadre efficace permettant d’organiser conceptuellement les résultats issus de la littérature abondante qui évalue si les interactions politiques interpersonnelles améliorent ou détériorent la démocratie. Historiquement, les travaux universitaires examinant divers styles d’interactions sont restés cloisonnés ; les chercheurs n’ont pas conçu leurs études de manière à faciliter les comparaisons entre différents styles, de sorte que l’accumulation de connaissances sur un style donné n’influence souvent pas la manière dont les connaissances s’accumulent sur d’autres styles. De plus, les approches utilisées pour étudier les interactions politiques interpersonnelles regroupent les différentes facettes de la discussion d’une manière qui rend difficile l’analyse de la relation entre les caractéristiques structurelles et les résultats en termes d’attitudes de ces interactions. Dans cette synthèse, je cherche à développer un cadre conceptuel poursuivant deux objectifs : (1) encourager la conception de recherches qui examinent de manière intentionnelle pourquoi et comment certaines caractéristiques des interactions interpersonnelles sont liées à des types particuliers de résultats attitudinaux, quel que soit le style d’interaction ; et (2) faciliter la communication entre chercheurs universitaires et praticiens afin de renforcer le lien entre théorie et pratique dans la recherche sur les interactions politiques interpersonnelles.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Lire également : Tobias Heide-Jørgensen et al. Understanding the success and failure of online political debate : Experimental evidence using large language models [Comprendre les facteurs de réussite et d'échec du débat politique en ligne : résultats expérimentaux obtenus à l'aide de grands modèles linguistiques]. Sci. Adv.11, eadv7864 (2025).
Aller plus loin avec les collections de la BmL
Communiquer à tout prix [Livre] : une histoire très critique des réseaux sociaux / Nicholas Carr ; traduit de l'anglais (États-Unis) par Édouard Jacquemoud, 2026 ;
Un violent désir de chaleur humaine [Livre] / Tania de Montaigne, 2026 ;
Des clics et des clashs [Livre] : controverses et polémiques dans les réseaux socio-numériques / sous la direction de Pascal Lardellier ; préface de Jack Chopin-Ferrier, 2025 ;
Psychologie sociale des réseaux sociaux [Livre] : 12 fiches pour comprendre / Pascal Moliner, Sylvain Delouvée et Patrick Rateau, 2025 ;
La raison des réseaux [Livre] : la parole politique et citoyenne à l'épreuve des réseaux socionumériques / sous la direction de Gilles Brachotte et Pascal Lardellier ; préface de Samuel Mayol, 2025.
Bien à vous