Quel est l'avion est représenté sur cette ancienne photo et de quand date elle ?
Question d'origine :
Bonjour Cher Guichet,
Serait-il possible d'identifier l'avion dont la photo est jointe ainsi que la date de celle-ci ?
Réponse du Guichet
Il s’agirait d’un Dassault 315 Flamant, avion militaire de liaison bimoteur, destiné notamment aux missions outre-mer et aux évacuations sanitaires, dont le premier vol date de 1947. Les éléments visuels concordent assez bien : deux moteurs en nacelles, fuselage trappu à hublots ronds latéraux, empennage vertical double (deux dérives) et un train tricycle avec une roue avant.
Sur son site éponyme, Dassault indique que le MD 315 était un projet financé par le constructeur, et que les premiers exemplaires ont été affectés entre 1949 et 1954 à des centres d’essais de l’Armée de l’air et de la Marine. Un avion portant un petit numéro ("N° 3") sur un métal nu, sans insigne, ni code d’unité, pourrait donc être un exemplaire d’essais ou de présérie de la fin des années 1940. La photo daterait ainsi probablement de la fin des années 1940 ou du tout début des années 1950.
Pour confirmer ces hypothèses et savoir ce qu’est devenu le n° 3, la meilleure piste reste le centre de documentation du Musée de l’Air ou les archives du Service historique de la Défense, qui pourront vous apporter des précisions et dire s’il a été conservé ou non.
Bonjour,
Vous souhaiteriez pouvoir identifier l'avion de la photo jointe ainsi que la date de celle-ci.
L’inscription visible sur la dérive ("DASSAULT 315", puis "N° 3") permet une identification assez certaine : il s’agirait d’un Dassault 315 Flamant, avion militaire de liaison bimoteur, destiné notamment aux missions outre-mer et aux évacuations sanitaires, dont le premier vol date de 1947. Les éléments visuels concordent assez bien : les deux moteurs en nacelles, un fuselage trappu à hublots ronds latéraux, un empennage vertical double (deux dérives) et un train tricycle escamotable avec une roue avant. La page Dassault consacrée aux Flamant mentionne que le nez fut allongé pour loger cette roue. Les couleurs tricolores relèvent de la livrée de l’exemplaire représenté, pas d’un trait constant du modèle.
On retrouve souvent la formule "MD 315" (pour "Marcel Dassault 315") dans la littérature spécialisée de l'aviation. "315" est à priori le numéro de type attribué par le constructeur à ce modèle, dans sa série de désignations internes. "Flamant" est le nom d’usage donné à l’avion, selon la tradition française de baptiser les appareils militaires (Flamant, Ouragan, Mystère, etc.).
Notons que la dérive visible porte l'inscription "DASSAULT 315" et "N° 3" sans insigne ni code d’unité, sur un métal nu. Le "N° 3" de votre photo pourrait correspondre à un avion très précoce. Sur son site éponyme, Dassault indique que le MD 315 était un projet financé par le constructeur, et que les premiers exemplaires ont été affectés entre 1949 et 1954 à des centres d’essais de l’Armée de l’air et de la Marine. Un avion portant "DASSAULT 315" et un petit numéro ("N° 3"), sans code d’unité, pourrait donc être un exemplaire d’essais ou de présérie de la fin des années 1940.
Il existe une fiche Wikipédia, Dassault MD 311-312-315 Flamant, présentant cet avion militaire de liaision et d'entraînement développé par Dassault Aviation à la fin des années 1940. Le MD 315 est désigné comme l'avion destiné aux missions d’outre-mer (police, reconnaissance, etc.) et aux missions sanitaires (capacité d'emport d'armement, 1 pilote, 136 exemplaires construits, no 1 à 136) :
Le Dassault MD 311-312-315 Flamant est un avion militaire de liaison et d'entraînement développé par Dassault Aviation à la fin des années 1940. Il a été construit à 325 exemplaires, en service dans l'armée de l'Air française jusqu'en 1983, et également utilisé par quatre pays étrangers. La vitesse de croisière est de 145 nœuds (268,5 km/h), ses deux moteurs consomment 400 litres d'essence aviation par heure[1].
[...]
Inquiet du manque de puissance des moteurs Lorraine Béarn, Dassault prend l'initiative de développer sur ses fonds propres une version MD 315 équipée de moteurs SNECMA 12S, version du moteur allemand Argus As 411 dont la fabrication a été poursuivie par Renault après 1945. Le MB 303 fait son premier vol le 10 février 1947, tandis que le MD 315 vole pour la première fois le 6 juillet 1947.
En compétition avec le SO.94 Corse et le NC 701 Martinet, le MD 315 est finalement retenu : il fait l'objet d'une première commande officielle de 65 appareils le 3 décembre 1947, puis d'une seconde de 230 avions le 3 décembre 1948, et enfin de 25 derniers exemplaires fin 1950, soit, avec les prototypes, 325 avions.
Le premier MD 315 (Flamant I) de série est réceptionné le 27 février 1949 par l'Armée de l'air française, qui donna ce nom à l'avion[2]. Cette version initiale est suivie par d'autres variantes :
- le MD 312 (Flamant II), à double commande pour l'entraînement au pilotage, qui fait son premier vol le 27 avril 1950.
- le MD 311 (Flamant III), avec un nez vitré pour l'entraînement à la navigation et au bombardement, qui fait son premier vol le 29 mars 1948.
Les livraisons prennent fin en 1954. Cependant, l'enquête sur l'accident du MD 315 no 48 survenu le 6 juin 1954 révèle une faiblesse structurelle au niveau du fuselage[3]. Interdits de vol, les avions sont progressivement renvoyés en usine à partir de fin 1955 pour renforcement, opération qui se termine en 1958 et leur vaut la désignation de MD 315R ("R" pour "Renforcé"). Mis en service officiellement en 1951, les Flamant seront utilisés par l'Armée de l'air française jusqu'en 1983, date à laquelle ils sont remplacés par des Embraer EMB-121 Xingu dans leur rôle d'avion-école[4]. Également en 1951, les Français cèdent quelques Flamant pour équiper la nouvelle armée vietnamienne de l'empereur Bảo Đại, leur allié contre le Vietminh dans la guerre d'Indochine[5]. [...]
En 2023 il reste encore 8 Flamants encore en état de vol, tous basés en France et maintenus par des associations bénévoles.
Les MD 311 et MD 315 de l'Armée de l'air française ont été engagés lors de la guerre d'Algérie, notamment pour des missions d'attaques, armés de mitrailleuses, bombes et roquettes. Quelques exemplaires ont emporté des missiles Nord SS.11. Six ont été déployés pour stopper le coup d'État de 1964 au Gabon.
Source : Wikipédia
Voici les photographies qui nous ont mises sur la piste du MD Flamant 315 :
- la photographie d'un MD 315 en vol sur le site des Archives de Dassault Aviation :
Au lendemain de la guerre Marcel Dassault souhaite étudier et construire le prototype d’un appareil capable de remporter le concours d’avion de liaison lancé par l’Etat.
En effet, pour se réinsérer dans le monde de la construction aéronautique, Marcel Dassault doit affronter l’opposition des services officiels. En 1945, le ministère de l’Air est dirigé par le ministre communiste Charles Tillon qui ne veut donner du travail qu’aux sociétés nationales. Lors de ses discussions avec les services techniques du ministère, Marcel Dassault comprend que son avenir n’est pas dans l’aviation commerciale. Suivant leurs conseils, il contacte l’état-major de l’armée de l’Air qui souhaite disposer rapidement d’un avion de liaison et qui, en juin 1945, a lancé un appel d’offres. Marcel Dassault saisit l’opportunité.
Le projet de bimoteur de liaison BA 30 étudié par Bordeaux-Aéronautique à Talence pendant l’occupation est repris et réaménagé. Marcel Dassault examine l’ensemble de plans trois vues, remonte l’empennage horizontal et demande d’allonger le nez du fuselage pour y loger la roue avant. Il choisit un moteur plus puissant et définit les hélices. Le projet, rebaptisé MB 30, doit être équipé de deux moteurs Snecma 12 S Argus.
Il obtient en 1946 un marché pour son projet MB 30. Ces avions, conformément aux souhaits de l’Etat, doivent être équipés du moteur Lorraine Béarn. Mais, le Béarn ne développe pas la puissance escomptée. Conscient du risque de sous-motorisation de ses avions, il développe en parallèle un avion, à peu près identique, le MD 315, lancé sur fonds propres, et équipé du Snecma 12 S Argus.
[...]
Les Flamant se révèlent robustes et adaptables à des missions variées. En Métropole, ils équipent progressivement le Groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM), l’Ecole de transformation des pilotes sur bimoteurs (ETPBM) d’Avord, le Centre d’instruction des équipages de transport (CIET) de Toulouse, l’Ecole de l’Air de Salon-de-Provence, le Groupement aérien d’entraînement et de liaison (GAEL) de Villacoublay. Entre 1949 et 1954, ils sont attribués au Centre d’essais en vol, à l’armée de l’Air et à l’Aéronautique navale. En Algérie, la base aérienne de Blida reçoit ses premières dotations en 1952.
Quatre pays étrangers les utilisent dans le cadre de l’aide militaire française : le Cambodge, le Cameroun, Madagascar et la Tunisie.
L’appareil est retiré du service actif dans l’armée de l’Air en 1982.
Source : Archives de Dassault Aviation
- la photographie "Dassault Flamant at Ferte-Alais Air Show 2004" sur Wikimedia Commons. Elle montre un appareil appartenant à la même famille d’avion que celui en pièce jointe : même silhouette trapue, mêmes dérives elliptiques, mêmes hublots ronds, mêmes moteurs sous les ailes.
Pour savoir ce qu’est devenu le n° 3, la meilleure piste reste le centre de documentation du Musée de l’Air ou les archives du Service historique de la Défense, qui pourront dire s’il a été conservé ou non.
Pour confirmer les hypothèses avancées et obtenir plus de précisions, je vous invite à soumettre également cette photographie au Musée de l’Air et de l’Espace (Le Bourget), qui conserve des Flamant et dispose de fonds documentaires et photographiques. Ses archivistes peuvent aider à identifier un exemplaire précis. Vous pouvez les contacter via le formulaire du Centre de documentation du Musée.
Sources les plus utiles pour aller plus loin :
La notice technique de l’Armée de l’Air, Notice descriptive et de fonctionnement de l’avion Flamant I (315 R)… chapitre I : caractéristiques, publiée en 1957. Elle comprend texte et planches; le catalogue du ministère des Armées indique qu’un exemplaire est consultable au Musée de l’Air et de l’Espace. C’est la meilleure source primaire pour les détails techniques.
Bruno Vielle, Le Flamant & ses dérivés, Lela Presse, 2019. C’est la monographie de référence à privilégier pour l’histoire et les variantes ; elle rassemble photos, plans et profils.
La page historique de Dassault Aviation est la source la plus pratique pour vérifier le premier vol, les rôles des variantes et la genèse de l’appareil ; elle contient aussi des photos d’archives.
La revue Prendre l’air de l’AAMS (Association des Amis du Musée Safran), n° 13, décembre 2024, offre un complément illustré centré sur un MD 315 particulier.
Aller plus loin avec les collections de la BML
Dassault l'entreprise [Livre] : 1945-1995 : 50 ans d'aventure aéronautique / Claude Carlier, Luc Berger, 1996
De Blériot à Dassault, histoire de l'industrie aéronautique en France [Livre] : 1900-1950 / Emmanuel Chadeau, 1987
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