Où peut-on écouter des troubadours mélangeant rap, rock et ritournelle de variété ?
Question d'origine :
Oh là manant !
Connaîtrais tu une bonne auberge où je puisse écouter des troubadours mélangeant rap, rock et ritournelle de variété ?
Réponse du Guichet
Votre question reprend l'exact interlude du morceau Le miracle du groupe français d'electrorap hardcore Stupeflip. Mélange détonnant de rap, de rock et de variété, ce groupe culte survole la chanson française comme un OVNI depuis plus de vingt ans. Mené par le mystérieux King Ju, ce collectif punk et mélancolique a bâti une mythologie fantastique unique — celle du « CROU » — portée par une communauté de fans si fervente qu'elle leur a permis de briser tous les records du financement participatif.
Nous vous proposons en fin d'article, des salles en France et à Lyon, où voir ce type de groupes.
Bonjour オバ,
- Histoire (au Moyen Âge) Roturier assujetti à la justice seigneuriale. Manants et vilains*.
- vieux et péjoratif Paysan.
- au figuré, vieux Homme grossier, sans éducation. ➙ rustre.
Le Larousse indique qu'il vient de l'ancien français manoir, demeurer (du latin manere) dont il tient le participe présent, ce que confirme le Littré qui précise son étymologie : "Bourguig. mainan ; provenç. manent, riche ; espagn. manente ; du lat. manentem, demeurant (voy. MANOIR)" et ajoute : "Manant a signifié celui qui demeure ; de là il avait pris le sens de domicilié, aisé, riche. Ce sens, il l'a perdu ; puis, par un mouvement inverse, manant, qui avait le sens d'habitant de la campagne, de vilain, a pris celui d'homme grossier."
😉 Non sans nous sentir quelque peu froissé·es 😉, notre réponse sera la suite de la citation que vous utilisez pour poser votre question : Ah non mon seigneur. Et... Je pense qu'il faudra attendre plusieurs siècle avant que pareil miracle ne se produise, telle que dans l'interlude du morceau Le miracle du groupe français d'electrorap hardcore Stupeflip, dans leur deuxième album Stup Religion.
Le site Fandom donne quelques interprétations et éclaircissements :
Le Miracle met en scène un dialogue entre deux personnages à une époque que l'on pourrait qualifier de moyenâgeuse. L'un cherche une auberge passant de la bonne musique, mais l'autre lui dit que cela n'existe pas encore. L'arrivée de Stupeflip était donc écrite depuis des temps immémoriaux, telle une prophétie.
Au passage, on peut voir que le groupe qualifie sa propre musique de mélange de rap, de rock et de variété.
Ce groupe au mélange détonnant survole la chanson française comme un OVNI depuis près de 14 ans. Derrière ce crew devenu culte se cache en réalité un seul homme. « Prendre des petits bouts trucs et puis les assembler ensemble, et écouter le résultat tranquille dans ma chambre » c’est ce que fait Julien Barthélemy alias King Ju depuis la première maquette confiée à son voisin de palier. Aidés par ses acolytes, Stéphane Bellenger (Cadillac) et Jean-Paul Michel (MC Salo), les trois compères endossent chacun à tour des rôles, les nombreux personnages décrits dans les albums du groupe.[...]Adoubé par des artistes comme Jacno ou Bashung, Stupeflip marque son temps par son traitement presque thérapeutique des maux comme la solitude de l’enfance (Le spleen des petits), la drogue (le diptyque Je fume pu d’shit/J’refume du shit), la maltraitance (L’enfant fou), le tout enrobé dans un beau méli-mélo de samples et autres beats énervés et fantomatiques qui touchent juste. Et cela malgré une constante volonté de la part du groupe de s’autodétruire, comme dans un ultime fantasme punk.En 2016 après des années d’absence, le groupe annonce une campagne de crowdfunding via la plateforme Ulule afin de financer un prochain album. Le CROU espérait obtenir par ce moyen de financement participatif près de 40 000 euros. Ils en récolteront finalement 427 972 €, en battant au passage le record européen pour le financement d’un groupe de musique.
Stupeflip se présente comme l’émanation du C.R.O.U. (crew ?), une organisation « para-réfractaire et désintéressée », qui « n'aime pas toutes sortes de pouvoirs », « formée en 1972 » (ou peut-être 1993), et qui a pour but « entre autres, [de] terroriser la population / Et par là-même instaurer une nouvelle ère : l'ère du Stup. »[...]Le crou apprécie la mise en abîme : certaines chansons sont introduites par des dialogues où le crou se met en scène, reprenant à son compte et à sa manière les codes du rap.
Au fil des chansons, Stupeflip déploie donc un imaginaire bien personnel, passablement cradingue, flippant et paranoïaque. Il est question d’une maléfique menuiserie (« La menuiserie, cette entité démoniaque, créatrice de sons… »),, de différentes ères du stup, de différentes régions (Est, Ouest, Sud, Nord) annexées les unes après les autres. Le deuxième album proposera d’ailleurs une carte pour replacer tout ça.[...]Au-delà de la gaudriole punk/grunge se dissimule (à peine) une profonde mélancolie, l’aliénation du monde contemporain. Là où Florent Marchet, dans Bambi Galaxy, réagit à l’inhumanité de notre monde par la dépression et la fuite – dans l’espace ou les paradis artificiel –, Stupeflip fait mine de se baser sur un monde imaginaire… mais c’est bien du nôtre dont il s’agit. Stupeflip y réagit par des chansons abrasives, provocatrices, célébrant la révolte et les freaks. De fait, avec « Les Monstres », King Ju fait sa déclaration d’amour envers les… eh bien, les monstres et autres créatures bizarres, pour qui le chanteur masqué ressent une affection certaine.
Musicalement, Stupeflip mélange les genres : un tiers de hip-hop, un tiers de punk, un tiers de rock, un tiers de synthpop, un tiers de chanson française. À peu près. « Y'a des orgues Bontempi et des caisses claires qui claquent […] Des samplers, des guitares et puis 2 p'tits connards / Qui fument et qui fument et qui fument en jouant de la guitare. » Potaches à la première écoute, à prendre au premier ou au ixième degré (ou, mieux, les deux à la fois), les chansons sont portées par des mélodies efficaces – tantôt du gros rock, tantôt des ritournelles ineptes – et font la part belle aux jeux de mots et aux références, tant externes qu’internes. De fait, il semble évident que King Ju – Julien Barthélémy à la vie civile – avait d’emblée en tête bon nombre d’éléments constitutifs de la mythologie du crou. Résultat : un premier album solide d’une grande cohérence tant thématique que musicale, à écouter et réécouter – de préférence à des heures indues.
Le Grand Mix — Tourcoing
Salle de musiques actuelles à surveiller pour le rock indépendant, les artistes alternatifs et les croisements entre genres musicaux.
La Mécanique Ondulatoire — Paris, 11e
Bar-concert orienté vers les scènes rock et underground. À privilégier pour les découvertes plus confidentielles, les groupes punk et les propositions qui sortent des circuits habituels.
Le Kubb — Évreux
Le Dodu — Marseille
Salle tournée vers les scènes alternatives, avec une programmation mêlant punk, rock et hip-hop.
A Lyon
Le Marché Gare — Lyon 2e
Mélanges de genres. A notamment accueilli le West Side Fest, consacré aux croisements entre rock, électro, rap et musiques urbaines.
Rock n'Eat Live — Lyon 9e
À surveiller pour les concerts rock, punk et les scènes alternatives plus underground. La proximité avec l'univers punk et irrévérencieux de Stupeflip peut être intéressante même si le mélange musical recherché n'est pas systématiquement au programme.
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