Je cherche des sources bibliographiques abordant la lumière avec des approches différentes
Question d'origine :
Bonjour,
Je me permets de vous contacter dans le cadre de mes recherches pour mon mémoire de fin d’études. Je m’appelle Peio Albino et je suis actuellement étudiant en troisième année de DN MADE, mention Matériaux Textile, avec une spécialisation en Broderie, Savoir-faire et Innovation au lycée Gilles Jamain de Rochefort.
Dans le cadre de ma formation, je réalise un mémoire qui porte sur la lumière naturelle, sur la manière dont elle influence notre perception du monde et sur le rapport que nous entretenons avec le temps à travers elle. Ce sujet m’amène à m’interroger sur notre capacité à observer ce qui nous entoure, à prendre conscience de notre environnement et à accorder davantage d’attention aux phénomènes qui rythment notre quotidien, mais auxquels nous ne prêtons pas toujours attention.
La lumière naturelle est un phénomène auquel nous sommes constamment exposés. Pourtant, dans un quotidien souvent marqué par la rapidité, les sollicitations permanentes et la recherche d’efficacité, nous prenons rarement le temps de l’observer véritablement. Ses variations au fil des heures, ses changements d’intensité, ses nuances, ses ombres et ses reflets témoignent pourtant du passage du temps et de la transformation continue de notre environnement. Je m’intéresse ainsi à la manière dont l’observation de ces phénomènes peut nous amener à ralentir, à être davantage présents à l’instant et à développer une relation plus sensible au monde qui nous entoure.
Ma problématique est la suivante : « Comment l’observation de la lumière naturelle peut-elle favoriser le ralentissement dans un monde marqué par l’accélération ? »
À travers ce mémoire, je souhaite explorer la lumière non seulement comme un phénomène physique, mais également comme un élément porteur de sens, capable d’influencer notre perception, notre sensibilité et notre compréhension du temps. Je cherche notamment à comprendre comment la lumière a été interprétée au fil de l’histoire, comment elle a nourri différentes pensées philosophiques et spirituelles, et quelle place elle occupe dans les croyances, les récits et les représentations symboliques de différentes cultures.
Je souhaiterais également approfondir la question de l’observation en tant que pratique qui demande du temps, de la disponibilité et une certaine attention. En quoi le fait de regarder la lumière évoluer peut-il modifier notre perception de la durée ? Comment un phénomène aussi quotidien peut-il nous aider à prendre conscience du passage des heures, des saisons ou encore de notre propre présence dans un environnement ? Je m’intéresse particulièrement à cette relation entre lumière, perception et temporalité, ainsi qu’à la possibilité de retrouver, par l’observation, une forme de lenteur dans nos modes de vie contemporains.
Dans cette perspective, je me permets de vous solliciter afin de savoir si vous auriez des ouvrages, des articles, des documents, des références théoriques ou d’autres ressources à me conseiller pour approfondir ces différentes pistes de réflexion. Je serais très intéressé par des sources qui aborderaient la lumière sous des angles variés, qu’ils soient philosophiques, anthropologiques, historiques, artistiques, scientifiques ou spirituels.
Je souhaiterais notamment découvrir des réflexions philosophiques autour de la lumière et de la perception, des textes issus de différentes traditions religieuses ou spirituelles, ainsi que des ressources permettant de comprendre la place symbolique de la lumière dans différentes croyances et cultures. Des références abordant le rapport au temps, la contemplation, l’attention, l’observation du vivant ou encore la perception sensible de notre environnement me seraient également très précieuses.
Enfin, étant étudiant dans le domaine des matériaux textiles, avec une spécialisation en broderie, savoir-faire et innovation, je suis également sensible aux liens qui peuvent exister entre la lumière, la matière et la perception visuelle. La manière dont la lumière révèle les textures, transforme les surfaces, fait apparaître des détails ou modifie notre regard sur un objet constitue une piste qui pourrait nourrir ma réflexion et faire le lien avec ma pratique créative.
Mon objectif est de construire une réflexion documentée et ouverte, en croisant différentes disciplines et différents points de vue, afin de mieux comprendre la place de la lumière dans notre rapport au monde et au temps. Toute référence, piste de recherche ou orientation bibliographique que vous pourriez me transmettre serait donc d’une grande aide pour la poursuite de mon travail.
Je vous remercie sincèrement pour le temps accordé à ma demande et pour l’aide que vous pourrez éventuellement m’apporter. Je reste bien entendu disponible si vous souhaitez obtenir davantage d’informations sur mon sujet ou sur ma démarche de recherche.
Dans l’attente de votre retour, je vous souhaite une excellente journée.
Bien cordialement,
Peio Albino
Réponse du Guichet
Nous vous proposons une bibliographie thématique mêlant livres et articles pour approfondir votre réflexion sur la lumière naturelle, la perception du temps et le ralentissement dans le cadre de votre mémoire. Elle aborde la perception et l’attention au monde, le temps et notamment son accélération contemporaine, la lumière dans les sciences, les arts et les traditions spirituelles, ainsi que la couleur et la matière. La plupart de ces documents sont empruntables dans le réseau des bibliothèques de Lyon.
Bonjour,
Nous vous proposons cette bibliographie, un mélange de livres et d’articles organisés par thèmes, pour approfondir votre réflexion sur la lumière naturelle, la perception du temps et le ralentissement. Vous y trouverez des ouvrages de philosophie sur la perception et l’attention, des réflexions sur le temps et l’accélération du monde contemporain, ainsi que des travaux sur la place de la lumière dans les sciences, les arts et les traditions religieuses spirituelles. Une dernière partie réunit des références sur la couleur, la matière et les surfaces, afin de faire le lien avec votre pratique textile et votre intérêt pour la broderie. Cette bibliographie est loin d’être exhaustive mais nous espérons qu’elle vous offrira de nouvelles pistes de recherche et qu’elle sera utile pour la rédaction de votre mémoire sur ce (beau) sujet complexe.
Perception, attention et expérience sensible :
Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty (Gallimard, réédition 1983) :
Merleau-Ponty pose comme originaire l'étude de la perception : le corps n'est pas seulement une chose, qui serait un objet potentiel d'étude pour les sciences ; il est une condition permanente de l'expérience, parce qu'il constitue l'ouverture perceptive au monde et à son investissement. Il y a une coappartenance de la conscience et du corps dont l'analyse de la perception doit rendre compte. Merleau-Ponty rompt avec l'ontologie dualiste de Descartes et l'opposition entre les catégories de corps et d'esprit qui est si prégnante dans certaines sciences aujourd'hui : «C'est dans l'épreuve que je fais d'un corps explorateur voué aux choses et au monde, d'un sensible qui m'investit jusqu'au plus individuel de moi-même et m'attire aussitôt de la qualité à l'espace, de l'espace à la chose et de la chose à l'horizon des choses, c'est-à-dire à un monde déjà là, que se noue ma relation avec l'être.
Le primat de la perception et ses conséquences philosophiques de Maurice Merleau-Ponty (Verdier, 2014) :
Ces trois textes inaugurent une recherche sur la perception et restent encore la meilleure introduction à l'oeuvre de Maurice Merleau-Ponty dont le dernier écrit sera "L'oeil et l'Esprit". Forme instable de la présence et du temps, la perception est ce don singulier du voyant où le visible se fait vision, où le monde se donne à lui-même un point de vue, nous-mêmes.
L'Oeil et l'esprit de Maurice Merleau-Ponty (Gallimard 1981) :
"L'Oeil et l'Esprit" est le dernier écrit que Merleau-Ponty put achever de son vivant. Installé, pour deux ou trois mois, dans la campagne provençale, non loin d'Aix, au Tholonet, goûtant le plaisir de ce lieu qu'on sentait fait pour être habité, mais surtout, jouissant chaque jour du paysage qui porte à jamais l'empreinte de l'œil de Cézanne, Merleau-ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même - et aussi la fragilité de ce miracle.
Phénoménologie de l'attention : "Perception et attention" : textes issus du fonds posthume, 1893-1912 de Edmond Husserl (Vrin, 2009):
Cours du phénoménologue consacré en partie à l'attention. Il analyse sa fonction dans les actes de la conscience, son intensité, sa terminologie, etc.
L'oeil et le cerveau : biophilosophie de la perception visuelle de Philippe Meyer (O. Jacob, 1997) :
Philippe Meyer tente dans cet essai de montrer comment les développements scientifiques les plus récents renouvellent de fond en comble les problèmes philosophiques traditionnels. L'un de ces problèmes est celui de la perception qui nourrit le débat entre matérialisme (nous percevons le monde qui existe) et idéalisme (le monde existe parce que nous le percevons). Il montre comment la neurobiologie de notre système visuel nous conduit à concevoir autrement le problème de la perception : certes nous percevons le monde qui existe, mais selon la structure de notre système neurovisuel, donc à notre manière.
Perception et réalité : essai sur la nature du visible de Louis Allix (CNRS, 2004) :
Essai sur les perceptions qui seraient dépendantes des impressions de l'esprit et non des propriétés inhérentes au monde extérieur.
Temps durée et ralentissement :
Accélération : une critique sociale du temps de Hartmut Rosa (La Découverte, 2013) :
Cette étude intègre dans le champ de la sociologie l'étude de la temporalité des sociétés modernes. En faisant le constat que la prise en compte du temps à été oubliée par les lectures critiques de la société, l'auteur examine l'incidence de l'accélération technique, celle des transformations sociales et celle des rythmes de vie depuis les années 1970.
Expériences extraordinaires du temps de Steve Taylor ; traduction de l'anglais par José Le Roy (Almora, 2026) :
Une étude des distorsions de la perception temporelle lors de situations exceptionnelles, comme les accidents ou la méditation. S'appuyant sur des données scientifiques et des récits personnels, l'auteur analyse comment la conscience humaine peut étirer ou suspendre la durée, explore l'idée que le temps résulte d'une construction mentale plutôt que d'une réalité immuable.
Topique de l'instant de François Gantheret (Gallimard, 2018)
Comme souvent je me regardais dans le miroir. Je scrutais mon visage. Pour voir quoi ? J'ai souri et haussé les épaules, en pensant que j'en étais encore à mon âge à vérifier mes attributs de séduction, quand tout a basculé. J'ai vu, j'ai réalisé, j'ai eu la certitude et connu cette évidence : ce n'était pas moi qui contemplais mon image, c'est ce visage dans le miroir qui me regardait ; ce sont ces yeux qui me scrutaient, qui me demandaient raison d'être tel que je suis, ces yeux qui exploraient le fond des miens, à la recherche de mon âme. J'étais sommé de répondre et j'étais muet. Il me fallait en ressortir : celui qui, d'au-delà la surface du miroir, me jaugeait, s'est absenté peu à peu, j'ai rassemblé les morceaux de ce qu'il regardait et je les apporte. Que voyez-vous, vous ?" Je ne réponds pas. Je laisse ouvert ce vide de lui, ce vide en moi. Je laisse entrouverte la seule porte donnant sur le temps.
Empreintes et figures du temps : l'expérience temporelle interrogée en ses présences éphémères, structurées et évolutives / sous la dir. de Jacques Birouste (Eres, 1990)
Comme tout être vivant l'homme se trouve diversement façonné par l'épreuve réelle du temps. Comment parvient-il à prélever sur l'écoulement temporel quelques marques par la suite reconnaissables comme traces mentales ? Par quel prodige I‘insatisfaction des besoins se transforme-t-elle en une sensation de durée disponible au discernement d'un avenir, au poids d'une expérience ? D'où nous vient le vécu d'un présent qui dépasse celui d'une suite d'instants fugitifs ?
ll importe en effet de comprendre quel horizon temporel stabilisé nous rend sensibles à la disponibilité du futur et qu'est-ce qui "en même temps" s'y répète avec l'insistance d'une mémoire dont nous ignorons pourtant de quelle histoire elle symbolise l'expérience. Plongés dans le flux temporel, nous ne cessons ainsi de nous attacher à la saisie de mesures, d'échelles, de repères, de perspectives, de figures légendaires ou mythologiques permettant de structurer la durée sans pour autant la figer.
Les récits du temps / sous la direction de Jacques André, Sylvie Dreyfus-Asséo et François Hartog (PUF, 2010)
La façon qu'a l'homme d'être dans le temps est une interrogation commune à l'historien et au psychanalyste. Au gré des cultures, des époques, des individus, la représentation du temps et l'inscription des êtres collectifs comme des êtres individuels dans le mouvement de la temporalisation varient. Autant de variations qui font éclater notre idée commune du temps, sa fausse naturalité. Il y a une histoire du temps, il y a aussi une psychogenèse de la temporalité. Peut-être faut-il même envisager que l'idée de temps, en elle-même, procède d'une invention, à l'échelle de la culture comme de la vie individuelle. L'historien et le psychanalyste n'ont ni le même objet, ni la même méthode, leur dialogue n'en est que plus nécessaire.
La lumière comme expérience visuelle, sémiotique et esthétique :
Sémiotique du visible : des mondes de lumière de Jacques Fontanille (PUF, 1995) :
La sémiotique du visible s'efforce de caractériser les "états" de la lumière : éclat, chromatisme, éclairage, matière. L'auteur réaffirme avec force l'unité du sensible, de la perception et de la signification dans les univers de discours, et explore pour cela aussi bien le texte poétique que le tableau et le film.
L'article Lumières, matières et paysages de Jacques Fontanille (Volume 31, numéro 3, hiver 2003, p. 17–30 de la revue Lumières)
Ombres et lumières de Michael Baxandall ; trad. de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat (Gallimard, 1999) :
M. Baxandall, poursuivant une réflexion engagée de longue date sur l'attention visuelle, confronte les oeuvres et les réflexions d'artistes comme Largillierre, Oudry et Chardin aux théories d'hommes de science comme Bouguer, Forney ou Lambert. Puisant dans les recherches les plus récentes sur la perception et mobilisant, notamment les apports des sciences cognitives et de l'infographie, il propose aussi une lecture nouvelle d'oeuvres classiques (Giotto, Masaccio).
Lumière et vision dans les sciences et dans les arts, de l'Antiquité au XVIIe siècle / textes réunis par Danielle Jacquart et Michel Hochmann (Droz, 2010)
Etudes portant sur les rapports continus et discontinus entre sciences et arts autour de la couleur et de la lumière. Mise en balance des théories optiques du point de vue mathématique des historiens des sciences d'une part, et des théories de la perception visuelle du point de vue anatomique et physiologique des historiens de la philosophie naturelle d'autre part.
Sur la dimension physique et historique de la lumière :
La lumière révélée : de la lunette de Galilée à l'étrangeté quantique de Serge Haroche (Odile Jacob, 2020) :
Exposé des travaux menés par le spécialiste de physique atomique et d'optique quantique sur le ralentissement des particules par refroidissement laser, les boîtes à photons et la manipulation des objets quantiques. L'auteur retrace les théories historiques puis établit des liens entre gravité, électricité, magnétisme et lumière puis évoque les théories de Galilée, Newton, Einstein ou Planck
Soleil : mythes, histoire et sociétés de Emma Carenini (Le Pommier, 2022) :
Des croyances des Incas aux astronomes modernes, des éclipses antiques à la fusion nucléaire, de l'Ecclésiaste à Zarathoustra et des haruspices romains aux collapsologues contemporains, les nombreuses interprétations liées au Soleil dans les civilisations diverses sont ici analysées. Elles mettent en lumière différentes représentations de la nature et de l'homme.
Le Soleil de Jean-Claude Vial, Christian Ngô, Jean-Pierre Verdet ; préf. Hubert Reeves (Fayard, 2004)
Raconte l'histoire du Soleil débutée il y a 4,5 milliards d'années. Reconstitue les conditions de sa création, de son fonctionnement et de sa structure interne et montre son rôle dans l'apparition de la vie. Evoque les énergies issues du Soleil, ainsi que la question du réchauffement du climat. Raconte comment le Soleil a été vécu et symbolisé dans les diverses civilisations et religions du passé.
Lumière sacrée et symbolique :
Symbolisme et expérience de la lumière dans les grandes religions : actes du colloque tenu à Luxembourg du 29 au 31 mars 1996 / éd. par Julien Ries et Charles-Marie Ternes (Brepols, 2002) :
Toutes les traditions religieuses font allusion à la recherche de la lumière divine et de la lumière humaine. Dix-sept communications sur le Proche-Orient et le monde classique, sur l'Inde ancienne, sur les traditions bibliques et gnostiques essaient de dégager une vision cohérente de cette expérience religieuse de la lumière.
La lumière dans la pensée juive de Armand Abécassis (Berg international, 1988) :
La première parole de Dieu, rapportée par la Bible, concerne la lumière : "Que lumière soit. Lumière fut". La dernière parole de l'homme concerne elle aussi la lumière: "en ce jour-là, sera la lumière toujours". De la lumière désirée à la lumière obtenue, l'histoire humaine emprunte des tracés de lumière ou d'obscurité à travers des périodes, des événements, des lieux ou des rites. A chaque étape, elle progresse au prix de souffrances et de retours au chaos originel obscur: telle est la valeur de la lumière car elle doit se gagner constamment sur les ténèbres qui la précèdent, prêtes à l'engloutir. Telle est aussi la clarté de la lumière, grandie d'avoir surgi du chaos ténébreux. Quand enfin la lumière brille de tout son éclat, on comprend que le mal n'est pas dans l'obscurité mais dans le désir de cette dernière de se substituer à la lumière. Chacune en effet doit être maintenue à sa place: l'obscurité est nécessaire à la nuit et la lumière au jour. Les ténèbres ne doivent pas envahir le jour et la lumière ne doit pas totalement supprimer l'obscurité. L'unité des deux est indispensable: "Un soir fut. Un matin fut: jour un." Ce livre raconte l'histoire de la lumière juive et des ténèbres sur lesquelles elle eut à se conquérir inlassablement.
Du diaphane : image, milieu, lumière dans la pensée antique et médiévale de Anca Vasiliu ; préface de Jean Jolivet (Librairie philosophie J.Vrin, 1998) :
Emprunté au domaine de la lumière et assimilé au domaine de la pensée, le diaphane désigne pour Aristote, son inventeur, une nature commune à tout milieu dans lequel la vue et la visibilité des choses s’achèvent en regard récepteur et en image reçue du monde diurne. Car, il ne suffit pas qu’il y ait de la lumière et du « solide » pour que le monde puisse être vu dans ses couleurs et connu sous ses formes et ses espèces; il faut aussi qu’il y ait du diaphane, c’est-à-dire un tertium quid qui relie les choses entre elles et ouvre à travers lui la porte de la réception sensible et de l’entendement. Dès lors, la notion de diaphane en vient à imprégner tacitement toute la représentation du monde sous son double aspect sensible et intelligible; il s’opère là une véritable mutation du physique au métaphysique.
La Flamme d’une chandelle de Gaston Bachelard (PUF, réédition 2015) :
Le philosophe analyse la symbolique de la flamme, qu'il qualifie d'un des plus grands opérateurs d'images parce qu'elle force l'homme à imaginer, sous des aspects philosophique, poétique, esthétique ou encore littéraire. Il humanise la flamme et la fait centre de toute demeure, un être familial gardien des souvenirs.
Perception, lumière et couleurs :
L'interaction des couleurs de Joseph Albers ; traduit de l'américain par Claude Gilbert (Hazan, réédition 2021) :
« Dans sa perception visuelle une couleur n'est presque jamais vue telle qu'elle est réellement telle qu'elle est physiquement. Cette constatation fait de la couleur le moyen d'expression artistique le plus relatif. Pour utiliser efficacement les couleurs il est indispensable d'admettre que la couleur trompe continuellement. À cet effet, il ne faut pas commencer par étudier les systèmes de couleurs préétablis. Il faut d'abord apprendre qu'une seule et même couleur appelle des lectures innombrables. Au lieu d'appliquer mécaniquement ou de simplement sous-entendre des lois et des règles d'harmonie, on produit des effets de couleur distincts en admettant l'interaction des couleurs en obtenant, par exemple, que 2 couleurs différentes aient l'air identiques, ou presque. Le but de ce type d'étude consiste à développer par l'expérience à force de tâtonnements une capacité de voir la couleur. Cela signifie, précisément, voir faction de la couleur aussi bien que ressentir les relations de couleur.
La couleur : lumière, vision et matériaux sous la direction de Mady Elias, Jacques Lafait (Belin, 2006) :
Présentation de tous les aspects, aussi bien physiques que biologiques, de la couleur : comment l'information lumineuse est-elle codée par notre rétine ? Qu'est-ce que le brillant d'une surface ? Comment obtenir une couleur sans pigment, à la façon de certains papillons ? Comment quantifier et mesurer la couleur ? Quel était le secret des glacis des primitifs flamands ?
Autres ressources en ligne en anglais et espagnol :
Light, Time, and Sacrament: A Theological Reading of Impressionist Form de Dominic A. Aquila (Art History, University of St. Thomas, Houston, TX, USA, 2026)
Indirect lighting in Contemplative Spaces – an Endless Depth de Juan Carlos Mirson
Sensory Effect of Daylight on Contemplative Perception of Space de Prabu Wardono et Andriyanto Wibisono (2013)
Study of the Effects of Daylighting and Artificial Lighting at 59° Latitude on Mental States, Behaviour and Perception de Federico Favero, Arne Lowden, Roberto Bresin Jan Ejhed
Lives under the sun : The sensories quality of daylight in designing the everyday de Bettina Hauge (2015)
(Des)cansar la mirada. Un acercamiento a las políticas del ver/visionar en el tiempo digital de Salvador Jiménez-Donaire Martínez
Bon travail !
Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro