Auriez-vous des informations sur l'imprimeur Alfred Wulliam ?
Question d'origine :
Bonjour,
Je cherche des informations sur « imp.Wullian ».
Au sujet des portraits de Louise Labé publiés en 1887 par Félix Desvernay.
1 - Dans son Étude biographique et bibliographique sur Claudius Brouchoud :
- L’un retouché pour la publication de Charles Boy (pas dans ma recherche) ;
- L’autre : héliogravure à partir de celui de Wœiriot, imp.Wullian, non datée (identique à celui des Archives du Rhône).
2 - Il existe un autre portrait édité par Félix Desvernay à partir de celui de Wœiriot, comportant la date 1887, avec un cartouche différent, sans tampon oblong (il a été effacé et un E est incomplètement dessiné). Il est gravé sur une plaque de cuivre. Sous le portrait : Heliog. Dujardin Paris.
J’ai trouvé des références sur « Heliog. Dujardin Paris », mais pas sur « imp.Wullian » ; auriez-vous des pistes pour en trouver ? Merci.
Jean Claude R
Réponse du Guichet
Le personnage qui interroge votre curiosité est très certainement l'architecte et lithographe lyonnais Claude-Louis Wulliam (1844-1903).
Réponse du département des Collections anciennes et spécialisées
Bonjour,
Il y a tout lieu de croire que la mention Imp. Wulliam, accompagnant ce portrait de Louise Labé gravé par Woeiriot et publié par Félix Desvernay, renvoie à l'architecte et lithographe lyonnais Claude-Louis Wulliam (1844-1903).
L'érudit lyonnais Félix Desvernay (1854-1917) "est dans la deuxième moitié du XIXe siècle un des animateurs de premier plan de la vie culturelle lyonnaise et un défenseur du patrimoine architectural de la ville. [...] Tout au long de sa vie, Félix Desvernay, un de ceux qui connaît le mieux Lyon, ses maisons et les générations de Lyonnais célèbres qui les ont occupées, publie articles historiques, poèmes et descriptions de lieux accompagnées de gravures produites par les artistes locaux de son temps..." nous rappelle Bruno Benoît dans son entrée consacrée à Desvernay dans le Dictionnaire historique de Lyon (p. 388).
Au vu de ses centres d'intérêt et du cercle relationnel de l'érudit, il serait par trop étonnant que le Wulliam qui a produit la reproduction de l'estampe de Louise Labé dans la notice de Desvernay sur les portraits de la Belle cordière ne soit pas son contemporain Claude-Louis Wulliam, architecte et lithographe lyonnais. Desvernay, introduit dans les milieux culturels de son temps et soucieux du patrimoine architectural lyonnais au point d'être nommé à la fin de sa vie président de la Commission du Vieux-Lyon, ancêtre de l'association de sauvegarde Renaissance du Vieux-Lyon, ne pouvait pas ne pas connaître Claude-Louis Wulliam, lui-même architecte et défenseur du patrimoine bâti lyonnais.
La notice établie par le Comité des travaux historiques de l'École nationale des Chartes nous apprend que Wulliam fut élève de l'école de la Martinière et de l'école des beaux-arts de Lyon. Il fit partie du cabinet de Mazerat, de Savoye à Lyon, puis de Drevet à Paris. Il débuta au Salon de 1874 et fut professeur de dessin à Saint-Etienne en 1886.
La proximité entre l'érudit et l'architecte est attestée par leurs travaux gravitant autour du patrimoine lyonnais. Un article consacré au portail de la Tourette, sauvé en grande partie grâce à l'intervention de Desvernay et aujourd'hui réinstallé boulevard de la Croix-Rousse, est publié dans le numéro du 30 septembre 1883 du périodique Lyon-Revue fondé par... Félix Desvernay. L'article est accompagné de la reproduction d'une eau-forte réalisée à partir d'un dessin de Charles Tournier aujourd'hui conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon (Ms 2447 (51)). La même gravure est publiée huit ans plus tard dans la première livraison du Recueil d’archéologie lyonnaise, dessiné d’après nature, publié par série de cinq gravures à partir de 1891 et imprimé... par Wulliam (Guillot (Catherine), "Le portail de la Tourette à Lyon : un témoignage des demeures champêtres de la Croix-Rousse" in Les carnets de l´Inventaire : études sur le patrimoine - Région Rhône-Alpes). Ce recueil, extrêmement rare, est conservé aux Archives municipales de Lyon (cote FG A/22).
La mention Imp. Wulliam apparaît encore au bas d'un portrait d'Aimé Vingtrinier gravé par Joanny Séon (1820-1883), graveur spécialisé dans la reproduction de dessins d'architecture, dans les Zigzags lyonnais de Vingtrinier, augmenté d'une biographie de l'auteur par... Félix Desvernay.
Nous ne pensons pas qu'il faille voir en Wulliam un imprimeur au sens classique du terme. Il n'apparaît d'ailleurs pas dans le 4e volume de la Somme typographique de Marius Audin, consacré aux imprimeurs lyonnais du XVIIIe et XIXe siècle. Ses travaux d'impression semblent avoir été de circonstance, au gré de ses propres travaux sur l'architecture en général, ou lyonnaise en particulier, ainsi qu'à la demande émanant de son cercle relationnel.
Nous espérons avoir pu vous aider dans votre recherche.
Tekoha.