Question d'origine :
Bonjour,
J'ai lu récemment un article, extrait de l'oeuvre d'Emile Durkheim Les formes élémentaires de la vie religieuse et il est dedans question de "corrobori" et "d'anomie" mais je n'arrive pas à saisir exactement le sens de ces mots donc si vous pouviez m'éclairer...
Merci d'avance
Réponse du Guichet
Le 25/11/2006 à 16h34
La vie des sociétés australiennes passe alternativement par deux phases différentes. Tantôt la population est dispersée par petits groupes qui vaquent, indépendamment les uns des autres, à leurs occupations ; chaque famille vit alors de son côté, chassant, pêchant, cherchant en un mot à se procurer la nourriture indispensable par tous les moyens dont elle dispose. Tantôt, au contraire la population se condense et se concentre, pour un temps qui varie de plusieurs jours à plusieurs mois sur des points déterminés. Cette concentration a eu lieu quand un clan ou une portion de tribu est convoqué dans ses assises et que, à cette occasion , on célèbre une cérémonie religieuse ou qu’on tient ce qu’on appelle, dans le langage usuel de l’ethnographie , un
les formes élémentaires de la vie religieuse : le système totémique en Australie de Emile Durkheim.
Ce passage propose une description du corrobori, forme de cérémonie religieuse dans les tribus aborigènes. L'accent est mis sur le contraste existant entre une vie quotidienne plutôt uniforme et les débauches d'excès qui caractérisent le corrobori. Cette effervescence et le sentiment collectif qui s'y rattache y sont interprétés comme sources du sacré et de l'idée religieuse. Ce passage est donc particulièrement représentatif de la thèse élaborée par Durkheim .
Vous trouverez plus amples explications en lisant deux chapitres fort intéressants de l’auteur A.P. Felkin, dans son livre intitulé
Les Aborigènes australiens . dont voici quelques échantillons : à la p.330 le chap. intitulé : les chants sacrés : le corroboree Waranggan et p.333 le chap. musique profane :
En général , le corroboree est un composé de chants de sons produits par percussion, d’exécutions instrumentales, des danses avec tous les bruits que celles-ci comportent : appels des danseurs, cris, effets de voix ressemblant à des sifflements et d’autres, prolongés pendant quelques temps sans modulation. En général les corroborees prennent pour thème tout ce qui appartient au domaine de l’existence journalière et que les indigènes connaissent bien, et aussi les évènements tant traditionnels que nouveaux , ils évoquent, par exemple les comportements des animaux , des oiseaux et des poissons ; les mouvements des tempêtes, des eaux en crue et des marée ; les commérages ou par allusions indirectes, les aventures amoureuses-liaisons et fugues- des hommes et des femmes de la communauté ; les danses populaires que tout le monde connaît.....
Durkheim parle de
In : Dictionnaire des sciences humaines . sous la dir. de Jean François Dortier
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