Question d'origine :
Bonjour!
Voici une question qui peut paraître sans intérêt mais qui en a un véritable pour moi!
Lorsque Jésus s'est fait crucifixié, un Romain lui a ensuite perçé la flanc d'une lance afin de voir s'il était bien mort... Ma question est simple: s'agissait-il du flanc gauche ou du flanc droit?
Merci d'avance pour votre aide.
Vincent
Réponse du Guichet
Le 04/01/2007 à 14h26
Voici ce qu'indique l'évangile selon Jean (19, 31s) :
31. Cependant, comme c'était le jour de la Préparation, les Juifs, de crainte que les corps ne restent en croix durant le sabbat - ce sabbat était jour particulièrement solennel -, demandèrent à Pilate de leur faire briser les jambes et de les faire enlever. 32. Les soldats virent donc, ils brisèrent les jambes du premier, puis du second de ceux qui avaient été crucifiés avec lui. 33. Arrivés à Jésus, ils constatèrent qu'il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. 34. Mais un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.
source : La Bible - TOB
Si les évangiles ne précisent pas de quel côté Jésus a été frappé, l'ouvrage de Victor Loupan et Alain Noël intitulé Enquête sur la mort de Jésus indique ceci :
Nous avons vu, les autorités juives ne veulent pas laisser des morts au gibet ; d'autant moins que la nation entre dans le shabbat et la Pâque.
La loi romaine prévoit, par ailleurs, la remise des corps aux familles qui en font la demande ; sans frais, mais avec certaines restrictions. [...]
En cas de remise aux familles, la loi impose au peloton d'exécution ou au bourreau de donner le coup de grâce au condamné, avant de le descendre de sa croix.
Quintilien le confirme au Ier siècle : perçusses sepeliri carnifex non vetat, « le bourreau n'interdit pas d'ensevelir ceux qui ont été frappés ». « Que veut dire "perçusses"'?
Il ne s'agit pas du supplice lui-même, ni de la flagellation ; puisqu'il s'agit de condamnés à mort, on sait bien qu'ils ont déjà été flagellés et crucifiés. C'est donc qu'on parle d'un coup spécial, postérieur au supplice et qui évoque irrésistiblement ce que nous appelons le coup de grâce ; [...]
«
Nous verrons que ce coup au cœur, frappé du côté droit de la poitrine, était certainement étudié et bien connu comme forcément mortel, dans l'escrime des armées romaines.
Ce qui n'est pas le cas de Jésus.
Voyons maintenant les faits sur le plan médical. Lorsque le soldat donne le coup de grâce réglementaire à Jésus, sa lance peut, estime Barbet, avoir « glissé sur la sixième côte perforé le cinquième espace intercostal et pénétré dans la profondeur ».
« Qu'a-t-elle ensuite rencontré ? La plèvre et le poumon. Si le soldat de saint Jean avait donné son coup de lance dans une direction proche de la verticale, d'abord, il n'aurait guère pu perforer l'espace intercostal... Le coup de lance a donc été oblique et proche de l'horizontale, ce qui est facile a réaliser, si la croix, comme je le pense, n'est pas très haute Si elle dépassait deux mètres, ce que je crois invraisemblable, il aurait fallu un cavalier pour porter le coup. Mais les bourreaux et les gardes, voire les soldats envoyés peut-être par Pilate pour le crucifragium, étaient tous des fantassins ; et le centurion était officier non monté.
« La pointe se dirige tout naturellement à travers la partie antérieure, mince, du poumon droit, et atteint [...] après un trajet de huit centimètres en largeur, le bord droit du cœur enveloppé du péricarde. Or, et ceci est le nœud de la question, la partie du cœur qui déborde à droite le sternum, c'est l'oreillette droite. Et cette oreillette, prolongée en haut par la veine cave supérieure, en bas par la veine cave inférieure, est toujours, sur le cadavre, remplie de sang liquide.
[...]
Si le coup de lance avait été donné à gauche, il aurait percé les ventricules, qui sont vides de sang sur un cadavre. Il n'aurait pas coulé de sang, mais seulement de l'eau... » (ibid.)
Quant à cette « eau », il s'agissait de liquide péricardiaque : « On peut supposer qu'après l'agonie exceptionnellement pénible que fut celle du Sauveur, cet hydropéricarde était particulièrement abondant, suffisant pour que saint Jean, témoin oculaire, ait pu voir distinctement couler du sang et de l'eau. La sérosité ne pouvait être pour lui que de l'eau, dont elle a l'apparence...

Position du coup de lance
source : www.ebior.org
DANS NOS COLLECTIONS :
Ça pourrait vous intéresser :
Je souhaite trouver la suite des paroles de cette ancienne...
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir commenter.
Se connecter
Algérie, sections armes spéciales