Brevet du chas de l'aiguille
DIVERS
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Le 21/01/2007 à 11h50
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Question d'origine :
Bonjour,
J'ai entendu qu'un "petit génie" avait, il y a quelques temps déjà, déposé un brevet stipulant que "Dans toute machine à coudre automatique, le chas doit être du côté piquant de l'aiguille", et que cette idée lui avait rapporté pas mal d'argent de la part des fabriquants de machines à coudre.
Cette information est-elle correcte? Serait-il possible d'avoir le texte exact de ce fameux "brevet"?
Merci d'avance.
Réponse du Guichet
Le 23/01/2007 à 15h28
Voici une histoire synthétique de l'invention de la machine à coudre :
Qui a inventé la machine à coudre ?
Lorsqu'on aborde l'histoire de la machine à coudre la première question qui se pose est bien sûr celle de l'identité de son inventeur. Qui est donc le père de cette invention extraordinaire qui a changée nos vies ?
Nombreux sont ceux qui discutent l'identité du père de la machine à coudre. Souvent, ces "spécialistes" ont tendance à rendre les honneurs à l'un de leurs compatriotes. Ainsi, la plupart des encyclopédies anglo-saxonnes attribue l'invention à Walter Hunt et à Elias Howe. Dès 1834, le premier fabriqua une machine à coudre utilisant deux bobines et une aiguille percée d'un chas qui ne pouvait coudre qu'un court point droit. Howe, quant à lui, a créé son premier prototype en 1846 au Massachusetts, Etats-Unis. Toujours aux Etats-Unis, Morey & Johnson dépose un brevet en 1849 pour une machine à un fil en point de chaînette. Isaac Merritt Singer n'entre dans l'histoire de la machine à coudre qu'en 1851 pour n'apporter que quelques améliorations à l'invention de Howe qui l'attaqua en justice pour le vol de son brevet.
Les innovations de Singer furent surtout commerciales, il créa la location vente et les techniques de ventes plus offensives qui lui permirent de construire son empire. Moins de neuf ans après Singer, en 1860, New Home, aujourd'hui Janome, fut créé dans le Massachussetts et connu (et connaît toujours) un succès énorme (voir les pages consacrées à New Home / Janome).
Pourtant, avant eux, un tailleur français résident à Amplepuis dans le Rhône (69) avait mis au point une machine à coudre à point de chaînette capable de coudre 200 points à la minute (environ 30 points/minute pour un tailleur). En effet, c'est dès 1829 que le Sieur Barthélemy Thimonnier mit au point une machine pour laquelle il obtint un brevet l'année suivante, en 1830. Il s'agissait d'une "Couseuse" à fil continu (la même machine que Morey & Johnson "réinventaient" en 1849).
D'autres l'avaient précédé mais sans succès. Charles Weisenthal avait déposé un brevet pour une aiguille destinée à la couture mécanique, mais aucune mention n'est faite d'une machine. L'Anglais Thomas Saint avait déposé un brevet de machine à coudre, mais sans jamais en fabriquer une. De plus, quand on essaya, dans les années 1880, de construire une machine d'après les dessins du brevet, on s'aperçut que celle-ci ne pouvait fonctionner sans opérer des modifications importantes. En 1818, John Admans Doge et John Knowles, eux aussi, s'essayèrent à la fabrication d'une machine, mais celle-ci ne pouvait coudre qu'une courte longueur de tissu avant qu'il soit nécessaire de la ré-enfiler.
Barthélemy Thimonnier est donc le premier à avoir mis au point et breveté une machine réellement capable de remplacer la couture à la main. Sa machine fut d'ailleurs employée pour coudre les uniformes des soldats français. En moins de 10 ans une usine équipée de quatre-vingt machines fut ouverte.
Thimonnier est sans nul doute le premier à concevoir une machine à coudre digne de ce nom, à la vendre et à équiper une usine de confection.
La bataille judiciaire basée sur le chas de l'aiguille fut celle qui opposa Elias Howe à Isaac Merritt Singer. Le premier avait repris une invention de Walter Hunt qui en avait perdu le bénéfice car il ne l'avait pas exploitée. Elias Howe gagna son procès contre Singer et les autres fabricants qui avait copié son invention mais son brevet déposé en 1846 concernait la machine à coudre entière, et pas seulement l'aiguille percée. Ses gains s'élevèrent à 2 millions de dollars.
Nous n'avons pas connaissance d'un brevet opérationnel qui ne concernerait que l'aiguille et aurait permis à son inventeur de s'enrichir. Nous ne voyons d'ailleurs pas comment un tel brevet serait recevable a posteriori, outre l'exploitation du brevet, l'une des conditions étant l'absence d'antériorité, brevetée ou non.
source : The History of Sewing Machines sur About.com.
Ci-dessous, la machine inventée par Elias Howe.

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