Question d'origine :
Bonjour,
Comment reconnaitre une "eaux-fortes" d'une " lithographie."
merci de votre réponse
Marithe
Réponse du Guichet
Le 26/03/2008 à 11h18
Voici tout d’abord quelques éléments concernant l’histoire et les techniques de l'eau-forte, et de lithographie.
Les différents procédés de gravure sont particulièrement bien expliqués dans les ouvrages suivants :
- la gravure
- Identifiez et conservez vos papiers anciens
- Les épreuves du musée
Des éléments peuvent aussi vous intéresser dans ces documents :
- Galerie Mazanire info techniques apporte des éléments pour l’identification des différentes techniques
- Mémoires, lettre No 3 : données pour reconnaître une eau-forte
- Estampes, lithographie : techniques et caractéristiques de la lithographie
- Mémoires, lettre No 5 : sur les techniques d’impression à plat, dont la lithographie.
L’ouvrage Identifiez et conservez vos papiers anciens présente les caractéristiques des différentes techniques afin de les reconnaître.
Voici les caractéristiques présentées pour l’eau forte.
L’eau-forte est une impression en creux. C’est dans la profondeur de ses creux que l’encre vient se loger. Elle rejoint la famille des tailles-douces. La création de son graphisme sur la plaque s’exécute indirectement sur la surface du cuivre.
- La technique présente beaucoup de détails
- un encrage de différentes tonalités : l’encre vient remplir les différentes profondeurs des creux, restituant ainsi des noirs contrastés,
- présence d’une perspective dans le graphisme : c’est en créant différentes profondeurs de creux par des morsures chimiques que la gravure prend toutes les tonalités des noirs. Le résultat offre plusieurs perspectives
- présence d’une cuvette de distance inférieure à 2 cm : le cuivre étant délicat à essuyer après encrage de la plaque, on évite la distance entre le graphisme et sa cuvette
- un relief d’encre visible à la loupe : dans les parties les plus contrastées, l’encre sur le papier est très importante. Le relief peut même, dans certains cas, être détectable au toucher.
- présence d’un contour de silhouette : en détourant par un trait le contour de chaque sujet graphique, le graveur peut alors plus facilement le protéger des morsures chimiques successives
- le trait de même densité qui tremble légèrement : s’agissant de creux formés par une morsure chimique, l’action de l’acide pénètre à la verticale dans le cuivre ; l’observation à la loupe grossissante montre alors un trait de même épaisseur tremblant.
- la légende burinée est d’une grande finesse.
Et celles présentées pour la lithographie :
Les premières datent de 1796. Apogée de 1810 à 1950.
La lithographie est une impression à plat. C’est sur la surface de ses informations graphiques que vient se déposer l’encre d’impression.
- beaucoup de détails : la dextérité manuelle du dessinateur étant libre sur la pierre, l’œuvre peut par conséquent recevoir autant d’informations que souhaité
- un grain irrégulier : l’effervescence du grain de pierre ne peut répondre aux aspérités du grain du papier
- la signature noire dans le graphisme : elle est dessinée aussi sur la pierre.
- un graphisme à l’aspect d’un dessin : le tracé gras du crayon ou de la craie lithographiques se retrouvant sur le grain de la pierre, l’effervescence de la morsure chimique restitue une granulation répondant à l’atmosphère d’un dessin à la main
- un encrage de différente tonalité : en recevant la morsure chimique sur le gras du tracé, l’encre déposée est mieux retenue et plus contrastée.
- pas de relief d’encre : l’estampage appuyé de la feuille sur la pierre au cours de son tirage ne laisse aucune épaisseur d’encre
- légende : le tracé manque de précision et répond aux faibles possibilités graphiques d’un texte lithographique (en comparaison bien sûr de la légende taillée au burin des tailles-douces).
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