la délimitation époque moderne et contemporaine
DIVERS
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Le 07/11/2008 à 15h03
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Question d'origine :
bonjour, j'aimerais savoir qui a décidé de la césure entre époque moderne et époque cntemporaine . je sais que la préhistoire, l'antiquité et le moyen age ont été "inventés au 16e, mais quand a t-on délimité la période contemporaine, et qui ?
Réponse du Guichet
Le 08/11/2008 à 14h00
Réponse du service Guichet du Savoir
Un découpage de l'histoire en « périodes » ou bien – mieux – en « époques », car le premier terme stipule étymologiquement une histoire cyclique, a pour double objectif de répondre à une exigence chronologique et de poser des repères, d'indiquer des ruptures qui traduisent un changement d'objet .
Si l'histoire de la terre commence avec la formation géologique du globe terrestre et si l'histoire de l'humanité commence avec l'apparition du genre homo, on limite traditionnellement l'emploi du mot « Histoire » (avec une majuscule) pour les périodes qui nous sont connues par l'intermédiaire de sources écrites, quel que soit le support de ces sources et quels que soient les moyens par lesquels elles nous sont parvenues. Les périodes pour lesquelles de telles sources n'existent pas ayant été nommées, quant à elles, préhistoire ou protohistoire.
Cet usage, popularisé à la suite de la création des archives nationales (1808) et de la professionnalisation des historiens s'explique principalement par l'importance historique de l'écrit en tant que source privilégiée de la connaissance historique. Cette suprématie de l'écrit perdure jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle pour l'ensemble des champs d'études de l'histoire.
[...]
En France, les historiens mettent en évidence conventionnellement quatre époques majeures de l'Histoire :
- l'Antiquité, des premières civilisations jusqu'à la chute de l'Empire romain occidental en 476 ;
- le Moyen Âge, de la chute de l'Empire romain jusqu'à la fin du XVe siècle ;
- l'Époque moderne, de la fin du XVe siècle à la Révolution française ;
- l'Époque contemporaine, depuis la Révolution française.
D'autres écoles historiques distinguent différemment entre Époque moderne et Époque contemporaine. Les historiens allemands et anglo-saxons, par exemple, considèrent que la durée de l'histoire contemporaine est toujours relative au présent. Ainsi ils maintiennent une période moderne unique depuis la fin du XVe siècle, avec en général trois subdivisions :
- l'Époque moderne antérieure, de la fin du XVe siècle jusqu'à la chute de l'Ancien Régime en 1792 ;
- l'Époque moderne postérieure I (1792-1920), jusqu'au lendemain du Traité de Versailles, et
- l'Époque moderne postérieure II (depuis 1920), des années dix-neuf cent vingt jusqu'à nos jours.
Le terme histoire contemporaine est à l'étranger une dénomination très relative qui comprend toujours les six à huit décennies qui précèdent le temps présent.
En raison de l'élargissement du champ de la discipline historique, aux quatre périodes de l'histoire classique, il convient d'ajouter :
- La préhistoire, de l'apparition de l'homme jusqu'à l'émergence des premières civilisations ;
- La protohistoire : c'est la période pendant laquelle une civilisation ne possède pas encore d'écriture mais apparaît déjà dans les écrits d'autres civilisations. Il s'agit en effet, des civilisations postérieures à l'invention de l'écriture mais n'en faisant pas usage ; par exemple, les Celtes, les civilisations pré-coloniales de l'Afrique noire ou les « Indiens » d'Amérique entrent dans cette « période ».
[...]
Ce découpage est évidemment arbitraire et ses limites mêmes peuvent varier selon plusieurs critères. Un premier critère est thématique : il n'existe pas, en effet, de ruptures claires dans tous les domaines de l'histoire (politique, social, culturel, etc.) à chaque changement de période.
Les histoires nationales, également, proposent des dates qui sont plus significatives en ce qui les concernent : on admet ainsi que les Américains font débuter l'époque contemporaine en 1776 ou que les Allemands privilégient l'imprimerie de Gutenberg pour marquer la fin du Moyen Âge.
Plus largement, cette partition est dictée par des considérations culturelles et géographiques : elle apparaît correcte pour l'Occident mais elle est inadaptée à l'histoire des autres continents.
[...]
Source : wikipedia.org
Hormis cet article, nous vous encourageons vivement à lire (en bibliothèque) celui de l'Encyclopaedia Universalis que nous ne pouvons, ici, vous transmettre dans son intégralité.
Extrait :
La périodisation segmente le cours de l'histoire pour rendre les faits pensables. Ce découpage est la base de toute interprétation historique.
Périodisation à l'ancienne
Périodiser rend pensable le chaos des chroniques, ordonne le fil du temps ; l'opération trahit souvent la quête obstinée d'un sens de l'histoire. De Hésiode à Marx, en passant par saint Augustin ou Hegel, les grandes visions du monde porteuses d'un sens global reposent sur une périodisation du temps de l'histoire. Ainsi, le christianisme ne se dissocie pas d'un récit chronologique ordonné en séquences : la création du monde, le monde après la perte du paradis, le monde après la venue du Christ, la fin du monde et le Jugement dernier comme fin de l'histoire. De même, Karl Marx périodise l'histoire humaine selon les modes de production : mode de production antique fondé sur l'esclavage, féodal fondé sur le servage, capitaliste à l'âge du salariat. Qu'ils soient cycliques, comme la périodisation grecque (de l'Âge d'or à l'Âge du fer) et la périodisation chinoise classique (de l'avènement d'une dynastie à sa chute pour rupture du « mandat du Ciel »), ou vectoriels, tendus d'une fondation vers une fin, comme le christianisme avec le Jugement dernier ou le marxisme avec la société sans classes, ces systèmes généraux de pensée du temps historique disent le passé, le présent et l'avenir de l'humanité. Même lorsqu'une périodisation ne prend en compte que les moments d'accomplissement du génie humain, par exemple le siècle de Périclès ou celui de Louis XIV, elle donne un sens à l'histoire : le progrès de la civilisation.
L'invention de périodes constitue par ailleurs un moyen politique de légitimer les changements historiques et de se justifier dans l'histoire, par exemple les modèles médiévaux de la translatio imperii ou de la translatio studii pour imposer l'idée d'une continuité entre Antiquité et Moyen Âge. En un sens, il en va de même avec lapériodisation dans laquelle l'Occident se projette depuis sa construction progressive à la fin du XIVe siècle. À partir de la conception des « âges moyens » par Flavio Biondo (1392-1463), la notion de Moyen Âge va se sédimenter au fil de la Renaissance. La tripartition Antiquité-Moyen Âge-période moderne trouve sa formulation scolaire avec l'historien allemand Christoph Keller (Cellarius) au XVIIe siècle. Quant à la période postérieure à la Révolution, il faut attendre, en France, Victor Duruy (1867) pour qu'elle soit enseignée au titre de l'histoire contemporaine, qui commence donc en 1789 . Avec la professionnalisation de l'histoire, la division des temps engendre une sociologie, celle du métier d'historien, reposant sur des spécialisations définies par périodes qui déterminent l'accès aux postes de recherche ou d'enseignement.
Au-delà de ces périodisations héritées, les historiens produisent les leurs au cours de leurs recherches. Description qui se fait interprétation, la périodisation a souvent été au cœur des débats et des combats de la discipline ; le Periodisierung est un genre historiographique en soi pour la science historique allemande du XIXe siècle. Dans un premier temps, les périodisations s'inspirent de la notion d'esprit de l'époque (Zeitgeist) : « La période de quinze ans, qui va de la chute de Napoléon à la révolution de 1830, forme une période historique répondant à un thème dominant qu'elle développe et porte à sa conclusion » (Benedetto Croce, Histoire de l'Europe au XIXe siècle, 1932).
Maillon d'une chaîne, puis incarnation de l'esprit du temps, la période à l'ancienne se définit enfin comme le tout (Zusammenhang) qui rend intelligible les parties interdépendantes du corps social à un moment donné. L'historien crée des époques-personnages dont la puissance explicative dépasse de loin celle d'Alexandre ou de Napoléon : ainsi de la Renaissance selon Jules Michelet ou Jacob Burckhardt (Olivier Dumoulin, « La Guerre des deux périodes », in Périodes, la construction du temps historique, 1991).
Si l'histoire de la terre commence avec la formation géologique du globe terrestre et si l'histoire de l'humanité commence avec l'apparition du genre homo, on limite traditionnellement l'emploi du mot « Histoire » (avec une majuscule) pour les périodes qui nous sont connues par l'intermédiaire de sources écrites, quel que soit le support de ces sources et quels que soient les moyens par lesquels elles nous sont parvenues. Les périodes pour lesquelles de telles sources n'existent pas ayant été nommées, quant à elles, préhistoire ou protohistoire.
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- l'Antiquité, des premières civilisations jusqu'à la chute de l'Empire romain occidental en 476 ;
- le Moyen Âge, de la chute de l'Empire romain jusqu'à la fin du XVe siècle ;
- l'Époque moderne, de la fin du XVe siècle à la Révolution française ;
- l'Époque contemporaine, depuis la Révolution française.
D'autres écoles historiques distinguent différemment entre Époque moderne et Époque contemporaine. Les historiens allemands et anglo-saxons, par exemple, considèrent que la durée de l'histoire contemporaine est toujours relative au présent. Ainsi ils maintiennent une période moderne unique depuis la fin du XVe siècle, avec en général trois subdivisions :
- l'Époque moderne postérieure I (1792-1920), jusqu'au lendemain du Traité de Versailles, et
- l'Époque moderne postérieure II (depuis 1920), des années dix-neuf cent vingt jusqu'à nos jours.
Le terme histoire contemporaine est à l'étranger une dénomination très relative qui comprend toujours les six à huit décennies qui précèdent le temps présent.
En raison de l'élargissement du champ de la discipline historique, aux quatre périodes de l'histoire classique, il convient d'ajouter :
- La préhistoire, de l'apparition de l'homme jusqu'à l'émergence des premières civilisations ;
- La protohistoire : c'est la période pendant laquelle une civilisation ne possède pas encore d'écriture mais apparaît déjà dans les écrits d'autres civilisations. Il s'agit en effet, des civilisations postérieures à l'invention de l'écriture mais n'en faisant pas usage ; par exemple, les Celtes, les civilisations pré-coloniales de l'Afrique noire ou les « Indiens » d'Amérique entrent dans cette « période ».
[...]
Ce découpage est évidemment arbitraire et ses limites mêmes peuvent varier selon plusieurs critères. Un premier critère est thématique : il n'existe pas, en effet, de ruptures claires dans tous les domaines de l'histoire (politique, social, culturel, etc.) à chaque changement de période.
Les histoires nationales, également, proposent des dates qui sont plus significatives en ce qui les concernent : on admet ainsi que les Américains font débuter l'époque contemporaine en 1776 ou que les Allemands privilégient l'imprimerie de Gutenberg pour marquer la fin du Moyen Âge.
Plus largement, cette partition est dictée par des considérations culturelles et géographiques : elle apparaît correcte pour l'Occident mais elle est inadaptée à l'histoire des autres continents.
[...]
Source : wikipedia.org
Hormis cet article, nous vous encourageons vivement à lire (en bibliothèque) celui de l'Encyclopaedia Universalis que nous ne pouvons, ici, vous transmettre dans son intégralité.
Extrait :
La périodisation segmente le cours de l'histoire pour rendre les faits pensables. Ce découpage est la base de toute interprétation historique.
Périodiser rend pensable le chaos des chroniques, ordonne le fil du temps ; l'opération trahit souvent la quête obstinée d'un sens de l'histoire. De Hésiode à Marx, en passant par saint Augustin ou Hegel, les grandes visions du monde porteuses d'un sens global reposent sur une périodisation du temps de l'histoire. Ainsi, le christianisme ne se dissocie pas d'un récit chronologique ordonné en séquences : la création du monde, le monde après la perte du paradis, le monde après la venue du Christ, la fin du monde et le Jugement dernier comme fin de l'histoire. De même, Karl Marx périodise l'histoire humaine selon les modes de production : mode de production antique fondé sur l'esclavage, féodal fondé sur le servage, capitaliste à l'âge du salariat. Qu'ils soient cycliques, comme la périodisation grecque (de l'Âge d'or à l'Âge du fer) et la périodisation chinoise classique (de l'avènement d'une dynastie à sa chute pour rupture du « mandat du Ciel »), ou vectoriels, tendus d'une fondation vers une fin, comme le christianisme avec le Jugement dernier ou le marxisme avec la société sans classes, ces systèmes généraux de pensée du temps historique disent le passé, le présent et l'avenir de l'humanité. Même lorsqu'une périodisation ne prend en compte que les moments d'accomplissement du génie humain, par exemple le siècle de Périclès ou celui de Louis XIV, elle donne un sens à l'histoire : le progrès de la civilisation.
L'invention de périodes constitue par ailleurs un moyen politique de légitimer les changements historiques et de se justifier dans l'histoire, par exemple les modèles médiévaux de la translatio imperii ou de la translatio studii pour imposer l'idée d'une continuité entre Antiquité et Moyen Âge. En un sens, il en va de même avec la
Au-delà de ces périodisations héritées, les historiens produisent les leurs au cours de leurs recherches. Description qui se fait interprétation, la périodisation a souvent été au cœur des débats et des combats de la discipline ; le Periodisierung est un genre historiographique en soi pour la science historique allemande du XIXe siècle. Dans un premier temps, les périodisations s'inspirent de la notion d'esprit de l'époque (Zeitgeist) : « La période de quinze ans, qui va de la chute de Napoléon à la révolution de 1830, forme une période historique répondant à un thème dominant qu'elle développe et porte à sa conclusion » (Benedetto Croce, Histoire de l'Europe au XIXe siècle, 1932).
Maillon d'une chaîne, puis incarnation de l'esprit du temps, la période à l'ancienne se définit enfin comme le tout (Zusammenhang) qui rend intelligible les parties interdépendantes du corps social à un moment donné. L'historien crée des époques-personnages dont la puissance explicative dépasse de loin celle d'Alexandre ou de Napoléon : ainsi de la Renaissance selon Jules Michelet ou Jacob Burckhardt (Olivier Dumoulin, « La Guerre des deux périodes », in Périodes, la construction du temps historique, 1991).
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