Question d'origine :
J'aimerais un classement des villes de l'Empire Romain selon le nombre d’habitants - jusqu'à Lugdunum, au moins.
Réponse du Guichet
Le 18/05/2011 à 13h46
Réponse du service Guichet du Savoir
Bonjour,
Nous n’avons pas trouvé de classification des villes en fonction de leur démographie et il faudra se contenter d’informations glanées au cours de nos lectures :
Divers recensements ont été effectués sous l’empire Romain et Tite-Live assure qu’il y a eu des dénombrements périodiques, dont le plus ancien remonterait à Servius Tullius (578-534 av. J.-C.) .
Pour Rome, à l’époque des grandes conquêtes, du IIIe au Ier s av. J-C, le territoire de la république romaine s’étendit considérablement. Aussi, à la fin du 1er apr. JC, Rome était devenue l’une des plus grandes villes, sinon la plus grande du monde antique. D’autres grandes villes venaient derrière elle : en Italie, on peut citer Aquilée (25 000 hab.), Capoue (18 000), Vérone (20 000), et hors de l’Italie, Ephèse (40 000), Alexandrie (300 000), Antioche et Carthage.
Par ailleurs, les auteurs s’intéressent à la population de l’empire romain, sans toutefois en mentionner les villes. La plupart des données concernent avant tout des territoires comme la province d’Asie, la Syrie, l’Egypte etc. Ainsi, les provinces d’Asie possédaient environ 500 villes A côté de quelques très grands centres, un nombre assez important de villes moyennes avaient 10 000 à 20 000 habitants et environ une centaine de petits villes , 500 à 10 00 habitants .
Source : La population de l'Antiquité classique , p. 81-82.
Pierre Salmon apporte quelques précisions dans Population et dépopulation dans l'Empire romain et écrit que l’empire romain, à l’exception de la Bretagne, comptait, à la mort d’Auguste, en 14 après J.-C. 54 millions d’habitants pour une superficie totale de 3 339 500 km2.
En ce qui concerne les villes, on sait que Pompéi avait, pour un territoire de 66 hectares, environ 1764 maisons. En supposant 6 personnes par maison, J.C. Russell évalue sa population à 10 580 habitants (…)
D’une façon générale, selon F. Lot, les villes de Gaule les plus étendues, Nîmes, Toulouse, Autin, Trêves, n’ont jamais pu compter plus de 50 000 habitants, n’ayant que 200 ou 300 hectares de superficie (…) D’après Galien, Pergame avait, au milieu du IIe siècle, 40 000 citoyens adultes. Mais les évaluations modernes varient entre 140 00 et 24 000 habitants. Ephèse aurait 51 000, Ancyre 34 000 et Doura-Euriopos 6 à 7 000 habitants (..) En Syrie, on sait qu’Apamée avait en 6/7, sous le règne d’Auguste, 117 000 habitants libres et qu’Antioche, au Ive siècle, comptait 120 000 âmes d’après saint Jean Chrysostome (..) Alexandrie possédait, selon Diodore, 300 000 hommes libres au Ier siècle avant notre ère(…) Carthage était la plus grande ville romaine. Ch. Courtois lui donne environ 100 000 habitants. En revanche J. Russell, (...) ne lui octroie que 38 OOO habitants au IIIe siècle (…) En outre, au Ive siècle, Auson range Carthage après Rome et Constantinople et avant Antioche et Alexandrie.
Source : Population et dépopulation dans l'Empire romain, p. 32 -38.
Comme vous pourrez le constater, il sera difficile de réaliser un classement de ces villes en fonction de la démographie car, d’une étude à l’autre, les chiffres fluctuent considérablement.
Enfin, si l’on s’intéresse uniquement à l’idée de "grande ville" Jehan Desanges mentionne que traiter des grandes villes chez les « géographes » de langue latine présente deux difficultés : il n’y a guère, au sens strict, de géographes d’expression latine, et l’existence de quelques très grandes villes ne semble pas constituer pour eux un centre d’intérêt spécifique.
L’auteur montre que les avis divergent sur la notion de "très grandes villes du monde romain". Son analyse repose sur quelques témoignages dont ceux de Pomponius Méla et Pline l’Ancien. Ainsi Pline l’Ancien ne mentionne que Carthage, Alexandrie et Rome. Si Ammien Marcellin dans son ouvrage Expositio témoigne d’un grand intérêt pour Alexandrie, il est fort peu élogieux d’Antioche et ne consacre que quelques lignes à Tyrs et Beyrouth. Il mentionne pour les jeux du cirque les villes de Laodicée, Tyr Beyrouth, Césarée, Héliopolis, Gaza, Ascalon et Castabala et confère également le titre de "très grandes ville"s à Sirmium en Pannonie, Trèves et Arles en Gaule. Sont encore mentionnées Nicomédie en Bithynie et Milan.
Source : Jehan Desanges, Les très grandes villes du monde romain d'après les "géographes" de langue latine, Mélanges de l'Ecole française de Rome. t. 106, n° 2, 1994, p. 901-919.
Vous trouverez d’autres informations dans les études suivantes :
* Germaine Aujac, Les très grandes villes chez les géographes grecs, Mélanges de l'Ecole française de Rome, t. 106, n°2, 1994, pp. 859-899.
* La démographie historique antique, études réunies par M. Bellancourt-Valdher et J.-N. Corvisier, Cahiers scientifiques de l’université d’Artois , n° 11, 1999.
Vous trouverez des références supplémentaires en effectuant des recherches sur le catalogue universitaire du Sudoc.
Bonjour,
Nous n’avons pas trouvé de classification des villes en fonction de leur démographie et il faudra se contenter d’informations glanées au cours de nos lectures :
Divers recensements ont été effectués sous l’empire Romain et Tite-Live assure qu’il y a eu des dénombrements périodiques, dont le plus ancien remonterait à Servius Tullius (578-534 av. J.-C.) .
Pour Rome, à l’époque des grandes conquêtes, du IIIe au Ier s av. J-C, le territoire de la république romaine s’étendit considérablement. Aussi, à la fin du 1er apr. JC, Rome était devenue l’une des plus grandes villes, sinon la plus grande du monde antique. D’autres grandes villes venaient derrière elle : en Italie, on peut citer Aquilée (25 000 hab.), Capoue (18 000), Vérone (20 000), et hors de l’Italie, Ephèse (40 000), Alexandrie (300 000), Antioche et Carthage.
Par ailleurs, les auteurs s’intéressent à la population de l’empire romain, sans toutefois en mentionner les villes. La plupart des données concernent avant tout des territoires comme la province d’Asie, la Syrie, l’Egypte etc. Ainsi, les provinces d’Asie possédaient environ 500 villes A côté de quelques très grands centres, un nombre assez important de villes moyennes avaient 10 000 à 20 000 habitants et environ une centaine de petits villes , 500 à 10 00 habitants .
Source : La population de l'Antiquité classique , p. 81-82.
Pierre Salmon apporte quelques précisions dans Population et dépopulation dans l'Empire romain et écrit que l’empire romain, à l’exception de la Bretagne, comptait, à la mort d’Auguste, en 14 après J.-C. 54 millions d’habitants pour une superficie totale de 3 339 500 km2.
En ce qui concerne les villes, on sait que Pompéi avait, pour un territoire de 66 hectares, environ 1764 maisons. En supposant 6 personnes par maison, J.C. Russell évalue sa population à 10 580 habitants (…)
D’une façon générale, selon F. Lot, les villes de Gaule les plus étendues, Nîmes, Toulouse, Autin, Trêves, n’ont jamais pu compter plus de 50 000 habitants, n’ayant que 200 ou 300 hectares de superficie (…) D’après Galien, Pergame avait, au milieu du IIe siècle, 40 000 citoyens adultes. Mais les évaluations modernes varient entre 140 00 et 24 000 habitants. Ephèse aurait 51 000, Ancyre 34 000 et Doura-Euriopos 6 à 7 000 habitants (..) En Syrie, on sait qu’Apamée avait en 6/7, sous le règne d’Auguste, 117 000 habitants libres et qu’Antioche, au Ive siècle, comptait 120 000 âmes d’après saint Jean Chrysostome (..) Alexandrie possédait, selon Diodore, 300 000 hommes libres au Ier siècle avant notre ère(…) Carthage était la plus grande ville romaine. Ch. Courtois lui donne environ 100 000 habitants. En revanche J. Russell, (...) ne lui octroie que 38 OOO habitants au IIIe siècle (…) En outre, au Ive siècle, Auson range Carthage après Rome et Constantinople et avant Antioche et Alexandrie.
Source : Population et dépopulation dans l'Empire romain, p. 32 -38.
Comme vous pourrez le constater, il sera difficile de réaliser un classement de ces villes en fonction de la démographie car, d’une étude à l’autre, les chiffres fluctuent considérablement.
Enfin, si l’on s’intéresse uniquement à l’idée de "grande ville" Jehan Desanges mentionne que traiter des grandes villes chez les « géographes » de langue latine présente deux difficultés : il n’y a guère, au sens strict, de géographes d’expression latine, et l’existence de quelques très grandes villes ne semble pas constituer pour eux un centre d’intérêt spécifique.
L’auteur montre que les avis divergent sur la notion de "très grandes villes du monde romain". Son analyse repose sur quelques témoignages dont ceux de Pomponius Méla et Pline l’Ancien. Ainsi Pline l’Ancien ne mentionne que Carthage, Alexandrie et Rome. Si Ammien Marcellin dans son ouvrage Expositio témoigne d’un grand intérêt pour Alexandrie, il est fort peu élogieux d’Antioche et ne consacre que quelques lignes à Tyrs et Beyrouth. Il mentionne pour les jeux du cirque les villes de Laodicée, Tyr Beyrouth, Césarée, Héliopolis, Gaza, Ascalon et Castabala et confère également le titre de "très grandes ville"s à Sirmium en Pannonie, Trèves et Arles en Gaule. Sont encore mentionnées Nicomédie en Bithynie et Milan.
Source : Jehan Desanges, Les très grandes villes du monde romain d'après les "géographes" de langue latine, Mélanges de l'Ecole française de Rome. t. 106, n° 2, 1994, p. 901-919.
Vous trouverez d’autres informations dans les études suivantes :
* Germaine Aujac, Les très grandes villes chez les géographes grecs, Mélanges de l'Ecole française de Rome, t. 106, n°2, 1994, pp. 859-899.
* La démographie historique antique, études réunies par M. Bellancourt-Valdher et J.-N. Corvisier, Cahiers scientifiques de l’université d’Artois , n° 11, 1999.
Vous trouverez des références supplémentaires en effectuant des recherches sur le catalogue universitaire du Sudoc.
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