Question d'origine :
Bonjour,
Pour mieux cerner un personnage de théâtre :
Comment se situaient les drapiers au XV e siècle, en terme de statut social? Et savez vous si il y avait il des femmes dans ce métier?
avec mes remerciements
Réponse du Guichet
Le 13/01/2012 à 13h13
Bonjour,
Voici quelques extraits de textes portant sur le statut social des drapiers et des femmes au Moyen-Âge qui décrivent leur position sociale :
A Paris, à la fin du XIIIe siècle, ils sont déjà dix-neuf drapiers inscrits en 1292 au registre de la taille, huit ans plus tard, le nombre est passé à cinquante-six. Les drapiers parisiens fabriquent la "biffe" une étoffe très renommée qui leur procure de confortables revenus.Ce ne sont pas des artisans, mais des marchands entrepreneurs qui font travailler cinq métiers : les tisserands, les tondeurs, les foulons, les teinturiers et les tailleurs.
source : Les métiers au Moyen-Âge/ Sophie Cassagnes-Brouquet
[...] à ce degré de division du travail le drap est bien le fruit d'une étroite association entre ville et campagne, commerce et mécanique, réglementation et modes. C'est donc là que s'épanouira avec le plus de perfection la structure artisanale médiévale à son degré achevé :ateliers qui sont la propriété d'un maître ou d'une famille , apprentis de plus en plus liés à eux par le sang, valets embauchés à la tâche et parfois avec leurs outils ; l'ensemble est strictement structuré par la réglementation : par exemple, l'Arte délia Lana à Florence tient en main toute la fabrication du drap, du troupeau à la vente au marché. Dans de telles structures, l'argent joue donc un rôle essentiel : le drapier est certes un « industriel », mais il est, aussi un « homme d'affaires », souvent un « homme politique », au besoin un grand propriétaire foncier. Il possède ses troupeaux, ses moulins, ses bois, ses navires : il envoie au plat pays ses agents, ses woolmen comme l'on dit en Angleterre, acheter la laine sur les moutons encore non tondus, fait avance de fonds et crédit, spécule ainsi sur la paysannerie.
Son influence dépasse donc le simple domaine du drap : maître des salaires, il l'est ainsi du travail. Il modifiera la
structure économique en fonction de son intérêt, et orientera le destin d'une région et de ses habitants [...]
source : Le travail au Moyen Age / Robert Fossier
C'est dans le secteur textile que le travail féminin est le plus manifeste et le plus diversifié. Sur 15 métiers pratiqués par des femmes, 9 se font dans le textile. Les références se trouvent surtout dans les contrats d'apprentissage, les louages de services et les compoix, tandis que les Statuts restent très allusifs. Les femmes pratiquent plutôt de petits métiers dans lesquels les qualités considérées comme proprement féminines sont nécessaires (délicatesse, précision, ...) et le profit relativement modéré, la couture, la broderie, le travail de la soie et de l'or (à des stades intermédiaires de la production), le travail des peaux, la mercerie, la friperie.Au contraire, leur présence est plus faible dans les métiers majeurs, comme la draperie , le tissage, le grand commerce des toiles, et dans l'industrie du luxe comme le commerce des épices et de la soie. Les Statuts de ces métiers ignorent les femmes et les contrats d'embauche ne s'y réfèrent pas. Pourtant, un testament mentionne l'existence d'une veuve qui se présente comme tisserande et lègue ses navettes à son neveu, et certains achats et reconnaissances de dettes nous laissent percevoir une activité féminine dans la draperie, non seulement à travers l'investissement de capitaux, mais aussi par l'exercice quotidien d'un travail au sein d'un atelier, souvent en association avec un partenaire masculin. La draperie est l'un des métiers les plus prestigieux de la ville et il semble que les femmes qui atteignent ce niveau de fortune et de responsabilité demeuraient volontiers dans l'ombre.
source : Entre ombre et lumière : quelques aspects du travail des femmes à Montpellier (1293-1408) / Cécile Béghin Médiévales Année 1996 Volume 15 Numéro 30 pp. 45-54
Voir aussi les articles suivants :
- Vie et mort d’un couple de marchands-drapiers parisiens / Boris BOVE, d’après les testaments de Jeanne et Etienne Haudri (1309, 1313) », dans Paris et Ile-de-France. Mémoires, 52 (2001), p. 19-81.
- Draperies rurales, draperies urbaines. L'évolution de l'industrie flamande au moyen âge et au XVIe siècle /
E. Coornaert, Revue belge de philologie et d'histoire, Année 1950 - Volume 28 - Numéro 28-1- pp. 59-96
Enfin, le livre de Dominique Cardon, intitulé La Draperie au Moyen Age : essor d'une grande industrie européenne pourra sans doute vous intéresser et répondre à vos interrogations.
Un article de Françoise Piponnier présente cet ouvrage in Annales. Histoire, Sciences Sociales - Année 2001 - Volume 56 - Numéro 6 - pp. 1313-1315
Voici quelques extraits de textes portant sur le statut social des drapiers et des femmes au Moyen-Âge qui décrivent leur position sociale :
A Paris, à la fin du XIIIe siècle, ils sont déjà dix-neuf drapiers inscrits en 1292 au registre de la taille, huit ans plus tard, le nombre est passé à cinquante-six. Les drapiers parisiens fabriquent la "biffe" une étoffe très renommée qui leur procure de confortables revenus.
source : Les métiers au Moyen-Âge/ Sophie Cassagnes-Brouquet
[...] à ce degré de division du travail le drap est bien le fruit d'une étroite association entre ville et campagne, commerce et mécanique, réglementation et modes. C'est donc là que s'épanouira avec le plus de perfection la structure artisanale médiévale à son degré achevé :
structure économique en fonction de son intérêt, et orientera le destin d'une région et de ses habitants
source : Le travail au Moyen Age / Robert Fossier
C'est dans le secteur textile que le travail féminin est le plus manifeste et le plus diversifié. Sur 15 métiers pratiqués par des femmes, 9 se font dans le textile. Les références se trouvent surtout dans les contrats d'apprentissage, les louages de services et les compoix, tandis que les Statuts restent très allusifs. Les femmes pratiquent plutôt de petits métiers dans lesquels les qualités considérées comme proprement féminines sont nécessaires (délicatesse, précision, ...) et le profit relativement modéré, la couture, la broderie, le travail de la soie et de l'or (à des stades intermédiaires de la production), le travail des peaux, la mercerie, la friperie.
source : Entre ombre et lumière : quelques aspects du travail des femmes à Montpellier (1293-1408) / Cécile Béghin Médiévales Année 1996 Volume 15 Numéro 30 pp. 45-54
Voir aussi les articles suivants :
- Vie et mort d’un couple de marchands-drapiers parisiens / Boris BOVE, d’après les testaments de Jeanne et Etienne Haudri (1309, 1313) », dans Paris et Ile-de-France. Mémoires, 52 (2001), p. 19-81.
- Draperies rurales, draperies urbaines. L'évolution de l'industrie flamande au moyen âge et au XVIe siècle /
E. Coornaert, Revue belge de philologie et d'histoire, Année 1950 - Volume 28 - Numéro 28-1- pp. 59-96
Enfin, le livre de Dominique Cardon, intitulé La Draperie au Moyen Age : essor d'une grande industrie européenne pourra sans doute vous intéresser et répondre à vos interrogations.
Un article de Françoise Piponnier présente cet ouvrage in Annales. Histoire, Sciences Sociales - Année 2001 - Volume 56 - Numéro 6 - pp. 1313-1315
DANS NOS COLLECTIONS :
Ça pourrait vous intéresser :
Pouvez-vous identifier les poinçons de cette vieille...
Comment s'est développé le quartier Saint-Clair à Caluire-et-Cuire...
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir commenter.
Se connecter