Question d'origine :

Une avenue est une grande rue bordée d'arbres. Un boulevard se situe sur les anciens remparts. Mais qu'est ce qu'un cours ? Ethymologiquement une avenue, est le participe passé féminin d’avenir (« approcher »), issu du latin advenire (« revenir à »). Une avenue serait-elle une voie qui entrerait dans la ville de l’extérieur, alors qu'un cours serait plutôt une sorte d'avenue qui "reste dans la ville" ? La ville de Lyon en possède beaucoup : Cours Lafayette, Cours Albert Thomas... Alors quelle est la définition exacte, et la différence avec une avenue ? Merci.

Réponse du Guichet

Avatar par défaut gds_ah - Département : Equipe du Guichet du Savoir
Le 22/03/2012 à 11h37
Bonjour,

Voici les définitions que nous avons trouvées dans :

Le Grand Robert de la langue française : dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française de Paul Robert (dir. par Alain Rey) (Paris, Le Robert, 2001)

Le Dictionnaire historique de la langue française , sous la direction d'Alain Rey, avec la collaboration de Marianne Tomi, Tristan Hordé, Chantal Tanet (Paris, Le Robert, 2000 )


DEFINITIONS DE COURS

Le Grand Robert de la Langue Française :

COURS (XVIIe ; Ital. Corso « cours, suite continue dans l’espace ». – Corso).
Avenue plantée d’arbres qui sert, dans les villes, de lieu de promenade ou de passage. Se promener sur le cours. Le Cours-La-Reine, à Paris. Le cours Mirabeau, (à Aix-en-Provence).

Régional. Faire le cours : se promener sur le cours.


Le Robert Dictionnaire historique de la langue française :

COURS : Le sens de « longue et large avenue », purement spatial, peut être daté de 1616, date de l’établissement, par Marie de Médicis, d’une allée appelée plus tard Cours-la-Reine à Paris. Il subit certainement l’influence de l’italien corso.
Corso n. m. à lui-même été repris tel quel en français avec le même sens (1807), et étendu à un défilé de chars lors d’une fête (1846). Par exemple dans corso fleuri.


DEFINITIONS D’AVENUE

Le Grand Robert de la Langue Française :

AVENUE n. f. – 1549 ; advenue, de avenu subst. Participial de l’anc. v. avenir « arriver » - Advenir

A. (concret)

1. Chemin par lequel on arrive en un lieu – accès, entrée. (…)

2. (1680) Mod. Voie plantée d’arbres qui conduit à une habitation. – Allée (…)

3. Large voie urbaine ( - Boulevard, cours)


B. Par métaphore ou fig. (littér.).
Voie d’accès. Les avenues du pouvoir. (…)


Le Robert Dictionnaire historique de la langue française :

AVENU, UE adj. est le participe passé de l’ancien verbe avenir (-advenir, avenie) (…)

AVENUE n. f. est la substantivation du féminin de ce participe. Le mot signifie anciennement (1160) « approche, venue » (d’envahisseurs, etc.) » et ceci jusqu’au XVIe siècle. C’est alors qu’il prend une valeur spatiale : avenue (av. 1475, Chastellain) désigne un lieu par lequel on « advient », on arrive, c’est-à-dire une porte, un passage, une ouverture en général. D’où le sens figuré de « voie d’accès » (déjà chez Montaigne). Courant à l’époque classique, ce sens se spécialise (1611) pour « allée* (autre participe passé substantivé) bordée d’arbres ». A cette acception s’ajoute (fin XIXe s.) celle de « large voie urbaine », en concurrence avec boulevard (qui a changé de sens). Au figuré, les avenues de la fortune, etc. (XVIe s.) conserve le sens étymologique mais correspond aussi à « voie d’accès ». Le sens ancien « événement, fait qui se produit » (fin XIIe s.) était déjà archaïque au XVIe siècle.

Ainsi, la différence entre avenue et cours est nuancée. Le cours est une « longue et large avenue ».

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