Question d'origine :

Bonjour, Pourrait-on en savoir davantage sur la Machecroute ? Origine et teneur de la légende, iconographie, relations avec les crues de la Saône, etc. Merci d'avance ! GR

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_reg - Département : Documentation régionale
Le 26/04/2012 à 14h35
Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Bonjour,

La Mâchecroute est une bête qui a une forme de dragon et qui est associée aux crues du Rhône (et pas de la Saône).
D'après Jean Michel Duhart, Le Rhône, légendaire et mystérieux de Lyon à la mer.
Il faut avoir présent à l'esprit l'image du fleuve primitif, vaste lacis de marécages, des lônes (bras de rivière où le fleuve est dormant) et de brotteaux (lieu bas facilement inondé) pour comprendre combien « la peur tient au bord de l'eau, aux dégâts qu'elle commet et aux bêtes qui y gîtent. Le fleuve, être puissant, s'incarne en des formes changeantes ; il peut être matrona ou vouivre à sa modeste source ; il devient monstre terrible là où il a pris largeur et force. La grande gueule du monstre peut absorber, tarir à demi ; elle préfère généralement déverser. Pour le Rhône, à Lyon, c'est déjà, non un petit drac, mais l'horrible et énorme Mâchecroute qui a gîté sous l'actuel pont de la Guillotière. La bête, maîtresse des profondeurs, est responsable de l'inondation. » (Henri Donteville, Mythologie Française, Payot, 1973).
On la portait jadis pour le carnaval. « C'estoit, dit Rabelais, une Effigie monstrueuse, ridicule, hideuse et terrible aux petits enfants, ayant les oeilz plus grands que le ventre, et la teste pus grosse que tout le reste du corps, avecque amples, larges et horrificques maschoueres bien endentelées tant au dessus comme au dessoubs : lesquelles avecques l'engin d'une petite chorde cachée... l'on faisoit l'une contre l'autre terrificquement cliqueter. »
Nizier du Puitspelu voit dans cette Mâchecroute une survivance du manducus latin, mannequin pourvu de mâchoires et de dents énormes qu'on promenait dans certains jeux publics. Si la Mâchecroute a depuis longtemps déserté les rues de Lyon, on y menace encore les enfants de les faire manger à la Maschecroute.


Philippe Reyt étudie précisément les Les dragons de la crue et pour lui, ils sont « une image profane de l’eau vive destinée à illustrer le comportement de celle-ci et à entretenir la conscience de la crue au sein de la société, tout en exorcisant l’angoisse de cette dernière par la fête et le masque ». Cette légende du Moyen-âge disparaît progressivement jusqu’au XVIIIe siècle.

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