Question d'origine :
Bonjour,
En France, le box office du cinéma se calcule en nombre de spectateurs tandis que son équivalent américain se calcule en dollars car il évalue ce que le film rapporte financièrement.
Exemple: en France, le film "Avatar" a enregistré près de 3 millions d'entrées pour sa première semaine d'exploitation tandis que pour la même période, le box office américain enregistrait pour ce film la somme de 160 millions de dollars de recettes sur son territoire.
Ma question est donc la suivante: existe-t-il une manière de convertir ces dollars en nombre de spectateurs afin de pouvoir comparer le nombre de spectateurs français et américains? Il suffirait de connaître la part du prix du ticket qui est considérée comme "recette" par l'industrie cinématographique américaine.
Réponse du Guichet
Le 30/12/2009 à 16h54
Les deux systèmes de calculs du box office français et américain reposent effectivement sur des données différentes.
En France, La fréquentation cinématographique fait l'objet d'analyses régulières par le Centre national de la Cinématographie. Elle permet d’établir le box office. Le succès d’un film se mesure donc en fonction du nombre de personnes qui ont vu ce film au cinéma.
En revanche, aux Etats-Unis, comme vous le soulignez, ce même box office se base sur les recettes, en dollars américains, dégagées à sa sortie : le succès d’un film au Etats-Unis se mesure donc sur sa rentabilité directe.
Calculer le succès d’un film en France selon le système de calcul du box office américain, et vice versa, semble plausible mais assez complexe car cette conversion nécessite de posséder plusieurs données et variantes qui sont fastidieuses, voir difficiles à regrouper.
Nous avons tâché de vous fournir les sources nécessaires pour trouver ces données.
Tout d’abord, quatre références officielles de statistiques et de chiffres concernant l’industrie du cinéma américain :
- boxofficemojo : LE site de statistique du box office aux Etats Unis.
- Motion Picture Association of America : organisme de professionnels qui analyse l’industrie du film américain.
- Screendigest: entreprise spécialisée dans l’analyse de l’industrie des médias aux Etats-Unis depuis 30 ans.
- Sreendaily: LE périodique de référence sur le marché, l’industrie des films aux Etats-Unis.
Pour la France, les périodiques suivants sont spécialisés dans le compte rendu et la retransmission de chiffres et de statistiques :
- Le Film Français, disponible à la Bibliothèque municipale de Lyon.
- Ecran Total
- La base LUMIERE fournit une compilation systématique des données disponibles sur les entrées réalisées par les films distribués en salles en Europe depuis 1996. Elle est le résultat de la collaboration de l'Observatoire européen de l'audiovisuel avec les diverses sources nationales spécialisées ainsi qu'avec le Programme MEDIA de l'Union européenne.
Pour avoir des données d’ensemble, l’ouvrage « L'économie du cinéma américain : histoire d’une industrie culturelle et de ses stratégies » renseigne sur l’évolution de la fréquentation globale aux Etats-Unis (graphique page 204 en millions d’entrées) sur 37 ans. Cette fréquentation est à relativiser néanmoins si l’on tient compte du nombre de salles disponibles à chaque période. Page 205, un autre graphique présente le prix moyen en dollars du billet de cinéma aux Etats-Unis. En 1949, ce prix était de 50 cts et en 2007 autour de 7,90 Dollars.
D’autre part, pour faire votre calcul, il ne faut pas connaître seulement la part de recette dans le prix d’un ticket de cinéma aux Etats-Unis.
Il convient notamment de connaître le prix du ticket moyen par entrée à sa sortie. Pour l’année 2008, le prix du ticket moyen au Etats-Unis était de 7.18 USD (4.91 EUR), selon le rapport en ligne 2009 FOCUS publié par l’Observatoire européen de l’Audiovisuel, qui recense les chiffres clés du cinéma dans les principaux pays du monde. Ce rapport est une source importante pour tous calculs car il présente en ligne une analyse des résultats et des tendances pays par pays, illustrée des chiffres les plus récents depuis 1998.
Il faut également prendre en compte le phénomène d’inflation pour ramener le prix du ticket « à sa juste valeur ». En effet, l’inflation est très importante pour avoir une idée réelle de la rentabilité des films. Le site BOxoffice a fait deux tableaux des100 plus grands succès de l'histoire du cinéma : le premier tient compte de l'inflation tandis que le second ne l’intègre pas dans son calcul.
Résultat : dans le 1er cas c’est « Gone With the Wind » qui remporte la 1er place, tandis que dans le second c’est Titanic de James Cameron.
Le calcul a été fait ainsi : « Les bénéfices d'un film sont divisés par le prix moyen du billet (suivant l'année de sortie). Ce chiffre est ensuite multiplié par le prix moyen d'un billet actuel; les bénéfices de l'époque apparaissent alors en argent d'aujourd'hui. »
Effectivement, connaître la recette moyenne par ticket dégagé par un film est pertinent.
En France, le CNC fait ce calcul et rend compte dans son rapport annuel. Dans celui de 2008 :
« La recette moyenne par entrée progresse
Le CNC calcule traditionnellement une recette moyenne par entrée (RME). Cet indicateur résulte de la simple division des recettes par les entrées payantes, déclarées par les exploitants. La RME tient compte à la fois des entrées payantes hors abonnements illimités et des entrées réalisées dans le cadre de ces abonnements, pour lesquelles les recettes sont valorisées conformément aux prix de référence (5,03 € pour la plupart des entrées). En 2008, la RME s’élève à 6,01 €, contre 5,95 € en 2007 (+0,9 %). À titre indicatif, l’inflation en France s’élève à +2,8 % en 2008. La recette moyenne par entrée masque un large éventail de prix pratiqués par les établissements cinématographiques. En revanche, elle tient compte du poids de chaque tarif au prorata du nombre de billets vendus. »
Aux Etats-Unis, les recettes dégagées par un film et données en chiffre au grand public correspondent aux recettes des distributeurs/producteurs (la part des exploitants est déduite). « En revanche, elles ne donnent pas une idée précise du bénéfice des producteurs puisque ceux-ci voient une part de plus en plus importante de leurs recettes venir des autres médias (télévision, DVD,...) et des marchés internationaux. À l'inverse, il faut déduire les frais de distribution, les investissements marketing étant parfois supérieurs au budget de production. Enfin, une part revient aux ayant-droits, agents et acteurs qui peuvent bénéficier d'une part des bénéfices selon leur contrat. ». Source : Wikipedia.
Malgré nos recherches, nous ne sommes pas en mesure de vous fournir la ventilation des recettes des films sortis aux Etats-Unis, ni d’estimer la part du prix du ticket considéré comme « recette ».
Enfin, notez que votre calcul devrait prendre en compte d’autres sources de revenus en dehors de celle de la vente d’entrées sont comprises dans les recettes, comme les bénéfices des ventes de dvd, de la diffusion à la télévision ou les retombées des produits dérivés. Les outils permettant de détailler ces bénéfices en sont pas en notre possession.
Voir page 53 de l'ouvrage : « Economies contemporaines du cinéma en Europe ».
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