Question d'origine :
Bonjour,
Est-ce que l'usine AEG conçue par Peter Behrens en 1906 - 1909 a été construite en béton?
S'il vous-plaît quelles sont les plus vielles constructions architecturales reconnues, industrielles ou pas, conçues par des architectes affichant le béton, en France et ailleurs?
Merci chère Guichetière cher Guichetier.
Réponse du Guichet
Le 26/08/2013 à 12h04
Le béton en architecture
Réalisé par Cimbéton, ce document dresse tout l’historique de l’invention et l’utilisation du béton armé en architecture.
Il existe également sous forme papier : Histoire du béton : naissance et développement : 1818-1970
L’article de Wikipedia L’histoire du béton relate, lui, également l’histoire du béton avant l’invention du béton armé.
L’ouvrage de référence sur la question est : Le béton : histoire d’un matériau
L’architecture du XXe siècle consacre un chapitre au début de l’histoire moderne du béton en architecture : « Créatif en béton » (pp. 145-161).
Concernant Behrens
« Peter Behrens (1868-1940) fit des études de peinture à Karlsruhe et à Düsseldorf avant de s’installer à Munich en 1890. En tant que peintre, dessinateur et designer, il fit partie en 1892 des membres fondateurs de la Sécession munichoise. En 1897, il devint membre des « Vereinigte Werkstätten für Kunst im Handwerk » (Ateliers d’art et d’artisanat réunis). En 1899, il grand-duc Ernst Ludwig de Hesse lui confia une chaire à la colonie d’artistes nouvellement fondée de Darmstadt, où il enseigna jusqu’en 1903. Il construisit sa première maison à l’occasion de l’exposition « Ein Dokument deuscher Kunst » (Une documentation de l’art allemand) en 1901. A la suite de cela, il dirigea de 1903 à 1907 l’école des arts et métiers de Düsseldorf. En 1907, il fut chargé par Emil Rathenau, en tant que conseiller artistique pour la compagnie AEG à Berlin, de réaliser les projets de nouvelles créations allant du papier à lettres jusqu’à l’architecture, en passant par des produits industriels. C’est ainsi que naquirent, outre des brochures commémoratives, une lampe à arc et des chaudières à eau, d’importants bâtiments tels que l’usine de turbines (1908-1909.) A cette époque, Le Corbusier, Walter Gropius et Mies van der Rohe travaillaient à l’atelier de Behrens… »
(extrait de la notice biographique de Peter Behrens de L’architecture du XXe siècle).
L’usine de turbine d’AEG, Berlin (1908-1909)
« Lorsque Behrens arriva à Berlin, les commandes de turbines auprès de AEG se font de plus en plus nombreuses, car la puissance maritime de l’Allemagne cherche à rivaliser avec celle de la Grande-Bretagne. L’usine existante était beaucoup trop petite. Le nouveau hall fut conçu de façon à pouvoir recevoir du matériel provenant d’une voie de chemin de fer reliée à une grande ligne située non loin de là et qui arrivait directement sur le site et pénétrait à l’arrière du bâtiment. De très grands moteurs à turbines pouvaient ainsi être montés et déplacés à l’intérieur de ce nouveau grand hall sur d’énormes ponts roulants. Des grues pivotantes utilisées pour soulever des pièces et du matériel nécessitaient un certain espace de manœuvre. Pour ces raisons, il était nécessaire de créer un volume rectangulaire parfaitement clair.
Ce bâtiment industriel était à l’époque le plus grand hall métallique de Berlin. Long à l’origine de 123 mètres, il fut ensuite agrandi à 207 mètres. Il est constitué d’un hall principal et d’un hall secondaire à deux niveaux, situé latéralement.
Pour ce qui est du grand hall, Behrens et Karl Bernhard, l’ingénieur, décidèrent d’utiliser moins de poutrelles, mais plus massives, que ce qu’on était habitué à employer pour un bâtiment d’une telle échelle, sans supports intérieurs. Ils souhaitaient simplifier au maximum son aspect intérieur et extérieur. Les 22 grandes poutrelles qui forment le squelette de la structure sont constituées de gros montants métalliques… Les angles arrondis du bâtiment ne sont pas porteurs ; ils sont construits en béton et fragmentés par des bandes métalliques horizontales. Voici comment Behrens justifie leur présence : « Les deux piles d’angle n’ont qu’une fonction de liaison et de clôture. Et c’est précisément pourquoi ils sont bâtis à l’aide d’un autre matériau, c’est-à-dire en béton ; et de par leur structure horizontale, ils marquent une opposition par rapport à la verticalité de la construction ; ils n’interviennent aucunement dans sa stabilité.
Le commentaire de Karl Bernhard n’est pas dénué de critiques relatives à l’esthétique du projet. Il écrit ainsi : « il faut reconnaître que le grand effet architectonique du pignon, consistant à ne donner aux angles extérieurs qu’une fonction de parement, n’est pas réussi. En effet, ce pignon, qui n’est autre qu’une structure métallique finement recouverte de béton armé, paraît aussi massif qu’une construction en béton : deux piles d’angle et un grand fronton…. Mais la façade de verre et d’acier de la Berlichigenstrasse est un vrai chef-d’œuvre de construction métallique, un succès artistique, mais qui est altéré au niveau du pignon ».
En construisant son usine, Behrens n’était pas extraordinairement ambitieux, aux yeux des architectes du 19e siècle. Son génie consista à donner une force d’expression à l’acier et au verre, utilisés de façon très massives et sans aucune décoration ; il sut aussi réaliser un bâtiment harmonieusement proportionné, tout en tenant compte de chaque élément constructif. »
Extraits de Peter Behrens, architecte et designer
Notice décrivant la halle de montage de l’usine de turbines de Berlin dans L’architecture du XXe siècle :
« Le système portant composé d’arcs à trois rotules muni de tirants a une hauteur de nef de 25 mètres environ. Sur la façade latérale, les colonnes apparaissent vers l’extérieur comme des profilés de paroi pleine, les articulations, à la base reposent sur des socles de béton. Entre eux, les grands champs vitrés se penchent légèrement en arrière. La façade du pignon est flanquée de deux piliers corniers s’amincissant vers le haut. En effet, les éléments à l’allure puissante et massive ne sont en fait constitués que d’un mince revêtement de béton maintenu par un treillis d’acier. Ils délimitent l’espace et ne portent rien. Les minces ferrures dans les joins des piliers corniers et les fins cadres de métal du tympan renvoient au caractère artificiel des moyens utilisés. »
Réalisé par Cimbéton, ce document dresse tout l’historique de l’invention et l’utilisation du béton armé en architecture.
Il existe également sous forme papier : Histoire du béton : naissance et développement : 1818-1970
L’article de Wikipedia L’histoire du béton relate, lui, également l’histoire du béton avant l’invention du béton armé.
L’ouvrage de référence sur la question est : Le béton : histoire d’un matériau
L’architecture du XXe siècle consacre un chapitre au début de l’histoire moderne du béton en architecture : « Créatif en béton » (pp. 145-161).
Concernant Behrens
« Peter Behrens (1868-1940) fit des études de peinture à Karlsruhe et à Düsseldorf avant de s’installer à Munich en 1890. En tant que peintre, dessinateur et designer, il fit partie en 1892 des membres fondateurs de la Sécession munichoise. En 1897, il devint membre des « Vereinigte Werkstätten für Kunst im Handwerk » (Ateliers d’art et d’artisanat réunis). En 1899, il grand-duc Ernst Ludwig de Hesse lui confia une chaire à la colonie d’artistes nouvellement fondée de Darmstadt, où il enseigna jusqu’en 1903. Il construisit sa première maison à l’occasion de l’exposition « Ein Dokument deuscher Kunst » (Une documentation de l’art allemand) en 1901. A la suite de cela, il dirigea de 1903 à 1907 l’école des arts et métiers de Düsseldorf. En 1907, il fut chargé par Emil Rathenau, en tant que conseiller artistique pour la compagnie AEG à Berlin, de réaliser les projets de nouvelles créations allant du papier à lettres jusqu’à l’architecture, en passant par des produits industriels. C’est ainsi que naquirent, outre des brochures commémoratives, une lampe à arc et des chaudières à eau, d’importants bâtiments tels que l’usine de turbines (1908-1909.) A cette époque, Le Corbusier, Walter Gropius et Mies van der Rohe travaillaient à l’atelier de Behrens… »
(extrait de la notice biographique de Peter Behrens de L’architecture du XXe siècle).
L’usine de turbine d’AEG, Berlin (1908-1909)
« Lorsque Behrens arriva à Berlin, les commandes de turbines auprès de AEG se font de plus en plus nombreuses, car la puissance maritime de l’Allemagne cherche à rivaliser avec celle de la Grande-Bretagne. L’usine existante était beaucoup trop petite. Le nouveau hall fut conçu de façon à pouvoir recevoir du matériel provenant d’une voie de chemin de fer reliée à une grande ligne située non loin de là et qui arrivait directement sur le site et pénétrait à l’arrière du bâtiment. De très grands moteurs à turbines pouvaient ainsi être montés et déplacés à l’intérieur de ce nouveau grand hall sur d’énormes ponts roulants. Des grues pivotantes utilisées pour soulever des pièces et du matériel nécessitaient un certain espace de manœuvre. Pour ces raisons, il était nécessaire de créer un volume rectangulaire parfaitement clair.
Ce bâtiment industriel était à l’époque le plus grand hall métallique de Berlin. Long à l’origine de 123 mètres, il fut ensuite agrandi à 207 mètres. Il est constitué d’un hall principal et d’un hall secondaire à deux niveaux, situé latéralement.
Pour ce qui est du grand hall, Behrens et Karl Bernhard, l’ingénieur, décidèrent d’utiliser moins de poutrelles, mais plus massives, que ce qu’on était habitué à employer pour un bâtiment d’une telle échelle, sans supports intérieurs. Ils souhaitaient simplifier au maximum son aspect intérieur et extérieur. Les 22 grandes poutrelles qui forment le squelette de la structure sont constituées de gros montants métalliques… Les angles arrondis du bâtiment ne sont pas porteurs ; ils sont construits en béton et fragmentés par des bandes métalliques horizontales. Voici comment Behrens justifie leur présence : « Les deux piles d’angle n’ont qu’une fonction de liaison et de clôture. Et c’est précisément pourquoi ils sont bâtis à l’aide d’un autre matériau, c’est-à-dire en béton ; et de par leur structure horizontale, ils marquent une opposition par rapport à la verticalité de la construction ; ils n’interviennent aucunement dans sa stabilité.
Le commentaire de Karl Bernhard n’est pas dénué de critiques relatives à l’esthétique du projet. Il écrit ainsi : « il faut reconnaître que le grand effet architectonique du pignon, consistant à ne donner aux angles extérieurs qu’une fonction de parement, n’est pas réussi. En effet, ce pignon, qui n’est autre qu’une structure métallique finement recouverte de béton armé, paraît aussi massif qu’une construction en béton : deux piles d’angle et un grand fronton…. Mais la façade de verre et d’acier de la Berlichigenstrasse est un vrai chef-d’œuvre de construction métallique, un succès artistique, mais qui est altéré au niveau du pignon ».
En construisant son usine, Behrens n’était pas extraordinairement ambitieux, aux yeux des architectes du 19e siècle. Son génie consista à donner une force d’expression à l’acier et au verre, utilisés de façon très massives et sans aucune décoration ; il sut aussi réaliser un bâtiment harmonieusement proportionné, tout en tenant compte de chaque élément constructif. »
Extraits de Peter Behrens, architecte et designer
Notice décrivant la halle de montage de l’usine de turbines de Berlin dans L’architecture du XXe siècle :
« Le système portant composé d’arcs à trois rotules muni de tirants a une hauteur de nef de 25 mètres environ. Sur la façade latérale, les colonnes apparaissent vers l’extérieur comme des profilés de paroi pleine, les articulations, à la base reposent sur des socles de béton. Entre eux, les grands champs vitrés se penchent légèrement en arrière. La façade du pignon est flanquée de deux piliers corniers s’amincissant vers le haut. En effet, les éléments à l’allure puissante et massive ne sont en fait constitués que d’un mince revêtement de béton maintenu par un treillis d’acier. Ils délimitent l’espace et ne portent rien. Les minces ferrures dans les joins des piliers corniers et les fins cadres de métal du tympan renvoient au caractère artificiel des moyens utilisés. »
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