Hôpital de la Quarantaine & hôpital Saint-Laurent
LYON & RÉGION
+ DE 2 ANS
Le 27/04/2011 à 12h11
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Question d'origine :
Bonjour,
Je suis en train d'effectuer des recherches sur Lyon, et je voudrais avoir des précisions sur l'hôpital de la Quarantaine.
En effet, des données historiques font état de la présence à Lyon au XVIe siècle, d'un ancien hôpital Saint-Laurent-de-Choulans, situé à côté de la chapelle Saint-Laurent, non loin de l'entrée actuelle du tunnel de Fourvière.
Mais il est attesté que Thomas de Gadagne fit construire dans les années 1530-1540, un nouvel hôpital dit "de la Quarantaine" pour accueillir les pestiférés et les isoler des autres malades.
Or, j'ai lu récemment sur une page internet que l' "hôpital de la Quarantaine" n'aurait été en réalité qu'une petite maison construite pour accueillir les immigrés contagieux, arrivés aux portes de la Ville. D'après cette source, cette "maison de la Quarantaine" se serait apparemment située en contebas de l'actuelle montée de Choulans, alors lieu de confluence du Rhône et de la Saône, et porte d'entrée de la ville.
Qu'en est-il réellement? Les deux établissements se confonderaient-ils en raison de leur emplacement? Pouvez-vous me confirmer que la famille de Gadagne a bel et bien diligentée la construction de l'hôpital de la Quarantaine?
Merci pour vos éclaircissements.
Réponse du Guichet
Le 28/04/2011 à 14h19
Bonjour,
Si l’on en croit le site web RuesdeLyon , il y a souvent eu confusion entre l’ancien hôpital Saint-Laurent, situé au niveau de l’actuelle rue de la Quarantaine, et la « maison de la Quarantaine », qui aurait été située plus en aval sur le quai des Etroits.
Voilà ce qu’indique Monique Lucenet à propos de l’hôpital Saint-Laurent, dans Lyon malade de la peste :
« Saint-Laurent : l'hôpital des contagieux. L'hôpital Saint-Laurent dut à sa situation géographique d'être choisi pour abriter les pestiférés. Hors des murs de la ville, au niveau même du confluent Rhône-Saône – ce qui permettait d'y amener les malades par bateaux – il réunissait toutes les conditions nécessaires à l'installation d'un hôpital pour contagieux. À cette époque, il était formé de trois bâtiments de construction consécutive qui avaient fusionné peu à peu. Le 9 janvier 1476, le prieur de Saint-Irénée de Lyon avait vendu au riche marchand Jacques Caille et à sa femme Hugette Balarin, la chapelle de Saint-Laurent-des-Vignes "avec les bâtiments, vignes et terres qui en dépendent", pour le prix de quatre cents livres, "à condition d'y establir un hôpital de malades contagieux". […] En 1507, les Confrères de la Trinité le complétèrent d’un second bâtiment pour y hospitaliser leurs membres. Enfin en 1525, un riche bourgeois, Thomas de Gadagne, fit bâtir à ses frais sur des plans de l'architecte Florentin Salvatori un superbe bâtiment le long de la rivière. Il comprenait deux étages de galeries soutenues par des piliers qu'un large escalier faisait communiquer avec la Saône : on l'appelait Hospice de Gadagne ou de Saint-Thomas. L'ensemble de ces bâtiments était connu sous les noms d'hôpitaux de Saint-Thomas-de-Gadagne et de Saint-Laurent. » (p.103) |
Thomas de Gadagne a donc bel et bien contribué à la construction de l’hôpital Saint-Laurent, aussi appelé Hôpital de la Quarantaine. D’ailleurs, les deux appellations sont utilisées indifféremment dans les études : c’est ainsi qu’une lithographie de E.D. Holstein, datée de 1839 et représentant une vue générale de l’hôpital, est légendée tantôt « Ancien hôpital Saint-Laurent démoli à la fin du XIX° siècle » (dans Lyon malade de la peste), et tantôt « Vue générale de l'hospice de la Quarantaine » (dans L’Antiquaille de Lyon : histoire d’un hôpital).
À propos des quarantaines à Lyon, l’ouvrage de Monique Lucenet est tout aussi éclairant :
« Les Quarantaines. La quarantaine pour les suspects et les malades fut installée le 20 août 1628 au Corps du Logis de Gadagne. […] Ce local fut vite trop petit puisque quelques jours plus tard le Bureau de la Santé faisait construire six cabanes à la "Blancherie" de Saint-Laurent. […] Les cabanes étaient des constructions légères, destinées à être brûlées après l'épidémie. […] L'ensemble des cabanes avait reçu le nom de "Fleur-de-Lys". La quarantaine de la Fleur-de-Lys comprenait donc : le Corps de logis de Gadagne, la Blanchisserie de Saint-Laurent et la Ferratière. Cet ensemble était dans l'entière dépendance de l'hôpital Saint-Laurent : il faisait corps avec lui. » (p.112) |
Il y avait donc plusieurs « maisons » de la Quarantaine, ou du moins plusieurs sites, qui dépendaient de l’hôpital Saint-Laurent. Celle que vous évoquez, située en contrebas de l’actuelle montée de Choulans, pourrait bien être celle dont parle le site RuesdeLyon , et qu’il situe au niveau du quai des Etroits.
La consultation du très complet Dictionnaire historique de Lyon (article « Quarantaine (la) », p.1073-1074) a confirmé l’ensemble de ces éléments.
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