gargouilles
DIVERS
+ DE 2 ANS
Le 01/02/2014 à 10h49
423 vues
Question d'origine :
a quoi ca sert les gargouilles
Réponse du Guichet
Le 03/02/2014 à 09h50
Bonjour,
Outre leurs qualités « ornementales », les gargouilles sont en fait les parties saillantes des gouttières destinées à faire écouler les eaux de pluie à une certaine distance des murs.
Le nom « gargouille », dérivant de la racine onomatopéique gar-, évoque le bruit d'un liquide qui bout, bouillonne ou passe dans la gorge de celui qui avale gloutonnement, d'où la désignation de la gorge elle-même et des organes avoisinants, v. aussi gargantua, gargamelle, gargote.
(source : CNRTL).
Par métonymie, elles désignent toute figure sculptée évacuant de l'eau et représentant le plus souvent un animal monstrueux, une chimère apotropaïque. Elles sont ainsi présentes dans les temples grecs, les mascarons de fontaines.
Dans le domaine de la légende, la Gargouille est un dragon qui vivait dans les marécages de la Seine près de Rouen. Saint Romain vainquit la « gargouille ». Un défilé dans la ville consacra cet événement où, à son issue, un prisonnier était gracié ; cela avait traditionnellement lieu durant les fêtes de l'Ascension. La mention du miracle de la Gargouille est connue par des écrits sur la vie de saint Romain du VIIIe siècle. La délivrance des prisonniers est mentionnée, pour la première fois, dans une enquête ordonnée en 1210 par le roi Philippe-Auguste. L'histoire de la Gargouille, prise et tuée par l'archevêque de Rouen figure pour la première fois dans un acte de 1394.
Ce n'est guère que vers le commencement du XIIIe siècle que l'on plaça des chéneaux et, par suite, des gargouilles (ou gargolles, guivres, canons, lanceurs) à la chute des combles. Jusqu'alors, dans les premiers siècles du Moyen Âge, l'eau des toits ou des terrasses s'égouttait directement sur la voie publique au moyen de la saillie donnée aux corniches. À la cathédrale Notre-Dame de Paris, du temps de Maurice de Sully, c'est-à-dire lors de l'achèvement du chœur en 1190, il n'y avait point de chéneaux et de gargouilles ; plus tard, dans le même édifice, vers 1210 encore, les eaux des chéneaux s'écoulaient sur la saillie des larmiers, au moyen de rigoles ménagées de distance en distance. Nous voyons apparaître les gargouilles, vers 1220, sur certaines parties de la cathédrale de Laon. Ces gargouilles sont larges, peu nombreuses, composées de deux assises, l'une formant rigole, l'autre recouvrement.
Déjà, cependant, ces gargouilles affectent la forme d'animaux fantastiques, lourdement taillés, comme pour laisser voir leur structure. Bientôt, les architectes du XIIIe siècle reconnurent qu'il y avait un avantage considérable à diviser les chutes d'eau. Cela, en effet, évitait les longues pentes dans les chéneaux et réduisait chacune des chutes à un très mince filet d'eau ne pouvant nuire aux constructions inférieures. On multiplia donc les gargouilles ; en les multipliant, on pu les tailler plus fines, plus sveltes, et les sculpteurs s'emparèrent de ces pierres saillantes pour en faire un motif de décoration des édifices. La variété des formes données aux gargouilles est prodigieuse ; nous n'en connaissons pas deux pareilles en France, et nos monuments du Moyen Âge en sont couverts. Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d'œuvre de sculpture ; c'est tout un monde d'animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains habiles et sûres. Ces êtres s'attachent adroitement aux larmiers, se soudent à l'architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales. On peut juger de l'habileté des architectes et des sculpteurs dans la combinaison et l'exécution de ces lanceurs par la difficulté qu'on éprouve à les combiner et les faire exécuter. Dans les pastiches modernes que l'on a fait des édifices gothiques, il est fort rare de voir des gargouilles qui se lient heureusement à l'architecture : elles sont ou mal placées, ou lourdes, ou trop grêles, ou molles de forme, pauvres d'invention, sans caractère ; elles n'ont pas cet aspect réel si remarquable dans les exemples anciens ; ce sont des êtres impossibles, ridicules souvent, des caricatures grossières dépourvues de style.
Source : Wikipedia

Gargouille sur l'Auberge de la langue de France dans la rue des Chavaliers à Rhodes
(source : Wikipedia)
Si vous souhaitez approfondir le sujet, vous pouvez consulter ces ouvrages :
Les gargouilles de Notre-Dame : médiévalisme et monstres de la modernité Michael Camille.
Une présentation de ce que symbolisent les gargouilles de Notre-Dame : sexualité refoulée, inquiétudes politiques et scientifiques, racisme ou peur de l'autre.
Le bestiaire des cathédrales : symbole et imagerie de la statuaire médiévale : la symbolique des monstres, gargouilles et autres chimères..., Pierre Ripert
Ce bestiaire présente la symbolique des animaux réels ou imaginaires et des monstres du décor sculpté des cathédrales médiévales, de Chartres à Reims, en passant par Paris, Lyon ou Amiens. Il étudie l'évolution de la symbolique des décors d'édifices religieux du Moyen Age et détaille pour chaque animal ou monstre ses différentes significations. Il décrypte la place de la nature et des monstres dans l'imaginaire occidental.
Saintes terreurs : les gargouilles dans l'architecture médiévale, Janetta Rebold Benton
Outre leurs qualités « ornementales », les gargouilles sont en fait les parties saillantes des gouttières destinées à faire écouler les eaux de pluie à une certaine distance des murs.
Le nom « gargouille », dérivant de la racine onomatopéique gar-, évoque le bruit d'un liquide qui bout, bouillonne ou passe dans la gorge de celui qui avale gloutonnement, d'où la désignation de la gorge elle-même et des organes avoisinants, v. aussi gargantua, gargamelle, gargote.
(source : CNRTL).
Par métonymie, elles désignent toute figure sculptée évacuant de l'eau et représentant le plus souvent un animal monstrueux, une chimère apotropaïque. Elles sont ainsi présentes dans les temples grecs, les mascarons de fontaines.
Dans le domaine de la légende, la Gargouille est un dragon qui vivait dans les marécages de la Seine près de Rouen. Saint Romain vainquit la « gargouille ». Un défilé dans la ville consacra cet événement où, à son issue, un prisonnier était gracié ; cela avait traditionnellement lieu durant les fêtes de l'Ascension. La mention du miracle de la Gargouille est connue par des écrits sur la vie de saint Romain du VIIIe siècle. La délivrance des prisonniers est mentionnée, pour la première fois, dans une enquête ordonnée en 1210 par le roi Philippe-Auguste. L'histoire de la Gargouille, prise et tuée par l'archevêque de Rouen figure pour la première fois dans un acte de 1394.
Ce n'est guère que vers le commencement du XIIIe siècle que l'on plaça des chéneaux et, par suite, des gargouilles (ou gargolles, guivres, canons, lanceurs) à la chute des combles. Jusqu'alors, dans les premiers siècles du Moyen Âge, l'eau des toits ou des terrasses s'égouttait directement sur la voie publique au moyen de la saillie donnée aux corniches. À la cathédrale Notre-Dame de Paris, du temps de Maurice de Sully, c'est-à-dire lors de l'achèvement du chœur en 1190, il n'y avait point de chéneaux et de gargouilles ; plus tard, dans le même édifice, vers 1210 encore, les eaux des chéneaux s'écoulaient sur la saillie des larmiers, au moyen de rigoles ménagées de distance en distance. Nous voyons apparaître les gargouilles, vers 1220, sur certaines parties de la cathédrale de Laon. Ces gargouilles sont larges, peu nombreuses, composées de deux assises, l'une formant rigole, l'autre recouvrement.
Déjà, cependant, ces gargouilles affectent la forme d'animaux fantastiques, lourdement taillés, comme pour laisser voir leur structure. Bientôt, les architectes du XIIIe siècle reconnurent qu'il y avait un avantage considérable à diviser les chutes d'eau. Cela, en effet, évitait les longues pentes dans les chéneaux et réduisait chacune des chutes à un très mince filet d'eau ne pouvant nuire aux constructions inférieures. On multiplia donc les gargouilles ; en les multipliant, on pu les tailler plus fines, plus sveltes, et les sculpteurs s'emparèrent de ces pierres saillantes pour en faire un motif de décoration des édifices. La variété des formes données aux gargouilles est prodigieuse ; nous n'en connaissons pas deux pareilles en France, et nos monuments du Moyen Âge en sont couverts. Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d'œuvre de sculpture ; c'est tout un monde d'animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains habiles et sûres. Ces êtres s'attachent adroitement aux larmiers, se soudent à l'architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales. On peut juger de l'habileté des architectes et des sculpteurs dans la combinaison et l'exécution de ces lanceurs par la difficulté qu'on éprouve à les combiner et les faire exécuter. Dans les pastiches modernes que l'on a fait des édifices gothiques, il est fort rare de voir des gargouilles qui se lient heureusement à l'architecture : elles sont ou mal placées, ou lourdes, ou trop grêles, ou molles de forme, pauvres d'invention, sans caractère ; elles n'ont pas cet aspect réel si remarquable dans les exemples anciens ; ce sont des êtres impossibles, ridicules souvent, des caricatures grossières dépourvues de style.
Source : Wikipedia
Gargouille sur l'Auberge de la langue de France dans la rue des Chavaliers à Rhodes
(source : Wikipedia)
Les gargouilles de Notre-Dame : médiévalisme et monstres de la modernité Michael Camille.
Une présentation de ce que symbolisent les gargouilles de Notre-Dame : sexualité refoulée, inquiétudes politiques et scientifiques, racisme ou peur de l'autre.
Le bestiaire des cathédrales : symbole et imagerie de la statuaire médiévale : la symbolique des monstres, gargouilles et autres chimères..., Pierre Ripert
Ce bestiaire présente la symbolique des animaux réels ou imaginaires et des monstres du décor sculpté des cathédrales médiévales, de Chartres à Reims, en passant par Paris, Lyon ou Amiens. Il étudie l'évolution de la symbolique des décors d'édifices religieux du Moyen Age et détaille pour chaque animal ou monstre ses différentes significations. Il décrypte la place de la nature et des monstres dans l'imaginaire occidental.
Saintes terreurs : les gargouilles dans l'architecture médiévale, Janetta Rebold Benton
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