Question d'origine :
Bonjour,
Dans ma vieille maison en pierre, il reste un évier à l'ancienne, en pierre aussi, dont une partie ressort sur la façade.
J'aimerais en savoir un peu plus sur l'historique de ces éviers ?
Le fait qu'une partie du vasque soit à l'extérieur servait-il uniquement pour la sortie d'eau, ou bien pour récupérer aussi de l'eau de pluie ?
Merci par avance pour votre réponse et pour votre travail !
Réponse du Guichet
Le 04/11/2014 à 14h01
Bonjour
Cet évier à l’ancienne est également appelé « pierre à évier » :
Pierre à évier
Du latin « emissarium », celle qui est creuse, & que l’on place à rez-de-chaussée ou à hauteur d’appui, dans un lavoir ou une cuisine, pour faire écouler les eaux dans les dehors. On appelle encore de ce nom une espèce de canal long & étroit, qui sert d’égoût dans une cour ou allée de maison.
(Source : Encyclopédie méthodique : arts et métiers mécaniques)
L’évier ou « bochio », domaine essentiellement féminin, est une sorte d’alcôve dans le mur de façade. Faiblement éclairé par l’oculus, il est composé d’une grosse pierre traversant tout le mur et comportant une rainure qui permet à l’eau de s’écouler au dehors. Il sert à la préparation de la cuisine, grâce à la petite réserve d’eau tirée du puits proche, et fait office de laiterie où l’on prépare la crème, le beurre et le fromage ; c’est aussi un symbole de l’hygiène dans la maison, pour la vaisselle et la toilette.
(Source : La maison rurale en Haute-Marche / Michel Boucher et Joëlle Furic)
Il semble que la vasque à l’extérieur serve uniquement à l’écoulement de l’eau venant de l’intérieur et qu’une circulation dans l’autre sens soit impossible.
De même que les cheminées, les latrines et les éviers se rencontrent rarement sur des édifices antérieurs au XIIIe siècle ; quelques exemples existent cependant. Le palais de la famille Maurand, bâti au XIIe siècle à Toulouse, possède des latrines au premier étage de sa tour mais on peut penser que cet aménagement, rare pour l’époque, se justifie par la construction d’un bâtiment exceptionnel qui reste sans doute assez peu représentatif de l’habitat toulousain du XIIe siècle. La maison Peyrière de Figeac, contemporaine de la précédente, est équipée d’un lavabo se déversant dans l’androne à partir de la pièce du deuxième étage. […]
Les éviers sont abrités généralement dans de grandes niches voûtées. Ils présentent le plus souvent une dalle creuse formant cuvette dotée d’un système d’évacuation, encadrée parfois par deux tablettes disposées un peu plus haut. C’est ainsi que se présente l’évier conservé dans la cuisine du n° 42 rue de la Daurade à Cahors ; logé dans une niche en arc brisé et muni d’un petit jour ouvrant sur la cour, il se déversait dans une fosse par l’intermédiaire d’un conduit (fig. 25). Celui aménagé au premier étage du grand hôtel de la rue des Conférences à Bergerac était encastré dans une large niche couverte d’un arc en plein cintre. De nombreux éviers de ce type, malheureusement moins bien conservés, existent également à Villeneuve-d’Aveyron dont un, celui de la maison de l’impasse Cavalier, vraisemblablement disposé dans la salle, qui évacuait ses eaux usées dans l’androne. Ce modèle d’évier largement répandu a perduré au moins jusqu’au XVIIIe siècle. D’autres exemplaires plus simples ont pu être recensés : celui aménagé dans la chambre du deuxième étage de l’hôtel de la rue Gambetta à Figeac, se limitait à une niche et une cuvette disposée au fond, la partie supérieure ayant pu être garnie d’étagères. Ici encore, l’eau se déversait dans un conduit aboutissant à une fosse. L’évier découvert dans une maison de Lectoure (Gers), rue Nationale, est sans doute le plus original. Conservé au deuxième étage, il est encastré dans une très large niche couverte d’un arc brisé. La grande cuvette occupe toute la base de la niche ; très légèrement incurvée, elle accuse une légère pente vers l’orifice destiné à l’évacuation. À l’extérieur, une petite gargouille prolongeant le conduit rejette les eaux usées dans le jardin situé en fond de parcelle (fig. 26). À Puycelsi, en revanche, ce sont de simples dalles sommairement taillées, calées dans les murs secondaires, qui constituent des pierres d’écoulement pour les éviers.
(Source : L’équipement domestique dans l’architecture civile médiévale / Anne-Laure Napoléone)
Bonne journée
Cet évier à l’ancienne est également appelé « pierre à évier » :
Du latin « emissarium », celle qui est creuse, & que l’on place à rez-de-chaussée ou à hauteur d’appui, dans un lavoir ou une cuisine, pour faire écouler les eaux dans les dehors. On appelle encore de ce nom une espèce de canal long & étroit, qui sert d’égoût dans une cour ou allée de maison.
(Source : Encyclopédie méthodique : arts et métiers mécaniques)
L’évier ou « bochio », domaine essentiellement féminin, est une sorte d’alcôve dans le mur de façade. Faiblement éclairé par l’oculus, il est composé d’une grosse pierre traversant tout le mur et comportant une rainure qui permet à l’eau de s’écouler au dehors. Il sert à la préparation de la cuisine, grâce à la petite réserve d’eau tirée du puits proche, et fait office de laiterie où l’on prépare la crème, le beurre et le fromage ; c’est aussi un symbole de l’hygiène dans la maison, pour la vaisselle et la toilette.
(Source : La maison rurale en Haute-Marche / Michel Boucher et Joëlle Furic)
Il semble que la vasque à l’extérieur serve uniquement à l’écoulement de l’eau venant de l’intérieur et qu’une circulation dans l’autre sens soit impossible.
De même que les cheminées, les latrines et les éviers se rencontrent rarement sur des édifices antérieurs au XIIIe siècle ; quelques exemples existent cependant. Le palais de la famille Maurand, bâti au XIIe siècle à Toulouse, possède des latrines au premier étage de sa tour mais on peut penser que cet aménagement, rare pour l’époque, se justifie par la construction d’un bâtiment exceptionnel qui reste sans doute assez peu représentatif de l’habitat toulousain du XIIe siècle. La maison Peyrière de Figeac, contemporaine de la précédente, est équipée d’un lavabo se déversant dans l’androne à partir de la pièce du deuxième étage. […]
Les éviers sont abrités généralement dans de grandes niches voûtées. Ils présentent le plus souvent une dalle creuse formant cuvette dotée d’un système d’évacuation, encadrée parfois par deux tablettes disposées un peu plus haut. C’est ainsi que se présente l’évier conservé dans la cuisine du n° 42 rue de la Daurade à Cahors ; logé dans une niche en arc brisé et muni d’un petit jour ouvrant sur la cour, il se déversait dans une fosse par l’intermédiaire d’un conduit (fig. 25). Celui aménagé au premier étage du grand hôtel de la rue des Conférences à Bergerac était encastré dans une large niche couverte d’un arc en plein cintre. De nombreux éviers de ce type, malheureusement moins bien conservés, existent également à Villeneuve-d’Aveyron dont un, celui de la maison de l’impasse Cavalier, vraisemblablement disposé dans la salle, qui évacuait ses eaux usées dans l’androne. Ce modèle d’évier largement répandu a perduré au moins jusqu’au XVIIIe siècle. D’autres exemplaires plus simples ont pu être recensés : celui aménagé dans la chambre du deuxième étage de l’hôtel de la rue Gambetta à Figeac, se limitait à une niche et une cuvette disposée au fond, la partie supérieure ayant pu être garnie d’étagères. Ici encore, l’eau se déversait dans un conduit aboutissant à une fosse. L’évier découvert dans une maison de Lectoure (Gers), rue Nationale, est sans doute le plus original. Conservé au deuxième étage, il est encastré dans une très large niche couverte d’un arc brisé. La grande cuvette occupe toute la base de la niche ; très légèrement incurvée, elle accuse une légère pente vers l’orifice destiné à l’évacuation. À l’extérieur, une petite gargouille prolongeant le conduit rejette les eaux usées dans le jardin situé en fond de parcelle (fig. 26). À Puycelsi, en revanche, ce sont de simples dalles sommairement taillées, calées dans les murs secondaires, qui constituent des pierres d’écoulement pour les éviers.
(Source : L’équipement domestique dans l’architecture civile médiévale / Anne-Laure Napoléone)
Bonne journée
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