Question d'origine :
Romain Gary a écrit sous plusieurs pseudonymes, le plus connu étant Emile Ajar.. Mais pourquoi le choix d''Emile Ajar' ?
Réponse du Guichet
Le 01/12/2014 à 16h29
Bonjour,
Il semble, comme le précise cette précédente réponse du Guichet, que ce soit un pseudonyme inventé par Romain Gary, comme beaucoup d'autres qu'il utilisa.
L'utilisation de pseudonymes par les écrivains et précisément l'autobiographie d'Ajar dans laquelle il révéla ses différents masques sont détaillés dans cette autre réponse du Guichet.
"Dénigré par la critique, redoutant l'épuisement de son inspiration, il « crée » en 1974 l'auteur fictif Émile Ajar, pseudonyme sous lequel il écrit quatre romans : Gros Câlin (1974), La Vie devant soi (1975, prix Goncourt), Pseudo (1976) et L'Angoisse du roi Salomon (1979). Ayant fait appel à un cousin, Paul Pavlowitch, pour incarner son « double », il est rapidement dépassé par sa propre supercherie et voit sa création lui échapper. [...] Sa dernière œuvre, Les Cerfs-volants, paraît sous le nom de Romain Gary en 1980. Il se donne la mort à Paris le 3 décembre de la même année. La publication posthume de Vie et mort d'Émile Ajar en 1981 dévoilera la vérité sur l'« affaire Ajar »."
(Encyclopaedia Universalis )
Nicolas Gelas, l'auteur de l'article de l'Encyclopaedia Universalis, avance néanmoins que Ajar fait écho à Gary, le premier pseudonyme de l'auteur, né polonais, Roman Kacew :
"La fascination pour l'imposture est poussée jusqu'à la confusion dans son recours aux pseudonymes, qui culmine avec l'épisode Ajar où le procédé de dédoublement lui donne l'illusion d'être l'auteur d'une nouvelle création de lui-même.« Gary » et « Ajar » signifient en russe «brûle » et « cendre » : faut-il voir là l'image d'un écrivain phénix qui, affecté par l'échec relatif de son œuvre et la hantise du vieillissement, cherche à renaître de ses cendres dans une tonalité d'écriture nouvelle ?"
Comme « Ajar » est aussi la traduction anglaise de l'adjectif « entrouvert », Nicolas Gela se demande si :
"dissimuler l'identité, c'est alors accéder au cœur de la conscience. Symbole d'une pratique romanesque qui concilie l'art de la tromperie et la sincérité du dévoilement, le pseudonyme est donc au centre d'un paradoxe essentiel : le désir de vouloir se dire tout en s'efforçant de ne pas trop se laisser voir."
Bonne journée.
Il semble, comme le précise cette précédente réponse du Guichet, que ce soit un pseudonyme inventé par Romain Gary, comme beaucoup d'autres qu'il utilisa.
L'utilisation de pseudonymes par les écrivains et précisément l'autobiographie d'Ajar dans laquelle il révéla ses différents masques sont détaillés dans cette autre réponse du Guichet.
"Dénigré par la critique, redoutant l'épuisement de son inspiration, il « crée » en 1974 l'auteur fictif Émile Ajar, pseudonyme sous lequel il écrit quatre romans : Gros Câlin (1974), La Vie devant soi (1975, prix Goncourt), Pseudo (1976) et L'Angoisse du roi Salomon (1979). Ayant fait appel à un cousin, Paul Pavlowitch, pour incarner son « double », il est rapidement dépassé par sa propre supercherie et voit sa création lui échapper. [...] Sa dernière œuvre, Les Cerfs-volants, paraît sous le nom de Romain Gary en 1980. Il se donne la mort à Paris le 3 décembre de la même année. La publication posthume de Vie et mort d'Émile Ajar en 1981 dévoilera la vérité sur l'« affaire Ajar »."
(Encyclopaedia Universalis )
Nicolas Gelas, l'auteur de l'article de l'Encyclopaedia Universalis, avance néanmoins que Ajar fait écho à Gary, le premier pseudonyme de l'auteur, né polonais, Roman Kacew :
"La fascination pour l'imposture est poussée jusqu'à la confusion dans son recours aux pseudonymes, qui culmine avec l'épisode Ajar où le procédé de dédoublement lui donne l'illusion d'être l'auteur d'une nouvelle création de lui-même.
Comme « Ajar » est aussi la traduction anglaise de l'adjectif « entrouvert », Nicolas Gela se demande si :
"dissimuler l'identité, c'est alors accéder au cœur de la conscience. Symbole d'une pratique romanesque qui concilie l'art de la tromperie et la sincérité du dévoilement, le pseudonyme est donc au centre d'un paradoxe essentiel : le désir de vouloir se dire tout en s'efforçant de ne pas trop se laisser voir."
Bonne journée.
DANS NOS COLLECTIONS :
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir commenter.
Se connecter
Je pense que j’en aurai pas