Question d'origine :
Dans le cadre de nos recherches sur les blasons, nous avons trouvé que la pomme de terre apparaissait sur le blason de certaines villes, ou régions du monde.
Nous avons quelques idées sur la signification des pommes de terre en héraldique, mais dans le doute, nous aimerions avoir des précisions.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/c ... bergen.png
Réponse du Guichet
Le 18/04/2015 à 12h37
Bonjour,
C’est Napoléon 1er qui après avoir autorisé les particuliers bénéficiaires de titres à porter des armoiries, rétablit les armoiries en faveur des villes, communes et corporations (décret du 17 mai 1809). La demande devait en être faite, après délibération du Conseil municipal, auprès du Conseil des sceaux et titres qui délivraient moyennant finance des lettres patentes.
(Couleurs et symbolique : armoiries des villes, sous le Premier Empire et la Restauration)
Le site consacré à l’héraldique communale, armorialdefrance.fr, répertorie 3 cas de pommes de terre dans les armoiries communales françaises :
- Pagny la Ville, au 4e quartier d’argent « à la plante de pomme de terre au naturel ».
- Neuilly sur Seine et ses « trois fleurs parmentières »
- Pleguer, « feuillées de sinople et de bouquets de trois feuilles de pommes de terre du même ».
A propos de Neuilly, le site renvoie vers la décision municipale le 19 janvier 1900 qui justifie :
"Le pont représente le pont de Neuilly édifié de 1768 à 1774 par les architectes Chézy et Dumoutier, sous la direction de l’ingénieur Perronet. Le vaisseau, quant à lui, évoque l’histoire portuaire de Neuilly. Enfin, les fleurs parmentières rappellent le souvenir des premières cultures de pommes de terre réalisées au 18e siècle dans la plaine des Sablons par l’apothicaire Parmentier.
Les ornements extérieurs: A gauche, les roseaux qui poussent au bord de la Seine. A droite de branches de fleurs parmentières. Le blason est surmonté d'une couronne murale qui représente l’autonomie des villes en héraldique." (Site de la commune)
Pour Plerguer, la page wikipédia précise : « L'héraldique de la commune rappelle par le cheval cabré la dépendance aux haras d'Hennebont, les productions de pommes de terre et de cerises appelées les "badious". »
On peut légitimement penser que ce « meuble » de catégorie « naturelle » dans les armoiries des villes rappelle une culture vivrière pratiquée dans la commune, et donc un élément économique important, comme l’est dans votre exemple le deuxième élément, industriel, du blason. Les villes cherchant une identité, par la création d’armoiries, reprennent des éléments fondateurs de leur histoire et de leur subsistance.
Ce site reproduit le texte de Borel de Hauterive sur l’Histoire des armoiries des Villes de France qui explique l’évolution de l’imagerie du nom (sorte de rébus, un lion pour Lyon) à des meubles inventés selon la fantaisie, peut conformes parfois à la tradition héraldique : « il est arrivé dans bien des circonstances que le blason est venu rectifier ou modifier des pièces, des meubles ou des animaux trop étrangers à la science. Ainsi, le maquereau ou le hareng de la ville de Dunkerque s'est transformé en un dauphin, animal plus noble et plus héraldique; les cailloux d'Orléans se métamorphosèrent en cœurs de fleurs de lis. »
Le site Armorial de France fournit une page de liens vers les armoriaux par départements, et une bibliographie, qui pourront vous être utiles. Le blog Héraldie, dans un page consacrée à la pomme de terre, rappelle l’introduction du tubercule en occident et ce que nous devons à Parmentier, puis donne des exemples d’armoriaux comprenant des feuilles, fleurs, plants, en France et au Canada :
- Grand-Sault (Nouveau-Brunswick, Canada)
- Drummond (Nouveau-Brunswick, Canada)
- Saint-Ubalde (Québec, Canada)
- Ploudaniel (Finistère, France)
Nous n’avons pas trouvé de pommes de terre dans les blasons étrangers – votre exemple en est peut être un ? -, les plantes étant l’objet de peu d’attention de la part des descripteurs, même si celles-ci sont reconnus dans le Traité d’héraldique parmi les figures naturelles traditionnelles :
« Les Figures naturelles sont les Astres, les Météores, les Éléments des montagnes, les Pierreries, les Plantes, les Animaux, le Corps humain, ses Parties, etc. Ce sont les Chevaliers, au temps des Tournois, qui ont introduit toutes ces figures dans les Armoiries : car ils s’en servaient beaucoup, et ils prenaient plaisir à se faire appeler Chevaliers du Soleil, Chevaliers de l’Étoile, du Dauphin, du Lion, du Cygne, etc. »
Mais les bestiaires sont ensuite beaucoup plus détaillés. Dans la Vraye et parfaite science des armoiries…, datée de 1664 donc bien avant l’introduction de la pomme de terre, l’article « feuille » précise qu’« on se sert en Armoiries des feuilles de chêne, de houx et d’autres arbres […] Il y a des Tierces Feuilles, des Quatre Feuilles double, des Quinte-Feuilles, des Angemmes ou Angenins qui sont six feuilles. » (Nous vous laissons consulter l’article « fleurs ».)
Trois armoiries de pays étrangers qui comportent des plantes, comme la Tanzanie, le Mozambique et le Venezuela, l’expliquent, au moins sur les pages wikipedia qui leurs sont consacrées, tantôt comme un symbole de l’agriculture, tantôt comme représentant l’agriculture et la nature, tantôt comme « représentent la joie de vivre des citoyens ».
Pour ce qui concerne l’armorial des communes françaises, le mieux est de se tourner vers le registre des délibérations de chaque commune, au cas probable où celles-ci justifieraient leur choix du symbole « pomme de terre » dans leur blason.
Bonne journée.
C’est Napoléon 1er qui après avoir autorisé les particuliers bénéficiaires de titres à porter des armoiries, rétablit les armoiries en faveur des villes, communes et corporations (décret du 17 mai 1809). La demande devait en être faite, après délibération du Conseil municipal, auprès du Conseil des sceaux et titres qui délivraient moyennant finance des lettres patentes.
(Couleurs et symbolique : armoiries des villes, sous le Premier Empire et la Restauration)
Le site consacré à l’héraldique communale, armorialdefrance.fr, répertorie 3 cas de pommes de terre dans les armoiries communales françaises :
- Pagny la Ville, au 4e quartier d’argent « à la plante de pomme de terre au naturel ».
- Neuilly sur Seine et ses « trois fleurs parmentières »
- Pleguer, « feuillées de sinople et de bouquets de trois feuilles de pommes de terre du même ».
A propos de Neuilly, le site renvoie vers la décision municipale le 19 janvier 1900 qui justifie :
"Le pont représente le pont de Neuilly édifié de 1768 à 1774 par les architectes Chézy et Dumoutier, sous la direction de l’ingénieur Perronet. Le vaisseau, quant à lui, évoque l’histoire portuaire de Neuilly. Enfin, les fleurs parmentières rappellent le souvenir des premières cultures de pommes de terre réalisées au 18e siècle dans la plaine des Sablons par l’apothicaire Parmentier.
Les ornements extérieurs: A gauche, les roseaux qui poussent au bord de la Seine. A droite de branches de fleurs parmentières. Le blason est surmonté d'une couronne murale qui représente l’autonomie des villes en héraldique." (Site de la commune)
Pour Plerguer, la page wikipédia précise : « L'héraldique de la commune rappelle par le cheval cabré la dépendance aux haras d'Hennebont, les productions de pommes de terre et de cerises appelées les "badious". »
On peut légitimement penser que ce « meuble » de catégorie « naturelle » dans les armoiries des villes rappelle une culture vivrière pratiquée dans la commune, et donc un élément économique important, comme l’est dans votre exemple le deuxième élément, industriel, du blason. Les villes cherchant une identité, par la création d’armoiries, reprennent des éléments fondateurs de leur histoire et de leur subsistance.
Ce site reproduit le texte de Borel de Hauterive sur l’Histoire des armoiries des Villes de France qui explique l’évolution de l’imagerie du nom (sorte de rébus, un lion pour Lyon) à des meubles inventés selon la fantaisie, peut conformes parfois à la tradition héraldique : « il est arrivé dans bien des circonstances que le blason est venu rectifier ou modifier des pièces, des meubles ou des animaux trop étrangers à la science. Ainsi, le maquereau ou le hareng de la ville de Dunkerque s'est transformé en un dauphin, animal plus noble et plus héraldique; les cailloux d'Orléans se métamorphosèrent en cœurs de fleurs de lis. »
Le site Armorial de France fournit une page de liens vers les armoriaux par départements, et une bibliographie, qui pourront vous être utiles. Le blog Héraldie, dans un page consacrée à la pomme de terre, rappelle l’introduction du tubercule en occident et ce que nous devons à Parmentier, puis donne des exemples d’armoriaux comprenant des feuilles, fleurs, plants, en France et au Canada :
- Grand-Sault (Nouveau-Brunswick, Canada)
- Drummond (Nouveau-Brunswick, Canada)
- Saint-Ubalde (Québec, Canada)
- Ploudaniel (Finistère, France)
Nous n’avons pas trouvé de pommes de terre dans les blasons étrangers – votre exemple en est peut être un ? -, les plantes étant l’objet de peu d’attention de la part des descripteurs, même si celles-ci sont reconnus dans le Traité d’héraldique parmi les figures naturelles traditionnelles :
« Les Figures naturelles sont les Astres, les Météores, les Éléments des montagnes, les Pierreries, les Plantes, les Animaux, le Corps humain, ses Parties, etc. Ce sont les Chevaliers, au temps des Tournois, qui ont introduit toutes ces figures dans les Armoiries : car ils s’en servaient beaucoup, et ils prenaient plaisir à se faire appeler Chevaliers du Soleil, Chevaliers de l’Étoile, du Dauphin, du Lion, du Cygne, etc. »
Mais les bestiaires sont ensuite beaucoup plus détaillés. Dans la Vraye et parfaite science des armoiries…, datée de 1664 donc bien avant l’introduction de la pomme de terre, l’article « feuille » précise qu’« on se sert en Armoiries des feuilles de chêne, de houx et d’autres arbres […] Il y a des Tierces Feuilles, des Quatre Feuilles double, des Quinte-Feuilles, des Angemmes ou Angenins qui sont six feuilles. » (Nous vous laissons consulter l’article « fleurs ».)
Trois armoiries de pays étrangers qui comportent des plantes, comme la Tanzanie, le Mozambique et le Venezuela, l’expliquent, au moins sur les pages wikipedia qui leurs sont consacrées, tantôt comme un symbole de l’agriculture, tantôt comme représentant l’agriculture et la nature, tantôt comme « représentent la joie de vivre des citoyens ».
Pour ce qui concerne l’armorial des communes françaises, le mieux est de se tourner vers le registre des délibérations de chaque commune, au cas probable où celles-ci justifieraient leur choix du symbole « pomme de terre » dans leur blason.
Bonne journée.
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La sorcière au bûcher