tricorne 1785 pour élève de l'école royale militaire de Pari
CIVILISATION
+ DE 2 ANS
Le 28/05/2016 à 19h49
414 vues
Question d'origine :
Bonjour, je dois réaliser un chapeau bicorne pour un musée pour un élève de l'école royale militaire de Paris, 1785.
Je souhaiterais avoir des précisions sur les "cocardes blanches" qu'ils portaient à cette époque. J'ai n'ai qu'un seul dessin de référence ; j'ai l'impression que c'est une cocarde plissée avec un ruban au centre et un bouton blanc recouvert en bas mais je ne suis pas certaine.
Je ne sais pas à quel endroit chercher.
Merci par avance pour votre aide.
Marthe Dumas
Réponse du Guichet
Le 31/05/2016 à 15h53
Bonjour,
Tout d’abord un aperçu de l’uniforme à la veille de la Révolution.
On y lit :
Toutefois, les réformes se succèdent avec les ministères. On y trouve, entre autre, l'ordonnance du duc de Choiseul du 25 février 1767, le règlement du 2 septembre 1775, l'ordonnance édictée par le comte de Saint-Germain le 31 mai 1776...
On raconte que cette manie de changement qui caractérise l'armée française et les Ministres de la Guerre était à l'origine d'une boutade de Frédéric II. En effet, pour une galerie du château de Postdam, ce roi guerrier avait fait peindre une collection de soldats de toutes les armées de l'Europe avec leurs costumes distinctifs. Curieusement, l'armée française y était représentée par une académie aussi peu vêtue que l'était Adam au paradis terrestre. Lorsque le roi présenta cette galerie à l'ambassadeur français, il lui déclara : " pour le soldat français, j'attends qu'on se soit décidé." (11)
La tenue de tous les corps de l'armée fut définitivement arrêtée par le règlement du maréchal de Ségur du 1er octobre 1786. Il décrit avec minutie les moindres particularités concernant la confection, la fourniture des étoffes, l'entretien de l'habillement et la tenue des troupes et permit de définir l'uniforme qui subsistera pendant toute la période révolutionnaire et impériale.
Partons donc du principe (non vérifié) que les cadets de l’« Ecole royale militaire de Paris » portaient un tri devenu « bi-corne » orné d’une cocarde blanche.
La cocarde était à l’origine un bouquet de plumes de coq (d’où le nom de coquarde puis cocarde) aux couleurs de son possesseur ou à celles d’un parti militaire ou politique. Il fut plus tard, sous Louis XIII, remplacé par un nœud de ruban.
Cet ornement devint d’un usage général dans les armées françaises au début du XVIIIe siècle ; c’était alors in ruban tissé à la forme et froncé en rond ; la cocarde fut de couleur verte ou blanche, puis uniformément blanche jusqu’à la révolution, où elle fut bleue et rouge, couleurs de la ville de Paris.
In dictionnaire du costume
Au temps du tricorne ;
Dans la dernière décennie du XVIIe siècle, l’iconographie montre que les bords_ qui jusque là ne formaient que ganse de crin noir ; celle-ci, dite « laisse » était cousue à l’arrière de l’aile, et revenait sur son devant se fixer à un bouton d’uniforme. Ce fut l’ancêtre de la cocarde et de la ganse la maintenant. Pendant la plus grande partie de la fin du XVIIIe siècle, les trois pointes, ou »cornes du chapeau étaient à peu près horizontales, encore que le soldat avait alors tendance à relever celle du devant pour dégager sa vision ; Cette mode débuta vers 1740-1750, et s’appelait « retaper » le chapeau ; les majors essayèrent bien d’interdire l’abus, mais cela n’empêcha rien. Les règlements eux-mêmes en entérinèrent l’habitude, et c’est ainsi que graduellement. Le « tricorne « devint le « bicorne » de la fin du XVIIIe siècle. La mode régentait aussi son port, impliquant qu’il devait être posé de biais, la « corne » avant relevée vers la gauche.
Les cavaliers coiffaient « aussi le « tricorne », comme l’indique l’ordonnance du 1er juin 1750, mis à l’étude dès 1749. les trois cornes étaient à peu près de même largeur, encore que celle de devant ait été plus courte, ce qui faisait qu’elle formait un angle d’environ 45°, tandis que les latérales étaient presque horizontales. Ce chapeau dit aussi « lampion » était fait de laine d’agneau et sa forme avait 108 mm avec des ailes de 148 mm 155 mm de largeur. Celles-ci étaient bordées d’un galon argent de 36 mm de largeur dont 9 mm étaient à l’intérieur. Ses ailes étaient tenues à la fois par deux agrafes ; de plus, pour garantir la tête des coups de sabre, une « calotte » ajourée ou « secrète » à trois branches – dont les extrémités s’attachaient à des boutonnières de cuir, cousues au bas de la forme- se posait sur la coiffe.
Jusqu’à 1762, sauf de rares exceptions, le « nœud de » cocarde » était noir ; Ce ne fut qu’à cette époque que fut adoptée la cocarde de basin blanc de 95 mm, avec bord roulé par 17 plis, comme l’indiquait le règlement de 1786.
D’après l’ordonnance de 1767, le chapeau du fantassin devait avoir un diamètre extérieur à plat de 350 mm, pour un intérieur de 190 mm. Il devait être en « feutre de laine d’agneau bien foulé » et de bonne qualité, sa durée d’utilisation étant de 6 ans. Son poids variait de 11 à 12 onces, c'est-à-dire de 334,4 g à 364,8 g Le règlement de 1786 spécifiait qu’en temps de guerre le dessus de la forme devait être garni d’une calotte ou d’une croix d » fer évidée, comme pour le « tricorne des cavaliers. Par ailleurs, derrière l’aile gauche, au droit de la cocarde, était cousu un gousset de peau, pour y placer la « houppe » de laine de couleur distinctive. Pour les hommes de compagnies d’élites, celle-ci, dite plus tard « pompon. »-faite de laine était sphérique, et d’un diamètre de 54 mm ; les grenadiers la portaient. écarlate et les chasseurs verte ; Par contre, les fusiliers avaient des « houppes » en lentille de même diamètre que les précédentes, mais seulement de 14 mm d’épaisseur. Chaque bataillon se distinguait par une teinte différente, qui était dans l’ordre, bleu roi, aurore, violet et cramoisi ; en fait, grenadiers et chasseurs avaient – comme l’a retrouvé o. de Prat, dans un document des Archives de la guerre – des houppes en forme de carottes aux mêmes couleurs. Le chapeau se portait alors incliné sur le sourcil droit, sa corne avant légèrement tournée à gauche. D’autre part, il n’était plus bordé, sauf exception, d’un galon blanc ou jaune, mais d’un galon de 20 cm en laine noire. Celui des officiers était semblable à celui de la troupe, sans doute en feutre de meilleure qualité, avec un galon de bordure en soie noire…
In Casques et coiffures militaires français
Voilà qui vous donnera peut-être des idées car l’iconographie est peu parlante.
Vous pouvez peut-être aussi vous adresser au musée de l’armée.
Voir aussi :
cette fiche objet
Cette association de reconstitution historique
Informations de la BNF sur l’Ecole royale militaire
Tout d’abord un aperçu de l’uniforme à la veille de la Révolution.
On y lit :
Toutefois, les réformes se succèdent avec les ministères. On y trouve, entre autre, l'ordonnance du duc de Choiseul du 25 février 1767, le règlement du 2 septembre 1775, l'ordonnance édictée par le comte de Saint-Germain le 31 mai 1776...
On raconte que cette manie de changement qui caractérise l'armée française et les Ministres de la Guerre était à l'origine d'une boutade de Frédéric II. En effet, pour une galerie du château de Postdam, ce roi guerrier avait fait peindre une collection de soldats de toutes les armées de l'Europe avec leurs costumes distinctifs. Curieusement, l'armée française y était représentée par une académie aussi peu vêtue que l'était Adam au paradis terrestre. Lorsque le roi présenta cette galerie à l'ambassadeur français, il lui déclara : " pour le soldat français, j'attends qu'on se soit décidé." (11)
La tenue de tous les corps de l'armée fut définitivement arrêtée par le règlement du maréchal de Ségur du 1er octobre 1786. Il décrit avec minutie les moindres particularités concernant la confection, la fourniture des étoffes, l'entretien de l'habillement et la tenue des troupes et permit de définir l'uniforme qui subsistera pendant toute la période révolutionnaire et impériale.
Partons donc du principe (non vérifié) que les cadets de l’« Ecole royale militaire de Paris » portaient un tri devenu « bi-corne » orné d’une cocarde blanche.
La cocarde était à l’origine un bouquet de plumes de coq (d’où le nom de coquarde puis cocarde) aux couleurs de son possesseur ou à celles d’un parti militaire ou politique. Il fut plus tard, sous Louis XIII, remplacé par un nœud de ruban.
Cet ornement devint d’un usage général dans les armées françaises au début du XVIIIe siècle ; c’était alors in ruban tissé à la forme et froncé en rond ; la cocarde fut de couleur verte ou blanche, puis uniformément blanche jusqu’à la révolution, où elle fut bleue et rouge, couleurs de la ville de Paris.
In dictionnaire du costume
Au temps du tricorne ;
Dans la dernière décennie du XVIIe siècle, l’iconographie montre que les bords_ qui jusque là ne formaient que ganse de crin noir ; celle-ci, dite « laisse » était cousue à l’arrière de l’aile, et revenait sur son devant se fixer à un bouton d’uniforme. Ce fut l’ancêtre de la cocarde et de la ganse la maintenant. Pendant la plus grande partie de la fin du XVIIIe siècle, les trois pointes, ou »cornes du chapeau étaient à peu près horizontales, encore que le soldat avait alors tendance à relever celle du devant pour dégager sa vision ; Cette mode débuta vers 1740-1750, et s’appelait « retaper » le chapeau ; les majors essayèrent bien d’interdire l’abus, mais cela n’empêcha rien. Les règlements eux-mêmes en entérinèrent l’habitude, et c’est ainsi que graduellement. Le « tricorne « devint le « bicorne » de la fin du XVIIIe siècle. La mode régentait aussi son port, impliquant qu’il devait être posé de biais, la « corne » avant relevée vers la gauche.
Les cavaliers coiffaient « aussi le « tricorne », comme l’indique l’ordonnance du 1er juin 1750, mis à l’étude dès 1749. les trois cornes étaient à peu près de même largeur, encore que celle de devant ait été plus courte, ce qui faisait qu’elle formait un angle d’environ 45°, tandis que les latérales étaient presque horizontales. Ce chapeau dit aussi « lampion » était fait de laine d’agneau et sa forme avait 108 mm avec des ailes de 148 mm 155 mm de largeur. Celles-ci étaient bordées d’un galon argent de 36 mm de largeur dont 9 mm étaient à l’intérieur. Ses ailes étaient tenues à la fois par deux agrafes ; de plus, pour garantir la tête des coups de sabre, une « calotte » ajourée ou « secrète » à trois branches – dont les extrémités s’attachaient à des boutonnières de cuir, cousues au bas de la forme- se posait sur la coiffe.
Jusqu’à 1762, sauf de rares exceptions, le « nœud de » cocarde » était noir ; Ce ne fut qu’à cette époque que fut adoptée la cocarde de basin blanc de 95 mm, avec bord roulé par 17 plis, comme l’indiquait le règlement de 1786.
D’après l’ordonnance de 1767, le chapeau du fantassin devait avoir un diamètre extérieur à plat de 350 mm, pour un intérieur de 190 mm. Il devait être en « feutre de laine d’agneau bien foulé » et de bonne qualité, sa durée d’utilisation étant de 6 ans. Son poids variait de 11 à 12 onces, c'est-à-dire de 334,4 g à 364,8 g Le règlement de 1786 spécifiait qu’en temps de guerre le dessus de la forme devait être garni d’une calotte ou d’une croix d » fer évidée, comme pour le « tricorne des cavaliers. Par ailleurs, derrière l’aile gauche, au droit de la cocarde, était cousu un gousset de peau, pour y placer la « houppe » de laine de couleur distinctive. Pour les hommes de compagnies d’élites, celle-ci, dite plus tard « pompon. »-faite de laine était sphérique, et d’un diamètre de 54 mm ; les grenadiers la portaient. écarlate et les chasseurs verte ; Par contre, les fusiliers avaient des « houppes » en lentille de même diamètre que les précédentes, mais seulement de 14 mm d’épaisseur. Chaque bataillon se distinguait par une teinte différente, qui était dans l’ordre, bleu roi, aurore, violet et cramoisi ; en fait, grenadiers et chasseurs avaient – comme l’a retrouvé o. de Prat, dans un document des Archives de la guerre – des houppes en forme de carottes aux mêmes couleurs. Le chapeau se portait alors incliné sur le sourcil droit, sa corne avant légèrement tournée à gauche. D’autre part, il n’était plus bordé, sauf exception, d’un galon blanc ou jaune, mais d’un galon de 20 cm en laine noire. Celui des officiers était semblable à celui de la troupe, sans doute en feutre de meilleure qualité, avec un galon de bordure en soie noire…
In Casques et coiffures militaires français
Voilà qui vous donnera peut-être des idées car l’iconographie est peu parlante.
Vous pouvez peut-être aussi vous adresser au musée de l’armée.
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