Question d'origine :

Bonjour, en voyant les nouvelles mesures gouvernementales qui concernent la Covid-19, je me suis demandée quel était le coût des impayés en France (en nombre, par exemple chaque heure ou jour, mais aussi en euros) et surtout s'ils résultent de la pandémie ou d'autres facteurs économique sur ces dernières années. Merci d'avance !

Réponse du Guichet

Avatar par défaut gds_ctp - Département : Equipe du Guichet du Savoir
Le 02/02/2021 à 11h04
Bonjour,

Selon une enquête du Syndicat national des cabinets de recouvrement de créances (ANCR), parue en 2018, le taux de créances impayées, bien qu'en léger recul depuis une quinzaine d'années, représente chaque année environ 2% du PIB de la France :

"Avec 56 milliards d’euros de créances impayées en 2017, le préjudice pour les entreprises équivaut à 2% du produit intérieur brut (PIB), relève l’étude, en soulignant que le strict respect des délais de paiement «permettrait de soulager leur trésorerie de 12 milliards d’euros par an». Ces transferts seraient favorables aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), à hauteur de, respectivement, 16 milliards et 4 milliards d’euros. Ils seraient alors financés par les grandes entreprises, l’Etat et les collectivités locales, qui enregistreraient un manque à gagner global de 8 milliards d’euros."

(Source : ancr.fr)

Il est à noter que selon cette étude, qu'on peut télécharger, les impayés des entreprises (retards de paiement des fournisseurs, par exemple) sont beaucoup plus le fait de grandes entreprises que de PME.

Évidemment, les chiffres ci-dessus concernent une année ordinaire. Les impayés ont fortement augmenté depuis le début de la pandémie de covid-19, atteignant dès juin 2020 22 milliards d'euros rien que sur les crédits à la consommation, soit 1,6 % de plus qu'en décembre 2019, selon un article du Parisien citant une enquête d'UFC-Que choisir.

Cependant, dans son dernier rapport biannuel sur la situation financière de la France, la Banque de France note que les mesures gouvernementales de soutien aux entreprises a permis de limiter le choc :

"De manière générale, les loyers impayés semblent être restés marginaux pour le moment, grâce aux mesures de soutien. Même si celles-ci ont représenté à court terme un partage des pertes des bailleurs avec leurs locataires, elles devraient permettre de soutenir la viabilité des locataires à moyen-terme. Ainsi, des annulations de loyer par les bailleurs en faveur des PME et TPE, peuvent être partiellement compensés par un crédit d’impôts dans le cas du second confinement [...]. En revanche, une multiplication des loyers impayés sera à surveiller à l’issue des programmes de soutien."

Cependant, l'endettement ayant été un des leviers de beaucoup d'entreprises pendant le premier confinement, il est souligné que "Si un scénario de reprise lente devait se confirmer, une augmentation importante des défauts des sociétés non financières serait de nature à peser sur les résultats des banques, via une augmentation des pertes et provisions associées au risque de crédit des entreprises." Quant aux particuliers, leur taux de défaut de remboursement a été contenu, puisqu'ils ont globalement privilégié le remboursement de leur crédit au prix d'ajustement de leur consommation.

Vous trouverez également sur le site de la Banque de France un rapport sur l'impact de la crise du Covid-19 sur la situation financière des ménages et des entreprises de mars à août 2020. Ce rapport note une hausse du taux d'endettement, mais ne mentionne pas les retards et défauts de paiement, sans doute parce qu'à l'époque les effets de ceux-ci ne se faisaient pas encore sentir.

Nous pensons que des chiffres plus complets seront disponible dans l'édition 2021 du Rapport de l'Observatoire des délais de paiement publié chaque année par le ministère de l'économie, mais nous ignorons à quelle date il sera publié.

Bonne journée.

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