Question d'origine :

Il y a quelques années, j'ai entendu parler du frère de Montaigne dont le château ensablé. Le château est apparemment introuvable encore à ce jour. Il aurait écrit une lettre à son frère avant de quitter son château qui disait cette phrase sublime : "Les sables sont en marche". Je n'ai jamais retrouvé la trace de cette histoire et de cette phrase. Mais je suis sûre que vous y parviendrez avec brio ! Merci par avance et bravo pour tout ce que vous faites !

Réponse du Guichet

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Le 13/07/2021 à 09h57
Bonjour,

Michel de Montaigne décrit la marche des sables dans ses Essais, Livre I, chapitre XXX :

" En Medoc, le long de la mer, mon frère, sieur d'Arsac, veoid une sienne terre ensepvelie soubs les sables que la mer vomit devant elle ; le faist d'aulcuns bastiments paroist encores : ses rentes et domaines se sont eschangez en pasquages bien maigres. Les habitants disent que, depuis quelque temps, la mer se poulse si fort vers eulx, qu'ils ont perdu quatre lieues de terre. Ces sables sont ses fourriers ; et veoyons de grandes montioies d'arene mouvante, qui marchent d'une demie lieue devant elle, et gaignent païs.

Thomas de Montaigne, frère du célèbre Michel de Montaigne, avait épousé Jaquette d’Arsac, et se qualifiait, dès l’an 1590, de seigneur des maisons nobles d’Arsac, du Castéra, de Lilhan, et de Loirac en Médoc.
source : Archives historiques du département de la Gironde

En page 381 et suivantes de Variétés bordeloises ou Essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux 1876 de Jacques Baurein, vous trouverez un chapitre complet sur Saint-Germain d'Arsac et en page 385, on y parle du frère de Montaigne.
Voici ce qu'indique "M. de Querlon dans une note qu’on trouve à la page 9 du Discours préliminaire des voyages de Montaigne, dont il est l’éditeur : « Le sieur d’Arsac, dit-il, possesseur d’une » terre en Médoc, qui fut ensevelie sous les sables de la mer », étoit un des freres de ce célebre Philosophe. Il paroît par ce qu’on a déjà dit, qu’au lieu d’une terre il en possédoit quatre dans le Médoc. Ce fut celle de Lilhan qui fut ensevelie sous les sables de la mer, et qui depuis long-temps est couverte, pour la majeure partie, par les eaux de l’Océan. "

Lire aussi :
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- Revue de géographie - Volume 28 - 1891
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- Sous les sables, il y a un prieuré et une église

Bonne journée.

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