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que penser de "l'arabe du futur" oude "jamais sans ma fille"

par Lachtouk, le 04/03/2021 à 15:14 - 628 visites

Bonjour,
Je suis assez embêtée, j'ai dévoré les livres "l'arabe du futur" de Riad Sattouf, T.1, T.2, T.3, T.4, et le dernier
mais assez rapidement en les lisant j'ai senti une gêne

L'autre jour dans une cabane à livre, j'ai trouvé "jamais sans ma fille", j'avais dix ans dans les années 90 et j'entendais les "ménagères de 40 ans" dire que c'est le plus beau livre qui soit. Et je suis en train de le lire et je suis gênée.

Je fais partie de la population plutôt tolérante, ouverte, plutôt "tendance gauche", mais pas extrêmiste pour autant. Et je suis gênée par les propos tenus dans ces livres, le tableau qui est peint des personnes (du liban et de l'iran en l'occurence).

Ce sont des histoires vraies, donc ce sont des faits. Je ressens beaucoup de rancoeur des auteurs sur les horreurs qu'ils ont subies, et c'est normal. Mais je trouve que ce sont des propos racistes, faisant l'égémonie de la culture blanche (notamment dans le livre de B.Mahmoody).

Je ne sais pas si vous comprenez ce que je veux dire. Pour faire simple, je crois penser que ces livres contiennent des propos racistes, et injurieux, qu'au nom de la liberté d'expression, c'est normal de les publier.
Mais j'ai peur que des raccourcis soient faits pas les millions de lecteurs de ces livres et c'est sûrement le cas. Quel message voulaient faire passer ces auteurs ? Est-ce que le message qui passe est celui qu'ils voulaient vraiment transmettre (ils veulent parler de leur vie, et on lit "juste" qu'ils sont racistes...)
Qu'en pensez-vous ?
Merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_soc, le 05/03/2021 à 17:28

Bonjour,

La série de bande dessinée L’arabe du futur rencontre depuis sa parution un franc succès et est plébiscitée par la critique. De ce fait, très peu de critiques l’ont accusée de propos racistes ou stigmatisants dans les médias d’information.

Le site Orient XXI est un des rares médias à reprocher à la bande dessinée d’être « marquée par les stéréotypes » dans son article ""L'arabe du futur" ou la force des préjugés". (Attention : bien que le site Orient XXI apporte des arguments auxquels des lecteurs peuvent s’accorder, il reste un site à prendre avec des pincettes dû à une une certaine controverse en 2019.)

« En France, une critique d'un universitaire publiée sur Orient XXI déplore que l’œuvre puisse renforcer certains stéréotypes concernant les Arabes, ce à quoi Sattouf répond qu'il caricature dans la même mesure les Français. Un journaliste du New Yorker, dans un portrait consacré à Riad Sattouf, affirme toutefois que L'Arabe du futur est un livre très populaire chez les Syriens expatriés. Subhi Hadidi, un journaliste de gauche et d'opposition au régime syrien, affirme que Sattouf est « juste et fidèle à ce qu'il voit. Il n'embellit pas le réel ». Le poète syrien Adonis, pour sa part, dit que Sattouf « montre les choses telles qu'elles sont ». Le journaliste rencontre également plusieurs intellectuels algériens qui sont frappés par la ressemblance entre l'enfance de Sattouf et la leur dans l'Algérie de Boumédiène. » (Source : wikipedia)

Najah Albukai, dessinateur syrien en exil dit de L’arabe du futur que «Riad révèle des détails de la réalité orientale qu'aucun artiste du monde arabe n'a osé aborder. Il a raconté notre enfance, la sienne et la mienne, en toute honnêteté et clarté, sans aucun embellissement» (source : LeFigaro)

Dans une interview pour le magazine belge « La Libre Belgique » du 22 décembre 2020 Riad Sattouf explique : « Selon moi, le réel est complexe. On peut, par exemple, avoir de l'affection pour des personnages odieux... Une scène d'un film m'a beaucoup marqué dans mon enfance, c'est l'ouverture du Kid, de Charlie Chaplin. On voit Chaplin qui vit dans une poubelle et qui, malgré tout, essaie d'avoir un peu de prestance. Il trouve un bébé abandonné. Mais décide de le réabandonner. Cette scène raconte l'histoire la plus triste du monde, et pourtant on est mort de rire du début à la fin. La description du monde est complexe. Le montrer d'une manière comique nous rend émotionnellement disponibles [...]. Par conséquent, je ne m'interdis rien, même si je fais en sorte que le récit demeure compréhensible : je pense à l'intelligence de mon lecteur. J'ai moi-même horreur des œuvres qui ne me font pas confiance. »

« Je raconte les choses telles que je les aie vécues. Ce sont des faits. Je ne généralise pas et m'éloigne de toute volonté métaphorique. Mon histoire n'a pas vocation à représenter le monde arabe ou la France des années 80. Je n'ai pas envie de faire entrer ma vie dans une idéologie, elle n'est ni de gauche ni de droite. J'ai horreur des histoires idéologiques qui m'expliquent quoi penser et de quelle façon... L'Arabe du futur relève davantage du témoignage que de l'analyse.» (Source : LeFigaro)

En ce qui concerne Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody, il fut jugé par « des Iraniens en exil et une partie des musulmans comme raciste, généralisant et insultant. Il brosse un portrait très dur des conditions de vie à Téhéran, entre manque d'hygiène, rigueur de la morale prônée par le régime de l'ayatollah Khomeini et crainte de l'arbitraire de la police. Parmi les ouvrages qui critiquent le livre de Betty Mahmoody, on trouve Jamais sans un voile de préjugé (en allemand : Nicht ohne Schleier des Vorurteils), écrit en 1991 par une féministe iranienne en exil, Nasrin Bassiri. Ce livre étant considéré comme conspirationniste ne fut diffusé qu'en Allemagne.
Après le succès retentissant du récit de sa femme, le mari et père Iranien Bozorg Mahmoody donna sa version dans un documentaire appelé Sans ma fille. […] il conteste le récit de la vie de famille à Téhéran.» (Source : wikipedia)

Georges Baguet critique cet extrait d’un numéro d’Esprit Presse le récit de Betty Mahmoody qu’il trouve trop peu, voire pas du tout, nuancé et pro américain.

En effet « La représentation que donne Betty Mahmoody serait, aux dires de ces critiques, trop unilatérale, contradictoire et exagèrerait l'aspect dramatique. Il faut ajouter que le livre de Betty Mahmoody n'est en aucune façon un travail scientifique sur les structures sociales de l'Iran, mais se borne à raconter son expérience personnelle.
Betty Mahmoody assure dans son livre Pour l'amour d'un enfant que tous les reproches de généralisation sont injustifiés et que dans Jamais sans ma fille elle n'a à aucun moment voulu représenter la totalité des Iraniens comme des gens méchants ou hostiles aux femmes. Elle a écrit : « Depuis le jour de mon arrivée à Téhéran, j'avais souffert avec les Iraniens qui avaient dû tant supporter pendant la révolution islamique et la guerre contre l'Irak. Je n'avais jamais douté qu'une seule personne était responsable de ma misère personnelle : mon mari. Je n'ai jamais porté de jugement global sur les Iraniens, surtout après que tant d'entre eux sont devenus mes amis et m'ont aidée à fuir. » (Source : wikipedia)

Mahtob Mahmoody, la fille de Jamais sans ma fille répond à ces critiques dans l’article du 9 novembre 2013 de Ouest-France : « On a accusé Jamais sans ma fille d'être anti-Iran, voire anti-musulman, mais ce n'est absolument pas le cas. D'ailleurs, ce sont des Iraniens qui nous ont sauvées ! Ma mère a simplement raconté notre histoire. Elle aurait pu se passer partout ailleurs. »

Puis, pour Bienpublic.com elle dit que c’est « une histoire de famille. Elle s'inscrit dans un contexte politique qui implique l'Amérique et l'Iran, le christianisme et l'islam, mais son propos n'est ni religieux ni politique. Je suis frustrée que les gens aient eu cette lecture. Il se trouve que mon père est Iranien, et qu'il a fait ces choses horribles. Mais des gens de toutes origines qui font des choses horribles. Ce n'est pas pour cela qu'il faut généraliser à toute une culture ou un peuple ! Tous les Iraniens ne sont pas comme mon père. Il y a tellement de personnes en Iran qui nous ont aidées.»

Nous espérons que ces quelques articles et critiques vous auront éclairés sur l’intention des auteurs et qu’ils vous aideront à vous construire un avis sur ces œuvres.

Bonne journée,

Le département société.
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