Je veux en savoir plus sur la pratique de la ribote, fête populaire de Noël en Martinique.
Question d'origine :
Bèl Bonjou (Bonjour),
Je fais une recherche sur l'histoire des cantiques et traditions de Noël aux Antilles principalement sur une pratique nommée "la ribote", fête populaire en Martinique.
Avez-vous des documents faisant mention de cette tournée festive de maison en maison , ou sur l'expression "courir la ribote" dans vos archives (registres paroissiaux, écrits d'historiens, témoignages, sur l'histoire de la ribote), etc..?
Depuis quand cette pratique existe-telle dans votre région ?
Avez-vous également une partition/mélodie, si possible, d'un chant de Noël intitulé "Joseph mon cher fidèle", parmi vos chants de Noël de votre Région ?
Je souhaiterais également les communications par photocopies de la partition du chant "Joseph mon cher fidèle".
Je vous remercie pour votre précieuse aide et collaboration.
Respè épi Lonè (Respect et Honneur)
Réponse du Guichet
L'expression courir la ribote n'apparaît pas dans les différents dictionnaires et dictionnaires d'expressions françaises que nous avons consultés. Mais on y trouve être en ribote, faire ribote, faire la ribotte.
La fête de la ribote ne semble pas pratiquée en France métropolitaine à Noël ni telle que vous la décrivez.
Nous ne possédons pas de partition du chant Joseph mon cher fidèle.
Bonjour,
La ribote est une tradition martiniquaise comme en atteste l'article La ribote comme antan lontan.
En France métropolitaine elle ne semble pas pratiquée à Noël ni telle que vous la décrivez. A Xonrupt-Longemer, commune française du département des Vosges, en région Grand Est, il existe un rendez-vous annuel nommé Ribote, organisé par une ferme, mais il a lieu en août (source : La grande Ribote annuelle de la ferme des Plombes vous attend, Vosges info).
Le terme RIBOTE date de 1754 et vient du verbe riboter selon le CNRTL et le Dictionnaire culturel en langue française :
CNRTL (Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales)
A. − Vieilli, pop.
1. Repas où l'on mange et où l'on boit avec excès. Synon. fam. ou pop. bamboche, bombance, bombe2, bringue, godaille, ripaille. Attablés (...) au fond d'un restaurant (...), ils se flanquaient (...) des plats qu'on ne peut manger chez soi (...). Le zingueur aurait préféré des ribotes dans le chic bon enfant (Zola,Assommoir, 1877, p. 618). En attendant de marcher au combat, la guerre n'était pour lui que ripailles, ribotes et parties de plaisir (Aymé,Passe-mur., 1943, p. 152).
− Loc. verb. Faire ribote. Boire et manger avec excès. Une pièce de vingt sous leur brûlait la poche et ils couraient retrouver un camarade pour faire ribote (Bernanos,Journal curé camp., 1936, p. 1056).2. En part. Beuverie; p. méton., ivresse. Le vieux lui faisait peur, surtout les soirs de ribote. (...) il se pochardait deux ou trois fois par mois (Rolland,J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1295). Elle lui défilait tous ses torts et malheurs (...) sa ribote de la veille au soir, à cet ivrogne, ce mangeur de maison (Pourrat,Gaspard, 1922, p. 166).
− Loc. adj. En ribote. En état d'ivresse. Vous n'avez pas honte de venir vous mettre à table dans l'état où vous êtes? (...) car vous êtes encore en ribote, allez ! je le vois bien (A. Daudet,Jack, t. 2, 1876, p. 266).B. − Au fig., vieilli, littér. Usage excessif, pratique immodérée de quelque chose. Synon. débauche, orgie. Le pion vautré dans sa chaire, embêté, maussade, rêvant à des ribotes de billard et de petits verres (Huysmans,En mén., 1881, p. 42).Il avait (...) l'imagination tout à fait grisée par la véritable ribote de romans à laquelle il s'était livré (Richepin,Cauchemars, 1892, p. 116).Prononc. et Orth.: [ʀibɔt]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1754 ribotte « partie de plaisir » (Boudin, Madame Engueule, p. 47); 1782 faire la ribotte (Goullinet, Les Trois aveugles, pp. 22-23 ds Quem. DDL t. 19). Déverbal de riboter*. Fréq. abs. littér.: 48. Bbg. Arveiller (R.). Contribution à l'ét. du lex. français... In: [Mél. Gamillscheg (E.)]. München, 1968, p. 32. − Quem. DDL t. 19.
Dictionnaire culturel en langue française sous la dir. de Alain Rey ; éd. sous la dir. de Danièle Morvan, 2005
RIBOTE [Ri.bɔt] n.f. 〈 1754 ribotte ; déverbal de riboter « faire une débauche de boisson », 1745 (encore 1879), var. de ribauder « paillarder » (1260 à 1660), dér. de ribaud〉
Vieilli ou plais. Joyeux excès de table et de boisson. 🠖 bombance, noce, orgie ; fam. bombe, bringue, foire. Faire ribote. « Les anciens combattants racontèrent inlassablement leur magnifique fraternité, leurs ribotes dans les villages, au repos, [...] » (J. Dutourd, les Taxis de la Marne). Fig. ‒ « Une ribote de vitalité » (Baudelaire)
Le site Madinin'art donne également une définition du mot sur sa page Ribote culturelle et boucans de la baie :
Ribote: nom féminin, (ancien français ribauder, paillarder, de ribaud)
(Populaire) (Vieilli) Débauche, excès de table ou de boisson.
Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote :
C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! — (Arthur Rimbaud, Les Pauvres à l’église, 1871)
Un vigneron de l’endroit, nommé Garrigue, sans doute un descendant de Garrigou, m’a affirmé qu’un soir de Noël, se trouvant un peu en ribote, il s’était perdu dans la montagne du côté de Trinquelage. — (Alphonse Daudet, Les trois messes basses, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 203.)
Réunion, fête mondaine avec épouse ou amis dans le monde des officiers de Marine.
Pendant que le reste de l’équipage s’égaillait dans la ville pour faire ribote, Jaromir avait mis Pfefferkorn dans un taxi et l’avait accompagné à l’hôpital le plus proche, où il se fit enregistrer sous un faux nom. — (Jesse Kellerman, Best-seller, traduit de l’anglais américain par Julie Sibony, Éditions du Masque, 2017, page 371)
(France) (Marine) Sortie des membres d’un carré.
(Agriculture) (Désuet) Fête de fin de travaux des champs.
ribote, n.f. repas de fin des foins et moissons — (Mario Rossi, Dictionnaire étymologique et ethnologique des parlers brionnais: Bourgogne, 2004)
On retrouve ce terme dans plusieurs pages de Parabole de l'enfant prodigue en divers dialectes, patois de la France, avec une introduction sur la formation des dialectes et patois de la France, par L. Favre, 1879, numérisé par Gallica. Cet ouvrage rassemble une collection de nos patois.
En dialecte de Cambrai, p. 12
En patois populaire de la ville de Saint-Omer, p. 18
En patois de la ville de la Réole, Gironde, p. 72
Toute en béa lingage povtein dau zévirons de Sen-Moixent, p. 144 à 146
Nous avons cherché l'expression courir la ribote dans différents dictionnaires d'expressions françaises comme Le Bouquet des expressions imagées : encyclopédie thématique des locutions figurées de la langue française / Claude Duneton ; en collab. avec Sylvie Claval et le Dictionnaire des expressions et locutions / Alain Rey, Sophie Chantreau mais aucun d'eux ne mentionne l'expression telle quelle. Le Bouquet des expressions imagées consigne être en ribote à l'entrée Ripaille, p.157.
A propos du chant Joseph mon cher fidèle, vous trouverez les paroles dans différentes éditions sur Gallica ou sur le site des archives départementales de la Haute-Loire. Sur internet, existe une partition (tout au moins le début) mise en ligne sur facebook et une partition en tablature. Sinon il vous faudra la commander sur free.score.com ou aux éditions Jasor car la BML n'en possède pas.
Bonne journée
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