Quelles sont les solutions individuelles les plus efficaces pour une eau de qualité ?
Question d'origine :
Face aux scandales liés à l'eau en bouteille et l'eau du robinet, quelles sont les solutions individuelles les plus sûres et les plus efficaces pour avoir une eau de meilleure qualité ?
Réponse du Guichet
Il existe bien des systèmes de filtration pour améliorer la qualité de l'eau mais aucun d'eux ne semble être complètement satisfaisant. Parmi eux, les bâtons de charbon ou billes de céramique, les carafes filtrantes et les filtres sur robinet et les systèmes sous évier avec osmoseur.
Bonjour,
En France, l'eau du robinet est contaminée par des pesticides, des microplastiques, des PFAS, des bactéries et les eaux en bouteille ne sont pas exemptes de E.Coli, de microplastiques et de pesticides. D'après Que choisir, en 2024, un tiers des Français estimaient que les normes et contrôles sanitaires étaient insuffisants, selon le baromètre annuel du Centre d’information sur l’eau (source : Quelle eau boire ?, Que choisir). Pour s'assurer de la potabilité des eaux conditionnées, cet article explique qu'il faut regarder sur l'étiquette de la bouteille ou sur le site du fabriquant la composition de son ou de ses eaux :
Chaque fabricant doit indiquer sur son site la composition de son ou de ses eaux. On peut aussi regarder directement l’étiquette sur la bouteille. Néanmoins, tout cela ne vous donnera pas les résultats de contrôle d’éventuels contaminants ou de microplastiques.
Pourtant, pour Veolia, l’eau en bouteille reste sûre pour la consommation :
Globalement, l’eau en bouteille reste sûre pour la consommation.
Toutefois, des précautions doivent être prises : éviter de la laisser au soleil, ne pas la conserver au-delà de sa date limite, et éviter les réutilisations de bouteilles en plastique. Des études ont révélé que des substances issues du plastique, comme des perturbateurs endocriniens ou des microparticules, peuvent migrer dans l’eau dans certaines conditions.
Source : L'eau en bouteille est-elle plus saine que l'eau du robinet ?, Veolia
Sur sa page Eaux conditionnées, le site gouvernemental sante.gouv.fr, indique :
Les eaux en bouteille qui ne respectent pas les limites de qualité sont retirées du marché.
L'eau du robinet quant à elle est traitée en plusieurs étapes :
L’eau du robinet provient à 60 % des nappes souterraines (ou phréatiques) et à 40 % des eaux de surface (rivières, fleuves, lacs). Elle est pompée dans ces réservoirs naturels, puis acheminée vers les usines de traitement. Elle arrive naturellement chargée en sable, déchets ou polluants, puis subit, selon sa qualité de départ, des traitements plus ou moins importants. Ceux-ci se font en plusieurs étapes. D’abord par des moyens physiques (tamisage, décantation, filtration…), puis la désinfection est effectuée par différents agents (chlore, dioxyde de chlore ou ozone), par ultraviolets ou, si besoin, avec du charbon actif (qui absorbe les micropolluants, pesticides et bactéries). Une fois rendue « potable » (voir encadré), l’eau est transportée dans des châteaux d’eau où elle est stockée avant d’être acheminée vers les habitations par un réseau de canalisations souterraines.
Source : Quelle eau boire ?, Que choisir
Voyons quels sont les critères de potabilité de l'eau d'après le Centre d'information sur l'eau :
Pour pouvoir être consommée en toute sécurité, l’eau doit répondre à des critères de potabilité très stricts édictés par le Ministère de la Santé et le Haut Conseil de la santé publique. Ces normes varient en fonction de la législation en vigueur et selon qu’il s’agit d’une eau destinée à la consommation humaine ou d’une eau industrielle.
À ce jour, il existe 63 critères de potabilité de l’eau, que l’on peut regrouper en cinq familles de paramètres :
- Les paramètres physico-chimiques : ils correspondent aux caractéristiques de l’eau tels que le pH, la température, la conductivité ou la dureté de l’eau et délimitent les quantités maximales à ne pas dépasser pour certains composants comme les ions, les chlorures, le potassium et les sulfates.
Exemples :
- La teneur en sulfate doit être inférieure à 250 mg/l
- La teneur en chlorures doit être inférieure à 200 mg/l
- La teneur en potassium doit être inférieure à 12 mg/l
- Le pH de l’eau doit être compris entre 6,5 et 9
- Le TH, soit la dureté de l’eau, qui correspond à la mesure de la teneur d’une eau en ions calcium et magnésium, doit être supérieur à 15 degrés français. Autrement dit, une eau ne doit pas posséder moins de 60 mg/l de calcium ou 36 mg/l de magnésium, sinon elle sera jugée trop douce : pour ne pas corroder les canalisations, elle devra faire l’objet de minéralisation et/ou de neutralisation pour retrouver un équilibre calco-carbonique.
- Les paramètres organoleptiques : ils concernent la couleur, le goût et l’odeur de l’eau. L’eau doit être agréable à boire, claire et sans odeur. Ces paramètres étant liés au confort de consommation, ils n’ont pas de valeur sanitaire directe.
- Les paramètres microbiologiques : ils permettent de contrôler que l’eau ne contient aucun germe pathogène, comme les virus, les bactéries ou les parasites, pouvant provoquer des maladies, voire de épidémies.
- Les paramètres liés aux substances indésirables : ils concernent les substances telles que les nitrates, les nitrites et les pesticides.
- La teneur en nitrates ne doit pas dépasser 50 mg/l
- La teneur en fluor doit être inférieure à 1,5 mg/l
- Les paramètres liés aux substances toxiques : les micropolluants tels que l’arsenic, le cyanure, le chrome, le nickel, le sélénium ainsi que certains hydrocarbures sont soumis à des normes très sévères à cause de leur toxicité. Leur teneur tolérée est de l’ordre du millionième de gramme par litre d’eau.
Mais Que Choisir donne d'autres précisions :
Ce que veut dire « potable » exactement
Dans le langage courant, on parle d’eau « potable » lorsqu’on peut la boire sans mettre sa santé en danger. Sur un plan légal, l’eau potable est une eau conforme aux valeurs limites et qui a été contrôlée à la fréquence prévue par la réglementation. Les eaux minérales ne sont pas soumises à ces règles. Certaines ayant de très fortes teneurs en sodium (Vichy Célestins par exemple) ou en sulfates peuvent ainsi être buvables mais pas « potables » au sens réglementaire du terme. C’est aussi le cas de l’eau de Quézac, qui contient 2,2 mg/l en fluor, une teneur supérieure à la limite de potabilité de 1,5 mg/l. D’ailleurs, un avertissement figure sur son étiquette : « Ne convient pas à l’alimentation des nourrissons et des enfants de moins de 7 ans pour une consommation régulière. »
Source : Quelle eau boire ?, Que choisir
Pour connaître les résultats du contrôle sanitaire réalisé sur l'eau par les Agences régionales de santé, vous pouvez vous rendre sur la page Qualité de l’eau potable du site sante.gouv.fr. Vous trouverez également en ligne la synthèse 2023 sur La qualité des eaux conditionnées en France et le Bilan de la qualité des eaux conditionnées en France - Décembre 2025 - données 2024. Le Centre d'information sur l'eau a aussi créé une application à télécharger sur son téléphone, EauChezMoi : une étiquette pour mon eau du robinet !
Quelles sont les solutions individuelles pour améliorer la qualité de l'eau ? Pour cela il existe des filtres à eau et des purificateurs mais Santé Magazine souligne que cette dernière terminologie est impropre dans Comment purifier l'eau naturellement ?, 19 juil. 2025 :
« S’il existe effectivement ces deux types de produits sur le marché, le terme de purificateur est selon moi un abus de langage : une eau dite pure, donc privée de tous les sels minéraux essentiels au corps humain, n’est nullement recommandée pour la consommation humaine. Le seul terme qui fait sens, plus technique, est le terme de filtration. Cette filtration peut être plus ou moins fine selon son seuil de coupure. Le nom de purificateur est à visée marketing », souligne tout d’abord Christelle Wisniewski, professeure des universités spécialiste du traitement des eaux. Dans les faits, ces deux types de produits sont actuellement disponibles sur le marché et présentent des différences.
Le filtre à eau sert à éliminer mécaniquement ou physiquement les impuretés présentes dans l’eau. Il fonctionne souvent grâce à un maillage plus ou moins fin, et peut être couplé à une absorption sur du charbon actif. Le filtre stoppe les particules solides (sable, rouille…) et peut, selon le seuil de coupure, retenir micro-organismes (bactéries, virus). Couplé au charbon actif, il agit alors sur le goût, les odeurs, et les polluants chimiques (certains pesticides, métaux lourds, etc.).
Les purificateurs domestiques combinent souvent plusieurs technologies. De la même façon que le filtre à eau, ils associent très souvent une filtration (plutôt poussée) à un autre type de traitement, par exemple UV, osmose inverse… La filtration peut reposer ainsi sur l’utilisation de différents types de membranes qui peuvent retenir matières en suspension (microfiltration), germes et virus (ultrafiltration), mais également macromolécules organiques et autres polluants chimiques (nanofiltration). L’osmose inverse, autre technique de filtration, élimine les sels et est d’ailleurs utilisée pour le dessalement de l’eau de mer. « L’osmose inverse déminéralise totalement l’eau, qui doit alors être reminéralisée à postériori, et ce traitement ne se justifie pas toujours" indique Christelle Wisniewski. Quant à la lampe UV, elle tue ou inactive les micro-organismes (bactéries, virus, protozoaires).
Les différents dispositifs proposés par Que choisir, 25 août 2011 :
Carafe filtrante
La carafe filtrante est de très loin l’appareil de traitement de l’eau à domicile le plus répandu, il s’en vend plus d’1 million par an.
– Objectif : Les carafes filtrantes affirment supprimer le goût de chlore, éliminer le calcaire et le plomb.
– Fonctionnement : La carafe est équipée d’un filtre à charbon actif qui filtre l’eau du robinet. La cartouche se change régulièrement, toutes les 4 à 6 semaines selon les modèles.
Adoucisseur
– Objectif : L’adoucisseur lutte contre le calcaire.
– Fonctionnement : Le principe est simple, l’adoucisseur enlève le calcium et le magnésium de l’eau et remplace ces minéraux par du sodium. L’eau passe dans la résine qui retient les ions calcium et magnésium et libère en échange ses ions sodium. Une fois que tout le sodium est passé dans l’eau et que la résine est saturée de calcium, elle doit être régénérée, c'est-à-dire rechargée en sodium par une eau très salée. L’adoucisseur provoque une surconsommation d’eau à chaque opération de régénération et des rejets importants de saumure.
Osmoseur
– Objectif : L’osmoseur répond au mythe de la pureté de l’eau. Il enlève beaucoup d’éléments, y compris tous les minéraux.
– Fonctionnement : L’eau passe d’abord dans un filtre qui retient les éventuelles particules – des professionnels parlent même de « filtre à sédiments »(!) – puis dans un filtre à charbon actif qui capte notamment le chlore. Enfin, elle traverse une très fine membrane qui sépare l’eau pure de l’eau de rejet porteuse de ce qui reste d’éléments indésirables et de minéraux, et envoie cette eau dans le circuit des eaux usées. L’osmoseur consomme énormément d’eau : il en rejette en moyenne 4 litres pour 1 litre d’eau osmosée produit ! Cette consommation phénoménale est nécessaire pour éviter le colmatage de la membrane. Mais comme il peine à traiter l’eau dure, les installateurs recommandent parfois de s’équiper aussi d’un adoucisseur afin de faire entrer une eau sans calcium dans l’osmoseur.
Filtre sur robinet ou sous évier
– Objectif : Les filtres sont vendus pour éliminer des polluants et autres éléments indésirables : nitrates, pesticides, plomb, goût de chlore.
– Fonctionnement : L’eau traverse au moins une cartouche, parfois plusieurs, qui captent plus ou moins de polluants et d’éléments indésirables selon les modèles. Ces filtres n’agissent pas sur la minéralisation de l’eau, ils n’éliminent pas son calcium contrairement aux adoucisseurs et aux osmoseurs.
Dispositifs moins répandus
Antitartre (voir également notre encadré ci-dessous)
– Objectif : Empêcher les dépôts de calcaire.
– Fonctionnement : Il existe plusieurs procédés : magnétiques, électroniques, à billes de polyphosphates, à injection de CO2. Tous doivent empêcher le calcium de former des dépôts entartrants. Les modèles magnétiques et électroniques ne modifient pas la composition chimique de l’eau. Les rejets de polyphosphates sont, en revanche, polluants pour l’environnement.
Filtre UV
– Objectif : Le traitement par ultraviolets (UV) a pour fonction de détruire les microbes.
– Fonctionnement : Un premier filtre est installé, puis l’eau traverse un réservoir contenant une lampe qui émet des rayons UV et irradie l’eau. Ces rayons UV doivent agir sur les microbes mais ils ne modifient en rien la composition de l’eau. Ils n’ont aucun effet sur les substances indésirables ou polluantes.
Vivificateur
– Objectif : L’eau vivifiée « transmet une énergie vitale », selon J. Grander, son inventeur.
– Fonctionnement : L’appareil de vivification se fixe sur les conduites.
A propos des antitartres, la revue met en garde sur leur efficacité :
Il existe plusieurs catégories d’appareils antitartre : on trouve notamment des aimants, des dispositifs électroniques, des anticalcaires à injection de CO2, d’autres à base de poly ou silico-phosphates. Nos analyses n’ont pas mis en évidence de diminution de la dureté, mais ce n’est pas une preuve d’inefficacité. Ces appareils, en effet, ne réduisent pas les teneurs en calcium et magnésium, les deux composants de la dureté, ils affirment empêcher la formation de dépôts calcaires. L’injection de CO2 a pour but de faire baisser le pH de l’eau, ce qui la rend moins susceptible d’entartrer, mais nous n’avons pas observé ce phénomène lors des analyses.
Dans Quelle eau boire ?, article plus récent que le précédent, Que choisir présente et évalue les systèmes de filtration :
Bâtons de charbon (binchotan) ou billes de céramique
Peu chers, faciles à glisser dans une carafe d’eau, ces produits offrent trop peu de surfaces de contact pour être efficaces.
Carafes filtrantes et filtres sur robinet (type Brita ou Hydropure)
L’eau passe au travers de filtres (à charbon actif notamment) et parfois d’une résine échangeuse d’ions. Des tests montrent une efficacité sur certains PFAS et pesticides mais incomplète : par exemple, le TFA, un des principaux PFAS retrouvés dans l’eau, n’est pas retenu. De plus, les résultats sont très variables selon les modèles, il n’y a donc aucune garantie à l’achat. Les fontaines à gravité (type Berkey) semblent légèrement plus efficaces, mais cela reste limité. Il ne faut pas croire les promesses d’« efficacité à 99,99 % ».
Systèmes sous évier avec osmoseur (type Culligan)
L’eau passe par plusieurs filtres, dont une membrane percée de trous si fins que seules les molécules d’eau la traversent. Ces dispositifs retiennent donc efficacement les PFAS et autres polluants (pesticides, résidus de médicaments, métaux lourds si canalisations domestiques anciennes). Mais ils sont coûteux à l’achat comme à l’usage, nuisent à l’environnement (relarguage des PFAS filtrés, surconsommation d’eau) et produisent une eau privée de minéraux, ce qui n’est pas souhaitable pour la santé.
Aucun de ces dispositifs n’apporte une solution complètement satisfaisante. Pour une majorité de Français, il convient de relativiser l’importance de l’eau dans l’exposition aux polluants. « Pour les pesticides, c’est en général moins de 5 %, quand l’essentiel provient de l’alimentation », souligne Julie Mendret, de l’université de Montpellier. Dans les zones plus exposées, il faut se renseigner, autant que possible, sur la contamination de son eau de distribution. Et à partir du moment où l’eau du robinet est non conforme, elle est réglementairement impropre à la consommation, dispositif de filtration ou non.
A lire aussi
Eau, Qualité et Santé, Centre d'information sur l'eau
Réponses du Guichet du savoir :
- qualité de l'eau de la ville, 22/08/2018
- Qualité de l'eau, 02/12/2018
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- analyse de l'eau robinet, 08/02/2014
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