Objet : Recherche d’une adresse lyonnaise dans les annuaires des années 1950 : 1, place des Chartreux
Bonjour,
Dans le cadre d’une recherche sur le peintre Robert Coutelas (1930–1985), qui a étudié à l’École des beaux-arts de Lyon dans les années 1950, je cherche à identifier précisément l’adresse suivante :
1, place des Chartreux, Lyon
Cette adresse figure comme domicile de Robert Coutelas sur un passeport délivré en 1959.
Serait-il possible de vérifier, dans les Annuaires Fournier / Indicateurs Henry des années 1955, 1957, 1958, 1959 et, si possible, 1960, quel nom de personne, d’établissement, d’œuvre charitable ou d’institution religieuse est indiqué au 1, place des Chartreux ?
Je m’intéresse particulièrement à l’éventuelle présence, à cette adresse ou à proximité immédiate, d’un foyer, patronage, œuvre catholique ou établissement d’accueil pour jeunes hommes en difficulté.
Si l’adresse n’apparaît pas sous « place des Chartreux », serait-il également possible de vérifier les entrées voisines sous rue des Chartreux, ainsi que les rubriques consacrées aux œuvres catholiques, foyers ou patronages ?
Toute indication permettant de savoir qui occupait ou administrait le n° 1 place des Chartreux dans la seconde moitié des années 1950 me serait très précieuse.
S’il existe des changements de titulaire ou d’affectation entre ces différentes années, je serais également très intéressé par leur chronologie.
Avec mes remerciements.
Réponse du Guichet
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- Département : Equipe du Guichet du Savoir
Le 11/08/2026 à 19h17
Dans l'Annuaire Fournier 1867-1971, on trouve pour les années recherchées, de 1955 à 1960, le même établissement à l'entrée du 1, place des Chartreux, soit la mention Restaurant Armée Salut. Pour ces mêmes années et cette même adresse, L'Indicateur lyonnais Henry 1886-1972 mentionne l'Hostellerie des Jeunes.
Au milieu du XXe siècle, le site de l'ancien domaine du Monastère des Chartreux qui a évolué du 16e au 19e siècle, connaît une occupation temporaire à vocation sociale : un refuge pour jeunes hommes, sous l'égide de l'Armée du salut, où a résidé le peintre lyonnais Jacques Truphémus (1922-2017). Le peintre lyonnais Robert Coutelas (1930–1985) y aurait donc aussi séjourné.
Dans le cadre d’une recherche sur le peintre Robert Coutelas (1930–1985), vous cherchez à identifier précisément l’adresse "1, place des Chartreux, Lyon", figurant comme son domicile sur un passeport délivré en 1959. Vous souhaitez ainsi savoir quel nom de personne, d’établissement, d’œuvre charitable ou d’institution religieuse est indiqué à cette adresse, dans les Annuaires Fournier et Indicateurs Henry des années 1955 à 1960, conservés au Silo régional de la BmL, pour une consultation sur place.
Dans l'Annuaire Fournier 1867-1971 [avec lacunes], on trouve pour les années recherchées -1955 à 1960 (lac. 1956)- le même établissement à l'entrée du 1, place des Chartreux, soit Restaurant Armée Salut.
La place des Chartreux, attestée en 1932, a été dénommée place du Cloître-des-Chartreux jusqu'en 1932. Cette place tient son nom du Monastère des Chartreux fondé en 1584.
Aujourd'hui, sur la place des Chartreux, on trouve un espace urbain calme des pentes de la Croix-Rousse incluant un petit jardin public de quartier doté d'une aire de jeux pour enfants, puis à proximité se trouvent l'église Saint-Bruno et le complexe à vocation éducatif de l'Institution des Chartreux.
À l'origine, cette place fait donc partie du vaste domaine du Monastère de la Chartreuse du Lys-Saint-Esprit, fondé à la fin du 16e siècle vers 1584. Les pères Chartreux possèdent alors l'ensemble des terrains de la pente ouest de la Croix-Rousse : le site d'origine occupait du plateau jusqu'à la Saône, tout le coteau qui regarde Fourvière (Source : Wikipédia).
À cette époque monastique (16e-18e) succède la Révolution et la sécularisation : l'église du Monastère devient paroissiale sous le nom de Saint-Bruno, le domaine des Chartreux qui comprennait en plus des bâtiments plusieurs ténements de jardins et de vignes est vendu par lots comme bien national aux enchères (Source à lire sur Gallica : Adolphe Vachet, Les anciens couvents de Lyon, Lyon, Emmanuel Vitte, 1895).
Au début du 19e siècle, l'ancrage du domaine devient éducatif : une partie des anciens bâtiments conventuels et des terrains de la place est rachetée sous l'impulsion du cardinal Fesch, qui y installe une communauté de prêtres connue aujourd'hui sous le nom de Prêtres de Saint Irénée, auxquels il affecta une tache missionnaire et éducative.
C'est le cardinal Fesch, oncle de Napoléon, archevêque de Lyon qui racheta le domaine des Chartreux après la révolution. Il y installa en 1816 une communauté de prêtres, connue aujourd'hui sous le nom de Prêtres de Saint Irénée, auxquels il affecta une tache missionnaire et éducative. C'est un de ses membres, l'abbé Pousset, qui fonda en 1825 le cours classique de Jésus adolescent, qui allait devenir l'Institution des Chartreux[1].
Au milieu du XXe siècle, le site connaît une occupation temporaire à vocation sociale. C'est sur la place des Chartreux qu'est installée l'Hostellerie des jeunes, un refuge pour jeunes hommes, sous l'égide de l'Armée du salut.
Le site indépendant Le Blog des Arts, plateforme d'actualité artistique et littéraire, créée par Alain Vollerin et Paule Martigny en lien avec la maison d'édition Mémoire des Arts, évoque la vie du peintre lyonnais Jacques Truphémus (1922-2017) à l'Hostellerie des Jeunes de la place des Chartreux au début de sa carrière :
Né à Grenoble, le 25 octobre 1922, Jacques Truphémus aurait eu quatre-vingt quinze ans, dans quelques semaines. L'un des plus passionnants peintres lyonnais avec André Cottavoz, Jean Fusaro, Jean-Albert Carlotti après l'inégalable, Jean Couty, n'était pas né à Lyon, mais, en Isère. Il exposa d'abord à Grenoble, où, il fut encouragé, ce dont il était très fier, par une figure éminente du monde des arts de cette époque, Andry Farcy, conservateur du musée, et soutien de la Modernité. Il s'installa à Lyon, en 1941, où, il s'inscrivit à l'école des beaux-arts, le 7 octobre. Il résidait alors, à l'Hostellerie des Jeunes, 2, place des Chartreux, à la Croix-Rousse, mise en place, dans une vaste baraque en bois par l'Armée du Salut.
Pour en savoir plus sur ce foyer pour jeunes travailleurs et étudiants, nous vous invitons à consulter les éditions du journal interne En Avant ! de la Fondation de l'Armée du Salut, En avant [Texte imprimé] : bulletin hebdomadaire de l'Armée du Salut (1882-2002), conservé à la BnF et numérisé sur Gallica. C'est dans ce périodique que l'organisation publiait les inaugurations de ses « foyers de jeunes ».
Ces archives documentent ainsi la création des structures d'hébergement pendant la guerre à Lyon. Le bulletin du 17 Octobre 1942 fait mention page 2, du Refuge pour jeunes gens [qui], à la place des Chartreux, Lyon, s’est ouvert le 1 er octobre. Le Capitaine H. Durand en assume la direction. Les abords de la baraque sont garnis de fleurs qui s’épanouissent sous l’effet du magnifique soleil d’automne, ce qui donne au tout une parure heureuse et gaie.
Le bulletin du 1er janvier 1955, évoque page 7, dans une liste des institutions sociales pour hommes à Lyon, l'Hostellerie des Jeunes, place des Chartreux.
Pour en savoir plus sur l'évolution du bâti dans le secteur de la place des Chartreux, nous vous invitons à consulter les plans numérisés des AmL, notamment les plans parcellaires où on peut voir l'évolution de la place de 1870 jusqu'en 1974.